vendredi 24 juin 2011

Apocalypse 13 : la bête qui monte de la mer

1. Introduction :

Après son éviction de la sphère céleste, nous avions, dans le chapitre précédent, quitté le dragon posté sur le sable de la mer : v 18. La posture qu’il adopte est semblable à celle d’un guetteur. Que fait le dragon dans cette position ? Qu’attend-il, que guette-t-il ? Le chapitre 13 y répond.

1. La première bête :

Alors que Jésus inaugurait son entrée publique dans le ministère, les Evangiles nous rapportent que le premier test, la première épreuve auxquels Il fut confronté, furent la tentation dans le désert. Homme exceptionnel, Jésus se vit proposer par Satan à ce moment l’autorité et la gloire de tous les royaumes. Jésus les refusa : Luc 4,1 à 6. La proposition émise révèle cependant une vérité importante sur le diable. Si celui-ci possède effectivement de droit le pouvoir spirituel sur le monde, il est prêt, pour le garder, à tous les partages et les compromis possibles. Ce dont il a juste besoin, c’est d’un homme puissant qui sera prêt à être sa marionnette à son service. C’est cet homme qu’il trouvera à la fin des temps, présenté dans ce chapitre comme la bête qui monte de la mer.

Constamment agitée, jamais en paix, la mer, prise au sens figuré, est le symbole à la fois des nations et des méchants : Esaïe 17,12-13 ; 57,20 ; Jérémie 49,23 ; Psaume 65,8 ; Luc 21,25; Apoc 17,15. Posté sur le sable de la mer, le dragon attend de voir sortir de l’agitation des nations le méchant au travers duquel il pourra réaliser et maintenir son projet de domination sur le monde. Nous ne savons combien de temps l’attente du dragon dura. Mais un jour, son attente se termina. Jean voit sortir de la mer l’être hybride espéré. Le dragon n’hésita pas. Incarnation parfaite de ce qu’il attendait, il lui confère immédiatement tous ses pouvoirs : v 2. Description.

Portrait de la bête :

a. sa similitude avec le dragon :

La bête qui monte de la mer !
Comme le dragon : Apoc 12,3, la bête possède dix cornes et sept têtes. Sur le plan du pouvoir et de l’intelligence, elle est dotée des mêmes facultés que le dragon. Il existe dans nombre de sociétés secrètes une forme d’initiation qui a pour objet d’élever l’initié au plus haut degré possible de pouvoir spirituel. La franc-maçonnerie revendique ainsi 33 degrés pour atteindre le sommet de sa hiérarchie., Il n’est pas impossible que, double parfait du dragon, la bête qui monte de la mer soit le produit de l’initiation occulte absolue.

b. les parallèles avec les visions de Daniel :

Alors qu’il était à Babylone, le prophète Daniel reçut de Dieu la vision de 4 royaumes successifs qui allaient apparaître sur la scène du monde : Daniel 7,2 à 8 ; 2,37 à 40. Avec le recul de l’histoire, nous pouvons facilement identifier l’identité des royaumes en question :

- Le premier, semblable à un lion doté d’ailes est le royaume babylonien

- Le second, semblable à un ours, symbolise, l’empire de Mèdes et des Perses qui succéda au premier.

- Le troisième, semblable au léopard, symbolise les conquêtes fulgurantes d’Alexandre le grand, l’empire grec

- Le quatrième symbolise un empire plus terrible et plus effrayant que tous ceux qui l’ont précédé : l’empire romain.

La bête que Jean voit sortir de la mer réunit à elle seule les caractéristiques des quatre empires qui ont été l’objet de la vision de Daniel : la rapidité conquérante d’un Alexandre (le léopard), la force et la brutalité des Mèdes et des Perses (l’ours), le caractère royal et imposant des babyloniens (le lion), la puissance de domination des romains (les dix cornes). A elle seule, la bête cumule la totalité des têtes des bêtes de Daniel et les dix cornes du dernier empire : elle est le point culminant de tout ce que la tyrannie et l’impérialisme des hommes auront produit dans le cours de l’histoire.

c. les particularités de son règne :

- tout ce qui est en elle et sort d’elle est blasphématoire à l’égard de Dieu : aussi bien les noms que portent ses têtes que les paroles qui sortent de sa bouche : v 2 et 5.6. Sa haine se portera non seulement contre Dieu, mais aussi contre tous ceux qui, fidèles à Dieu, auront déjà leur place auprès de lui (peut-être est-il fait allusion ici aux saints enlevés au moment de sa révélation dans le monde : 2 Thes 2,1 à 4).

- Imitation du Christ à qui elle essaye de ravir la prééminence, la bête simulera une mort suivie d’une sorte résurrection : v 3, le but étant de voler au Christ sa plus belle lettre de noblesse : Rom 1,3-4. C’est à partir de ce fait qu’elle recevra ce que personne d’autre avant elle n’avait reçu : l’adoration universelle : v 4 et 8. Elle déchaînera pour sa personne une hystérie collective mondiale. Les seuls qui s’y soustrairont seront ceux dont le nom est inscrit sur le livre de vie : les rachetés du Christ : v 8.

- Elle réussira ce que personne d’autre avant elle n’avait réussi : exercer une domination universelle sur tous les peuples : v 7

- Malgré l’impression de puissance qu’elle donnera, son règne terrible sera finalement assez bref : 42 mois : v 5 : trois ans et demi, ce qui fut aussi le temps approximatif du Christ dans Son ministère. Tous les grands conquérants du monde furent habités, à un moment ou un autre, par le rêve d’un empire sans fin. Aucun, pas même la bête des derniers temps, n’y parviendra. C’est à Dieu seul et à son Christ que reviennent la domination et la gloire éternelles : Apoc 5,13.

- Elle persécutera de manière intensive les saints qui ne pourront échapper à son courroux : v 7. La période de domination du monde par la bête sera aussi celle où le prix payé pour la vérité et la conversion à Christ sera le plus élevé pour l’ensemble du peuple de Dieu.

d. une copie inversée du Christ :

Dans son livre « Le retour de Jésus-Christ », René Pache dresse un tableau comparatif de l’Antichrist (la bête qui monte de la terre) et du Christ :

1. L’ANTICHRIST <=> 2. LE CHRIST



1. Il est l’image même de Satan
2. Jésus a dit : celui qui m’a vu a vu le Père : Jean 14,9 ; Col 1,15 ; Héb 1,3


1. Il monte de l’abîme pour accomplir la volonté du diable : Apoc 11,7
2. Jésus descend du ciel pour faire la volonté de Dieu, son Père : Jean 6,38 ; 5,43


1. Il est comme une bête sauvage qui réunit en elle la ruse, la force et la férocité.
2. Il est l’Agneau de Dieu plein de douceur, d’innocence et de grâce : Apoc 5,6 à 9. Les hommes n’ont pas voulu être sauvés par l’Agneau : ils seront déchirés par la bête.


1. Il reçoit directement du diable sa puissance, son trône et une grande autorité : 13,2
2. Jésus a dit : tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre : Mat 28,18. Le Fils ne peut rien faire de lui-même : Jean 5,19


1. Il passe par une sorte de résurrection qui attire sur lui l’attention de toute la terre
2. C’est par sa résurrection que Christ est déclaré Fils de Dieu avec puissance : Rom 1,4


1. Il étonnera le monde par ses discours impudents
2. On a dit de Jésus : Jamais homme n’a parlé comme cet homme : Jean 7,46


1. Son règne durera environ 3 ans et demi
2. Le ministère de Jésus a duré au moins 3 ans, puisque 3 pâques juives sont mentionnées : Jean 2,13 ; 6,4 ; 11,55


1. Il est l’homme du péché, l’Impie qui représente tout ce que l’humanité a de mauvais. Son chiffre est le 666 : 13,18
2. Il est le Saint de Dieu, le Parfait, dont le chiffre symbolique est le chiffre parfait : le 7 : Apoc 5,6.12


1. Il reçoit autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue et toute nation
2. Dieu donne à Son Fils les nations comme héritage : Ps 2,8 ; Dan 7,14.


1. Il a pour femme une prostituée, l’Eglise apostate qu’il finit par brûler : Apoc 17,16
2. Il a pour épouse l’Eglise sainte, sans tache qu’Il élève avec Lui dans la gloire : Ephés 5,25 à 27

Si la figure de l’Antichrist n’est pas encore révélée à ce jour, les travaux préparatoires en vue de sa prise de pouvoir future vont bon train. De plus en plus d’institutions et d’instances internationales chapeautent et règlent la vie des peuples : ONU, FMI, OMC, OMS, Banque mondiale… Depuis 2007, l’Union pour la Méditerranée redessine les contours de l’ancien empire romain, d’où devrait surgir la bête. Sur le plan économique et financier, une crise systémique globale paraît inévitable, crise qui va déchoir le dollar de sa fonction régulatrice et créer les conditions de la naissance d’une monnaie mondiale nouvelle. L’une après l’autre, les anciennes dictatures tombent pour laisser la place à de semblants de démocraties desquelles surgira un gouvernement mondial voulu, désiré, et apparaissant comme la réponse politique aux problèmes du monde. Aussi, cette idée n’est-elle plus une simple perspective. Elle apparaît au contraire comme une nécessité incontournable pour l’avenir (cf : Livre de Jacques Attali : Demain, qui gouvernera le monde ?). « Un jour, l’humanité comprendra qu’elle a tout à gagner à se rassembler autour d’un gouvernement démocratique du monde, dépassant les intérêts des nations les plus puissantes, protégeant l’identité de chaque civilisation et gérant au mieux les intérêts de l’humanité. Un tel gouvernement existera un jour. Après un désastre, ou à sa place. »

Grâce à Internet (la toile) et aux réseaux sociaux, le monde est devenu un village dans lequel chacun peut connaître l’autre sans se déplacer. Par les satellites, la multiplicité des chaînes de télévisions et des réseaux de communication donne à chacun d’être informé en temps et en heure de ce qui passe à chaque endroit de la terre. Plus que les mots, l’image devient le principal vecteur de la réalité. Partout se développe en même temps, au travers des différents moyens de géolocalisation et du numérique une hypersurveillance de l’individu. Non seulement, pour la première fois, l’idée d’un gouvernement mondial est évoquée, mais les structures et les moyens techniques permettant sa création sont réunis. Il ne manque plus que le chef d’orchestre, sachant mettre en musique tout cela pour faire danser le monde !

