vendredi 15 avril 2011

Apocalypse 11 : Pleins feux sur Jérusalem

La vision du temple et des deux témoins à Jérusalem : v 1 à 14

Après le premier malheur frappant l’humanité demeurée rebelle à Dieu, le second malheur nous transporte à Jérusalem, au cœur de la vie même d’Israël, le peuple de Dieu. Jean y est chargé d’une mission. Il doit prendre le roseau qu’on lui donne pour mesurer le temple reconstruit. Placé au cœur du livre de la Révélation, le temple reconstruit apparaît comme le point d’orgue des événements qui forment la trame de l’affrontement final entre la puissance de Dieu et celles des ténèbres. Tous les personnages principaux du scénario final y sont réunis : Israël et les vrais adorateurs qui s’y trouvent : v 1, les nations : v 2, les deux témoins qui sont les deux oints de Dieu : v 3 et 4, la manifestation de la puissance de Dieu : v 5 et 6, la bête : v 7, la puissance de résurrection du Christ : v 11… Jamais dans l’histoire du monde, une telle concentration de puissances spirituelles hostile l’une à l’autre n’aura été réunie sur une si petite portion de terre !

La reconstruction du temple étant le fait et la nouveauté majeure du chapitre, nous allons en premier lieu nous y arrêter pour réfléchir à sa signification.

Le temple reconstruit :

1. Survol historique du concept du temple :

C’est dans le cœur et l’esprit de David que, la première fois, l’idée bâtir un temple à Dieu a germé. Trouvant déplacé, inconvenant que lui, le roi, habite une maison de cèdre alors que Dieu n’avait pour demeure qu’une tente, David fait part à Nathan, le prophète, de sa réflexion. Nathan ne lui donne aucune consigne. Il l’invite seulement à suivre ce que son cœur lui ordonne : 2 Sam 7,1 à 3

La nuit suivante, Dieu intervient. Il ne laisse pas David aller au bout de son projet. Non point qu’il y soit opposé, mais Il ne veut pas que David se méprenne. Si une demeure doit lui être construite, ce n’est point parce que Dieu en aurait besoin. A aucun moment dans les siècles passés, Dieu n’a fait le reproche à quiconque de n’y avoir pas pensé : 2 Sam 7,4 à 7. Si Dieu donne son feu vert pour qu’un temple lui soit dressé, il en donne les conditions :

- le temple ne sera pas le projet d’un homme, mais de Dieu

- il ne sera pas construit par David, mais au temps voulu par Dieu par son fils Salomon.

Ces choses dites, c’est sous Salomon que le temple se fait et que sont définies les fonctions d’utilité qu’il aura pour le peuple dans sa relation avec Dieu :

- le temple n’est pas la véritable demeure de Dieu : 1 Rois 8,27

- c’est une sorte de pied à terre pour Dieu, un lieu fixe de rencontre entre Lui et Son peuple destiné à remplacer la demeure mouvante et fragile qu’était la tente ancienne érigée par Moïse : 1 Rois 8,10 à 13.

- Le temple représente le cœur de la vie spirituelle d’Israël. Il est le lieu de référence à partir duquel les prières du peuple qui Lui sont adressées seront exaucées : 1 Rois 8,33.35.36

- Le temple est le lieu de la présence de Dieu, lieu où se manifeste sa gloire : 1 Rois 8,11. Le signe le plus fort du jugement de Dieu sur Son peuple, montre Ezéchiel, est le moment où la gloire de Dieu quitte le temple, suite aux désobéissances répétées d’Israël et de ses chefs : Ezéchiel 8 ; 10,18-19 ; 11,22-25.

- Lorsque Jésus parut, l’Evangile (et Lui-même) Le présente comme le nouveau temple, le lieu où la présence et la gloire de Dieu se manifestent : Jean 1,14 ; 2,18 à 22.

- Jésus retourné dans la gloire, l’Eglise est présentée ensuite comme le nouveau temple : Ephés 2,19 à 22 ; 1 Tim 3,15.

Outre la préparation et la manifestation du Messie, la prophétie biblique touche également de nombreuses fois au temple. Pour Jésus Lui-même, le destin du temple comme ce qui s’y produit sont inexorablement liés aux événements qui touchent à la fin des temps : Mat 24,1 à 3.15. Selon Ses propres mots, la prophétie de Daniel est la clé permettant de comprendre ce qui touche au temple dans les derniers temps.

La prophétie de Daniel et sa signification : Daniel 9,24 à 27 :

Daniel annonce que 70 semaines (en hébreu : septaines) ont été fixées pour mettre fin au péché et établir le royaume de Dieu, soit 490 ans. Cette période est elle-même divisée en 3 sous-périodes :

a. Une 1ère période de 7 semaines, soit 49 ans, qui verra l’apparition d’un chef, ayant reçu l’onction, qui rebâtira Jérusalem, en des temps troublés : Dan 9,25. Ce chef sera Néhémie qui, au travers de maintes tribulations, réussira à terminer la reconstruction de la muraille de la ville (livre de Néhémie, Esdras, Aggée et Zacharie). Le décret promulgant la reconstruction du temple a été promulgué par le roi Artaxerxès en 445 av J-C au mois de Nisan (mars) : Néh 2,1

b. Une 2ème période de 62 semaines, soit 434 ans, se conclura par la mort du Messie qui entraînera la destruction de la ville et du temple : Dan 9,26. Sir Robert Anderson, un juriste anglais a fait le calcul qu’en l’année 445 av J-C et le mois d’avril de l’an 32 où l’on peut supposer que Jésus est mort, il s’est passé exactement 173 880 jours, soit 69 années de 360 jours, comme on les comptait à l'époque (Apoc 11,2-3 : 42 mois = 1260 jours) .

c. La dernière semaine de Daniel est divisée en deux : v 27. Au début de celle-ci, un dévastateur, qui a pour but de détruire la ville et son sanctuaire, fera mine de conclure une alliance de sept ans avec le peuple de Dieu : v 27. Puis, soudain, au milieu de l’alliance, soit au bout de 3 ans et demi, il la rompra faisant cesser sacrifice et offrande. C’est cette prophétie que nous relate en détail Apoc 11,1 à 3.

Les lumières de l’Apocalypse sur la 70ème semaine de Daniel

Il ne suffit que de quelques mots à Jean pour nous communiquer la vision qu’il a de Jérusalem et du temple à l’époque de la 70ème semaine de la prophétie de Daniel. Les mots qu’il utilise, chargés de sens, sont cependant suffisamment évocateurs pour nous dire ce qu’il en sera :

- Le temple de Jérusalem sera le lieu de tous les mélanges sur le plan spirituel. A côté des adorateurs du vrai Dieu, qui rendront leur culte dans le sanctuaire : v 1, le parvis sera rempli de gens de toutes sortes de nations venus aussi pour adorer leurs dieux à leur manière : v 2

Des efforts diplomatiques incessants sont faits depuis des décennies pour déclarer Jérusalem cité appartenant aux trois religions monothéistes : judaïsme, christianisme, islam. A l’ancien emplacement du temple, ou dans ses environs, se trouve déjà le Dôme du Rocher, mosquée construite par Abd-al-Malik en l’an 691. Outre la reconstruction du temple qu’il encouragera, le tour de force du dévastateur dont Daniel parle sera de réussir à faire cohabiter tous les cultes à Jérusalem dans une totale proximité. Le principe de laïcité, cher à la France, sera ici poussé à son apogée. La tolérance maximale sera alors alliée à la confusion la plus totale.

La spiritualité vécue au cours de la 70ème semaine de Daniel sera l’aboutissement de tous les efforts œcuméniques entrepris depuis des décennies entre les leaders des grandes religions. Le geste le plus prophétique allant dans ce sens fut sans nul doute l’initiative prise par le pape Jean-Paul II qui, à Assise en 1986, a invité tous les responsables des religions du monde à venir ensemble avec lui prier pour la paix du monde. Le pape Benoît XVI s'est engagé à renouveler bientôt l'expérience.  Au vu de cet avenir révélé, la question se pose : les troubles actuels qui agitent les pays autour de la Méditerranée ne sont-ils pas les événements préparatoires nécessaires à ce changement révolutionnaire d’état d’esprit ?

