lundi 9 janvier 2012

La chute de Babylone la Grande : chapitre 18

1. Arrière-plan historique :

Reprise de l’annonce déjà faite par un ange avant le jugement des 7 coupes de la colère de Dieu : Apoc 14,8, le chapitre 18 est consacré en entier à la chute de Babylone la Grande. L’importance donné à l’événement témoigne à lui seul du poids historique du système que représente Babylone en tant qu’entité incarnant le mal et l’opposition à Dieu. Aucune ville, en effet, dans l’Ecriture, et plus particulièrement dans le message des prophètes, n’occupe autant de place que Babylone :

- pour Esaïe, Babylone est le plus beau des royaumes, la fierté des Chaldéens : Esaïe 13,19. C’est d’elle que sort le tyran, l’oppresseur : Esaïe 14,3, associé à Lucifer, le dompteur des nations qui voulait élever son trône au-dessus des étoiles de Dieu : Esaïe 14,12 à 15. Aussi haute que soit placée Babylone, le prophète annonce sa destruction complète, sa ruine totale par les Mèdes et les Perses : Esaïe 14,22-23 : 21,1 à 9, 47,1.5.8 à 10, prophétie qui, sur le plan historique, se réalisa à la lettre au temps de Daniel : Dan 5,30 ; 6,1. Au jour de son jugement, ni ses pratiques magiques, ni ses sortilèges, ni ses pratiques occultes ne la serviront : tous ses « sages » périront avec elle : Esaïe 47,12 à 15. Aussi l’ordre est-il donné au peuple de Dieu, avant qu’il ne soit trop tard, de sortir d’elle : Esaïe 48,20.

- En accord avec Esaïe, le prophète Jérémie annonce aussi la chute et la ruine de Babylone au bout des 70 années de captivité d’Israël en son sein : Jér 25,12. Dans la lignée du jugement qui atteindra tous les peuples, le prophète conclut son livre par un long développement sur celui qui atteindra en particulier la ville, capitale de l’idolâtrie : Jér 50 et 51 (50,2 ; 51,38). En ce jour, une multitude de nations venant du Nord se rangeront en bataille contre elle : 50,3.9, la ville sera maudite : Jér 50,21, elle deviendra une solitude, un monceau de ruines, un repaire pour les animaux sauvages : 50,13.26 ; 51,39 ; sa chute provoquera la stupeur des nations : 50,46 ; comme Esaïe, Jérémie annonce que ce sont les Mèdes qui détruiront Babylone : Jér 51,11. Le même ordre est donné au peuple de Dieu de quitter la ville : Jér 50,8.

Le jugement prononcé par les deux prophètes s’est accompli à la lettre. Prise par Darius le Mède, la ville finira par être démantelée et ses matériaux utilisés pour la construction d’autres villes. Aujourd’hui, l’antique cité n’est plus qu’un champ de ruines impressionnant. Jean nous montre que, malgré sa destruction, le système babylonien traversera les siècles et s’incarnera dans les derniers temps dans une ville prestigieuse qui finira, elle aussi, en fumée. Toute la question est de savoir pour nous à quel système et à quelle ville, en notre temps, le titre de Babylone la Grande correspond. Revenons à la description qu’en donne Jean pour y trouver quelques points de repère !

2. La Babylone de l’Apocalypse :

De nombreux versets cités par Jean pour décrire Babylone sont des reprises, mot pour mot, d’Esaïe et de Jérémie. Du portrait qu’il nous donne de Babylone, nous pouvons tirer les caractéristiques suivantes :

- Babylone est un système qui allie le spirituel et le temporel. Il est à la fois le symbole du christianisme dégénéré (la prostituée) et un système politique qui a autorité sur tous les peuples (une grande métropole) : 17,5.18.

- Babylone est un haut lieu de l’occultisme, un repaire de tout esprit impur : 18,2. Derrière l’apparence chrétienne, c’est avec la puissance des ténèbres que ses dirigeants ont commerce.

- Du fait de sa position prestigieuse et incontournable, Babylone exerce un ascendant sur toutes les puissances de la terre. Tous les rois de la terre ont participé à ses prostitutions : 18,3.

- Babylone est la capitale du luxe et de la débauche : 18,3.7.9 Les plus grandes fortunes du monde se comptent parmi ses habitants

- Babylone se croit invincible et invulnérable : 18,7. Elle est si sûre d’elle qu’elle ne croit pas un seul instant que sa fin puisse venir rapidement.

- La perte de Babylone est si grande qu’elle est synonyme pour les dirigeants du monde de faillite complète du système : 18, 9.

- La perte de Babylone porte un coup fatal au commerce mondial en tous genres : 18, 11 à 13. Tout entreprise, tout système a ses sous-traitants qui vivent de lui. Avec son effondrement, c’est toute la dynamique du commerce mondial qui se trouve soudainement enrayée.

- La fin de Babylone se manifestera par la destruction complète en une heure de la grande ville qui l’incarne, cité qui, semble-t-il, est une ville portuaire : 18,10.17.19.

- Babylone finira consumée par le feu : 18,8. En un seul jour, la ville opulente, pleine de vie et de richesses passera par la mort, le deuil et la famine.

- Le jugement qui frappera Babylone ne concerne pas seulement ses péchés : v 4. C’est aussi le jugement de sa civilisation : v 22. Ce que Dieu juge aussi en Babylone, c’est sa culture, son art, sa musique qui n’a servi qu’à une chose : la promotion de son système antichrétien.

- Comme il en a été du temps de la première Babylone, Dieu donne à ceux qui font partie de Son peuple l’ordre de sortir d’elle avant que vienne son jugement : 18,4.

Il est difficile pour l’heure de dire avec certitude à quoi correspond Babylone. Sera-t-elle une ville du futur reconstruite sur les ruines de l’ancienne ville, comme le pensent certains (John Alexander) ?

Pour David Wilkerson, qui vivait à New York, la Babylone moderne est les Etats-Unis. Extrait de son livre « Sonne de la trompette et avertit mon peuple, » écrit en 1986 :

« Je crois que la Babylone moderne est la nation américaine actuelle, avec sa société corrompue et son système religieux perverti. Aucun pays sur terre ne correspond aussi bien que cette nation à la destruction donnée dans Apocalypse 18, car elle est sans pareille lorsqu’il s’agit de « forniquer » avec les marchands de toute les nations… En une seule heure à peine, les Etats-Unis seront anéantis et consumés par le feu. Le jugement par le feu s’abattra sur les principales agglomérations et sur les villes, consumant ce qui était autrefois un pays prospère, florissant, sûr et paisible… Le grand aigle aux longues ailes est sur le point de tomber de sa position élevée située sur la plus haute branche de toutes les nations. La vigne qui a été plantée « dans un pays de commerce, dans une ville de marchands, près d’une eau abondante », est près de mourir… les jugements qui sont sur le point de frapper cette nation qui a rejeté la sainteté et la repentance seront rapides et horribles… Ce sera un jour de vengeance et de jugement contre le péché…

Les prophètes nous ont tous prévenus qu’un feu dévorant allait frapper une nation des derniers jours qui se vanterait de trôner comme une reine de prospérité et d’être à l’abri de toute destruction… La Bourse s’effondrera, les gens perdront ce dans quoi ils ont investi, les édifices s’écrouleront et les gratte-ciel fondront. Le feu de la vengeance divine transformera les villes en déserts pollués. Notre gouvernement, nos systèmes de transmissions, nos réserves de nourriture, nos réseaux de communication, bref, tout sera anéanti en une heure…. Nos énormes stocks d’armes seront semblables à un tas de bâtons et de pierres, tout a fait inutiles contre ce que Dieu a projeté contre nous… Bientôt, très bientôt, un cauchemar économique deviendra subitement réalité. Ces nouvelles seront terrifiantes.

Les Etats-Unis sont sur le point de connaître un temps d’hystérie collective à cause des banques qui fermeront, des institutions financières qui s’écrouleront et de notre économie qui deviendra tout à fait incontrôlable… les sénateurs et les membres du Congrès seront frappés de stupeur lorsqu’ils réaliseront que personne ne pourra empêcher la crise économique de dégénérer en un véritable chaos ; les dirigeants du monde des affaires, ainsi que les leaders politiques et économiques seront terrorisés par la soudaineté et l’envergure de cette crise… »

Notons que New-York, premier port du pays, est aujourd’hui, sans conteste la ville qui, à cause des institutions mondiales qui y siègent (ONU) ainsi que de multiples multinationales, exerce la plus forte influence sur le monde.

Il nous faut écouter, respecter et laisser à chacun ses intuitions. Nul doute cependant que la chute de Babylone sera précédé d’événements avant-coureurs dont nous voyons les signes évidents se manifester de plus en plus.

3. Pleurs sur la terre, joie dans le ciel :

Si la chute de Babylone fait le chagrin des marchands et des rois de la terre, elle fait la joie du ciel : v 20. Car, par elle, la vengeance de Dieu s’exerce sur la puissance du monde et celle de la fausse église, persécutrice des vrais croyants. Avec la perte de Babylone, une page est tournée. Le monde d’après, ayant l’Antichrist a sa tête comme dieu unique, ne sera plus le même qu’avant.