La présentation de la première bête se conclut par un court message adressé aux saints de l’époque : v 9 et 10. Dans ce message, Dieu appelle les Siens à ne pas espérer de Sa part dans la foi des actions de délivrance. Ce n’est pas par la délivrance physique de leurs oppresseurs que Dieu va glorifier Son nom au travers des Siens en ce temps, mais par leur persévérance dans la foi envers et contre tout. Les vainqueurs ne seront pas ceux qui seront épargnés par la bête, mais ceux qui n’auront pas aimé leurs vies jusqu’à craindre la mort : Apoc 12,11. L’exhortation est aussi une claire indication donnée aux chrétiens de refuser d’assurer leur propre défense par les armes. Si le message s’adresse aux chrétiens des derniers temps, il a été largement validé au temps des martyrs, temps dans lequel vivait déjà l’apôtre Jean.


Je viens bientôt !

vendredi 20 mai 2011

Apocalypse 12 : deux grands signes

1. INTRODUCTION :

Nous abordons avec le chapitre 12 la partie centrale de la Révélation. Tous les acteurs principaux de celle-ci au cours des siècles s’y trouvent réunis pour la confrontation et le dénouement finaux : la femme qui donne naissance au fils qui doit gouverner le monde, le fils né puis enlevé au ciel, le grand dragon, l’archange Michel ; dans le chapitre 13, les deux bêtes ; dans le 14 : l’Agneau et les 144 000. L’étude de chacun des personnages, tel qu’il nous est décrit, et le rôle qu’il y joue est la clé de la compréhension de la vision reçue ici par Jean

2. Deux signes dans le ciel : une femme enceinte, un dragon rouge : v 1 à 6

C’est dans le ciel que se situent les deux signes que voit Jean : le signe de la femme et celui du dragon rouge : v 1 et 3. S’il en est ainsi, cela ne signifie pas pour autant que les choses décrites se passent dans le ciel, mais plutôt qu’elle en ont là leur origine.

a. 1er signe : une femme… enceinte : v 1 et 2

Le 1er signe que voit Jean est celui d’une femme peu ordinaire. Elle est revêtue du soleil, a la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête. La vision de Jean recoupe une autre vision qui lui est semblable : celle qu’a eu Joseph, fils de Jacob, au temps de sa jeunesse, vision qui choquera et irritera ses frères et jusqu’à Jacob, son père : Genèse 37,9 à 11. Alors qu’ils ne sont encore qu’une famille de bédouins nomades, la vision décrit ce que représente la famille de Jacob pour le ciel. La vision de Joseph ne parle pas d’une femme car Israël, en tant que nation, « épouse de Dieu », n’existe pas encore. Mais le dessein d’élection de Dieu existe déjà : Rom 9,11 : Jacob est choisi plutôt qu’Esaü.

Avant l’Apocalypse, de nombreux textes de l’Ancien Testament présente Israël, et Jérusalem en particulier, comme l’épouse première de Dieu : Ezéchiel 16,6 à 8, Esaïe 54,5-6, une épouse qu’il a du répuder à cause de ses nombreuses infidélités : Esaïe 50,1 ; Jérémie 3,1 à 5 ; Osée 2,4 à 9, mais à qui il fait une promesse de retour et de pardon : Osée 2,16-17.21-22 (mention du désert) ; Esaïe 62,4-5. Quoi que soit devenu Israël, Paul rappelle que, pour toujours, elle reste liée à Dieu comme une épouse à son époux, car c’est d’elle qu’est issu le Christ selon la chair : Rom 9,5.

Le fait que la femme mentionnée est Israël se confirme par ce qui lui arrive suite à la naissance, puis l’élévation de son fils dans le ciel : v 6. De manière surnaturelle, elle est conduite par Dieu dans un lieu sûr pendant les 1260 jours (3 mois et demi), pendant lesquels la bête, se déclarant Dieu dans le temple de Jérusalem, cherchera à la détruire : cf Apoc 11,2-3.

Pour toutes ses raisons, plus le fait que la femme, mis à part le fils mâle, a une nombreuse descendance : v 17, il est impossible qu’elle soit Marie, la mère physique de Jésus.

b. 2ème signe : le dragon rouge feu : v 3

Le 2ème signe que voit apparaître Jean est celui du dragon. Contrairement à celui de la femme, nous n’avons pas besoin de nous interroger pour connaître l’identité de celui qu’il représente, car elle nous est révélée : v 9. Il s’agit du serpent ancien, le serpent de la genèse : Genèse 3,1 à 5, appelé le diable ou Satan (l’adversaire). Sa description nous est utile pour comprendre quels pouvoir et autorité il possède :

- le dragon a la couleur du second cheval de l’Apocalypse, celui qui est envoyé sur la terre pour la guerre et le massacre : Apoc 6,4. Il souligne le caractère du diable qui est d’être meurtrier : Jean 8,44.

- Il a sept têtes : la tête est toujours mentionnée dans l’Ecriture comme le symbole du commandement : Ephés 1,22 ; Genèse 41,40. Le fait que le dragon ait sept têtes indique qu’il possède la plénitude de l’autorité sur le monde : Luc 4,6 ; 1 Jean 5,19.

- Il a dix cornes : la corne dans la Bible est toujours l’image d’un pouvoir exercé : Daniel 7,8. Les dix cornes du dragon s’incarneront en dix rois au travers desquels la bête exercera son pouvoir universel : Apoc 17,12.

- Il a sur ses têtes sept diadèmes : le diadème sur la tête est un signe de l’autorité et de la royauté. C’est le signe distinctif des souverains : cf 2 Sam 1,10. Satan est bien le prince de ce monde : Jean 12,31.

Outre son apparence, la vision de Jean relate quelles sont les œuvres principales du diable dans l’histoire :

- Dans le ciel, il a entraîné dans sa révolte le tiers des anges : v 4.

- Sur terre, son but premier et principal aura été d’empêcher la venue du Christ dont il a entendu parler de la venue dès la genèse : Genèse 3,15. De là viennent ses tentatives de détruire tous les libérateurs suscités par Dieu pour Israël comme nation :

- Moïse : Exode 1,16

- Jésus : par Hérode : Mat 2,16 à 18, ou par la haine de ses adversaires : Jean 7,30 ; 8,20.

Ou de détruire la nation en elle-même : Esther 3,13

Battu sur tous les plans, Satan ne pourra empêcher le dessein de Dieu en Jésus-Christ de s’accomplir. Impuissant, il devra assister à Golgotha au triomphe du Messie et à sa propre défaite : Col 2,15. Vaincu et désarmé, il ne pourra empêcher le retour du Messie ressuscité dans la gloire et son intronisation comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs : v 5 ; Ps 110,1.

Remarquons ici la sobriété des éléments rapportés au sujet de l’enfant qui va naître de la femme. Le but de Dieu ici n’est pas de présenter un parcours exhaustif de la vie de l’enfant promis par Esaïe le prophète : Esaïe 9,5, mais de souligner ce qui, dans ce parcours, est en lien direct avec l’opposition du dragon. Ses éléments sont au nombre de trois :

- le sexe de l’enfant : il sera un mâle : Jésus est le nouvel Adam, l’homme chef de la nouvelle humanité : Rom 5,14

- la tentative de meurtre sur sa personne dès sa naissance par Hérode : Mat 2,16 à 18

- l’enlèvement de l’enfant et sa mise à l’abri dans une sphère hors de portée de Satan, dans la présence même de Dieu : Hébr 1,3

- son règne futur sur la terre avec une poigne de fer : Psaume 2

Les deux éléments témoignent de la victoire absolue remportée par le Christ sur Satan par Sa résurrection et Son ascension : Jean 16,10

Notons que parmi ces éléments faisant partie intégrante du parcours de Jésus, la croix n’est pas mentionnée. La croix n’est en rien une victoire ou le produit d’une œuvre du diable. Elle est le résultat du choix volontaire de Jésus : Jean 10,18 ; Mat 26,42, l’accomplissement même du dessein de salut de Dieu pour le monde : Actes 20,28.

3. Guerre dans le ciel : v 7 à 12

Alors que le passage précédent nous introduisait dans les coulisses de l’histoire passée, les versets de ce passage nous projettent sur ce qui va se produire bientôt. Après avoir sévi à partir du ciel, vient le moment où le Rebelle en est éjecté suite à une guerre angélique menée contre lui et ses armées par Michel et les siennes.