Voir : http://pleinsfeux.com/leader-musulman-veut-reconstruction-temple/

Cette unité factice, parfaitement réalisée, sera le tremplin que l’Antichrist utilisera pour commettre le plus grand péché et le plus grand blasphème qui soit : se proclamer lui-même Dieu par tous les faux croyants dans le temple même de Dieu : 2 Thes 2,3-4, ce que Jésus et Daniel désignent sous le nom d’abomination de la désolation : Mat 24,15 ; Dan 9,27 ; 11,30-31 ; 12,11. Plus que tout autre lieu, Jérusalem sera à ce moment-là la capitale internationale de l’apostasie et de la confusion, confusion qui se déclinera aussi bien sur le plan éthique et moral (allusion à Sodome) que sur le plan de l’idolâtrie (allusion à l’Egypte) : Apoc 11,8.

On pourrait croire ici qu’enfin Satan a atteint son but : cf Esaïe 14,13-14. Ce sera sans compter les ressources de Dieu. Une épine sérieuse dans le pied de l’Antichrist va lui rendre amère sa victoire : l’apparition soudaine de deux trouble-fête, revêtus de toute la puissance de Dieu qui, pendant 42 mois vont lui tenir tête et lui démontrer, si besoin est, qu’il n’est pas le plus fort, mais qu’il y a dans les cieux un Dieu qui décide de qui doit être élevé et abaissé : cf Daniel 4,22.


Les deux témoins :

a. Identité

Alors qu’Il était sur terre, le Seigneur Jésus a maintes fois usé, face aux juifs, de l’argument selon lequel la loi (ou Moïse) et les prophètes étaient le témoignage suffisant dont ils avaient besoin pour croire en Lui : Luc 16,29 à 31 ; 24,27.44 à 47 ; Jean 1,45 ; 5,46. Dans le contexte juif, la Loi et les prophètes sont les témoins les plus éminents du Christ.

Il était inévitable que face d’une part aux prétentions de l’Antichrist forçant l’entrée du temple pour se proclamer lui-même Dieu, d’autre part au syncrétisme religieux faisant de Jérusalem la capitale spirituelle du monde, Dieu mette en œuvre des moyens surnaturels puissants pour rappeler à Son peuple opprimé et au monde qui est le vrai Christ et quelle parole est la vérité. Cette mission de témoignage sera donnée aux deux principales figures de l’Ancien Testament incarnant, l’une la Loi, essence même de la connaissance et de la vérité : Rom 2,20, l’autre les prophètes, témoins visionnaires du Christ à venir : Moïse et Elie !

Mis à part le rôle joué par chacun d’eux dans l’histoire, plusieurs autres éléments témoignent de l’identité des deux hommes :

1. la puissance qui leur est attribuée : v 6. Elle était celle dont ils ont fait preuve du temps de leur ministère passé : Elie : 1 Rois 17,1, Moïse : Exode 7,17 ; 8,1

2. Ils sont les deux figures qui apparaissent auprès de Jésus sur la montagne de la transfiguration. Le sujet de leur entretien touche à son départ pour Jérusalem : Luc 9,28 à 31

3. Ils ont tous les deux vécu un départ de la terre particulier : Elie fut enlevé au ciel sans passer par la mort : 2 Rois 2,11, Moîse fut enterré par Dieu : Deut 34,5-6.

4. Le retour d’Elie est annoncé comme signe précurseur du jour de la colère de Dieu et comme moyen de restaurer l’unité de la nation juive autour de Dieu et Sa parole : Malachie 3,23-25

b. Mission

Outre le fait d’être les représentants historiques, et donc incontestés, de la loi et des prophètes, la mission des deux témoins dans cette période ultime de l’histoire sera quadruple :

1. Vêtus de sacs, ils appelleront à la repentance le peuple de Dieu et le monde : v 3. De tout temps, le sac, espèce d’étoffe grossière privée de tout raffinement, fut l’habit dont se revêtaient les prophètes ou tous ceux qui, affligés et désolés de leurs péchés, manifestaient leur contrition à cause de la situation dans laquelle leurs fautes ou celles des autres avaient plongé le peuple : 1 Chr 21,16 Néhémie 9,1 Esaïe 37,2

2. Par leur invincibilité durant les 1260 jours de leur ministère (3 ans et demi), ils seront une force d’opposition à l’Antichrist et de démonstration pour le monde que, contrairement à ses prétentions, il n’est pas le vrai Dieu.

3. Par la faiblesse sous laquelle ils se présenteront au monde, ils seront la démonstration vivante que l’œuvre de Dieu ne se fait ni par la puissance, ni par la force, mais par l’Esprit de Dieu seul : Zacharie 4,1 à 6. Jamais si peu d’hommes n’auront produit d’effets plus grands avec si peu de moyens humains.

4. Par leur fin, ils seront les témoins de la réalité de la puissance de résurrection qui est en Christ et la rappelleront au monde : Apoc 11,11. Le monde devra bien croire que la résurrection de Jésus, trois jours après Sa mort, suivie de Son ascension, ont bien eu lieu puisqu’il aura sous les yeux la répétition du même prodige : Marc 9,31.

c. Impact de leur témoignage :

Bien que bref, à l’image du ministère public de Jésus, le ministère des deux témoins aura un impact spirituel considérable sur le monde :

- il redonnera à la Parole de Dieu tout le crédit et l’autorité qu’on lui aura dénier jusqu’alors

- il validera les principaux faits qui, liés au Christ, sont à la base du témoignage rendu par l’Ecriture à Sa messianité : mort, résurrection ascension. Utilisés par l’Esprit, le passage des deux témoins convaincra le monde de péché, de justice et de jugement : Jean 16,8 à 11

- il obligera l’Antichrist, par leur assassinat, à montrer sa vraie nature : Jean 8,44.

- Il donnera gloire à Dieu et suscitera à Jérusalem, au lieu même où l’Antichrist se sera fait proclamer Dieu, la louange d’un grand nombre pour l’Eternel, le Dieu du ciel : v 13

Bien que puissante, l’Apocalypse témoigne que la force du témoignage des deux témoins n’inversera pas de façon significative la tendance du monde à l’égard de Dieu et de l’Antichrist. Au lieu de se repentir, les hommes se réjouiront de la mise à mort des deux témoins : v 10. Dans sa globalité, le monde continue à courir tête baissée vers son jugement, ce dont témoigne la conclusion du passage consacré aux deux témoins : v 14.

La 7ème trompette : v 15 à 19

Alors que la mise à mort des deux témoins, devant les caméras du monde entier, fait passer l’Antichrist comme un dieu tout-puissant, le chapitre 11 se conclut par la proclamation au son de la 7ème trompette de la prise de pouvoir du royaume du monde par le Seigneur et son Christ. Apprenons de la contradiction totale qui existe entre ce qui est apparent sur terre et ce qui est réel dans les cieux ! Sur terre, tout semble contredire ce qui est dit, affirmé, proclamé dans le ciel. Dans le ciel, rien de ce qui paraît sur terre n’est pris pour vrai. Seule la foi peut faire que, quoique vivant sur terre au milieu même du mensonge, le croyant vive et se réjouisse des faits et des réalités qui sont au ciel ! C’est à quoi sera appelé le peuple de Dieu en ce temps où, plus que jamais, humainement vu, les ténèbres sembleront triompher.

Alors qu’un profond silence précéda l’ouverture du 7ème sceau, un hymne glorieux accompagne le son de la 7ème trompette. L’heure de la colère de Dieu est venue, heure où le mal, et ceux qui le représentent, l’incarnent, le pratiquent et le suivent, vont être jugés. C’est aussi l’heure, disent les anciens, où les justes, les serviteurs de Dieu, le saints de tous les temps vont être récompensés ! N’y a-t-il pas là plus grands sujets de joie !