En détruisant le système qui lui aura permis d’arriver à son apogée, l’Antichrist commettra cependant une erreur monumentale. La chute de Babylone précipitera de peu la sienne, décrite dans le chapitre suivant !

vendredi 6 janvier 2012

La prostituée et la bête : chapitre 17

A. Retour en arrière

Dans ce chapitre et le suivant, l’un des sept anges porteurs des coupes de la colère de Dieu revient pour explication à l’un des éléments mentionnés dans le fléau final, celui par qui se parachève le jugement du monde. Cet élément est la mention de Babylone la Grande, ville sur laquelle se concentrera en particulier la coupe de la colère ardente de Dieu : Apoc 16,19. Qu’est-ce que Babylone la Grande ? Que symbolise-t-elle dans l’histoire ? A quoi peut-elle être identifiée ? C’est ce à quoi ce chapitre répond !

B. Babylone la Grande

1. Une prostituée

C’est sous les traits d’une prostituée que Dieu illustre ce que représente à Ses yeux Babylone la Grande. Dans le langage biblique, la prostituée n’est pas une femme étrangère. La prostituée qualifie le peuple de Dieu quand il abandonne Dieu pour verser dans l’idolâtrie : Esaïe 1,21 ; Jérémie 13,27, Lévitique 17,7 ; 20,5 ; Ezéchiel 16 et 23. La prostituée infidèle est l’antonyme même de l’épouse fidèle. Si l’Epouse représente l’Eglise : Apoc 19,7, la prostituée incarne le système religieux qui, issu du christianisme, portera son nom mais Lui aura été, tout au long de l’histoire, toujours infidèle

2. Une prostituée liée aux grands de ce monde

Ce que le Christ a toujours refusé, l’alliance avec les grands de ce monde : cf Mat 4,8, la prostituée le pratiquera à grande échelle. Partout où elle ira, la prostituée utilisant ses charmes sera, non seulement reçue par les grands, mais contractera des alliances avec eux. La prostituée se présente ainsi comme un élément incontournable de l’échiquier du pouvoir.

3. Une prostituée assise sur de grandes eaux

L’ange lui-même donne plus loin l’explication de l’image : v 15. Elle témoigne que l’influence de la prostituée sur le monde ne se limite pas au cercle des grands, mais qu’elle s’étend à tous les peuples. La puissance de séduction de la prostituée est catholique ou universelle. Tous les habitants de la terre, dit l’ange, sont ivres du vin de sa prostitution : v 2 ; cf Jér 51,6 à 8.

4. Une prostituée au riche apparat : v 4

Une autre caractéristique de la femme est la richesse avec laquelle elle est apprêtée. Ses vêtements sont faits de pourpre et d’écarlate. Elle est parée d’or, de perles et de pierres précieuses diverses et magnifiques : v 4. Babylone la Grande porte en elle toutes les caractéristiques de l’église de Thyatire, de laquelle venait la confection de la pourpre : Actes 16,14 ; Apoc 2,18 à 25. L’Eglise de Thyatire laissait une femme, fausse prophétesse égarer les serviteurs de Dieu et les pousser à la prostitution par l’idolâtrie : Apoc 2,20-21. Or, Dieu a prédit à Thyatire, comme à Babylone, un châtiment particulier et exemplaire : Apoc 2,22-23. Thyatire représente, dans le développement de l’histoire de l’Eglise, le catholicisme avec toute sa pompe et sa richesse.

5. Une prostituée avec une coupe pleine d’abominations : v 4

Les abominations et les impuretés que boit la prostituée représentent les pratiques idolâtres dont elle se repaît. Il est connu que pratiquement tous les rites et les articles de foi non bibliques que professe l’église catholique ont leur source dans les anciens cultes babyloniens (voir « les deux Babylones : Alexandre Hislop ») : le culte de la Vierge et de l’enfant, les fêtes de Noël et de Pâques (avec les œufs), le purgatoire, l’hostie, les habits des prêtres, etc…) La ressemblance entre la messe catholique et le culte babylonien est telle qu’elle n’aurait pas dépaysée un de ses adeptes.

6. Une prostituée au nom évocateur : v 5

Si les élus de Dieu portent la marque du sceau de Dieu sur leurs fronts : Apoc 7,3, Babylone porte elle aussi sur le sien le titre spirituel qui lui revient : Babylone la Grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre. Non seulement Babylone est une prostituée, mais elle est elle-même l’initiatrice, la source de toutes les idolâtries spirituelles et toutes les abominations que la terre a portées.

Seule la genèse de l’histoire permet de donner une justification au titre que porte Babylone la Grande. Le premier roi de Babylone, mentionné par la Bible, est Nimrod : Genèse 10, 8 à10. Nimrod régnait sur le pays de Shinear, lieu où se conçut le projet insensé de la construction d’une ville avec en son centre une tour atteignant les cieux, qui seraient un défi à Dieu. Babylone (qui signifie la porte des cieux) est cette ville construite par Nimrod. Or, le projet de Nimrod dépasse le simple cadre architectural. L’objectif de Nimrod est d’unir l’humanité autour d’un projet fédérateur, dont Babylone serait le centre : Genèse 11,4. Nimrod apparaît dans l’histoire comme le père de l’universalisme et de la mondialisation, à la fois politique et religieuse.

L’opinion de Dieu sur le projet de Nimrod est sans équivoque. Il n’est pas bon, contraire à sa pensée : Genèse 11,6. Non que Dieu soit contre l’unité de la race humaine, mais contre la façon de Nimrod de vouloir la construire. Le projet de Nimrod excluait Dieu et la diversité. Gommant la variété et les différences, il passait par l’uniformisation de la pensée et du langage. Le système de Nimrod ne pouvait qu’être totalitaire. Il excluait et condamnait à l’avance tout ce qui serait à sa marge.

La réponse de Dieu au système de Nimrod sera la bénédiction promise à tous les peuples au travers d’Abraham : Genèse 12,1 à 3. Ce ne sera pas Babel (un seul langage, un seul mode de pensée), mais la Pentecôte : l’unité par l’Esprit de Dieu dans le respect de la diversité : Actes 2,1 à 11, projet qui verra son accomplissement ultime dans le royaume de Dieu : Apoc 7,9-10. Malgré la destruction du projet de Nimrod, l’esprit de celui-ci perdurera tout au long de l’histoire. Tout système religieux ou politique englobant en est l’expression. Comme à la genèse des temps, leur fin sera marquée par l’esprit babylonien : le désir de construire une unité politique et religieuse dans laquelle tous les peuples seraient intégrés au prix de leur identité. C’est ce système que le Seigneur, comme Il l’a fait déjà une fois, détruira au jour de Sa colère.

7. Une prostituée persécutrice des saints et des témoins de Jésus : v 6

C’est à la connaissance de cet élément que l’étonnement de Jean sur l’identité de Babylone la Grande sera à son comble : v 6. Les 20 derniers siècles de l’histoire le prouvent malheureusement abondamment. Si d’autres systèmes ont mis à mort les chrétiens, nul dans la durée n’a été aussi sanguinaire à leur encontre que la Rome papale. Celle-ci n’a de loin à ce sujet aucune leçon à donner à personne, pas même aux islamistes. Chaque fois qu’un système veut imposer sa pensée à tous, il se fait persécuteur des chrétiens.

8. Une prostituée à cheval sur la bête : v 3

Dans un premier temps, il apparaît, comble de la prostitution, qu’une collaboration étroite s’établira entre la prostituée et l’antichrist dans sa montée vers le pouvoir. La prostituée chevauchera la bête, la dominant et la contrôlant. Comme cela s’est déjà produit dans l’histoire, cette fausse alliance entre le trône et l’autel ne résistera pas à l’épreuve du temps. Viendra le jour où la bête se débarrassera elle-même de cet allié concurrent : v 16. Elle réalisera, se faisant, le jugement de Dieu annoncé depuis longtemps contre elle : v 17. La montée en puissance de l’antichrist mettra fin aux prétentions et à l’influence universelles de la fausse église. Il n’y aura plus alors ni pape, ni Vatican !

9. La prostituée est aussi une ville : v 18

Par opposition à l’Eglise, qui est à la fois l’Epouse de l’Agneau et Jérusalem, la ville sainte : Apoc 21,9-10, le faux système religieux qui, un temps, chevauchera la bête, est dépeint à la fois comme une prostituée et une ville. Aux yeux de Jean, nul doute que cette ville représentait Rome, la ville aux sept collines : v 9. Le chapitre suivant lui étant consacré, nous essayerons de discerner ce à quoi la Babylone des derniers temps pourrait faire référence.

C. La bête écarlate

Avec la prostituée, Jean revient sur le mystère qu’est la bête qui, pour un temps, lui servira de monture : v 7. Essayons, au travers des détails que Jean reçoit de sa description, de pénétrer le mystère qu’est la bête pour en saisir l’explication.



a. la bête d’Apocalypse 17,3 possède les mêmes caractéristiques que celle décrite en Apocalypse 13,2. Il s’agit donc de la même entité.

b. La bête est la résurgence de quelque chose qui a été et qui a disparu : v 8 et 9. La réapparition de ce quelque chose fascinera les habitants de la terre et les séduira. Elle monte de l’abîme, lieu de repaire et d’habitation fermé des démons : Apoc 9,2 et va vers la perdition ! Comme l’a rappelé Jésus, le diable n’a qu’un objectif : séduire, tromper, user de mensonge pour tuer et détruire : Jean 8,44. L’objectif de la bête sera unique : faire le maximum de victimes parmi les hommes rebelles à Dieu pour les entraîner derrière lui dans la perdition !

c. Les sept têtes de la bête représente à la fois sept montagnes et sept rois : v 10. L’indication que Jean donne ici de la bête a à la fois une portée géographique et historique. Les sept montagnes situent le lieu où se trouve la bête. Ce lieu ne peut être que Rome, appelée la ville aux sept collines. Sur le plan historique, les sept têtes de la bête symbolise les gouvernants majeurs qui occuperont le trône de Rome. Au temps où écrit Jean, cinq étaient disparus, un était là et le dernier devait paraître.