La structure du texte nous révèle ainsi que si les anges sont d’abord «des esprits au service de Dieu : Hébr 1,14 », il existe dans le monde des créatures célestes une hiérarchie de puissances auxquelles sont affiliées des cohortes entières d’anges : cf Ephés 6,12. Michel comme Satan sont comptés parmi ces chefs à qui une grande autorité a été donnée, dès la création, dans le monde invisible : cf Daniel 10,21 ; 12,1. Si Lucifer, devenu Satan, était un chérubin protecteur : Ezéchiel 28,14, Michel est compté pour sa part parmi les archanges : Jude 1,9. La respect de l’autorité de chaque créature dans le ciel est tel que personne parmi elles ne se permet d’injurier l’autre, quand même il serait devenu un farouche adversaire.

Alors que nous sommes dans la partie centrale de la Révélation, partie dans laquelle Jérusalem et Israël occupent le devant de la scène, il n’est pas anodin de remarquer que c’est à l’archange Michel que revient l’honneur de précipiter Satan du ciel. Michel est, dans les lieux célestes le prince d’Israël : Dan 10,21 ; 12,1, comme il existe d’autres princes au service de Satan, à qui sont attribués la charge spirituelle d’autres nations : Dan 10,13. La victoire de Michel sur Satan dans le ciel est le prélude de sa défaite sur terre dans son projet de détruire Israël.

Sur le plan spirituel, l’éviction de Satan de la sphère céleste inaugure incontestablement un temps nouveau. C’est le temps où, dans les sphères célestes, le pouvoir de Christ et la puissance de Dieu ne sont plus contestés : v 10. Car ce n’est pas seulement Satan qui est évincé du ciel, mais encore tous les anges qui l’ont suivi dans sa révolte et lui sont affiliés ! Ni Satan, ni ses anges n’ont accès désormais à l’assemblée des esprits, telle que la décrit le livre de Job : Job 1,6.

Si le premier aspect de l’éviction de Satan et de ses anges touche le monde des créatures célestes, le second nous concerne. Satan évincé, il n’y a désormais plus d’accusateur pour les saints devant Dieu : Zach 3,1 ; Rom 8,33. Or, s’il y avait, mis à part celui de la tentation, un ministère que Satan pratiquait avec assiduité dans le ciel, c’était bien celui-là. Fort de nos chutes, de nos égarements, Satan n’avait pas à chercher loin pour trouver de la matière à ses plaidoiries contre le peuple de Dieu. Jour et nuit, il pouvait se présenter devant Dieu pour avancer de nouveaux éléments justifiés pour nous blâmer au regard de la justice de Dieu. Si lui était condamné, arguait-il, les saints de Dieu ne valaient pas mieux : eux aussi méritaient de l’être.

La justification des saints face aux accusations légitimes de Satan tient, dit la voix qui s’exprime à partir du ciel, en trois points :

- le sang de l’Agneau. Le Christ, ayant payé, par Sa vie, le prix des fautes de tous les hommes devant Dieuil n’y a aucune raison pour que les saints soient condamnés pour les leurs. Là où la justice a été satisfaite, aucune sanction n’est plus nécessaire : Rom 3,24 à 26

- la parole de leur témoignage. Parce qu’ils ont confessé Christ dans le monde, Christ s’est engagé à confesser le nom des saints dans le ciel auprès des anges : Luc 12,8. Etre connu de Christ est la seule assurance que peut avoir le chrétien face aux accusations du malin : Matthieu 7,21 à 23

- le sacrifice de leurs vies. Si tous ne sont pas appelés à passer par le martyr, rien ne signe autant la défaite et l’impuissance de Satan dans ce monde que la preuve que donne les saints de leur affiliation à Christ par le choix qu’ils font de préférer mourir à cause de Lui plutôt que de Le renier.

Si Satan est vaincu par Michel, il l’est aussi sur terre par les saints, dans l’utilisation des armes que Dieu leur donne : v 11.

La 3ème conséquence de l’éviction de Satan du ciel touche à ce qui va désormais advenir sur terre. Animé d’une grande fureur, Satan, ne pouvant désormais plus rien faire pour nuire à Dieu au ciel, va désormais retourner sa colère contre les seuls sur qui il peut encore agir dans l’espace qui lui reste : les hommes.

4. Tentatives de persécutions sur terre : v 13 à 18

Satan débouté du ciel, le premier objectif de sa colère sera de s’en prendre à ce qui lui rappelle le ciel et qui, ici-bas, à ce moment-là, en portera la marque : Israël. Comme le Pharaon poursuivant Moïse après la sortie d’Egypte, toutes ses tentatives pour détruire le peuple de Dieu se solderont par l’échec. Dieu sauvera de nouveau Son peuple en lui assurant la même protection qu’autrefois : Exode 19,4 ; cf Esaïe 40,31. L’ange de l’Eternel veillera sur eux pour les arracher au danger : Psaume 34,8, soit par des interventions célestes miraculeuses, soit par des phénomènes terrestres salvateurs : v 14, 16, cf Nomb 16,30 à 32.

Comme il en fut lors de sa délivrance d’Egypte, Israël devra de nouveau, dans cette partie sombre de son histoire, apprendre à vivre de Dieu, de Sa providence et de Ses bons soins dans le désert : v 14. Le temps de son exode ne durera pas cette fois-ci 40 ans mais trois et demi, temps où les nations seront livrées à la folie meurtrière de l’Antichrist. Israël vivra alors de nouveau de la manne de Dieu, recevant quotidiennement ce dont elle aura besoin pour vivre : cf Exode 16,13 à 19.

Impuissant pour détruire la femme, la colère du dragon se retournera in fine contre sa descendance : les individus qui, dans le monde, garderont les commandements de Dieu et porteront le témoignage de Jésus : v 17 ; cf Jean 14,21.

Je viens bientôt !

vendredi 15 avril 2011

Apocalypse 11 : Pleins feux sur Jérusalem

La vision du temple et des deux témoins à Jérusalem : v 1 à 14

Après le premier malheur frappant l’humanité demeurée rebelle à Dieu, le second malheur nous transporte à Jérusalem, au cœur de la vie même d’Israël, le peuple de Dieu. Jean y est chargé d’une mission. Il doit prendre le roseau qu’on lui donne pour mesurer le temple reconstruit. Placé au cœur du livre de la Révélation, le temple reconstruit apparaît comme le point d’orgue des événements qui forment la trame de l’affrontement final entre la puissance de Dieu et celles des ténèbres. Tous les personnages principaux du scénario final y sont réunis : Israël et les vrais adorateurs qui s’y trouvent : v 1, les nations : v 2, les deux témoins qui sont les deux oints de Dieu : v 3 et 4, la manifestation de la puissance de Dieu : v 5 et 6, la bête : v 7, la puissance de résurrection du Christ : v 11… Jamais dans l’histoire du monde, une telle concentration de puissances spirituelles hostile l’une à l’autre n’aura été réunie sur une si petite portion de terre !

La reconstruction du temple étant le fait et la nouveauté majeure du chapitre, nous allons en premier lieu nous y arrêter pour réfléchir à sa signification.

Le temple reconstruit :

1. Survol historique du concept du temple :

C’est dans le cœur et l’esprit de David que, la première fois, l’idée bâtir un temple à Dieu a germé. Trouvant déplacé, inconvenant que lui, le roi, habite une maison de cèdre alors que Dieu n’avait pour demeure qu’une tente, David fait part à Nathan, le prophète, de sa réflexion. Nathan ne lui donne aucune consigne. Il l’invite seulement à suivre ce que son cœur lui ordonne : 2 Sam 7,1 à 3

La nuit suivante, Dieu intervient. Il ne laisse pas David aller au bout de son projet. Non point qu’il y soit opposé, mais Il ne veut pas que David se méprenne. Si une demeure doit lui être construite, ce n’est point parce que Dieu en aurait besoin. A aucun moment dans les siècles passés, Dieu n’a fait le reproche à quiconque de n’y avoir pas pensé : 2 Sam 7,4 à 7. Si Dieu donne son feu vert pour qu’un temple lui soit dressé, il en donne les conditions :

- le temple ne sera pas le projet d’un homme, mais de Dieu

- il ne sera pas construit par David, mais au temps voulu par Dieu par son fils Salomon.

Ces choses dites, c’est sous Salomon que le temple se fait et que sont définies les fonctions d’utilité qu’il aura pour le peuple dans sa relation avec Dieu :

- le temple n’est pas la véritable demeure de Dieu : 1 Rois 8,27

- c’est une sorte de pied à terre pour Dieu, un lieu fixe de rencontre entre Lui et Son peuple destiné à remplacer la demeure mouvante et fragile qu’était la tente ancienne érigée par Moïse : 1 Rois 8,10 à 13.

- Le temple représente le cœur de la vie spirituelle d’Israël. Il est le lieu de référence à partir duquel les prières du peuple qui Lui sont adressées seront exaucées : 1 Rois 8,33.35.36

- Le temple est le lieu de la présence de Dieu, lieu où se manifeste sa gloire : 1 Rois 8,11. Le signe le plus fort du jugement de Dieu sur Son peuple, montre Ezéchiel, est le moment où la gloire de Dieu quitte le temple, suite aux désobéissances répétées d’Israël et de ses chefs : Ezéchiel 8 ; 10,18-19 ; 11,22-25.