Je viens bientôt !

vendredi 18 mars 2011

Apocalypse 10 : l'ange puissant et le petit livre

1. Introduction : Un second temps de pause :

Comme il en fut au chapitre 7, entre le 6ème et le 7ème sceau, la vision de Jean qui court du chapitre 10,1 à 11,14, séparant la 6ème et la 7ème trompette, est la marque d’une seconde pause dans le déroulement des jugements. Comme il en fut aussi au chapitre 7 avec la vision des 144 000 juifs oints : 7,1 à 8, la vision que Dieu donne à Jean le détourne de ce qui touche au monde et aux nations pour le conduire à porter ses regards vers ce qui se passe en Israël. Tous les termes utilisés par Jean dans la vision qu’il reçoit nous reportent au peuple élu de Dieu et à des éléments de son histoire : la mention des prophètes, le petit livre à la fois doux et amer, le roseau qui mesure le temple, l’autel, le parvis, la ville sainte, les deux témoins, les plaies, Sodome, l’Egypte… l’œuvre de Dieu en Israël, parmi Son peuple, dans le temps du jugement des nations est le thème et la raison de la vision.

Cette alternance de direction n’est pas sans raison. Elle témoigne de deux réalités concomitantes : la 1ère est que les temps de la fin sont les temps du jugement et de la manifestation de la colère de Dieu sur le monde ; la seconde est que ces temps sont aussi ceux de la réalisation du mystère de Dieu, de Son dessein. Si l’Apocalypse est riche en malheurs, le malheur n’est pas l’objectif final que Dieu vise. L’Apocalypse ne se termine pas sur la vision du malheur et du jugement, mais sur celle de la gloire de Dieu, du rétablissement de toutes choses et de la félicité de la création. Les pauses qui jalonnent le récit des différentes séries de jugement sont là pour le rappeler.

2. La vision de l’ange :

C’est par la vue d’un ange puissant que débute la vision, faite de divers éléments, dont Jean est l’objet. Bien qu’il ne soit pas identifié au Christ, la description de l’ange colle par de nombreux traits à celle que Jean donne du Christ qu’il vit à Patmos ou celle de Dieu dans une vision précédente :

- le halo lumineux (l’arc-en-ciel) qui l’entoure : Apoc 4,2-3

- le visage comme le soleil lorsqu’il brille dans sa force : Apoc 1,16

- les jambes semblables à des colonnes de feu : Apoc 1,15

Fidèle au contexte de l’Ancien Testament dans lequel le Fils de Dieu apparaît sous la forme de théophanies (révélations de Dieu sous des formes humaines ou autres), il n’est pas impossible que l’ange puissant qui introduit la vision en soit une. Cela d’autant plus que la théophanie la plus courante de l’Ancien testament soit justement celle où l’Eternel se présente sous les traits d’un ange puissant : l’Ange de l’Eternel : Genèse 16,7 ; 22,11 ; Exode 3,2 ; Nomb 22,22… La révélation de Dieu à Israël sous la forme de l’Ange dans les temps de la fin n’est pas surprenante : elle suit la logique qui fut la Sienne tout au long de la Révélation aux pères dans la foi comme aux prophètes.

La position et le comportement de l’ange puissant que voit Jean expriment l’intention qui est à l’origine de son apparition. Le pied droit sur la mer, l’autre sur la terre, l’ange signifie qu’il vient prendre possession de son héritage. Les lieux que foulent le pied sont dans le langage biblique des lieux conquis : Josué 1,3. Dans le psaume 2 déjà, David fait état du décret et de la promesse de Dieu de donner à Son Fils l’héritage des nations : Ps 2,7-8. Ce transfert de propriété du monde de la puissance de Satan à celle du Christ est le but ultime du jugement et du combat final qui, ici, se précise : Apoc 11,15. Le chapitre 10 introduit la confrontation ultime entre le Christ de Dieu et celui du diable, l’Antichrist. Il est, dans ce temps difficile qui se prépare pour Israël, peuple de Dieu, une déclaration forte destinée à soutenir sa foi : les moments les plus terribles viennent, le conflit entre les puissances ennemis va atteindre son paroxysme, mais la victoire finale ne fait pas de doute !

Planté debout sur la mer et sur la terre, l’ange puissant rugit comme le lion, le roi des animaux. Ce rugissement, disent les prophètes, est celui de l’Eternel lorsqu’il sort de sa demeure : Jérémie 25,30 ; Amos 1,2 ; 3,4 : un rugissement qui glace le sang et provoque la frayeur de Ses ennemis . Si la terre ne sait pas encore ce qui va lui arriver, le ciel, lui, ne s’y trompe pas, qui répond au rugissement de l’ange par le fracas de la voix des sept tonnerres : Apoc 4,5. Jean ne reçut pas l’autorisation d’écrire ce que la voix des tonnerres avait dit. Plus tard, le contenu de plusieurs messages, juste avant le déroulement de la dernière phase du jugement, sera révélé : Apoc 14,6 à 13. Ce secret imposé a peut-être pour signification qu’Israël, comme l’Eglise en son temps, devra, en cette période d’angoisse, apprendre à vivre et subsister par la foi. Le peuple de Dieu saura que le Christ, l’Ange de l’Eternel sera vainqueur, mais il ne sait pas de quelle manière, par quelles voies, cette victoire se réalisera.

3. Le message de l’ange :

C’est en jurant par Celui qui vit à jamais et a fait le ciel et la terre que l’ange délivre le message dont il est porteur. Si l’Evangile interdit aux hommes, à cause de l’incapacité de tenir leur parole, de jurer et de prêter serment : Mat 5,33 à 37, la Bible souligne que le serment est le moyen que Dieu utilise pour attester de manière irréfutable Ses engagements : Hébr 6,16-18. Les serments de Dieu jalonnent le parcours de la révélation quant à ce qui a trait à la voie du salut : Genèse 22,16-17 ; Exode 6,8 ; Ps 110,1 ; 132,11. Fort de la réalisation de tous les serments précédents, ce dernier serment fait ici par l’ange a pour but de donner à Israël la certitude dont il a besoin pour soutenir sa foi en la victoire promise de Christ.

Le message principal de l’ange à Son peuple est que, désormais, l’année de la grâce et de la patience de Dieu, inaugurée par la venue de Christ sur terre est close : Luc 4,19. Le jour de la colère et de la vengeance de Dieu est venu : Esaïe 61,2. La patience de Dieu n’avait qu’un but : que les hommes se repentent : 2 Pierre 3,8-9. Ne produisant plus de fruit dans ce sens, elle n’a désormais plus de raison de se poursuivre.

La fin de la patience de Dieu n’est pas seulement la fin de l’ère de la grâce. C’est aussi le temps où le mystère de Dieu s’accomplit. Sous cette appellation, la Bible désigne sept choses :

- le mystère du royaume de Dieu : Marc 4,11

- le mystère du parcours d’Israël : Rom 11,25

- le mystère de l’enlèvement de l’Eglise et de la résurrection des saints : 1 Cor 15,51

- le mystère de l’Eglise : Ephés 3,8 à 11

- le mystère du mal : 2 Thes 2,7

- le mystère de Babylone : Apoc 17,3 à 7

- le mystère de Dieu : Christ : Col 2,2

Contrairement à son usage dans le langage courant, le mystère dans les Ecritures ne signifie pas quelque chose d’inexplicable, mais quelque chose qui n’est connu que par des initiés (Coates). Le mystère de Dieu, Christ, est le mystère :

- dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science : Col 2,3

- qui fut tenu secret pendant des siècles, mais qui est désormais porté à la connaissance de toutes les nations : Rom 16,25-26

- qui est à la raison de la réalité spirituelle à l’origine de la nouvelle humanité qu’est l’Eglise : Ephés 3,1 à 6

- qui constitue l’essence même de la piété chrétienne : 1 Tim 3,16

Le mystère de Dieu, Christ, est le cœur même du projet de Dieu, de Son dessein, de la volonté qui fut la sienne lorsqu’Il créa le monde : Ephés 1,9-10. Malgré tout ce que le diable aura mis en œuvre pour le faire avorter, il est impossible que ce mystère ne se réalise pas !