Les commentateurs bibliques de ce passage ont tous du mal à interpréter avec certitude la prophétie. L’empire romain ayant connu 17 empereurs dans les deux premiers siècles, il est difficile de savoir parmi eux à qui la prophétie fait allusion. Jusqu’à Néron, cinq empereurs célèbres se sont succédé : César Auguste, Tibère, Caligula, Claude et Néron. Puis il y eut un temps de crise fait de règnes brefs (quelques mois). Puis Vespasien occupera le trône suivi de Titus (règne intérimaire) et de Domitien, le fils de Vespasien. Il est à noter qu’à partir de Domitien, le trône de Rome change de dynastie. Les Flaviens laissent la place aux Antonins, dont le premier empereur Nerva mettra fin à l’absolutisme impérial qui caractérisait le règne des 7 puissants empereurs qui l’ont précédé.

Au temps où Jean écrit, c’est le 6ème empereur de sa liste qui règne : Vespasien (69 à 79). Il doit, dit-il en venir encore un après lui, et quand il viendra, il restera peu de temps : v 10. Jean éclaire le mystère de la bête en disant qu’elle est à la fois l’ensemble du système romain, mais aussi un de ces rois, le 8ème qui est en fait l’un des sept. L’explication que donne l’ange à Jean au sujet de la bête n’est compréhensible qu’à travers le fonctionnement de l’empire romain. Comme sous le règne de la monarchie absolue en France, l’empire romain se réduisait à une seule chose : l’empereur. « L’Etat, c’est moi ! disait en son temps Louis XIV ! » « Rome, pouvait aussi dire l’empereur, c’est moi ! » On comprend donc ici que la bête soit à la fois un système et celui qui le représente. Une telle identification témoigne de l’absolutisme complet dont fait preuve celui qui le dirige envers ses sujets.

Le fait que le 8ème roi, identifié à la bête, soit l’un des sept témoigne du fait que, parmi eux, c’est lui qui incarnera le mieux cette identification absolue avec le système. Il est à noter que, alors que Jean écrit, Domitien n’est pas encore monté sur le trône. Or, de la liste citée par Jean, il est de loin celui qui se préoccupera le plus, en Asie Mineure particulièrement de développer le culte impérial. La titulature de Domitien à sa mort parle d’elle-même :

IMPERATOR•CAESAR•DOMITIANVS•AVGVSTVS•GERMANICVS, PONTIFEX•MAXIMVS, TRIBVNICIAE•POTESTATIS•XV, IMPERATOR•XXII, CONSVL•XVII, PATER•PATRIAE

La résurgence de la bête qui était, a disparu et qui revient fait allusion, à la fin des temps, au retour du système romain de Domitien : système marqué par un véritable culte voué à celui qui en sera la tête : l’Antichrist. Le XXème siècle, et ses nombreux dictateurs mégalomanes (Hitler, Bokassa, Ceaucescu, Kim Il Sung…) témoigne avec force qu’une telle résurgence impérialiste est tout à fait de l’ordre du possible. Cependant, Jean nous l’atteste : au moment où le 8ème roi, copie conforme de Domitien, apparaîtra, il ne restera que peu de temps !

d. Les dix cornes de la bête représentent dix rois, qui seront faits rois pour régner avec elle et pour elle : v 12. Déjà en son temps, le prophète Daniel avait eu la vision de ce terrible royaume qui conclura l’histoire de l’humanité : Daniel 7,7. Le prophète fait mention parmi les cornes d’un fait particulier : l’une d’elle, petite, s’élèvera au-dessus des autres et, pour affirmer sa suprématie, abaissera trois d’entre elles : Daniel 7,8.20.

La crise que nous traversons actualise de manière frappante le scénario décrit ici. Du jour au lendemain, nous avons pu assister à la chute soudaine et brutale de plusieurs dirigeants européens (Italie, Grèce…) démocratiquement élus dans leurs nations, par la pression du diktat des dirigeants de l’Europe politique. Ils ont été aussitôt remplacés par des hommes de main non élus, à qui il a été remis les clés de la gouvernance de la nation… Cela sans que les peuples s’en émeuvent plus que cela ! Le procédé est à l’image de ce qui se produira au jour où, bâtissant son empire, l’Antichrist élèvera l’un et abaissera l’autre ! Les dix cornes, désignées par la bête, et la bête travailleront alors main dans la main pour servir un seul dessein : v 13.

e. L’empire de la bête et des dix cornes sera celui qui verra le retour de Jésus : v 14. C’est d’ailleurs Lui qui y mettra un terme définitif au terme d’une guerre au cours de laquelle les armées de l’Eternel réunies vaincront les armées de la bête !

f. Au faîte de leur pouvoir, la bête et les dix cornes se mettront à haïr la prostituée, la détruiront et la pilleront : v 15 et 16. La fausse église qui avait cru faire jeu égal avec les souverains de ce monde en sera pour ses frais. Ce jugement terrible servira en même temps à réhabiliter la véritable vocation de l’Eglise. Jamais, dans la pensée de Jésus, il n’a été que l’Eglise devait s’allier, se mélanger aux puissances terrestres pour partager avec elles le pouvoir sur les peuples. L’alliance contre nature de la fausse église finira de la seule façon possible : son élimination. Il ne peut y avoir in fine qu’un seul occupant sur le trône de la royauté du monde : le mal absolu !



vendredi 16 décembre 2011

Les sept coupes de la colère de Dieu : chapitre 16

1. Introduction :

Les sept anges prêts pour déverser sur la terre les sept coupes par lesquelles va s’accomplir la colère de Dieu : 15, 1, ordre leur est donné du cœur même du sanctuaire d’aller pour accomplir leur mission punitive. De même qu’il en a été pour les premiers jugements : Apoc 6,1, c’est de Dieu seul que peut venir l’ordre de jugement sur ce monde. A Lui seul appartient la vengeance et la rétribution : Deut 32,35. L’Agneau seul, parmi tous les êtres, a été trouvé digne d’ouvrir le livre et d’en rompre les sceaux : Apoc 5,2 ; Esaïe 59,16 à 19.

L’ordre donné, un par un, les sept anges exécutent leur mission.

2. Le jugement des sept coupes : parallèles

Si la série de fléaux attachés aux coupes de la colère de Dieu est nouvelle, elle reflète partiellement les fléaux qui, du temps de Moïse, frappèrent l’Egypte, et vise les mêmes objectifs que ceux du cycle des trompettes.

Seule la 4ème coupe qui frappe le soleil n’a pas son équivalent dans les plaies qui frappèrent l’Egypte et obligèrent le Pharaon à laisser partir Israël.

Il y a aussi une grande analogie entre la natures des fléaux de la série des trompettes et ceux déversés des coupes.

La différence entre les plaies des deux séries tient, non aux cibles qu’ils touchent, mais à l’ampleur des dégâts occasionnés. Là où seul un tiers des créatures ou des éléments étaient touchés, ici c’est la globalité du monde qui est concernée.

3. Analyse des sept coupes :

1ère coupe : la plaie des ulcères : v 2

Le mot utilisé pour décrire cette plaie est le même qui est utilisé pour décrire la plaie frappant les Egyptiens au temps de Moïse : Exode 9,9 à 11, Job : Job 2,7, et le pauvre Lazare de l’histoire racontée par Jésus : Luc 16,21. Le corps, instrument du péché : Rom 6,13, est, par la colère de Dieu, le premier à recevoir le douloureux salaire de ses œuvres. Afin qu’une explication claire soit donnée de la raison et de l’origine de ce fléau, seuls les adorateurs de la bête et de son image en seront atteints. Ce qui laisse entendre qu’à cette période encore, il y aura un reste qui croira et sera attaché au Seigneur. Jamais peut-être dans l’histoire, de manière aussi visible, sera manifestée la différence de camp auquel appartient chacun sur le plan spirituel. En marquant Ses adversaires de manière aussi tangible, Dieu manifestera qui sont les Siens.

Le parallèle avec le fléau qui frappa les Egyptiens (de la poussière semblable à de la suie) peux laisser à penser que les ulcères qui frapperont tous les hommes se produiront suite à une éruptions volcanique de grande ampleur.

2ème coupe et 3ème coupe : la mer et les sources d’eaux changées en sang : v 3

Un double phénomène vital pour la vie humaine se produit ici : la disparition de toute vie aquatique, la pollution massive des sources d’eaux potables. L’ange préposé aux eaux justifie la raison de ce fléau. Il est la réponse de Dieu aux fleuves de sang versé, issu du massacre des justes par les impies, depuis la création : cf Matth 23,34 à 36. L’autel, sous lequel s’élevait la voix des martyrs demandant justice, approuve : v 7 ; Apoc 6,9 à 11.