- Lorsque Jésus parut, l’Evangile (et Lui-même) Le présente comme le nouveau temple, le lieu où la présence et la gloire de Dieu se manifestent : Jean 1,14 ; 2,18 à 22.

- Jésus retourné dans la gloire, l’Eglise est présentée ensuite comme le nouveau temple : Ephés 2,19 à 22 ; 1 Tim 3,15.

Outre la préparation et la manifestation du Messie, la prophétie biblique touche également de nombreuses fois au temple. Pour Jésus Lui-même, le destin du temple comme ce qui s’y produit sont inexorablement liés aux événements qui touchent à la fin des temps : Mat 24,1 à 3.15. Selon Ses propres mots, la prophétie de Daniel est la clé permettant de comprendre ce qui touche au temple dans les derniers temps.

La prophétie de Daniel et sa signification : Daniel 9,24 à 27 :

Daniel annonce que 70 semaines (en hébreu : septaines) ont été fixées pour mettre fin au péché et établir le royaume de Dieu, soit 490 ans. Cette période est elle-même divisée en 3 sous-périodes :

a. Une 1ère période de 7 semaines, soit 49 ans, qui verra l’apparition d’un chef, ayant reçu l’onction, qui rebâtira Jérusalem, en des temps troublés : Dan 9,25. Ce chef sera Néhémie qui, au travers de maintes tribulations, réussira à terminer la reconstruction de la muraille de la ville (livre de Néhémie, Esdras, Aggée et Zacharie). Le décret promulgant la reconstruction du temple a été promulgué par le roi Artaxerxès en 445 av J-C au mois de Nisan (mars) : Néh 2,1

b. Une 2ème période de 62 semaines, soit 434 ans, se conclura par la mort du Messie qui entraînera la destruction de la ville et du temple : Dan 9,26. Sir Robert Anderson, un juriste anglais a fait le calcul qu’en l’année 445 av J-C et le mois d’avril de l’an 32 où l’on peut supposer que Jésus est mort, il s’est passé exactement 173 880 jours, soit 69 années de 360 jours, comme on les comptait à l'époque (Apoc 11,2-3 : 42 mois = 1260 jours) .

c. La dernière semaine de Daniel est divisée en deux : v 27. Au début de celle-ci, un dévastateur, qui a pour but de détruire la ville et son sanctuaire, fera mine de conclure une alliance de sept ans avec le peuple de Dieu : v 27. Puis, soudain, au milieu de l’alliance, soit au bout de 3 ans et demi, il la rompra faisant cesser sacrifice et offrande. C’est cette prophétie que nous relate en détail Apoc 11,1 à 3.

Les lumières de l’Apocalypse sur la 70ème semaine de Daniel

Il ne suffit que de quelques mots à Jean pour nous communiquer la vision qu’il a de Jérusalem et du temple à l’époque de la 70ème semaine de la prophétie de Daniel. Les mots qu’il utilise, chargés de sens, sont cependant suffisamment évocateurs pour nous dire ce qu’il en sera :

- Le temple de Jérusalem sera le lieu de tous les mélanges sur le plan spirituel. A côté des adorateurs du vrai Dieu, qui rendront leur culte dans le sanctuaire : v 1, le parvis sera rempli de gens de toutes sortes de nations venus aussi pour adorer leurs dieux à leur manière : v 2

Des efforts diplomatiques incessants sont faits depuis des décennies pour déclarer Jérusalem cité appartenant aux trois religions monothéistes : judaïsme, christianisme, islam. A l’ancien emplacement du temple, ou dans ses environs, se trouve déjà le Dôme du Rocher, mosquée construite par Abd-al-Malik en l’an 691. Outre la reconstruction du temple qu’il encouragera, le tour de force du dévastateur dont Daniel parle sera de réussir à faire cohabiter tous les cultes à Jérusalem dans une totale proximité. Le principe de laïcité, cher à la France, sera ici poussé à son apogée. La tolérance maximale sera alors alliée à la confusion la plus totale.

La spiritualité vécue au cours de la 70ème semaine de Daniel sera l’aboutissement de tous les efforts œcuméniques entrepris depuis des décennies entre les leaders des grandes religions. Le geste le plus prophétique allant dans ce sens fut sans nul doute l’initiative prise par le pape Jean-Paul II qui, à Assise en 1986, a invité tous les responsables des religions du monde à venir ensemble avec lui prier pour la paix du monde. Le pape Benoît XVI s'est engagé à renouveler bientôt l'expérience.  Au vu de cet avenir révélé, la question se pose : les troubles actuels qui agitent les pays autour de la Méditerranée ne sont-ils pas les événements préparatoires nécessaires à ce changement révolutionnaire d’état d’esprit ?

Voir : http://pleinsfeux.com/leader-musulman-veut-reconstruction-temple/

Cette unité factice, parfaitement réalisée, sera le tremplin que l’Antichrist utilisera pour commettre le plus grand péché et le plus grand blasphème qui soit : se proclamer lui-même Dieu par tous les faux croyants dans le temple même de Dieu : 2 Thes 2,3-4, ce que Jésus et Daniel désignent sous le nom d’abomination de la désolation : Mat 24,15 ; Dan 9,27 ; 11,30-31 ; 12,11. Plus que tout autre lieu, Jérusalem sera à ce moment-là la capitale internationale de l’apostasie et de la confusion, confusion qui se déclinera aussi bien sur le plan éthique et moral (allusion à Sodome) que sur le plan de l’idolâtrie (allusion à l’Egypte) : Apoc 11,8.

On pourrait croire ici qu’enfin Satan a atteint son but : cf Esaïe 14,13-14. Ce sera sans compter les ressources de Dieu. Une épine sérieuse dans le pied de l’Antichrist va lui rendre amère sa victoire : l’apparition soudaine de deux trouble-fête, revêtus de toute la puissance de Dieu qui, pendant 42 mois vont lui tenir tête et lui démontrer, si besoin est, qu’il n’est pas le plus fort, mais qu’il y a dans les cieux un Dieu qui décide de qui doit être élevé et abaissé : cf Daniel 4,22.


Les deux témoins :

a. Identité

Alors qu’Il était sur terre, le Seigneur Jésus a maintes fois usé, face aux juifs, de l’argument selon lequel la loi (ou Moïse) et les prophètes étaient le témoignage suffisant dont ils avaient besoin pour croire en Lui : Luc 16,29 à 31 ; 24,27.44 à 47 ; Jean 1,45 ; 5,46. Dans le contexte juif, la Loi et les prophètes sont les témoins les plus éminents du Christ.

Il était inévitable que face d’une part aux prétentions de l’Antichrist forçant l’entrée du temple pour se proclamer lui-même Dieu, d’autre part au syncrétisme religieux faisant de Jérusalem la capitale spirituelle du monde, Dieu mette en œuvre des moyens surnaturels puissants pour rappeler à Son peuple opprimé et au monde qui est le vrai Christ et quelle parole est la vérité. Cette mission de témoignage sera donnée aux deux principales figures de l’Ancien Testament incarnant, l’une la Loi, essence même de la connaissance et de la vérité : Rom 2,20, l’autre les prophètes, témoins visionnaires du Christ à venir : Moïse et Elie !

Mis à part le rôle joué par chacun d’eux dans l’histoire, plusieurs autres éléments témoignent de l’identité des deux hommes :

1. la puissance qui leur est attribuée : v 6. Elle était celle dont ils ont fait preuve du temps de leur ministère passé : Elie : 1 Rois 17,1, Moïse : Exode 7,17 ; 8,1

2. Ils sont les deux figures qui apparaissent auprès de Jésus sur la montagne de la transfiguration. Le sujet de leur entretien touche à son départ pour Jérusalem : Luc 9,28 à 31

3. Ils ont tous les deux vécu un départ de la terre particulier : Elie fut enlevé au ciel sans passer par la mort : 2 Rois 2,11, Moîse fut enterré par Dieu : Deut 34,5-6.

4. Le retour d’Elie est annoncé comme signe précurseur du jour de la colère de Dieu et comme moyen de restaurer l’unité de la nation juive autour de Dieu et Sa parole : Malachie 3,23-25

b. Mission

Outre le fait d’être les représentants historiques, et donc incontestés, de la loi et des prophètes, la mission des deux témoins dans cette période ultime de l’histoire sera quadruple :

1. Vêtus de sacs, ils appelleront à la repentance le peuple de Dieu et le monde : v 3. De tout temps, le sac, espèce d’étoffe grossière privée de tout raffinement, fut l’habit dont se revêtaient les prophètes ou tous ceux qui, affligés et désolés de leurs péchés, manifestaient leur contrition à cause de la situation dans laquelle leurs fautes ou celles des autres avaient plongé le peuple : 1 Chr 21,16 Néhémie 9,1 Esaïe 37,2

2. Par leur invincibilité durant les 1260 jours de leur ministère (3 ans et demi), ils seront une force d’opposition à l’Antichrist et de démonstration pour le monde que, contrairement à ses prétentions, il n’est pas le vrai Dieu.

3. Par la faiblesse sous laquelle ils se présenteront au monde, ils seront la démonstration vivante que l’œuvre de Dieu ne se fait ni par la puissance, ni par la force, mais par l’Esprit de Dieu seul : Zacharie 4,1 à 6. Jamais si peu d’hommes n’auront produit d’effets plus grands avec si peu de moyens humains.