4. le petit livre que Jean doit manger :

Après avoir écouté la déclaration de l’ange, la même voix qui, du ciel, interdit Jean d’écrire ce qu’il avait entendu de la part des sept tonnerres de Dieu, lui ordonna de prendre le petit livre ouvert qui était dans la main droite de l’ange.

Comme il en fut pour le prophète Ezéchiel en son temps : Ezéchiel 2,8 à 3,3, il est demandé à Jean de ne pas se limiter à proclamer le message qu’il a reçu, mais de l’assimiler de telle manière qu’il soit partie intégrante de sa personne, qu’il ne fasse qu’un avec lui. La demande d’une telle identification entre le message de Dieu et son porteur n’est pas unique, mais récurrente dans l’Ancien Testament : Esaïe 8,1 à 4 ; Ezéchiel 24,15 à 24. Elle trouve son expression la plus forte dans la mort de Jésus, à la foi sacrificateur et sacrifice : Hébr 9,11-12.

Mangeant le livre ouvert qui contenait le message qu’il venait de recevoir, Jean ressentit le double effet qu’il produisait : dans sa bouche, la douceur du miel, dans ses entrailles, le ressenti désagréable de l’amertume. Tel est toujours le double effet que produit dans la vie de celui qui en est le porteur le message de la Parole de Dieu : Ps 119,103 ; Jér 15,16 à 18. S’il réjouit le cœur quand il est reçu, il se traduit rapidement, tant il est douloureux à transmettre, par la souffrance pour celui qui le délivre.

Si Jean a eu l’honneur d’être le serviteur choisi par Dieu pour transmettre le message de l’Apocalypse, soyons certains qu’au-delà de la joie qu’a pu lui procurer la révélation de la victoire de Christ, il a aussi profondément ressenti en lui-même la douleur qui était celle de Dieu lorsqu’Il s’agit pour Lui de juger le monde. car le désir de Dieu est toujours le même : Il ne souhaite pas que le méchant meure, mais qu’il se convertisse et qu’il vive : Ezéchiel 33,11.

Je viens bientôt !

jeudi 17 février 2011

Apocalypse 9 : deux trompettes

Le jugement de la 5ème trompette : v 1 à 12

1. Introduction :

Suite à la 4ème trompette, l’aigle qui était apparu dans le ciel avait prévenu : si les châtiments qui avaient atteint l’humanité jusque là étaient terribles, les trois qui allaient suivre le seraient encore davantage : Apoc 8,13. Les fléaux qui s’étaient abattus jusque là sur la terre avaient touché l’environnement de l’homme, son cadre de vie. Avec la 5ème trompette, ce sont les hommes eux-mêmes qui sont directement atteints dans leurs corps et dans leurs âmes par les souffrances qu’occasionne le mal libéré par le son de la trompette.

Le effets néfastes des forces destructrices et diaboliques, libérées par autorisation divine contre les hommes, suivent le cours et la procédure de l’épreuve que connut Job, exposé à la même source de tourments que le sera l’humanité dans la période décrite ici. Après que le Malin ait reçu l’autorisation par Dieu de détruire l’environnement dans lequel vivait Job, environnement qui était le témoignage de la bénédiction de Dieu et de sa prospérité, ses attaques marquèrent une pause. Le Malin n’a reçu de Dieu que l’autorisation de s’attaquer aux biens de Job, non à sa personne : Job 1,12. Pour franchir cette étape, il lui faut nécessairement son consentement, un nouveau mandat : Job 2,4 à 6. Satan se présente donc de nouveau à Dieu, réclamant l’autorisation d’aller plus loin encore que ce qu’il avait été dans l’affliction qu’il voulait porter à Job. Dieu, voulant donner le preuve de la justesse de la confiance qu’Il a dans la foi et la piété de Job face aux insinuations du Malin, lui donne son consentement tout en lui imposant une nouvelle limite : Job 2,6 : Job souffrira dans son corps, mais ne devra pas mourir.

Le même scénario, pour d’autres raisons, est suivi ici. Les 4 premières trompettes ayant produit leur effet destructeur sur l’environnement, une pause est accordée. Sans doute, Dieu attend-Il et espère-t-Il de la part des hommes, un retour en eux-mêmes, comme le vécut le fils prodigue exposé au malheur et à la famine : cf Luc 15,17 à 19. Si les malheurs qui frappent les hommes sont le signe du jugement de Dieu, c’est, dit Jésus, non la souffrance humaine que Dieu vise à travers eux, mais la repentance : Luc 13,1 à 5. La fin du chapitre 9 nous montre aussi que c’est clairement elle qu’Il vise ici : v 20-21. Ne la voyant pas se produire, Dieu donne l’autorisation à Satan d’aller plus loin. Après avoir abattu ce qui était la source du bonheur et de la prospérité de l’humanité, son cadre de vie, c’est aux hommes, qui ne se sont pas repentis et, par conséquent, qui ne sont pas marqués par le sceau de Dieu, que le Malin va s’attaquer. Comme il en sera pour Job en son temps, leur souffrance sera telle à ce moment-là qu’ils soupireront après la mort. Mais la mort ne viendra pas : v 8.

2. Nature du jugement

Il nous est difficile, à partir du seul récit de la vision de Jean, de nous faire une idée matérielle précise du type de fléau auquel il fait allusion ici. Pour autant, nous ne sommes pas sans indication :

a. le fléau est déclenchée par la chute d’une étoile du ciel sur la terre :

Cette chute peut être celle de l’éviction définitive de Satan de la sphère céleste, éviction qui nous est rapportée en Apoc 12,7 à 9. Déjà au temps où Il était sur terre, Jésus vit, suite à l’envoi en mission des premiers disciples, Satan tomber comme un éclair du ciel sur la terre : Luc 10,18. Sous la figure du roi de Babylone, Esaïe prophétisa en son temps la chute de l’astre brillant, l’adversaire de Dieu orgueilleux et ambitieux : Esaïe 14,12 à 15. La chute de l’étoile décrite ici, plus terrible qu’Absinthe tombée avant elle : Apoc 8,10-11, pourrait bien figurer celle de Satan. On comprend dès lors que, n’ayant plus que la terre comme sphère d’activité, le sort de l’humanité entière s’en trouve gravement affecté.

b. l’étoile possède la clé de l’abîme et l’ouvre

L’abîme est le lieu dans lequel les mauvais esprits craignent par excellence d’être jetés : Luc 8,31. C’est le lieu dans lequel sont tenus enchaînés, dans l’attente de leur jugement, certaines puissances infernales qui ont péché avant la période de Noé : 2 Pierre 2,4 ; Jude 5-6 (allusion est faite ici aux anges qui se sont unis aux femmes et ont donné naissance à une race de géants : Genèse 6,1 à 5). C’est aussi le lieu dans lequel le diable sera jeté pendant 1 000 ans après que son faux christ et le faux prophète qui le servait soient vaincus par le Christ : Apoc 19,20 à 20,3. Le jugement décrit ici consisterait donc en la libération de myriades d’esprits malfaisants qui, autrefois enchaînés dans l’abîme, seraient lâchés pour tourmenter une dernière fois pendant une durée limitée (5 mois), l’humanité.

c. Les esprits lâchés ressemblent à des criquets et leur pouvoir est pareil aux scorpions

Les invasions de criquets (ou sauterelles) sont toujours décrites dans la Bible comme l’un des moyens par lesquels le jugement de Dieu s’opère. Ce fut le cas en Egypte au temps de Moïse : Exode 10,12 à 14, mais aussi plus tard en Israël : 2 Chr 7,13 ; Amos 7,1 ; 1 Rois 8,37 ; Joël 1,4. Ce qui caractérise le fléau que représente cette invasion est à la fois le caractère innombrable des insectes présents dans la nuée : cf Joël 2,25 et l’effet destructeur de leurs passages sur la végétation : Exode 10,15. Pour exemple, l’Afrique du Sud garde depuis 1784 la mémoire du plus gros essaim de sauterelles jamais enregistré. Celui-ci couvrait près de 3 000 km² et engloutissait chaque jour l’équivalent de 600 000 tonnes de nourriture.