Les sources et la mer changée en sang pourraient être la conséquence sur la nature du premier fléau. Un semblable phénomène (une eau couleur de sang) s’est déjà produit près de volcans en éruptions.

4ème coupe : le soleil brûlant : v 8 et 9

Le fléau de la 4ème coupe est l’inverse de celui de la 4ème trompette : Apoc 8,12 . Alors que, lors de la 4ème trompette, les astres perdent un tiers de leur clarté, ici le soleil est si fort qu’il brûle les humains. Quelle qu’en soit la cause, les humains ne seront pas dupes de l’origine de ce fléau. La chaleur qui éprouvera leurs corps sera malheureusement impuissante pour fondre leur cœur : v 9.

La 4ème coupe pourrait aussi être la suite de la 1ère. Une éruption volcanique de grande ampleur peut affecter la couche d’ozone protectrice des rayons du soleil.

Quel que soit le degré d’exactitude de ces interprétations, sachons que ce qui s’est déjà produit une fois dans l’histoire peut se reproduire. Dieu a autorité sur tous les éléments du ciel et de la terre pour les utiliser comme bon Lui semble, au moment où Il le souhaite.

5ème coupe : obscurité et douleurs : v 10 et 11

Par la 5ème coupe, c’est le trône de la bête qui est directement visé par le jugement de Dieu. En plongeant dans les ténèbres le royaume de la bête, le but de Dieu est de montrer à l’humanité à quel monde appartient celui-ci sur le plan spirituel. Malgré les miracles, les prodiges, le royaume de la bête est le royaume des ténèbres : Ephés 6,12. Les douleurs insupportables que ressentent ceux sur qui la bête exerce sa royauté témoignent elles aussi par avance de celles éternelles que subiront ceux qui la suivent : Mat 8,12.

Malgré ces signaux préventifs parlant, la plus grande partie de l’humanité reste dans l’aveuglement. Pour la dernière fois dans le livre, il est ici fait mention du but poursuivi par Dieu au travers de Ses jugements : susciter l’élan de repentance qui sauverait ceux qui se laissent toucher et convaincre par la Parole de Dieu. A force de s’endurcir, l’exemple de Pharaon, qui connut des fléaux du même ordre, nous rappelle que vient un temps où l’homme ne peux plus se repentir : Exode 9,12. Car Dieu Lui-même, après le fléau des ulcères et avant celui de la grêle, comme ici, afin que Son jugement s’accomplisse dans sa plénitude, se mettra à endurcir le cœur du souverain.

Aujourd’hui, si vous entendez Sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs, prévient à maintes reprises la Parole : Psaume 95,8 ; Hébr 3,8.15 ; 4,7.

6ème coupe : L’Euphrate asséché en vue d’Harmaguédon : v 12 à 16

Deux faits liés l’un à l’autre forment la trame des événements qui réalisent le fléau de la 6ème coupe. Le 1er fait, l’assèchement de l’Euphrate, est l’œuvre de Dieu. C’est l’ange envoyé dans ce but qui l’opère : v 12. Le second est le fruit de l’action de la trinité diabolique : des esprits sont dépêchés dans le monde entier auprès des rois de la terre pour les mobiliser pour une guerre mondiale : la guerre par laquelle le Jour de la colère de Dieu s’accomplit : v 13 et 14.

Comme déjà dit au chapitre 9, l’Euphrate n’est pas un fleuve anodin. Il représente la frontière naturelle entre l’Orient et l’Occident. En asséchant l’Euphrate, l’ange de Dieu agit en vue de faciliter le chemin des armées d’Orient en vue d’un conflit mondial qui signera la fin des armées du monde, conflit qui se déroulera sur la terre d’Israël : v 16 : Harmaguédon = montagne de Megguiddo. La conjonction parfaite de ces deux événements témoigne que, même dans sa fureur, la bête, pour la réalisation de ses projets, dépend de Dieu. L’interaction entre la volonté permissive de Dieu et les œuvres du diable est soulignée dans toute la Bible : Job 1,6 à 12 ; Apoc 17,12.

L’action de la trinité diabolique en vue de mobiliser les armées de toute la terre témoigne de la réalité de la puissance des autorités spirituelles invisibles et de leur influence sur le cours des décisions prises par les dirigeants des nations. Le monde entier est, dit Jean, sous le puissance du malin : 1 Jean 5,19. Notre véritable combat, en tant que chrétiens, n’est pas contre des hommes, mais contre une puissance spirituelle mauvaise très structurée : Ephés 6,12.

La 3ème béatitude de l’apocalypse, sur les sept que le livre compte, conclut la fin de l’énoncé de la 6ème coupe : v 15 (1,3 ; 14,13 ; 16,15 ; 19,9 ; 20,6 ; 22,7). Elle rappelle à tous la nécessite de veiller et de ne pas être trouvé nu, non couvert par les vêtements de la justice de Dieu : Esaïe 61,10 ; Zach 3,4 Apoc 3,18, au jour où Sa colère se déchaînera.

7ème coupe : tremblements de terre et grêle : v 17 à 21

Dieu l’a annoncé au travers d’Aggée le prophète. Il y aura un jour où Dieu, dans Sa colère, ébranlera toute la terre : Aggée 2,6.21 ; Hébr 12,26. Ce jour se produira au moment où la 7ème coupe de la colère de Dieu se déversera dans l’air. La voix sortant du trône l’atteste : le jugement de la 7ème coupe conclut le cycle des fléaux de la colère de Dieu. Où les hommes bénéficient du « Tout est accompli » prononcé par Jésus sur la croix : Jean 19,30, où ils devront affronter le « C’en est fait » de la colère de Dieu : v 17 !

Prémices de la destruction finale imminente, toute la terre, montagnes, îles, toutes les villes des nations, et la plus importante d’entre elles, Babylone, s’écroulent. Contrairement aux espoirs de certains, aucun abri ne sert plus à rien face à la colère de Dieu : Esaïe 28,15. Les hommes sont directement face à Dieu, nus, sans protection, exposé à la colère d’en-haut sans rien pour y échapper.

Cette colère se manifestera par une pluie de grêlons d’une masse telle (environ 34 kg) que le monde n’en a jamais connu. Depuis le début des temps, Dieu, s’adressant à Job, avait pourtant révélé l’existence d’un tel arsenal dans les cieux : Job 38,22-23. Le très grand fléau de la colère de Dieu est tombé. Il ne change rien à l’état d’esprit de ceux qui le subissent. Quand frapper ne sert plus à rien, Dieu l’a déjà dit : seule reste comme solution la destruction totale : cf Esaïe 1,5 à 7.



samedi 19 novembre 2011

Ultime préparation : chapitre 15

1. Introduction :

Avec le chapitre 14, nous avons vu que nous sommes entrés dans une nouvelle phase, la dernière, des événements qui vont aboutir au jugement du monde. Les élus de l’ancienne et de la nouvelle alliance sont rassemblés autour de l’Agneau. Le monde est mûr pour le jugement le plus terrible qu’il ait à affronter, celui de la colère de Dieu.

Après les 6 visions du chapitre 14 qui, pour certaines, ont pour objet de faire entendre une dernière fois l’Evangile aux habitants de la terre, celle du chapitre 15 nous place face à la réalité de l’imminence du jugement qui vient. Le temps donné aux habitants de la terre pour croire à la bonne nouvelle et se repentir de leurs péchés est écoulé. Les anges porteurs des coupes de la colère de Dieu sont prêts. Ils n’attendent plus pour aller que l’ordre de Dieu venant du cœur même du sanctuaire, ordre qui va leur être donné : 16,1.

2. La 7ème vision :

a. Vision des sept anges

C’est la 3ème fois que Jean identifie ce qu’il voit de la part de Dieu comme un signe. Le 1er signe était celui de la femme représentant Israël : Apoc 12,1. Le second était celui du grand dragon rouge : Apoc 12,3. Ce signe parle des sept anges porteurs des coupes achevant le jugement de Dieu sur ce monde.

Dans le langage biblique, les signes sont plus qu’une simple manifestation de puissance. Les signes sont porteurs d’un message. Les premiers signes sont ceux que l’on trouve dans la création : le soleil, la lune et les étoiles : Genèse 1,14. Ils servent de signes pour marquer les temps de vie des hommes. Il y eut ensuite l’arc-en-ciel, signe de la grâce sous laquelle la nouvelle humanité issue de Noé allait désormais vivre : Genèse 9,13.17. Puis Dieu donna à Abraham, la circoncision, signe que lui et ses descendants seraient un peuple mis à part pour Dieu parmi les nations : Genèse 17,11. Viendront encore les signes que Dieu donnera à Moïse d’opérer sous les yeux de son peuple, puis de Pharaon, pour attester de l’authenticité de l’origine divine de sa mission : Exode 4,8 ; 8,23 ; 12,13. Puis les signes donnés par Jésus lui-même, au travers des nombreux prodiges qu’Il opérera de Sa messianité : Jean 2,11.