4. Par leur fin, ils seront les témoins de la réalité de la puissance de résurrection qui est en Christ et la rappelleront au monde : Apoc 11,11. Le monde devra bien croire que la résurrection de Jésus, trois jours après Sa mort, suivie de Son ascension, ont bien eu lieu puisqu’il aura sous les yeux la répétition du même prodige : Marc 9,31.

c. Impact de leur témoignage :

Bien que bref, à l’image du ministère public de Jésus, le ministère des deux témoins aura un impact spirituel considérable sur le monde :

- il redonnera à la Parole de Dieu tout le crédit et l’autorité qu’on lui aura dénier jusqu’alors

- il validera les principaux faits qui, liés au Christ, sont à la base du témoignage rendu par l’Ecriture à Sa messianité : mort, résurrection ascension. Utilisés par l’Esprit, le passage des deux témoins convaincra le monde de péché, de justice et de jugement : Jean 16,8 à 11

- il obligera l’Antichrist, par leur assassinat, à montrer sa vraie nature : Jean 8,44.

- Il donnera gloire à Dieu et suscitera à Jérusalem, au lieu même où l’Antichrist se sera fait proclamer Dieu, la louange d’un grand nombre pour l’Eternel, le Dieu du ciel : v 13

Bien que puissante, l’Apocalypse témoigne que la force du témoignage des deux témoins n’inversera pas de façon significative la tendance du monde à l’égard de Dieu et de l’Antichrist. Au lieu de se repentir, les hommes se réjouiront de la mise à mort des deux témoins : v 10. Dans sa globalité, le monde continue à courir tête baissée vers son jugement, ce dont témoigne la conclusion du passage consacré aux deux témoins : v 14.

La 7ème trompette : v 15 à 19

Alors que la mise à mort des deux témoins, devant les caméras du monde entier, fait passer l’Antichrist comme un dieu tout-puissant, le chapitre 11 se conclut par la proclamation au son de la 7ème trompette de la prise de pouvoir du royaume du monde par le Seigneur et son Christ. Apprenons de la contradiction totale qui existe entre ce qui est apparent sur terre et ce qui est réel dans les cieux ! Sur terre, tout semble contredire ce qui est dit, affirmé, proclamé dans le ciel. Dans le ciel, rien de ce qui paraît sur terre n’est pris pour vrai. Seule la foi peut faire que, quoique vivant sur terre au milieu même du mensonge, le croyant vive et se réjouisse des faits et des réalités qui sont au ciel ! C’est à quoi sera appelé le peuple de Dieu en ce temps où, plus que jamais, humainement vu, les ténèbres sembleront triompher.

Alors qu’un profond silence précéda l’ouverture du 7ème sceau, un hymne glorieux accompagne le son de la 7ème trompette. L’heure de la colère de Dieu est venue, heure où le mal, et ceux qui le représentent, l’incarnent, le pratiquent et le suivent, vont être jugés. C’est aussi l’heure, disent les anciens, où les justes, les serviteurs de Dieu, le saints de tous les temps vont être récompensés ! N’y a-t-il pas là plus grands sujets de joie !


Je viens bientôt !

vendredi 18 mars 2011

Apocalypse 10 : l'ange puissant et le petit livre

1. Introduction : Un second temps de pause :

Comme il en fut au chapitre 7, entre le 6ème et le 7ème sceau, la vision de Jean qui court du chapitre 10,1 à 11,14, séparant la 6ème et la 7ème trompette, est la marque d’une seconde pause dans le déroulement des jugements. Comme il en fut aussi au chapitre 7 avec la vision des 144 000 juifs oints : 7,1 à 8, la vision que Dieu donne à Jean le détourne de ce qui touche au monde et aux nations pour le conduire à porter ses regards vers ce qui se passe en Israël. Tous les termes utilisés par Jean dans la vision qu’il reçoit nous reportent au peuple élu de Dieu et à des éléments de son histoire : la mention des prophètes, le petit livre à la fois doux et amer, le roseau qui mesure le temple, l’autel, le parvis, la ville sainte, les deux témoins, les plaies, Sodome, l’Egypte… l’œuvre de Dieu en Israël, parmi Son peuple, dans le temps du jugement des nations est le thème et la raison de la vision.

Cette alternance de direction n’est pas sans raison. Elle témoigne de deux réalités concomitantes : la 1ère est que les temps de la fin sont les temps du jugement et de la manifestation de la colère de Dieu sur le monde ; la seconde est que ces temps sont aussi ceux de la réalisation du mystère de Dieu, de Son dessein. Si l’Apocalypse est riche en malheurs, le malheur n’est pas l’objectif final que Dieu vise. L’Apocalypse ne se termine pas sur la vision du malheur et du jugement, mais sur celle de la gloire de Dieu, du rétablissement de toutes choses et de la félicité de la création. Les pauses qui jalonnent le récit des différentes séries de jugement sont là pour le rappeler.

2. La vision de l’ange :

C’est par la vue d’un ange puissant que débute la vision, faite de divers éléments, dont Jean est l’objet. Bien qu’il ne soit pas identifié au Christ, la description de l’ange colle par de nombreux traits à celle que Jean donne du Christ qu’il vit à Patmos ou celle de Dieu dans une vision précédente :

- le halo lumineux (l’arc-en-ciel) qui l’entoure : Apoc 4,2-3

- le visage comme le soleil lorsqu’il brille dans sa force : Apoc 1,16

- les jambes semblables à des colonnes de feu : Apoc 1,15

Fidèle au contexte de l’Ancien Testament dans lequel le Fils de Dieu apparaît sous la forme de théophanies (révélations de Dieu sous des formes humaines ou autres), il n’est pas impossible que l’ange puissant qui introduit la vision en soit une. Cela d’autant plus que la théophanie la plus courante de l’Ancien testament soit justement celle où l’Eternel se présente sous les traits d’un ange puissant : l’Ange de l’Eternel : Genèse 16,7 ; 22,11 ; Exode 3,2 ; Nomb 22,22… La révélation de Dieu à Israël sous la forme de l’Ange dans les temps de la fin n’est pas surprenante : elle suit la logique qui fut la Sienne tout au long de la Révélation aux pères dans la foi comme aux prophètes.

La position et le comportement de l’ange puissant que voit Jean expriment l’intention qui est à l’origine de son apparition. Le pied droit sur la mer, l’autre sur la terre, l’ange signifie qu’il vient prendre possession de son héritage. Les lieux que foulent le pied sont dans le langage biblique des lieux conquis : Josué 1,3. Dans le psaume 2 déjà, David fait état du décret et de la promesse de Dieu de donner à Son Fils l’héritage des nations : Ps 2,7-8. Ce transfert de propriété du monde de la puissance de Satan à celle du Christ est le but ultime du jugement et du combat final qui, ici, se précise : Apoc 11,15. Le chapitre 10 introduit la confrontation ultime entre le Christ de Dieu et celui du diable, l’Antichrist. Il est, dans ce temps difficile qui se prépare pour Israël, peuple de Dieu, une déclaration forte destinée à soutenir sa foi : les moments les plus terribles viennent, le conflit entre les puissances ennemis va atteindre son paroxysme, mais la victoire finale ne fait pas de doute !

Planté debout sur la mer et sur la terre, l’ange puissant rugit comme le lion, le roi des animaux. Ce rugissement, disent les prophètes, est celui de l’Eternel lorsqu’il sort de sa demeure : Jérémie 25,30 ; Amos 1,2 ; 3,4 : un rugissement qui glace le sang et provoque la frayeur de Ses ennemis . Si la terre ne sait pas encore ce qui va lui arriver, le ciel, lui, ne s’y trompe pas, qui répond au rugissement de l’ange par le fracas de la voix des sept tonnerres : Apoc 4,5. Jean ne reçut pas l’autorisation d’écrire ce que la voix des tonnerres avait dit. Plus tard, le contenu de plusieurs messages, juste avant le déroulement de la dernière phase du jugement, sera révélé : Apoc 14,6 à 13. Ce secret imposé a peut-être pour signification qu’Israël, comme l’Eglise en son temps, devra, en cette période d’angoisse, apprendre à vivre et subsister par la foi. Le peuple de Dieu saura que le Christ, l’Ange de l’Eternel sera vainqueur, mais il ne sait pas de quelle manière, par quelles voies, cette victoire se réalisera.

3. Le message de l’ange :

C’est en jurant par Celui qui vit à jamais et a fait le ciel et la terre que l’ange délivre le message dont il est porteur. Si l’Evangile interdit aux hommes, à cause de l’incapacité de tenir leur parole, de jurer et de prêter serment : Mat 5,33 à 37, la Bible souligne que le serment est le moyen que Dieu utilise pour attester de manière irréfutable Ses engagements : Hébr 6,16-18. Les serments de Dieu jalonnent le parcours de la révélation quant à ce qui a trait à la voie du salut : Genèse 22,16-17 ; Exode 6,8 ; Ps 110,1 ; 132,11. Fort de la réalisation de tous les serments précédents, ce dernier serment fait ici par l’ange a pour but de donner à Israël la certitude dont il a besoin pour soutenir sa foi en la victoire promise de Christ.

Le message principal de l’ange à Son peuple est que, désormais, l’année de la grâce et de la patience de Dieu, inaugurée par la venue de Christ sur terre est close : Luc 4,19. Le jour de la colère et de la vengeance de Dieu est venu : Esaïe 61,2. La patience de Dieu n’avait qu’un but : que les hommes se repentent : 2 Pierre 3,8-9. Ne produisant plus de fruit dans ce sens, elle n’a désormais plus de raison de se poursuivre.