Les criquets dont nous parle le chapitre 9 de l’Apocalypse diffèrent des insectes qui portent le même nom sur au moins 3 points :

- le 1er est que leur légion est dirigée par un chef, contrairement à celles des animaux : Prov 30,27 ; Apoc 9,11

- le second est qu’elles ne s’attaquent pas à la végétation, ce que font uniquement les insectes, mais aux hommes : Apoc 9,4-5

- le 3ème est qu’elles sont munies d’une queue et d’un dard par lequel elles occasionnent la souffrance que ressentent ceux qui sont piqués : Apoc 9,10.

Alors que Satan est précipité manu militari du ciel sur terre, nous pouvons penser que la libération des esprits mauvais de l’abîme, dans le but unique de tourmenter les humains, est de les dépersonnaliser au point qu’ils soient tous prêts, l’heure venue, d’accepter sans broncher la domination de l’Antichrist. Tous les tortionnaires et les dictateurs le savent : rien de telle que la souffrance pour affaiblir la résistance intérieure des êtres. Même pécheur, l’être humain est à l’image de Dieu. Il ne renonce à sa liberté que sous la pression de trois éléments : l’amour, la contrainte ou la manipulation. Dans les 3 cas, la souffrance joue un rôle de premier plan :

- parce que Christ a souffert pour lui, le chrétien est prêt à renoncer à sa liberté pour entrer dans la soumission à son Seigneur : Mat 16,24

- parce que la souffrance exercée par la contrainte et la manipulation deviennent intolérables, les victimes des tortionnaires finissent par capituler et se rendre à leur volonté.

Parlant de la souffrance ressentie par les victimes du fléau de la 5ème trompette, Jean nous dit qu’elle est semblable à celle du scorpion. Or, c’est aux esprits malfaisants que Jésus Lui-même identifie dans l’Evangile le scorpion : Luc 10,19. Pour information, bien que n’étant pas toujours mortelle, la piqûre du scorpion est l’une des plus douloureuses que l’on puisse connaître. Mise à part la douleur, elle provoque quantité d’effets indésirables : sueurs, diarrhées, malaises, pieds et mains froides, sensation d’engourdissement au niveau de la zone piquée, nécroses qui peuvent nécessiter une intervention chirurgicale.

d. le nom de leur roi était Abaddon (en hébreu) et Apollyon (en grec : le Destructeur

Le fait que Jean mentionne le nom du roi qui mène les armées infernales libérées de l’abîme dans les deux langues dans lesquelles a été donnée la révélation (la Bible) n’est pas sans importance. Cette mention pourrait indiquer que le fléau frappera, aussi bien parmi les juifs que parmi les non-juifs de l’époque, tous ceux qui ne se seront pas tournés vers Christ, c’est-à-dire qui n’auront pas renoncé à leur liberté pour se soumettre à Sa royauté. Cités ensemble, juifs et grecs dans la Bible sont toujours synonymes de représentation de l’humanité entière : Rom 1,16 ; 2,9-11 ; 1 Cor 1,22 à 24.

Le jugement de la 6ème trompette : v 13 à 19

C’est de l’autel d’or qui est devant Dieu, dans le tabernacle céleste, que Jean entend la voix qui ordonne la mise en oeuvre du fléau de la 6ème trompette.

Contrairement à l’autel d’airain des holocaustes, qui était dans le parvis du tabernacle, l’autel d’or était situé à l’intérieur de celui-ci : Exode 40,5.26. Si l’autel d’airain servait au sacrifice, le sang ne coulait jamais sur l’autel d’or. L’autel d’or était le lieu d’où s’élevait l’encens, symbole des prières des saints : Apoc 8,3. Comme il en fut pour l’ouverture du 7ème sceau, on peut penser que le malheur de la 6ème trompette est directement lié à la vengeance de Dieu en réponse à la prière de tous les martyrs de la foi Lui demandant de faire justice : Apoc 6,10.

Alors que ce n’était pas le cas jusqu’à présent, Jean situe de manière précise l’origine géographique du nouveau malheur qui vient : l’Orient. Quatre anges, liés sur le grand fleuve, l’Euphrate (2 780 kms), sont déliés pour permettre à une armée de 2 millions de cavaliers de déferler pour tuer le tiers de l’humanité.

En tant que fleuve, ce n’est pas la 1ère fois que l’Euphrate est mentionné dans la Bible comme une frontière séparant différents mondes :

- Gen 2,14 : dès sa mention dans la genèse, l’Euphrate sépare le jardin d’Eden du reste du monde

- Gen 15,18 ; Deut 11,24 ; Josué 1,4 : il sépare le pays promis par Dieu aux juifs, Israël, des nations païennes

- Apoc 16,12 : il est la barrière naturelle qui sépare les peuples d’Orient (Iran, Irak et, plus loin, Inde et Chine…) de ceux de l’Occident (Europe, Israël, Etats-Unis…)

Considérant ce repère géographique donné par Jean, on peut donc penser que le fléau de la 6ème trompette décrit une sorte de guerre, venant de l’Orient, coalisant 4 puissances spirituelles antichrétiennes (les 4 anges : islam, hindouisme, communisme, confucianisme ?) contre l’Occident, empreint des anciennes valeurs du christianisme. guerre qui verra la mort d’un tiers des habitants de la terre : un choc des civilisations que beaucoup prédisent, à court ou long terme, comme inéluctable (Samuel P. Huntington : le choc des civilisations : Odile Jacob). A l’instar de Pilate et Hérode, devenus soudainement amis dans leur opposition à Jésus : Luc 23,12, les forces fondamentalement contraires au christianisme s’entendront et se coaliseront pour rayer de la carte la civilisation qui en porte le plus la marque. Il est sans nul doute du juste jugement de Dieu de châtier en premier les peuples qui, les premiers, ont reçu l’Evangile et ne l’ont pas gardé par ceux qui, longtemps, ont été privés de sa lumière : cf 1 Pier 4,17; Esaïe 2,6 à 10

Comme il en est pour le fléau précédent, la description des armées venant de l’Orient ne laisse planer aucun doute sur l’origine diabolique de l’attaque. On y retrouve le double caractère du diable, le lion et le serpent : v 17 à 19, et le but qui est le sien pour tous les hommes : le meurtre : Jean 8,44. Que seront ses armées ? Vu la précision géographique de leur origine, on peut penser que la vision de Jean se rapporte ici à des réalités d’ordre militaire ! Le physicien Bernhard Philbert y voit pour sa part la description possible de blindés qui, au niveau de la connaissance qu’avait Jean, ne pouvaient être mieux dépeints qu’il ne l’a fait.

Le grand message que nous communique le chapitre 9 sur les deux premiers malheurs est qu’il viendra un temps où, pour juger la terre, Dieu libérera des forces spirituelles de destruction inconnues jusqu’aujourd’hui. Christ, nous rappelle l’Ecriture est Celui qui soutient toutes choses par Sa parole puissante : Hébr 1,3. Il est aussi, comme il nous l’est montré avec Job, Celui qui retient le Malin et lui permet aussi d’agir dans les limites qu’Il lui fixe !

Réactions des hommes après le passage des deux premiers malheurs : v 20-21

Malgré les souffrances et l’hécatombe conséquentes au passage des deux premiers malheurs, Jean ne discerne aucun changement d’attitude, aucun mouvement de repentance dans le cœur de ceux qui subsistent. Les hommes continuent à s’adonner à l’idolâtrie et l’occultisme. Ils ne changent rien à leurs pratiques, ou leurs comportements immoraux et impies. Comment dès lors, le processus du jugement entamé pourrait-il s’arrêter ?

Je viens bientôt !

vendredi 21 janvier 2011

Apocalypse 8 : 4 trompettes

1. Ouverture du 7ème sceau :

Contrairement à ceux qui le précédaient, le jugement du 7ème sceau se présente, pourrait-on dire, comme un jugement gigogne, un jugement qui renferme en son sein 7 autres qui se déclenchent au son de sept trompettes. Cette présentation des choses par Jean pourrait avoir une explication. Elle indiquerait une accélération du temps et un raccourcissement notoire de délai entre les fléaux qui frappent la terre. Les sept fléaux que libère l’ouverture du 7ème sceau s’accompliraient dans le temps d’un sceau. Plus l’humanité rebelle s’enfonce dans la révolte contre Dieu, plus elle s’expose à l’époque du jugement, à une cadence accélérée de fléaux successifs qui la frappent. Tel un corps sans force entraîné contre lui-même en son centre par un tourbillon de plus en plus rapide, l’humanité est soumise à un rythme de malheurs toujours plus intense sur lequel elle n’a plus aucun contrôle. N’est-ce pas d’ailleurs ce que nous constatons déjà dans notre monde ?