Les trois signes mentionnés dans l’Apocalypse mettent en valeur les trois événements de grande importance qui vont marquer la fin des temps : la résurrection et la préservation d’Israël (symbolisé par la femme), la manifestation de la puissance de Satan par les deux bêtes, la vengeance finale de Dieu contre le monde qui aura rejeté l’Evangile et mis à mort ses témoins.

b. Vision de la mer de cristal

Pour la seconde fois, Jean voit la mer de verre qui constitue le pavement étincelant qui se trouve devant le trône de Dieu : Apoc 4,6. Sur elle se trouvent les vainqueurs de la bête et de son système glorifiés et louant Dieu avec des harpes (ou lyres) : cf Psaume 33,2. La mer de cristal diffère de la première vision qu’en a eu Jean en ce que sa tranquillité est troublée par le feu qui s’y mêle. L’allusion au feu tient peut-être à la fournaise de laquelle viennent de sortir les vainqueurs de la bête : 1 Pierre 1,6-7 ; 4,2. Il évoque aussi peut-être le fait que le temps du ciel n’est plus à la patience qui a sévi jusque là, mais à celui de la colère de Dieu, allumée et ravivée par le sort que le monde a réservé aux derniers témoins du Christ.

Un double cantique fait l’objet de leurs chants :

- le cantique de Moïse, composé après la sortie d’Egypte et célébrant la victoire de Dieu sur Pharaon et les dieux de l’Egypte et la délivrance d’Israël, peuple de la première alliance : Exode 15,1 à 17. Allusion est aussi faite dans les paroles du cantique des vainqueurs au second cantique de Moïse rédigé à la fin de sa vie : Apoc 15,3-4 ; Deut 32,4.43.

- Le cantique de l’Agneau qui célèbre la victoire de Christ sur Satan et le monde et la délivrance de l’Eglise, peuple de la nouvelle alliance.

Représentants des deux peuples, les vainqueurs témoignent de l’achèvement total de l’œuvre de salut de Dieu dans le monde. Il est temps désormais que la rébellion soit jugée et que le monde entier reconnaisse en Christ et en Dieu le Roi devant lequel il doit se prosterner : v 3 et 4.

Comme il en fut juste avant les deux premiers signes, le tabernacle céleste contenant le témoignage s’ouvre aussi avant la manifestation du dernier : Apoc 11,19. Dieu l’avait précisé à Moïse au temps où Il lui donna l’ordre de construire le tabernacle : l’ouvrage qu’il allait faire n’était qu’une imitation. Le vrai tabernacle était dans le ciel : Exode 25,9.40 ; 26,30. Or, c’est du Saint des saints, le lieu de la présence même de Dieu, que Jean voit les sept anges de Dieu se mettre en route pour accomplir leur mission. Après la vision des vainqueurs de la bête et de son système célébrant Dieu, cette dernière partie de la 7ème vision préparatoire reçue par Jean témoigne que le temps de la patience de Dieu est fini. L’heure est venue pour le Dieu trois fois saint de manifester Sa colère contre les rebelles et les impies. La décision émanant du trône de Dieu est irrévocable. Il n’y a désormais de la part de Dieu ni ajournement, ni repentance, ni report à attendre : cf Amos 7,3.6 ; Exode 32,14 ; 2 Sam 24,16.

Les sept anges ne sortent pas nus du sanctuaire. Ils sont équipés à la hauteur de la dignité de leur fonction. Jean les voit revêtus du double insigne des sacrificateurs : le fin lin pur porté pour le jour de l’Expiation : Exode 28,39 ; Lévitique 16,1 à 4, et la ceinture sur la poitrine des rois revenant victorieux du combat : Apoc 1,13. C’est littéralement en ambassadeur du Roi-Sacrificateur que les sept anges sortent pour faire l’expiation du péché du monde.

C’est de la main de l’un des 4 êtres vivants présents sur le trône et autour de lui : Apoc 4,6 que les sept anges reçoivent les coupes qu’ils devront déverser sur la terre. Le jugement de Dieu Lui appartient. Il ne sera pas cependant pris seul, mais en accord avec toute la création symbolisée auprès du trône de Dieu par les 4 êtres vivants : cf Rom 8,20 à 22.

Comme il en fut au jour de la dédicace du temple au temps de Salomon : 2 Chr 5,14 ; 6,1, la gloire de Dieu remplit le temple à tel point que personne ne pouvait y entrer. Sacrifices et prières sont désormais inutiles : Lam 3,44. Le temps du salut est fini : voici celui de la rétribution : Deut 32,35.


vendredi 14 octobre 2011

Le menu de ce qui vient : Apocalypse 14

1. Nouvelles visions :

Après la double vision des deux bêtes, Jean voit se succéder, dans les chapitres 14 et 15, sept visions distinctes révélatrices de la mise en place des derniers éléments annonciateurs du jugement du monde par les coupes de la colère de Dieu.

1ère vision : l’Agneau et Ses rachetés sur la montagne de Sion : v 1 à 5

Alors que l’emprise de la bête semble être totale sur la terre (même les saints ont été vaincus : 13,7) le rideau s’ouvre de nouveau aux yeux de Jean sur les réalités célestes. Les soi-disant vaincus de la bête sont glorifiés avec Jésus sur la montagne de Sion qui, en l’occurrence ici, désigne la Jérusalem nouvelle : cf Hébr 12,22. Si, primitivement, la montagne de Sion était la colline de Jérusalem où était le temple : Ps 84,8, elle est, sur le plan spirituel, la cité du Dieu vivant !

Vaincus sur terre, les saints de Dieu, marqués de son sceau : Apoc 7,4, sont reçus au ciel tels qu’ils sont, en héros. Tous leurs traits témoignent de ce que la Bible désigne, à l’image de leur Maître, sous le terme de vainqueurs. Le vainqueur dans la foi est celui :

- qui n’aime pas sa vie au point de ne pas être prêt à la perdre pour la vérité : Apoc 12,11

- qui, sur le plan moral et spirituel, a su se préserver de toute souillure : cp 2 Cor 11,2. Il semble difficile d’interpréter ce verset au premier degré, la Bible ne jetant jamais de discrédit sur la relation conjugale.

- qui, sur le plan de l’attachement à Christ, fait preuve d’une fidélité sans faille : v 4.

- qui, sur le plan de l’honnêteté et de l’intégrité, sont irréprochables : v 5.

Malgré l’excellence de leur vie de disciples du Christ, les vainqueurs ne sont pas pour autant parfaits ou sans péché. Leur présence au ciel n’est pas le fait de leurs mérites, mais le bénéfice du sang versé par l’Agneau pour leur rachat : v 4.

Bien que vaincus par la bête, les 144 000 ne sont pas morts pour rien. Jean les désigne comme les prémices des humains rachetés. La bête a pu tuer physiquement les témoins du Christ. Elle n’a pu détruire le témoignage, la semence que leurs vies et leurs paroles ont laissé dans les esprits. Une riche moisson va suivre le martyr des oints de Dieu de cette époque !

2ème vision : l’ange porteur de l’Evangile éternel : v 6 et 7

Les témoins du Christ ôtés de la terre, c’est du ciel que les habitants de la terre vont entendre l’Evangile. La bête a peut-être tout pouvoir sur la terre. Elle n’a aucune puissance pour agir sur ce qui vient du ciel. Quels que soient les efforts que le diable déploie pour faire taire la voix des témoins du Christ, Dieu a toujours le dernier mot à ce sujet. Les ressources de Dieu sont inépuisables et nulle puissance n’a le pouvoir de l’empêcher de parler.

Le message dont est porteur l’ange n’est pas directement christocentrique. Il met l’accent sur ce qui constitue le premier fondement de la vérité. Le Dieu véritable que les habitants de la terre doivent craindre et adorer n’est pas celui qui se prétend comme tel sous leurs yeux. Il est le Créateur, Celui qui est à l’origine de toutes choses. Lui seul est digne d’être l’objet de la gloire. Le temps désormais est court : le jugement est en marche. Le choix est encore donné à chacun, pour peu de temps ,de décider devant qui il se prosterne : soit le Dieu du ciel, dont l’ange est le héraut, soit celui qui se dit Dieu sur la terre et qui est un usurpateur.

Le message dont est porteur l’ange est non seulement éternel mais encore universel. A l’heure où le monde entier s’apprête à plonger dans la plus intolérable idolâtrie, l’ange repose devant l’humanité séduite la première pierre sur laquelle repose l’édifice de la vérité : Au commencement Dieu… : Genèse 1,1. Le fait que le message soit réduit à cette seule affirmation démontre à quel point les ténèbres ont envahi les esprits. Le témoignage de Jésus ne peut être reçu en effet que si celui de Dieu est cru : Jean 14,1. Quel terrible constat de voir qu’arrivée à son terme, il faille enseigner l’humanité comme à ses débuts !

3ème vision : l’annonce de la chute de Babylone : v 8

C’est ici la première fois qu’il est fait mention de Babylone, la ville qui va occuper une grande place dans la suite de la prophétie : Apoc 16,19 ; 17,5 ; 18. Babylone est l’anti-Jérusalem . Comme Jérusalem est la cité de Dieu, Babylone est la capitale spirituelle, financière et commerciale qui est au coeur du système de la bête : Apoc 18,2-3. Par anticipation, le second ange, après le passage du premier rappelant que le Dieu du ciel est le seul Dieu qui doit être craint et adoré, annonce que, bientôt, ce qui fait la fierté de la bête et de son système va tomber sous les coups du jugement de Dieu.