La fin de la patience de Dieu n’est pas seulement la fin de l’ère de la grâce. C’est aussi le temps où le mystère de Dieu s’accomplit. Sous cette appellation, la Bible désigne sept choses :

- le mystère du royaume de Dieu : Marc 4,11

- le mystère du parcours d’Israël : Rom 11,25

- le mystère de l’enlèvement de l’Eglise et de la résurrection des saints : 1 Cor 15,51

- le mystère de l’Eglise : Ephés 3,8 à 11

- le mystère du mal : 2 Thes 2,7

- le mystère de Babylone : Apoc 17,3 à 7

- le mystère de Dieu : Christ : Col 2,2

Contrairement à son usage dans le langage courant, le mystère dans les Ecritures ne signifie pas quelque chose d’inexplicable, mais quelque chose qui n’est connu que par des initiés (Coates). Le mystère de Dieu, Christ, est le mystère :

- dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science : Col 2,3

- qui fut tenu secret pendant des siècles, mais qui est désormais porté à la connaissance de toutes les nations : Rom 16,25-26

- qui est à la raison de la réalité spirituelle à l’origine de la nouvelle humanité qu’est l’Eglise : Ephés 3,1 à 6

- qui constitue l’essence même de la piété chrétienne : 1 Tim 3,16

Le mystère de Dieu, Christ, est le cœur même du projet de Dieu, de Son dessein, de la volonté qui fut la sienne lorsqu’Il créa le monde : Ephés 1,9-10. Malgré tout ce que le diable aura mis en œuvre pour le faire avorter, il est impossible que ce mystère ne se réalise pas !

4. le petit livre que Jean doit manger :

Après avoir écouté la déclaration de l’ange, la même voix qui, du ciel, interdit Jean d’écrire ce qu’il avait entendu de la part des sept tonnerres de Dieu, lui ordonna de prendre le petit livre ouvert qui était dans la main droite de l’ange.

Comme il en fut pour le prophète Ezéchiel en son temps : Ezéchiel 2,8 à 3,3, il est demandé à Jean de ne pas se limiter à proclamer le message qu’il a reçu, mais de l’assimiler de telle manière qu’il soit partie intégrante de sa personne, qu’il ne fasse qu’un avec lui. La demande d’une telle identification entre le message de Dieu et son porteur n’est pas unique, mais récurrente dans l’Ancien Testament : Esaïe 8,1 à 4 ; Ezéchiel 24,15 à 24. Elle trouve son expression la plus forte dans la mort de Jésus, à la foi sacrificateur et sacrifice : Hébr 9,11-12.

Mangeant le livre ouvert qui contenait le message qu’il venait de recevoir, Jean ressentit le double effet qu’il produisait : dans sa bouche, la douceur du miel, dans ses entrailles, le ressenti désagréable de l’amertume. Tel est toujours le double effet que produit dans la vie de celui qui en est le porteur le message de la Parole de Dieu : Ps 119,103 ; Jér 15,16 à 18. S’il réjouit le cœur quand il est reçu, il se traduit rapidement, tant il est douloureux à transmettre, par la souffrance pour celui qui le délivre.

Si Jean a eu l’honneur d’être le serviteur choisi par Dieu pour transmettre le message de l’Apocalypse, soyons certains qu’au-delà de la joie qu’a pu lui procurer la révélation de la victoire de Christ, il a aussi profondément ressenti en lui-même la douleur qui était celle de Dieu lorsqu’Il s’agit pour Lui de juger le monde. car le désir de Dieu est toujours le même : Il ne souhaite pas que le méchant meure, mais qu’il se convertisse et qu’il vive : Ezéchiel 33,11.

Je viens bientôt !

jeudi 17 février 2011

Apocalypse 9 : deux trompettes

Le jugement de la 5ème trompette : v 1 à 12

1. Introduction :

Suite à la 4ème trompette, l’aigle qui était apparu dans le ciel avait prévenu : si les châtiments qui avaient atteint l’humanité jusque là étaient terribles, les trois qui allaient suivre le seraient encore davantage : Apoc 8,13. Les fléaux qui s’étaient abattus jusque là sur la terre avaient touché l’environnement de l’homme, son cadre de vie. Avec la 5ème trompette, ce sont les hommes eux-mêmes qui sont directement atteints dans leurs corps et dans leurs âmes par les souffrances qu’occasionne le mal libéré par le son de la trompette.

Le effets néfastes des forces destructrices et diaboliques, libérées par autorisation divine contre les hommes, suivent le cours et la procédure de l’épreuve que connut Job, exposé à la même source de tourments que le sera l’humanité dans la période décrite ici. Après que le Malin ait reçu l’autorisation par Dieu de détruire l’environnement dans lequel vivait Job, environnement qui était le témoignage de la bénédiction de Dieu et de sa prospérité, ses attaques marquèrent une pause. Le Malin n’a reçu de Dieu que l’autorisation de s’attaquer aux biens de Job, non à sa personne : Job 1,12. Pour franchir cette étape, il lui faut nécessairement son consentement, un nouveau mandat : Job 2,4 à 6. Satan se présente donc de nouveau à Dieu, réclamant l’autorisation d’aller plus loin encore que ce qu’il avait été dans l’affliction qu’il voulait porter à Job. Dieu, voulant donner le preuve de la justesse de la confiance qu’Il a dans la foi et la piété de Job face aux insinuations du Malin, lui donne son consentement tout en lui imposant une nouvelle limite : Job 2,6 : Job souffrira dans son corps, mais ne devra pas mourir.

Le même scénario, pour d’autres raisons, est suivi ici. Les 4 premières trompettes ayant produit leur effet destructeur sur l’environnement, une pause est accordée. Sans doute, Dieu attend-Il et espère-t-Il de la part des hommes, un retour en eux-mêmes, comme le vécut le fils prodigue exposé au malheur et à la famine : cf Luc 15,17 à 19. Si les malheurs qui frappent les hommes sont le signe du jugement de Dieu, c’est, dit Jésus, non la souffrance humaine que Dieu vise à travers eux, mais la repentance : Luc 13,1 à 5. La fin du chapitre 9 nous montre aussi que c’est clairement elle qu’Il vise ici : v 20-21. Ne la voyant pas se produire, Dieu donne l’autorisation à Satan d’aller plus loin. Après avoir abattu ce qui était la source du bonheur et de la prospérité de l’humanité, son cadre de vie, c’est aux hommes, qui ne se sont pas repentis et, par conséquent, qui ne sont pas marqués par le sceau de Dieu, que le Malin va s’attaquer. Comme il en sera pour Job en son temps, leur souffrance sera telle à ce moment-là qu’ils soupireront après la mort. Mais la mort ne viendra pas : v 8.

2. Nature du jugement

Il nous est difficile, à partir du seul récit de la vision de Jean, de nous faire une idée matérielle précise du type de fléau auquel il fait allusion ici. Pour autant, nous ne sommes pas sans indication :

a. le fléau est déclenchée par la chute d’une étoile du ciel sur la terre :

Cette chute peut être celle de l’éviction définitive de Satan de la sphère céleste, éviction qui nous est rapportée en Apoc 12,7 à 9. Déjà au temps où Il était sur terre, Jésus vit, suite à l’envoi en mission des premiers disciples, Satan tomber comme un éclair du ciel sur la terre : Luc 10,18. Sous la figure du roi de Babylone, Esaïe prophétisa en son temps la chute de l’astre brillant, l’adversaire de Dieu orgueilleux et ambitieux : Esaïe 14,12 à 15. La chute de l’étoile décrite ici, plus terrible qu’Absinthe tombée avant elle : Apoc 8,10-11, pourrait bien figurer celle de Satan. On comprend dès lors que, n’ayant plus que la terre comme sphère d’activité, le sort de l’humanité entière s’en trouve gravement affecté.

b. l’étoile possède la clé de l’abîme et l’ouvre

L’abîme est le lieu dans lequel les mauvais esprits craignent par excellence d’être jetés : Luc 8,31. C’est le lieu dans lequel sont tenus enchaînés, dans l’attente de leur jugement, certaines puissances infernales qui ont péché avant la période de Noé : 2 Pierre 2,4 ; Jude 5-6 (allusion est faite ici aux anges qui se sont unis aux femmes et ont donné naissance à une race de géants : Genèse 6,1 à 5). C’est aussi le lieu dans lequel le diable sera jeté pendant 1 000 ans après que son faux christ et le faux prophète qui le servait soient vaincus par le Christ : Apoc 19,20 à 20,3. Le jugement décrit ici consisterait donc en la libération de myriades d’esprits malfaisants qui, autrefois enchaînés dans l’abîme, seraient lâchés pour tourmenter une dernière fois pendant une durée limitée (5 mois), l’humanité.

c. Les esprits lâchés ressemblent à des criquets et leur pouvoir est pareil aux scorpions

Les invasions de criquets (ou sauterelles) sont toujours décrites dans la Bible comme l’un des moyens par lesquels le jugement de Dieu s’opère. Ce fut le cas en Egypte au temps de Moïse : Exode 10,12 à 14, mais aussi plus tard en Israël : 2 Chr 7,13 ; Amos 7,1 ; 1 Rois 8,37 ; Joël 1,4. Ce qui caractérise le fléau que représente cette invasion est à la fois le caractère innombrable des insectes présents dans la nuée : cf Joël 2,25 et l’effet destructeur de leurs passages sur la végétation : Exode 10,15. Pour exemple, l’Afrique du Sud garde depuis 1784 la mémoire du plus gros essaim de sauterelles jamais enregistré. Celui-ci couvrait près de 3 000 km² et engloutissait chaque jour l’équivalent de 600 000 tonnes de nourriture.