Le 7ème sceau ouvert, un temps préparatoire inaugure l’ouverture de la 2ème série de fléaux introduits par le son des trompettes. Ce temps préparatoire est construit autour de plusieurs éléments :

- un silence total dans le ciel que Jean évalue à une demi-heure environ : v 1. Si la parole peut parfois être effrayante, combien peut aussi l’être le silence. Plus que l’absence de bruit, le silence est dans la Bible une invitation à la réflexion, au recueillement, à la méditation pour considérer de manière profonde le bien-fondé, le poids, la valeur et la signification de nos actes : ex : Gen 24,21.

Le silence est souvent aussi un ordre que Dieu donna à Son peuple avant de grandes batailles : Exode 14,14 (avant le passage de la Mer rouge), Sophonie 1,7, Zacharie 2,17. Il indique que, s’il se passe au niveau des hommes, le combat qui va avoir lieu est d’abord et avant tout l’affaire de Dieu : Josué 6,10. Le silence que Dieu impose est enfin une invitation à L’écouter : Habacuc 2,20 ; Esaïe 41,1 ; Ps 4,4. Après la série de fléaux dont l’humanité a été l’objet au travers de l’ouverture des six sceaux, la question se pose : a-t-elle appris quelque chose ? Est-elle, comme le fils prodigue, rentrée en elle-même pour se repentir et revenir à Dieu ? L’ouverture du 7ème sceau témoigne malheureusement qu’il n’en est rien !

- le don des sept trompettes donnés aux sept anges : v 2.

Comme le silence, le choix de la trompette comme instrument du signal de l’opération des jugements de Dieu n’est pas le fait du hasard. Le son de la trompette est le signal du déclenchement de la bataille et des hostilités : Josué 6,16-21 ; Juges 7,18 ; Sophonie 1,14.16. Le fait que ce soit des trompettes, et non autre chose, qui soient données aux anges, témoigne que l’heure du grand combat de Dieu contre le péché et les forces du mal qui dominent le monde a sonné !

- l’offrande par l’ange dans un encensoir d’or des prières des saints : v 3 à 5

La dernière fois qu’il était fait mention de la prière des saints dans l’apocalypse, c’était lors de l’ouverture du 5ème sceau : 6,9 à 11. A cette occasion, les martyrs criaient à Dieu pour Lui demander jusqu’à quand allait durer Sa patience avant qu’Il ne tire vengeance du sang qu’ils ont versé par fidélité à Lui dans ce monde. Il leur fut répondu qu’ils se tiennent quelque temps en repos encore, avant que la colère ne frappe.

La présentation de la prière des saints avant que ne sonne la première trompette témoigne du fait que les fléaux qui vont venir sont l’expression de la vengeance de Dieu contre les crimes restés impunis commis contre Son peuple. Le temps est venu où, mettant d’abord Son peuple à l’abri, Dieu sort de Sa demeure pour faire payer aux habitants de la terre le prix de leurs crimes contre tous les justes : Esaïe 26,20-21 ; cf Mat 23,34 à 36.

- le mélange par l’ange des prières des saints avec le feu de l’autel : v 5.

Ce n’est pas la 1ère fois qu’il est fait référence à l’autel dans l’Apocalypse. A l’ouverture du 5ème sceau, c’est sous l’autel que Jean avait vu les âmes des martyrs faire appel à la vengeance divine : Apoc 6,9. Dans sa vision du ciel et du trône de Dieu, Esaïe avait vu l’ange prendre avec des pincettes une braise qui était sur l’autel pour le purifier de son péché et le rendre apte au ministère que Dieu voulait lui confier : Esaïe 6,6. Le feu sur l’autel a valeur de purification. C’est là que, selon l’auteur de l’épître aux hébreux, le Christ s’est rendu directement après Sa mort pour présenter à Dieu l’offrande Sa vie en guise de purification du péché de l’humanité : Hébr 9,23 à 26.

Mêlé aux prières des martyrs qui, par la réponse de l’amour, ont amassé des charbons ardents sur la tête de leurs persécuteurs : Rom 12,17 à 21, le feu jeté sur la terre à partir de l’autel parle du fait que l’heure du jugement et de la purification du péché est venue : cf Apoc 14,8 ; 16,7. Cette heure, Jérusalem l’a connue en son temps : Ezéchiel 10,2, mais c’est ici toute la terre qui est concernée !

- les conséquences premières et effrayantes du jet du feu de l’autel sur la terre : v 5 : il y eut des tonnerres, des voix, des éclairs et un tremblement de terre ! Un effet qui nous rappelle ce que vécut Moïse au moment du don de la loi sur le Sinaï. Exode 20,19. La vision était alors si effrayante que le peuple entier, se tenant pourtant à bonne distance, supplia Moïse de servir d’intermédiaire entre Dieu et Lui, la peur que lui inspirait le simple fait d’entendre Sa voix le terrorisant : Héb 12,18 à 21. La présence de ces mêmes éléments, au moment où les trompettes donnant le signal de la bataille s’apprêtent à retentir, témoigne du fait que, ayant refusé le la grâce qu’Il leur a offert au temps de Sa patience, c’est au Dieu de la loi et de la justice que les hommes devront désormais rendre compte : cf Apoc 4,5.

2. Les quatre premières trompettes : v 6 à 13

L’étape préliminaire de la série de nouveaux fléaux achevée, l’heure est venue pour les sept anges ayant reçu les sept trompettes de donner le signal par lequel allait se déclencher les hostilités. L’un suite à l’autre, les quatre premiers anges embouchèrent leurs trompettes :

1ère trompette : grêle, feu et sang : v 7

Le fléau de la première trompette nous rappelle une des plaies qui frappa l’Egypte au temps de Moïse : Exode 9,23-24. Le fléau fait référence soit à un phénomène « naturel » d’une ampleur inégalée, soit, pour certains, à une catastrophe due à des explosifs nucléaires (Livre : Guerre atomique et prophétie biblique : Bernhardt Philbert : page 82). Le livre de Job nous rappelle qu’il existe dans la stratosphère d’immenses dépôts de grêle réservés par Dieu pour les jours de guerre et de bataille : Job 38,22-23. Le fait que Dieu utilise la grêle dans les combats qu’Il mène pour la défense de Sa cause et de Son Nom n’est pas nouveau. Mise à part l’Egypte, Dieu récidivera au temps de Josué : Josué 10,11, puis plus tard dans l’Apocalypse : Apoc 16,21. Feu, grêle et sang font partie des éléments que les prophètes désignent comme des exécutants de Ses jugements : Ps 18,12-13 ; 148,8 ; Esaïe 30,30 ; Ezéch 13,13 ; Joël 3,3-4.

Les conséquences du premier fléau sont dramatiques en terme d’impact et de destruction. Du quart de la terre touchée par les plaies des trois premiers sceaux réunis dans le 4ème : Apoc 6,8, on passe ici au tiers en un seul fléau.

2ème trompette : une montagne embrasée dans la mer : v 8 et 9

Après la terre, c’est à la mer que s’en prend le fléau suivant. Si Jean pouvait décrire la grêle du précédent fléau, c’est à une comparaison qu’il fait appel ici pour nous dire ce qu’il voit.

Plusieurs explications possibles ont été données au phénomène :

- la chute d’un astéroïde géant

- l’éruption gigantesque d’un volcan

- ou l’explosion d’une bombe thermonucléaire provoquant dans la mer une onde de choc détruisant tout sur son passage (Bernhardt Philbert : page 84)

Le fléau de la seconde trompette a, pour les créatures qui vivent dans ou sur la mer, un impact similaire à celui de la première. Quand on connaît la proportion qu’occupe les océans sur la planète, le second fléau en terme de puissance dépasse le premier. Notons que le changement de la mer en sang faisait aussi partie des fléaux qui ont frappé l’Egypte au temps de Moïse : Exode 7,20.

me trompette : une étoile nommée Absinthe empoisonnant les sources d’eaux : v 10 et 11.