4ème vision : l’avertisseur du châtiment éternel : v 9 à 12

Dernier des envoyés célestes de Dieu, le troisième ange traverse le ciel pour avertir les habitants de la terre du jugement et des tourments éternels qui attendent tous ceux qui feront le choix de ne pas donner au Dieu Créateur la gloire qui Lui est due. Ils partageront pour toujours le sort du dieu qu’ils auront suivi et adoré. Le message apporté ici par l’ange est l’un de ceux qui valident le mieux dans l’Ecriture la réalité de l’enfer et du tourment éternel.

Mauvais nouvelle pour les rebelles, la proclamation de la réalité de la perdition est un puissant stimulant à la foi de ceux qui s’attachent à garder les commandements de Dieu et la foi de Jésus : v 12. Comme il y a une rétribution pour ceux qui persévèrent dans le mal et l’erreur, il y en a une pour ceux qui persistent à marcher dans le bien et le juste : Rom 2,9-10.

Le message de l’ange, destiné aux rebelles et aux croyants qui subsistent, est appuyé en conclusion par une voix venant du ciel : v 13. La voix encourage les disciples de Christ à imiter les vainqueurs qui sont partis avant eux et à ne pas craindre la mort. Elle n’est que le passage de ce monde vers le monde de Dieu où les attendent le repos et la récompense. Rien ne peut, en effet, nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ : Rom 8,31 à 39.

5ème vision : la nuée et le fils de l’homme moissonneur

La 5ème vision s’inscrit, comme celles qui la précèdent, dans le processus d’annonce de ce qui va se produire. Toutes ces visions témoignent de la volonté de Dieu de ne pas prendre l’humanité par surprise. Comme l’arche de Noé était un témoignage pour la première humanité du jugement qui allait venir, Dieu donne à la dernière humanité tous les éléments dont elle a besoin pour savoir ce qui l’attend. Le programme est clairement dit et écrit. Au bout du chemin de la rébellion vient la moisson du jugement.

La vision de Jean nous transporte au moment même que Jésus a indiqué à Ses juges comme celui où ils Le reverraient : Mat 26,64. Après le temps de l’immense patience de Dieu, de Ses avertissements, du martyr de Ses témoins, vient celui où le monde doit payer ses crimes. Le Père ayant tout remis, à cause de son expérience de l’humanité, au Fils : Jean 5,27, c’est à Lui qu’il revient de procéder à la moisson. Le fils de l’homme, venu une première fois en humilité, revient ici couronné et glorifié.

La moisson est un thème récurrent dans la Bible. La moisson est plus que la récolte. Elle est le but de tous les efforts entrepris par le semeur. Elle est la réalisation de son espérance, l’aboutissement et la récompense de tous ses efforts. La moisson est la multiplication de ce qui a été semé. La moisson est la révélation de ce qui a été semé. On ne moissonnera jamais dans la nature, et sur le plan moral et spirituel, autre chose que ce qui a été semé : Gal 6,7-8.

Différents moissons se feront dans le monde :

- la moisson de l’Evangile : Jean 4,34 à 36. Il arrive souvent, dans ce processus, que le semeur ne soit pas le moissonneur. Avant les disciples, d’autres ont semé : prophètes, scribes, juifs pieux… : Jean 4,37-38. Tous, au moment de la moisson, se réjouissent ensemble et ont ensemble droit à la récompense : Jean 4,36. Les uns sèment, les autres arrosent, mais toujours, c’est Dieu qui fait croître : 1 Cor 3,5 à 8. L’ordre de Jésus est que nous priions pour que le Maître de la moisson envoie des ouvriers dans sa moisson : Mat 9,38. Il se peut que l’ouvrier soit un semeur ou un arroseur. Tous cependant sont engagés dans et pour la moisson.

- La moisson du péché. Après avoir attendu, il y a un temps où la moisson est mûre. Dieu n’intervient jamais pour juger avant que la dernière extrémité ne soit atteinte : Genèse 15,16 ; 18,20-21. Si les prophètes ont annoncé la venue de Christ, beaucoup ont aussi vu de loin le jour de la moisson : Joël 3 (4),13 à 16. C’est cette moisson que le Fils de l’homme, aidé des anges moissonneurs, vient faire ici : Mat 13,30.49-50.

Les deux moissons étant faites, le blé de Dieu sera amassé dans son grenier et la paille brûlera d’un feu qui ne s’éteint point : Mat 3,12.

6ème vision : vision de l’ange vendangeur : v 18 à 20

Après le moissonneur, vient le vendangeur : Joël 3,13.18. L’idée de la moisson diffère de celle de la vendange en ce que la moisson concerne aussi bien les élus que les réprouvés. La moisson est le moment de la séparation. Chaque espèce va au lieu qui correspond à sa nature : Mat 13,30 ; 3,12. La vendange ne concerne par contre que les rebelles. Elle est l’expression dernière, absolue de la fureur de Dieu contre les rebelles. La vendange est l’expression de la vengeance de Dieu. Elle sera si terrible que le sang versé couvrira un espace de près de 300 kms jusqu’aux mors des chevaux, allusion sans doute à la bataille finale qui réunira toutes les armées de la terre dans la vallée de Josaphat : Joël 3 (4),2.9 à 14 ; Ezéchiel 39,11.

jeudi 15 septembre 2011

La bête qui monde de la terre : Apocalypse 13

La seconde bête : v 11 à 18

Après la première bête, Jean voit monter d’un autre lieu, la terre, une seconde bête, différente de la première, mais qui lui est associée et entièrement dévouée. Appelée ailleurs le faux prophète : Apoc 16,13 ; 19,20 ; 20,10, il apparaît que le ministère principal de cette bête sera d’ordre religieux et spirituel plutôt que politique. Comme la première bête sera le couronnement de tous les dictateurs, la seconde le sera de tous les faux prophètes qui auront émaillé l’histoire Israël et de l’Eglise. Le fait que la seconde bête sorte de la terre, et non de la mer, laisse à penser qu’elle émergera d’un milieu séparé des nations, peut-être d’Israël, peuple mis à part dès l’origine par Dieu. L’apôtre Jean, qui a écrit l’apocalypse, prévient déjà dans ses lettres les chrétiens de cette possibilité : les antichrists ne sortent pas seulement du monde, mais du sein même du peuple de Dieu : 1 Jean 2,18 à 23. Comme il y a un antichrist politique, il y en a aussi un qui est religieux. Il est facilement reconnaissable en ce qu’il nie de manière catégorique la divinité de Jésus, le Fils.

Portrait de la seconde bête

a. portrait physique

Si la première bête était effrayante, l’aspect de la seconde est plus engageant. L’apparence n’est pas celle du lion, de l’ours ou du léopard, mais celle de l’agneau. La seconde bête aura quelque chose en elle qui évoquera Jésus-Christ. Seules les paroles qu’elle prononcera dévoilera l’esprit qui l’anime : le dragon.

Dans les enseignements qu’ils donnèrent, Jésus et les apôtres avertirent avec insistance les chrétiens de ne pas se fier à l’apparence pour juger de la validité d’un ministère. Les faux prophètes, dit Jésus, sont des loups déguisés en moutons : Mat 7,15, des ouvriers trompeurs, dira Paul, déguisés en ministres de justice : 2 Cor 11,13. Il n’y a là rien d’étonnant, ajoute l’apôtre, Satan lui-même se transformant pour le besoin en ange de lumière : 2 Cor 11,14. C’est cet ange de lumière que nous voyons ici apparaître.

b. vocation et œuvre de la seconde bête

La vocation de la seconde bête est clairement désignée. Elle est là pour donner, par l’autorité spirituelle qu’elle représente, le crédit dont la première bête a besoin pour être adorée par tous. La seconde bête apporte à la première toute la puissance de la séduction spirituelle dont elle a besoin pour être reçue par le monde comme son maître et son sauveur. Elle est pour la première bête ce qu’Aaron fut pour Moïse : Exode 7,1 ou ce que le Saint-Esprit a été pour Jésus : la force qui authentifie Ses prétentions à la Divinité (voir tableau comparatif ci-dessous).

La méthode utilisée pour se faire est double :

- la puissance de conviction que la seconde bête déploie s’appuie sur une démonstration de puissance. La seconde bête est capable de prodiges étonnants. L’apôtre Paul a averti les thessaloniciens : l’apparition de l’impie se produira par l’opération de Satan avec toutes sortes de miracles et de prodiges mensongers : 2 Thes 2,10. Le sommet de sa tromperie sera de réussir, dit Jean, à faire descendre le feu du ciel sur la terre à la vue des humains : v 13, miracle vécu à plusieurs reprises par le prophète Elie : 1 Rois 18,38 ; 2 Rois 1,10 à 14 et manifesté aussi à la Pentecôte : Actes 2,3.

Nous devons être particulièrement vigilants en tant que chrétiens quant à la tendance actuelle dans de nombreux milieux à la recherche de miracles et de prodiges. Là ne doit pas être notre but : 1 Cor 1,22-23. Le miracle n’est pas preuve d’authenticité divine : Mat 7,21 à 23. Des démons peuvent même être chassés par des personnes que le Christ ne connaît pas. Une telle recherche ne peut faire de nous qu’une proie facile pour le diable. Seul l’amour de la vérité a le pouvoir de nous garder de la puissance d’égarement déployée par Satan : 2 Thes 2,10-11.