Les criquets dont nous parle le chapitre 9 de l’Apocalypse diffèrent des insectes qui portent le même nom sur au moins 3 points :

- le 1er est que leur légion est dirigée par un chef, contrairement à celles des animaux : Prov 30,27 ; Apoc 9,11

- le second est qu’elles ne s’attaquent pas à la végétation, ce que font uniquement les insectes, mais aux hommes : Apoc 9,4-5

- le 3ème est qu’elles sont munies d’une queue et d’un dard par lequel elles occasionnent la souffrance que ressentent ceux qui sont piqués : Apoc 9,10.

Alors que Satan est précipité manu militari du ciel sur terre, nous pouvons penser que la libération des esprits mauvais de l’abîme, dans le but unique de tourmenter les humains, est de les dépersonnaliser au point qu’ils soient tous prêts, l’heure venue, d’accepter sans broncher la domination de l’Antichrist. Tous les tortionnaires et les dictateurs le savent : rien de telle que la souffrance pour affaiblir la résistance intérieure des êtres. Même pécheur, l’être humain est à l’image de Dieu. Il ne renonce à sa liberté que sous la pression de trois éléments : l’amour, la contrainte ou la manipulation. Dans les 3 cas, la souffrance joue un rôle de premier plan :

- parce que Christ a souffert pour lui, le chrétien est prêt à renoncer à sa liberté pour entrer dans la soumission à son Seigneur : Mat 16,24

- parce que la souffrance exercée par la contrainte et la manipulation deviennent intolérables, les victimes des tortionnaires finissent par capituler et se rendre à leur volonté.

Parlant de la souffrance ressentie par les victimes du fléau de la 5ème trompette, Jean nous dit qu’elle est semblable à celle du scorpion. Or, c’est aux esprits malfaisants que Jésus Lui-même identifie dans l’Evangile le scorpion : Luc 10,19. Pour information, bien que n’étant pas toujours mortelle, la piqûre du scorpion est l’une des plus douloureuses que l’on puisse connaître. Mise à part la douleur, elle provoque quantité d’effets indésirables : sueurs, diarrhées, malaises, pieds et mains froides, sensation d’engourdissement au niveau de la zone piquée, nécroses qui peuvent nécessiter une intervention chirurgicale.

d. le nom de leur roi était Abaddon (en hébreu) et Apollyon (en grec : le Destructeur

Le fait que Jean mentionne le nom du roi qui mène les armées infernales libérées de l’abîme dans les deux langues dans lesquelles a été donnée la révélation (la Bible) n’est pas sans importance. Cette mention pourrait indiquer que le fléau frappera, aussi bien parmi les juifs que parmi les non-juifs de l’époque, tous ceux qui ne se seront pas tournés vers Christ, c’est-à-dire qui n’auront pas renoncé à leur liberté pour se soumettre à Sa royauté. Cités ensemble, juifs et grecs dans la Bible sont toujours synonymes de représentation de l’humanité entière : Rom 1,16 ; 2,9-11 ; 1 Cor 1,22 à 24.

Le jugement de la 6ème trompette : v 13 à 19

C’est de l’autel d’or qui est devant Dieu, dans le tabernacle céleste, que Jean entend la voix qui ordonne la mise en oeuvre du fléau de la 6ème trompette.

Contrairement à l’autel d’airain des holocaustes, qui était dans le parvis du tabernacle, l’autel d’or était situé à l’intérieur de celui-ci : Exode 40,5.26. Si l’autel d’airain servait au sacrifice, le sang ne coulait jamais sur l’autel d’or. L’autel d’or était le lieu d’où s’élevait l’encens, symbole des prières des saints : Apoc 8,3. Comme il en fut pour l’ouverture du 7ème sceau, on peut penser que le malheur de la 6ème trompette est directement lié à la vengeance de Dieu en réponse à la prière de tous les martyrs de la foi Lui demandant de faire justice : Apoc 6,10.

Alors que ce n’était pas le cas jusqu’à présent, Jean situe de manière précise l’origine géographique du nouveau malheur qui vient : l’Orient. Quatre anges, liés sur le grand fleuve, l’Euphrate (2 780 kms), sont déliés pour permettre à une armée de 2 millions de cavaliers de déferler pour tuer le tiers de l’humanité.

En tant que fleuve, ce n’est pas la 1ère fois que l’Euphrate est mentionné dans la Bible comme une frontière séparant différents mondes :

- Gen 2,14 : dès sa mention dans la genèse, l’Euphrate sépare le jardin d’Eden du reste du monde

- Gen 15,18 ; Deut 11,24 ; Josué 1,4 : il sépare le pays promis par Dieu aux juifs, Israël, des nations païennes

- Apoc 16,12 : il est la barrière naturelle qui sépare les peuples d’Orient (Iran, Irak et, plus loin, Inde et Chine…) de ceux de l’Occident (Europe, Israël, Etats-Unis…)

Considérant ce repère géographique donné par Jean, on peut donc penser que le fléau de la 6ème trompette décrit une sorte de guerre, venant de l’Orient, coalisant 4 puissances spirituelles antichrétiennes (les 4 anges : islam, hindouisme, communisme, confucianisme ?) contre l’Occident, empreint des anciennes valeurs du christianisme. guerre qui verra la mort d’un tiers des habitants de la terre : un choc des civilisations que beaucoup prédisent, à court ou long terme, comme inéluctable (Samuel P. Huntington : le choc des civilisations : Odile Jacob). A l’instar de Pilate et Hérode, devenus soudainement amis dans leur opposition à Jésus : Luc 23,12, les forces fondamentalement contraires au christianisme s’entendront et se coaliseront pour rayer de la carte la civilisation qui en porte le plus la marque. Il est sans nul doute du juste jugement de Dieu de châtier en premier les peuples qui, les premiers, ont reçu l’Evangile et ne l’ont pas gardé par ceux qui, longtemps, ont été privés de sa lumière : cf 1 Pier 4,17; Esaïe 2,6 à 10

Comme il en est pour le fléau précédent, la description des armées venant de l’Orient ne laisse planer aucun doute sur l’origine diabolique de l’attaque. On y retrouve le double caractère du diable, le lion et le serpent : v 17 à 19, et le but qui est le sien pour tous les hommes : le meurtre : Jean 8,44. Que seront ses armées ? Vu la précision géographique de leur origine, on peut penser que la vision de Jean se rapporte ici à des réalités d’ordre militaire ! Le physicien Bernhard Philbert y voit pour sa part la description possible de blindés qui, au niveau de la connaissance qu’avait Jean, ne pouvaient être mieux dépeints qu’il ne l’a fait.

Le grand message que nous communique le chapitre 9 sur les deux premiers malheurs est qu’il viendra un temps où, pour juger la terre, Dieu libérera des forces spirituelles de destruction inconnues jusqu’aujourd’hui. Christ, nous rappelle l’Ecriture est Celui qui soutient toutes choses par Sa parole puissante : Hébr 1,3. Il est aussi, comme il nous l’est montré avec Job, Celui qui retient le Malin et lui permet aussi d’agir dans les limites qu’Il lui fixe !

Réactions des hommes après le passage des deux premiers malheurs : v 20-21

Malgré les souffrances et l’hécatombe conséquentes au passage des deux premiers malheurs, Jean ne discerne aucun changement d’attitude, aucun mouvement de repentance dans le cœur de ceux qui subsistent. Les hommes continuent à s’adonner à l’idolâtrie et l’occultisme. Ils ne changent rien à leurs pratiques, ou leurs comportements immoraux et impies. Comment dès lors, le processus du jugement entamé pourrait-il s’arrêter ?

Je viens bientôt !

vendredi 21 janvier 2011

Apocalypse 8 : 4 trompettes

1. Ouverture du 7ème sceau :

Contrairement à ceux qui le précédaient, le jugement du 7ème sceau se présente, pourrait-on dire, comme un jugement gigogne, un jugement qui renferme en son sein 7 autres qui se déclenchent au son de sept trompettes. Cette présentation des choses par Jean pourrait avoir une explication. Elle indiquerait une accélération du temps et un raccourcissement notoire de délai entre les fléaux qui frappent la terre. Les sept fléaux que libère l’ouverture du 7ème sceau s’accompliraient dans le temps d’un sceau. Plus l’humanité rebelle s’enfonce dans la révolte contre Dieu, plus elle s’expose à l’époque du jugement, à une cadence accélérée de fléaux successifs qui la frappent. Tel un corps sans force entraîné contre lui-même en son centre par un tourbillon de plus en plus rapide, l’humanité est soumise à un rythme de malheurs toujours plus intense sur lequel elle n’a plus aucun contrôle. N’est-ce pas d’ailleurs ce que nous constatons déjà dans notre monde ?

Le 7ème sceau ouvert, un temps préparatoire inaugure l’ouverture de la 2ème série de fléaux introduits par le son des trompettes. Ce temps préparatoire est construit autour de plusieurs éléments :

- un silence total dans le ciel que Jean évalue à une demi-heure environ : v 1. Si la parole peut parfois être effrayante, combien peut aussi l’être le silence. Plus que l’absence de bruit, le silence est dans la Bible une invitation à la réflexion, au recueillement, à la méditation pour considérer de manière profonde le bien-fondé, le poids, la valeur et la signification de nos actes : ex : Gen 24,21.