Venant toujours du ciel, cette étoile qui tombe et contamine les sources d’eaux pourrait être identifiée à l’explosion d’un satellite artificiel. « La chute d’un satellite artificiel de quelques tonnes ferait apparaître de façon spectaculaire une énorme étoile chauffée à blanc, accompagnée de fumées flamboyantes : B. Philbert : page 85. »Porteur d’une arme chimique toxique, l’explosion d’un tel engin « permettrait de contaminer mortellement des contrées entières surtout par le fait que, par l’intermédiaire des pluies, ces poisons radioactifs pénètrent dans les cours d’eau : B Philbert, page 86.

4ème trompette : les luminaires perdant un tiers de leur clarté : v 12

Jean ne nous dit pas ici de quoi provient exactement la perte de clarté des astres ayant été créé par Dieu pour éclairer la terre : Genèse 1,16-17. Les étoiles étant très éloignées du soleil et de la lune, l’explication la plus probable est qu’un voile épais dû à une pollution quelconque se répandant dans l’atmosphère, obscurcisse la luminosité des astres sur toute la terre (les explosions volcaniques récentes témoignent de la possibilité d’un tel phénomène).

Notons qu’avec les quatre premières trompettes, ce sont les éléments disposés par Dieu lors des 4 premiers jours de la créations qui sont atteints : terre, mer, arbres, herbes, astres… Avant d’atteindre les hommes eux-mêmes directement, le jugement atteint le cadre dans lequel ils évoluent (comme il en fut aussi en Egypte).

3. Une pause avant les trois prochaines trompettes : v 13

Alors que c’est par le silence que introduisit la nouvelle série de fléaux qui allaient frapper la terre, c’est ici par un avertissement oral surnaturel que les trois prochains fléaux sont annoncés. Nous ne savons si les habitants de la terre l’entendent, mais nous pouvons penser que ce temps de pause est une fois de plus donné pour les faire réfléchir.

Je viens bientôt !

vendredi 19 novembre 2010

Apocalypse 7 : visions célestes

1. Un temps de pause :

Comme ce fut le cas aux chapitre 4 et 5, après que le Seigneur ait ordonné à l’apôtre Jean de s’adresser aux sept églises et avant qu’Il commence à ouvrir les six premiers sceaux du jugement, le chapitre 7 ouvre un temps de pause au cours duquel nous quittons la terre pour nous retrouver transportés dans des visions célestes qui ont pour objet le peuple de Dieu.

Impressionnés par la description des fléaux qui s’abattent sur le monde en guise de jugement, nous pouvons vite nous laisser à penser que celui-ci occupe le thème et l’objet principal de la Révélation. C’est en oublier une autre réalité, celle-ci beaucoup plus positive que la première ! Car si le jugement est nécessaire, comme processus permettant l’instauration du royaume de Dieu, le but ultime poursuivi dans la révélation que donne l’Apocalypse n’est pas le jugement, mais la rédemption, non la destruction du premier ciel et de la première terre contaminés par le péché, mais l’établissement final du tabernacle de Dieu au milieu de Son peuple : Apoc 21,1 à 4.

Deux lignes parallèles courent simultanément tout au long de la révélation jusqu’à leur séparation totale et définitive. La 1ère ligne fait état de la situation du monde, cette partie de l’humanité rebelle qui reste séparée de Dieu. On y voit la trace de plus en plus marquée de la révolte des hommes contre Dieu, révolte qui atteint son point d’orgue dans l’admiration de la bête par la terre entière et sa soumission à son autorité : Apoc 13,4. C’est une ligne marquée par le malheur et la manifestation de plus en plus sévère de la colère de Dieu. La seconde ligne, celle qui nous intéresse le plus, fait état de la situation du peuple de Dieu, plongé certes ici-bas dans la souffrance et la tribulation, mais consolé, restauré, guéri plus finalement glorifié dans la présence de Dieu, et avec Lui. L’alternance de visions à laquelle nous sommes exposés dans le livre poursuit donc un double objet : celui de nous rendre compte de ce que vivent simultanément perdus et élus dans ce temps où se produira pour chacun le grand dénouement

Après la vision des 6 premiers sceaux du jugement : Ch 6, et avant l’ouverture du 7ème : Ch 8, une pause est ordonnée par Dieu pour que, avant que les quatre vents de la destruction s’abattent sur la terre : cf Dan 7,2, une opération spirituelle de marquage et d’identification des élus parmi le peuple juif s’opère.

2. 1ère vision : les 144 000 juifs marqués du sceau de Dieu :

Après l’Eglise, les nations, les éléments cosmiques, c’est vers Israël que, dans la révélation qu’il a reçue, Jean nous amène à porter nos regards. Car Israël, malgré sa désobéissance à Dieu qui a atteint son point maximal dans le rejet du Christ, reste, à cause de l’appel dont il a été l’objet et la fidélité de Dieu, l’objet de Sa grâce et de Son élection. L’apôtre Paul, apôtre des païens, est totalement clair à ce sujet :

a. Il n’a jamais été dans la pensée de Dieu de rejeter de manière définitive Israël : Rom 11,1. Ceux qui, dans la chrétienté, ont pu croire qu’Israël était, depuis la mort de Christ, totalement évincé du plan de Dieu, ont tort (l’Eglise catholique et luthérienne, les témoins de Jéhovah, par exemple…)

b. La preuve en est que Paul, chrétien, est d’origine juive : Rom 11,1-2 et que, si l’Eglise englobe des croyants de toutes les nations, sa racine est juive : Rom 11,17-18

c. Israël se trouve pour l’heure dans une situation paradoxale : à cause de ses pères, il reste aimé de Dieu ; à cause de son rejet du Christ, il est son ennemi : Rom 11,28

d. Cette situation paradoxale, qui a fait les beaux jours de l’Eglise, est provisoire. Vient le temps où l’inimitié qui sépare Dieu d’Israël sera, après que le temps où la grâce de Dieu est offerte aux nations, levée : Rom 11,25 à 27

e. Objet de la bénédiction renouvelée de Dieu, Israël sera alors ce qu’elle aurait toujours dû être dès son origine : la source de bénédiction divine première du monde : Genèse 12,1 à 3 ; Rom 11,15

f. Tout cela ne sera dû qu’à une seule cause : les dons et le caractère irrévocable de la grâce de Dieu : Rom 11,29 à 32

Ce sont les prémices de ce mouvement de réintégration d’Israël comme acteur et porteur de la bénédiction de Dieu et du témoignage de Christ qui nous sont relatés ici. L’Eglise de Jésus-Christ n’étant plus de ce monde, le relais est passé à Israël pour que, au temps du jugement et de l’apostasie la plus totale, le témoignage de Dieu et de Jésus continue à se faire entendre au monde.

Qui sont les 144000 juifs marqués ici sur le front du sceau de Dieu ? Beaucoup d’encre ayant coulé pour essayer de décrypter leur identité, et savoir si, oui ou non, il fallait interpréter de manière littérale la vision de Jean, nous n’allons pas y ajouter, mais nous contenter de relever les détails donnés par l’apôtre à leur sujet :

a. ils sont les représentants à parts égales des douze tribus d’Israël : Apoc 7,5 à 8. Au vu du soin du détail que montre Jean dans l’énumération des tribus, il n’y a, à priori, aucune raison de penser qu’il ne faille pas prendre ici le nombre indiqué à la lettre. Il n’est pas dans l’habitude de la Parole de Dieu de citer des nombres pour indiquer des sommes de manière figurative : ex : Nomb 31,3-6 ; 1 Rois 19,18 ; Actes 2,41

Notons que, de la liste passée, deux noms de tribus ne sont pas mentionnées : Ephraïm, représentée par Joseph, et Dan. Certains commentateurs pensent que cette omission est en lien avec l’entrée de l’idolâtrie en Israël sous le règne de Jéroboam : 1 Rois 12,28 à 30. L’absence du nom des deux tribus fautives à l’époque signifierait que c’est à un nouvel Israël, purifié de toute idolâtrie, que nous aurions à faire dans ces derniers temps.

b. Ils sont marqués au front du sceau de Dieu, sans doute le sceau de l’Esprit : Ephés 1,13 ; 2 Cor 1,22, marque de propriété avant que ne vienne le moment où la bête impose la sienne sur le monde : Apoc 13,16-17, et preuve de leur appartenance à la famille de Dieu en tant que fils : Jean 6,27. Ils formeront sur terre la force humaine de résistance divine à la puissance de l’antichrist.

c. Ils sont l’élite spirituelle du Christ, des hommes habités par un esprit de pureté et de vérité irréprochable : Apoc 14,4, des disciples accomplis et parfaits.