- pour arriver à ses fins, l’adoration de la terre pour la première bête, le faux prophète va pousser ses habitants à pratiquer l’idolâtrie. Il va ainsi ordonner aux habitants de figurer la bête par une image qu’elle finira par animer : v 14 et 15.

La seconde bête va pousser le monde à transgresser le premier commandement de la loi qui est de ne pas faire quoi que ce soit comme représentation des choses sacrées et de se prosterner devant elles : Exode 20,3 à 6. Elle va de la sorte provoquer la jalousie de Dieu à tel point que seule Sa colère va l’assouvir : Psaume 73,20. Il est notoire que, dans l’histoire biblique, la fabrication d’une image représentant Dieu (le veau d’or) fut le première faute commise par les Israélites après leur sortie d’Egypte : Exode 32,2 à 5. Remarquons que si la seconde bête propose aux habitants de se faire une image de la 1ère, c’est le choix personnel de chacun qui en décide. Aussi forte soit la séduction, il reste toujours chez chaque individu une part de choix personnel qui le rend responsable devant Dieu. Personne ne sera jamais sur terre séduit et trompé au point où il ne pouvait faire autrement.

Les procédés pour animer l’image de la première bête et la faire parler aux yeux de tous sont aujourd’hui sans commune mesure avec ce qui existait auparavant. L’holographie en est un des meilleurs.

«La plupart des gens qui ont vu une image holographique (laquelle s’obtient en projetant un faisceau laser à travers la plaque sur laquelle une scène a été photographiée) ont eu l’étrange impression de contempler un objet réel en trois dimensions. On peut se déplacer autour de la projection holographique et l’observer sous des angles différents, tout comme un objet réel. Ce n’est qu’en passant la main au travers de l’objet qu’on constate qu’il n’y a rien. Ce n’est pas tout. L’image holographique possède une caractéristique encore plus curieuse. Admettons que je prenne une photo de la tour Eiffel. Si je déchire le négatif de ma photo en deux et que je fais développer une des deux moitiés, je n’obtiendrai, bien sûr, qu’une moitié de l’image originelle de la tour Eiffel. Or tout change avec l’image holographique. Pour aussi étrange que cela puisse paraître, si on déchire un morceau d’un négatif holographique pour le mettre sous un projecteur laser, on n’obtiendra pas une partie de l’image, mais l’image entière. Même si je déchire le négatif une dizaine de fois pour n’en conserver qu’une partie minuscule, celle-ci contiendra la totalité de l’image. »

Le but de l’incitation universelle de la seconde bête à la pratique de l’idolâtrie envers la première se dévoile dans l’effet qu’elle produit. Comme il en fut au temps de Nebucadnetsar, l’ordonnance permet d’identifier qui dans la population adhère au culte imposé et qui n’y adhère pas : Daniel 3,1 à 6. Désormais, le tri est fait dans l’humanité :

- Ceux qui n’adhèrent pas au culte de la première bête doivent être tués : v 15.

- Ceux qui y adhèrent sont marqués dans leur être de son sceau et de son chiffre (666), signe d’appartenance au système dont la bête est la tête : v 16 à 18.

c. la marque de la bête :

Le nombre de la bête ayant donné lieu tout au long des siècles à d’innombrables spéculations, il nous est impossible des les rapporter toutes. Ce que Jean semble souligner est que la marque de la bête ne se limitera pas au seul 666. Elle peut aussi se composer du nom même de la bête : v 17. Le 666 et le nom de la bête ont donc valeur d’équivalence.

Ce lien étroit entre le nom de la bête et le 666 ont poussé de nombreux lecteurs de l’apocalypse à de savants calculs. Dans l’alphabet grec, chaque lettre a aussi une valeur numérique : les neufs premières lettres servent comme nos chiffres pour les unités, les lettres suivantes pour les dizaines, etc... Utilisant ce procédé, on est arrivé à de nombreuses convergences entre le 666 et le nom de personnages qui ont marqué l'histoire : Néron, le pape, Martin Luther, Mahomet, Cromwell, Roosevelt, Mussolini, Hitler, Kissinger, Sadat, Reagan, Gorbachev…

Notons aussi la valeur symbolique du 666. Dans toute la Bible, le 6 est perçu comme le chiffre de l’homme. Adam a été créé le 6ème jour. Le trois est le symbole de la trinité. Le 666 peut ainsi symboliser l’homme cherchant à se faire dieu, ce qui est la première promesse donnée par Satan à Adam : Gen 3,5.

C’est sur la main droite et le front de tous ceux qui adoreront la 1ère bête que son chiffre ou son nom devront être apposés. Les endroits choisis ne sont pas le fait du hasard : la main droite est l’instrument le plus utile pour tous nos actes : Mat 5,30, le front est le lieu du cerveau. L’indication de ces deux endroits témoigne que toute la manière de vivre et d’être, pensées et actes, de l’humanité sera, en ce temps, conditionnée par l’emprise de la bête.

d. Tableau comparatif entre le Saint-Esprit et la seconde bête

Le Saint-Esprit

1. Il est la 3ème personne de la Trinité divine : Mat 28,19

2. Au moment où Jésus sort de l’eau du Jourdain, le Saint-Esprit descend sur Lui et L’accompagne tout au long de Son ministère : Mat 3,16

3. L’Esprit est un Esprit de vérité qui conduit dans toute la vérité : Jean 16,13.

4. Il ne parle pas de lui-même, mais Il glorifie Jésus-Christ : Jean 16,13-14.

5. L’Esprit nous enseigne le culte du Dieu vivant, en esprit et en vérité : Jean 4,23-24.

6. L’Esprit de Dieu est un Esprit saint

7. C’est par l’Esprit de Dieu que Jésus a accompli Ses miracles pour prouver Sa divinité : Mat 12,28 ; Jean 5,36

8. Le Saint-Esprit fait descendre le feu du ciel le jour de la Pentecôte : Actes 2,3

9. Le Saint-Esprit donne la vie éternelle : Jean 6,63 ; 3,6.

10. Le Saint-Esprit marque du sceau de Dieu tous ceux qui croient en Jésus-Christ : Ephés 1,13.

11. Le Saint-Esprit réalise l’unité spirituelle des enfants de Dieu autour de Christ


Le faux prophète


1. Il est la 3ème personne de la trinité diabolique composée de Satan (le dragon), l’Antichrist (la 1ère bête) et lui-même.

2. Au moment où la 1ère bête monte de la mer, la seconde vient pour appuyer sa carrière et son activité.

3. Le faux prophète trompe et séduit

4. Le faux prophète agit pour le compte de l’Antichrist et exerce toute son autorité en sa présence.

5. Le faux prophète enseigne aux hommes l’idolâtrie et les pousse à adorer une image.

6. De la bouche du faux prophète sort un esprit impur : Apoc 16,13

7. Le faux prophète fait de grands prodiges pour établir l’autorité surnaturelle de l’Antichrist. Dans leur folie, les hommes attribuent à Dieu les miracles du faux prophète, tandis qu’ils avaient attribué à Satan ceux du Saint-Esprit : Mat 12,24-28

8. Le faux prophète va jusqu’à faire descendre le feu du ciel sur la terre à la vue des hommes

9. Le faux prophète tue.

10. Le faux prophète imprime sur tous les adorateurs de l’Antichrist la marque du diable.

11. Le faux prophète réalise la fausse unité de l’humanité autour de l’Antichrist

Gardez-vous des faux prophètes, dit Jésus. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez : Mat 7,15-16.

Je viens bientôt !

vendredi 24 juin 2011

Apocalypse 13 : la bête qui monte de la mer

1. Introduction :

Après son éviction de la sphère céleste, nous avions, dans le chapitre précédent, quitté le dragon posté sur le sable de la mer : v 18. La posture qu’il adopte est semblable à celle d’un guetteur. Que fait le dragon dans cette position ? Qu’attend-il, que guette-t-il ? Le chapitre 13 y répond.

1. La première bête :

Alors que Jésus inaugurait son entrée publique dans le ministère, les Evangiles nous rapportent que le premier test, la première épreuve auxquels Il fut confronté, furent la tentation dans le désert. Homme exceptionnel, Jésus se vit proposer par Satan à ce moment l’autorité et la gloire de tous les royaumes. Jésus les refusa : Luc 4,1 à 6. La proposition émise révèle cependant une vérité importante sur le diable. Si celui-ci possède effectivement de droit le pouvoir spirituel sur le monde, il est prêt, pour le garder, à tous les partages et les compromis possibles. Ce dont il a juste besoin, c’est d’un homme puissant qui sera prêt à être sa marionnette à son service. C’est cet homme qu’il trouvera à la fin des temps, présenté dans ce chapitre comme la bête qui monte de la mer.

Constamment agitée, jamais en paix, la mer, prise au sens figuré, est le symbole à la fois des nations et des méchants : Esaïe 17,12-13 ; 57,20 ; Jérémie 49,23 ; Psaume 65,8 ; Luc 21,25; Apoc 17,15. Posté sur le sable de la mer, le dragon attend de voir sortir de l’agitation des nations le méchant au travers duquel il pourra réaliser et maintenir son projet de domination sur le monde. Nous ne savons combien de temps l’attente du dragon dura. Mais un jour, son attente se termina. Jean voit sortir de la mer l’être hybride espéré. Le dragon n’hésita pas. Incarnation parfaite de ce qu’il attendait, il lui confère immédiatement tous ses pouvoirs : v 2. Description.