Le silence est souvent aussi un ordre que Dieu donna à Son peuple avant de grandes batailles : Exode 14,14 (avant le passage de la Mer rouge), Sophonie 1,7, Zacharie 2,17. Il indique que, s’il se passe au niveau des hommes, le combat qui va avoir lieu est d’abord et avant tout l’affaire de Dieu : Josué 6,10. Le silence que Dieu impose est enfin une invitation à L’écouter : Habacuc 2,20 ; Esaïe 41,1 ; Ps 4,4. Après la série de fléaux dont l’humanité a été l’objet au travers de l’ouverture des six sceaux, la question se pose : a-t-elle appris quelque chose ? Est-elle, comme le fils prodigue, rentrée en elle-même pour se repentir et revenir à Dieu ? L’ouverture du 7ème sceau témoigne malheureusement qu’il n’en est rien !

- le don des sept trompettes donnés aux sept anges : v 2.

Comme le silence, le choix de la trompette comme instrument du signal de l’opération des jugements de Dieu n’est pas le fait du hasard. Le son de la trompette est le signal du déclenchement de la bataille et des hostilités : Josué 6,16-21 ; Juges 7,18 ; Sophonie 1,14.16. Le fait que ce soit des trompettes, et non autre chose, qui soient données aux anges, témoigne que l’heure du grand combat de Dieu contre le péché et les forces du mal qui dominent le monde a sonné !

- l’offrande par l’ange dans un encensoir d’or des prières des saints : v 3 à 5

La dernière fois qu’il était fait mention de la prière des saints dans l’apocalypse, c’était lors de l’ouverture du 5ème sceau : 6,9 à 11. A cette occasion, les martyrs criaient à Dieu pour Lui demander jusqu’à quand allait durer Sa patience avant qu’Il ne tire vengeance du sang qu’ils ont versé par fidélité à Lui dans ce monde. Il leur fut répondu qu’ils se tiennent quelque temps en repos encore, avant que la colère ne frappe.

La présentation de la prière des saints avant que ne sonne la première trompette témoigne du fait que les fléaux qui vont venir sont l’expression de la vengeance de Dieu contre les crimes restés impunis commis contre Son peuple. Le temps est venu où, mettant d’abord Son peuple à l’abri, Dieu sort de Sa demeure pour faire payer aux habitants de la terre le prix de leurs crimes contre tous les justes : Esaïe 26,20-21 ; cf Mat 23,34 à 36.

- le mélange par l’ange des prières des saints avec le feu de l’autel : v 5.

Ce n’est pas la 1ère fois qu’il est fait référence à l’autel dans l’Apocalypse. A l’ouverture du 5ème sceau, c’est sous l’autel que Jean avait vu les âmes des martyrs faire appel à la vengeance divine : Apoc 6,9. Dans sa vision du ciel et du trône de Dieu, Esaïe avait vu l’ange prendre avec des pincettes une braise qui était sur l’autel pour le purifier de son péché et le rendre apte au ministère que Dieu voulait lui confier : Esaïe 6,6. Le feu sur l’autel a valeur de purification. C’est là que, selon l’auteur de l’épître aux hébreux, le Christ s’est rendu directement après Sa mort pour présenter à Dieu l’offrande Sa vie en guise de purification du péché de l’humanité : Hébr 9,23 à 26.

Mêlé aux prières des martyrs qui, par la réponse de l’amour, ont amassé des charbons ardents sur la tête de leurs persécuteurs : Rom 12,17 à 21, le feu jeté sur la terre à partir de l’autel parle du fait que l’heure du jugement et de la purification du péché est venue : cf Apoc 14,8 ; 16,7. Cette heure, Jérusalem l’a connue en son temps : Ezéchiel 10,2, mais c’est ici toute la terre qui est concernée !

- les conséquences premières et effrayantes du jet du feu de l’autel sur la terre : v 5 : il y eut des tonnerres, des voix, des éclairs et un tremblement de terre ! Un effet qui nous rappelle ce que vécut Moïse au moment du don de la loi sur le Sinaï. Exode 20,19. La vision était alors si effrayante que le peuple entier, se tenant pourtant à bonne distance, supplia Moïse de servir d’intermédiaire entre Dieu et Lui, la peur que lui inspirait le simple fait d’entendre Sa voix le terrorisant : Héb 12,18 à 21. La présence de ces mêmes éléments, au moment où les trompettes donnant le signal de la bataille s’apprêtent à retentir, témoigne du fait que, ayant refusé le la grâce qu’Il leur a offert au temps de Sa patience, c’est au Dieu de la loi et de la justice que les hommes devront désormais rendre compte : cf Apoc 4,5.

2. Les quatre premières trompettes : v 6 à 13

L’étape préliminaire de la série de nouveaux fléaux achevée, l’heure est venue pour les sept anges ayant reçu les sept trompettes de donner le signal par lequel allait se déclencher les hostilités. L’un suite à l’autre, les quatre premiers anges embouchèrent leurs trompettes :

1ère trompette : grêle, feu et sang : v 7

Le fléau de la première trompette nous rappelle une des plaies qui frappa l’Egypte au temps de Moïse : Exode 9,23-24. Le fléau fait référence soit à un phénomène « naturel » d’une ampleur inégalée, soit, pour certains, à une catastrophe due à des explosifs nucléaires (Livre : Guerre atomique et prophétie biblique : Bernhardt Philbert : page 82). Le livre de Job nous rappelle qu’il existe dans la stratosphère d’immenses dépôts de grêle réservés par Dieu pour les jours de guerre et de bataille : Job 38,22-23. Le fait que Dieu utilise la grêle dans les combats qu’Il mène pour la défense de Sa cause et de Son Nom n’est pas nouveau. Mise à part l’Egypte, Dieu récidivera au temps de Josué : Josué 10,11, puis plus tard dans l’Apocalypse : Apoc 16,21. Feu, grêle et sang font partie des éléments que les prophètes désignent comme des exécutants de Ses jugements : Ps 18,12-13 ; 148,8 ; Esaïe 30,30 ; Ezéch 13,13 ; Joël 3,3-4.

Les conséquences du premier fléau sont dramatiques en terme d’impact et de destruction. Du quart de la terre touchée par les plaies des trois premiers sceaux réunis dans le 4ème : Apoc 6,8, on passe ici au tiers en un seul fléau.

2ème trompette : une montagne embrasée dans la mer : v 8 et 9

Après la terre, c’est à la mer que s’en prend le fléau suivant. Si Jean pouvait décrire la grêle du précédent fléau, c’est à une comparaison qu’il fait appel ici pour nous dire ce qu’il voit.

Plusieurs explications possibles ont été données au phénomène :

- la chute d’un astéroïde géant

- l’éruption gigantesque d’un volcan

- ou l’explosion d’une bombe thermonucléaire provoquant dans la mer une onde de choc détruisant tout sur son passage (Bernhardt Philbert : page 84)

Le fléau de la seconde trompette a, pour les créatures qui vivent dans ou sur la mer, un impact similaire à celui de la première. Quand on connaît la proportion qu’occupe les océans sur la planète, le second fléau en terme de puissance dépasse le premier. Notons que le changement de la mer en sang faisait aussi partie des fléaux qui ont frappé l’Egypte au temps de Moïse : Exode 7,20.

me trompette : une étoile nommée Absinthe empoisonnant les sources d’eaux : v 10 et 11.

Venant toujours du ciel, cette étoile qui tombe et contamine les sources d’eaux pourrait être identifiée à l’explosion d’un satellite artificiel. « La chute d’un satellite artificiel de quelques tonnes ferait apparaître de façon spectaculaire une énorme étoile chauffée à blanc, accompagnée de fumées flamboyantes : B. Philbert : page 85. »Porteur d’une arme chimique toxique, l’explosion d’un tel engin « permettrait de contaminer mortellement des contrées entières surtout par le fait que, par l’intermédiaire des pluies, ces poisons radioactifs pénètrent dans les cours d’eau : B Philbert, page 86.

4ème trompette : les luminaires perdant un tiers de leur clarté : v 12

Jean ne nous dit pas ici de quoi provient exactement la perte de clarté des astres ayant été créé par Dieu pour éclairer la terre : Genèse 1,16-17. Les étoiles étant très éloignées du soleil et de la lune, l’explication la plus probable est qu’un voile épais dû à une pollution quelconque se répandant dans l’atmosphère, obscurcisse la luminosité des astres sur toute la terre (les explosions volcaniques récentes témoignent de la possibilité d’un tel phénomène).

Notons qu’avec les quatre premières trompettes, ce sont les éléments disposés par Dieu lors des 4 premiers jours de la créations qui sont atteints : terre, mer, arbres, herbes, astres… Avant d’atteindre les hommes eux-mêmes directement, le jugement atteint le cadre dans lequel ils évoluent (comme il en fut aussi en Egypte).

3. Une pause avant les trois prochaines trompettes : v 13

Alors que c’est par le silence que introduisit la nouvelle série de fléaux qui allaient frapper la terre, c’est ici par un avertissement oral surnaturel que les trois prochains fléaux sont annoncés. Nous ne savons si les habitants de la terre l’entendent, mais nous pouvons penser que ce temps de pause est une fois de plus donné pour les faire réfléchir.

Je viens bientôt !