Portrait de la bête :

a. sa similitude avec le dragon :

La bête qui monte de la mer !
Comme le dragon : Apoc 12,3, la bête possède dix cornes et sept têtes. Sur le plan du pouvoir et de l’intelligence, elle est dotée des mêmes facultés que le dragon. Il existe dans nombre de sociétés secrètes une forme d’initiation qui a pour objet d’élever l’initié au plus haut degré possible de pouvoir spirituel. La franc-maçonnerie revendique ainsi 33 degrés pour atteindre le sommet de sa hiérarchie., Il n’est pas impossible que, double parfait du dragon, la bête qui monte de la mer soit le produit de l’initiation occulte absolue.

b. les parallèles avec les visions de Daniel :

Alors qu’il était à Babylone, le prophète Daniel reçut de Dieu la vision de 4 royaumes successifs qui allaient apparaître sur la scène du monde : Daniel 7,2 à 8 ; 2,37 à 40. Avec le recul de l’histoire, nous pouvons facilement identifier l’identité des royaumes en question :

- Le premier, semblable à un lion doté d’ailes est le royaume babylonien

- Le second, semblable à un ours, symbolise, l’empire de Mèdes et des Perses qui succéda au premier.

- Le troisième, semblable au léopard, symbolise les conquêtes fulgurantes d’Alexandre le grand, l’empire grec

- Le quatrième symbolise un empire plus terrible et plus effrayant que tous ceux qui l’ont précédé : l’empire romain.

La bête que Jean voit sortir de la mer réunit à elle seule les caractéristiques des quatre empires qui ont été l’objet de la vision de Daniel : la rapidité conquérante d’un Alexandre (le léopard), la force et la brutalité des Mèdes et des Perses (l’ours), le caractère royal et imposant des babyloniens (le lion), la puissance de domination des romains (les dix cornes). A elle seule, la bête cumule la totalité des têtes des bêtes de Daniel et les dix cornes du dernier empire : elle est le point culminant de tout ce que la tyrannie et l’impérialisme des hommes auront produit dans le cours de l’histoire.

c. les particularités de son règne :

- tout ce qui est en elle et sort d’elle est blasphématoire à l’égard de Dieu : aussi bien les noms que portent ses têtes que les paroles qui sortent de sa bouche : v 2 et 5.6. Sa haine se portera non seulement contre Dieu, mais aussi contre tous ceux qui, fidèles à Dieu, auront déjà leur place auprès de lui (peut-être est-il fait allusion ici aux saints enlevés au moment de sa révélation dans le monde : 2 Thes 2,1 à 4).

- Imitation du Christ à qui elle essaye de ravir la prééminence, la bête simulera une mort suivie d’une sorte résurrection : v 3, le but étant de voler au Christ sa plus belle lettre de noblesse : Rom 1,3-4. C’est à partir de ce fait qu’elle recevra ce que personne d’autre avant elle n’avait reçu : l’adoration universelle : v 4 et 8. Elle déchaînera pour sa personne une hystérie collective mondiale. Les seuls qui s’y soustrairont seront ceux dont le nom est inscrit sur le livre de vie : les rachetés du Christ : v 8.

- Elle réussira ce que personne d’autre avant elle n’avait réussi : exercer une domination universelle sur tous les peuples : v 7

- Malgré l’impression de puissance qu’elle donnera, son règne terrible sera finalement assez bref : 42 mois : v 5 : trois ans et demi, ce qui fut aussi le temps approximatif du Christ dans Son ministère. Tous les grands conquérants du monde furent habités, à un moment ou un autre, par le rêve d’un empire sans fin. Aucun, pas même la bête des derniers temps, n’y parviendra. C’est à Dieu seul et à son Christ que reviennent la domination et la gloire éternelles : Apoc 5,13.

- Elle persécutera de manière intensive les saints qui ne pourront échapper à son courroux : v 7. La période de domination du monde par la bête sera aussi celle où le prix payé pour la vérité et la conversion à Christ sera le plus élevé pour l’ensemble du peuple de Dieu.

d. une copie inversée du Christ :

Dans son livre « Le retour de Jésus-Christ », René Pache dresse un tableau comparatif de l’Antichrist (la bête qui monte de la terre) et du Christ :

1. L’ANTICHRIST <=> 2. LE CHRIST



1. Il est l’image même de Satan
2. Jésus a dit : celui qui m’a vu a vu le Père : Jean 14,9 ; Col 1,15 ; Héb 1,3


1. Il monte de l’abîme pour accomplir la volonté du diable : Apoc 11,7
2. Jésus descend du ciel pour faire la volonté de Dieu, son Père : Jean 6,38 ; 5,43


1. Il est comme une bête sauvage qui réunit en elle la ruse, la force et la férocité.
2. Il est l’Agneau de Dieu plein de douceur, d’innocence et de grâce : Apoc 5,6 à 9. Les hommes n’ont pas voulu être sauvés par l’Agneau : ils seront déchirés par la bête.


1. Il reçoit directement du diable sa puissance, son trône et une grande autorité : 13,2
2. Jésus a dit : tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre : Mat 28,18. Le Fils ne peut rien faire de lui-même : Jean 5,19


1. Il passe par une sorte de résurrection qui attire sur lui l’attention de toute la terre
2. C’est par sa résurrection que Christ est déclaré Fils de Dieu avec puissance : Rom 1,4


1. Il étonnera le monde par ses discours impudents
2. On a dit de Jésus : Jamais homme n’a parlé comme cet homme : Jean 7,46


1. Son règne durera environ 3 ans et demi
2. Le ministère de Jésus a duré au moins 3 ans, puisque 3 pâques juives sont mentionnées : Jean 2,13 ; 6,4 ; 11,55


1. Il est l’homme du péché, l’Impie qui représente tout ce que l’humanité a de mauvais. Son chiffre est le 666 : 13,18
2. Il est le Saint de Dieu, le Parfait, dont le chiffre symbolique est le chiffre parfait : le 7 : Apoc 5,6.12


1. Il reçoit autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue et toute nation
2. Dieu donne à Son Fils les nations comme héritage : Ps 2,8 ; Dan 7,14.


1. Il a pour femme une prostituée, l’Eglise apostate qu’il finit par brûler : Apoc 17,16
2. Il a pour épouse l’Eglise sainte, sans tache qu’Il élève avec Lui dans la gloire : Ephés 5,25 à 27

Si la figure de l’Antichrist n’est pas encore révélée à ce jour, les travaux préparatoires en vue de sa prise de pouvoir future vont bon train. De plus en plus d’institutions et d’instances internationales chapeautent et règlent la vie des peuples : ONU, FMI, OMC, OMS, Banque mondiale… Depuis 2007, l’Union pour la Méditerranée redessine les contours de l’ancien empire romain, d’où devrait surgir la bête. Sur le plan économique et financier, une crise systémique globale paraît inévitable, crise qui va déchoir le dollar de sa fonction régulatrice et créer les conditions de la naissance d’une monnaie mondiale nouvelle. L’une après l’autre, les anciennes dictatures tombent pour laisser la place à de semblants de démocraties desquelles surgira un gouvernement mondial voulu, désiré, et apparaissant comme la réponse politique aux problèmes du monde. Aussi, cette idée n’est-elle plus une simple perspective. Elle apparaît au contraire comme une nécessité incontournable pour l’avenir (cf : Livre de Jacques Attali : Demain, qui gouvernera le monde ?). « Un jour, l’humanité comprendra qu’elle a tout à gagner à se rassembler autour d’un gouvernement démocratique du monde, dépassant les intérêts des nations les plus puissantes, protégeant l’identité de chaque civilisation et gérant au mieux les intérêts de l’humanité. Un tel gouvernement existera un jour. Après un désastre, ou à sa place. »

Grâce à Internet (la toile) et aux réseaux sociaux, le monde est devenu un village dans lequel chacun peut connaître l’autre sans se déplacer. Par les satellites, la multiplicité des chaînes de télévisions et des réseaux de communication donne à chacun d’être informé en temps et en heure de ce qui passe à chaque endroit de la terre. Plus que les mots, l’image devient le principal vecteur de la réalité. Partout se développe en même temps, au travers des différents moyens de géolocalisation et du numérique une hypersurveillance de l’individu. Non seulement, pour la première fois, l’idée d’un gouvernement mondial est évoquée, mais les structures et les moyens techniques permettant sa création sont réunis. Il ne manque plus que le chef d’orchestre, sachant mettre en musique tout cela pour faire danser le monde !

La présentation de la première bête se conclut par un court message adressé aux saints de l’époque : v 9 et 10. Dans ce message, Dieu appelle les Siens à ne pas espérer de Sa part dans la foi des actions de délivrance. Ce n’est pas par la délivrance physique de leurs oppresseurs que Dieu va glorifier Son nom au travers des Siens en ce temps, mais par leur persévérance dans la foi envers et contre tout. Les vainqueurs ne seront pas ceux qui seront épargnés par la bête, mais ceux qui n’auront pas aimé leurs vies jusqu’à craindre la mort : Apoc 12,11. L’exhortation est aussi une claire indication donnée aux chrétiens de refuser d’assurer leur propre défense par les armes. Si le message s’adresse aux chrétiens des derniers temps, il a été largement validé au temps des martyrs, temps dans lequel vivait déjà l’apôtre Jean.


Je viens bientôt !