Alors que, du temps de son incarnation, le Christ était accompagné de douze disciples faibles, pécheurs, sujets à l’erreur et à l’ignorance, pris parmi Son peuple, ils seront ici douze mille de chaque tribu, remplis de Son Esprit et de Sa force pour célébrer Ses louanges et annoncer Ses vertus : 1 Pierre 2,9 !

3. 2ème vision : la foule innombrable rassemblée devant le trône : v 9 à 17

Après la description de l’élite juive du Christ, la 2ème vision nous ramène au trône de Dieu devant lequel se trouve rassemblée une foule de rachetés issus de tous les peuples et toutes les nations du monde. Qui sont-ils ? Un des anciens qui posa la question à Jean fournira lui-même la réponse : ce sont, dit-il, tous les martyrs qui seront mis à mort au moment de la grande détresse (ou tribulation).

Les deux visions successives que reçut Jean ici sont complémentaires. Alors que l’Antichrist sévira, il arrivera que, sous l’impact du témoignage et de la prédication des 144 000, des millions de personnes dans le monde se convertiront. Certes, elles ne jouiront pas longtemps de la liberté de culte et de foi dont nous jouissons encore aujourd’hui dans certains pays du monde. Très vite, elles seront arrêtées, jugées et exécutées, quand elles ne tomberont pas sans jugement sous les coups de la police de l’antichrist.

Alors que nous avons tant de mal à gagner une seule âme à Christ parfois, l’impact de l’Evangile sera alors sans précédent. Il en sera de la puissance de la Parole de Dieu comme il en fut de Jonas, le prophète juif vu par le Christ comme un signe : Mat 12,39, en son temps. Tant que Jonas fut dans la désobéissance, le témoignage qu’il rendit à Dieu, contre son gré, ne porta que peu de fruits : quelques marins seulement furent convaincus et crurent : Jonas 1,16. Cette période de la vie du prophète correspond à l’état d’Israël aujourd’hui. Tout autre en sera-t-il au moment où le prophète, en réponse à l’appel de Dieu, se mettra à obéir : des milliers de Ninivites repentants échapperont alors au jugement imminent qui allait fondre sur eux : Jonas 3. C’est l’image de ce qui se produira au moment où l’élite d’Israël se mettra à appeler les hommes du monde entier à la repentance et à la foi en Christ avant le jour de la colère !

Ce temps sera alors le temps de la moisson de tout le peuple de Dieu, temps où la semence jetée en terre par l’Eglise et restée enfouie lèvera soudain au grand étonnement du monde, temps où l’arbre de Dieu, racine et branches, portera son fruit : cf Rom 11,15-16. Que cette vision prophétique certaine nous motive aujourd’hui, sans en voir encore les fruits, à aller de l’avant, fidèle à l’appel reçu de Dieu.

Plusieurs éléments, relevés par Jean, caractérisent l’état et l’activité des martyrs issus de la grande détresse :

a. Ils constituent une foule innombrable venue de tous les peuples et de toutes les nations. Enfin, après tous les efforts missionnaires, l’objectif fixé par le Christ aux disciples, avant Son départ, est atteint : Matthieu 28,19-20. Notons que si l’Eglise a reçu ce mandat du Christ, Israël, d’une certaine manière, l’a reçu le premier par Abraham : Genèse 12,1 à 3. Parce que tel est le cas, il est dans la logique de Dieu que ce soit aussi lui qui l’accomplisse en dernier.

b. Ils se tiennent immédiatement devant le trône et l’Agneau sans crainte et sans devoir passer par le jugement. Ils sont au bénéfice complet du salut apporté par Christ : Jean 5,24.

c. Ils sont revêtus de robes blanches, non en vertu de leur propre qualités, mais à cause de l’effet purificateur du sang de l’Agneau : v 14. Rappelons-nous que, bien que correspondant au prix le plus élevé de la fidélité, être un martyr du Christ ne confère aucune vertu salvatrice. Si les martyrs sont revêtus de robes blanches, cette pureté leur vient de Lui seul et de personne d’autre !

d. Ils ont des branches de palmiers à la main, symbole de victoire et de paix : Lévitique 23,40

e. Ils célèbrent Dieu et l’Agneau pour le salut dont ils ont été l’objet : v 10, et Lui rendent un culte continuel : v 15

f. Ils sont l’objet pour toujours de la protection, des soins et de la consolation que leur donne l’Agneau : v 16 et 17. Il n’est agréable pour personne de passer par le martyr, mais une meilleure résurrection en est l’issue : Hébreux 11,35.

Que notre louange se joigne à celle des anges, des anciens et tous les êtres vivants qui sont dans le ciel pour Dieu et pour l’Agneau !

Je viens bientôt !

vendredi 15 octobre 2010

Apocalypse 6 : ouverture des 6 premiers sceaux

1. Introduction :

Le trône de Dieu dressé pour le jugement, l’Agneau, à qui le Père a remis, à cause de Son humanité, le pouvoir de juger : Jean 5,27, prit le livre sur lequel était écrit des lamentations, des plaintes et des gémissements : Ezéchiel 2,9-10 pour en ouvrir les sceaux !

2. Le 1er sceau : le cheval blanc : v 1 et 2

A la question posée par Ses disciples sur les signes leur permettant de reconnaître le temps de Son avènement, la 1ère réponse que Jésus fera est : « Prenez garde que personne ne vous séduise ou ne vous égare : Mat 24,4 ; Luc 21,8. Ne s’arrêtant pas là, Jésus poursuit en décrivant en quoi résidera ce risque d’égarement et de séduction : Beaucoup se serviront de mon nom en disant : C’est moi qui suis le Christ ! : Mat 24,5 ; Luc 21,8.

La séduction spirituelle à grande échelle sera, de la part de l’Agneau, le premier moyen par lequel Il opérera le jugement du monde. Ce moyen de jugement est, selon les propos mêmes de Jésus, conforme à la justice : puisque le monde n’a pas voulu de Lui comme Messie, il se condamne à se laisser séduire par tout autre qui prétendra l’être : Jean 5,43. L’apôtre Paul le rappelle : l’égarement n’est pas le fait du hasard, mais la conséquence inévitable de l’absence dans le cœur de l’amour de la vérité : 2 Thes 2,9-10.

La séduction sera d’autant plus efficace que, en apparence, le cavalier monté sur le cheval blanc ressemblera trait pour trait à Christ lui-même : Apoc 19,11. Cela à tel point que certains commentateurs de l’Apocalypse ont pensé qu’il s’agit ici de Jésus lui-même. Nous croyons plutôt qu’après avoir été séduit et trompé par Sa caricature, c’est au vrai Christ que, à la fin de son histoire, le monde aura à faire. Cette ressemblance trompeuse ne doit pas nous étonner. Toute l’Ecriture est unanime ( et nous le verrons quand nous étudierons plus tard la personnalité de la bête) pour nous avertir du pouvoir d’imitation incroyable dont le diable peut faire preuve pour séduire les hommes : 2 Cor 11,13 à 15 ; Apoc 13,11.

Les intentions du cavalier montant le cheval blanc nous sont ici clairement révélées : c’est non en subordonné, ni en vue d’être l’un de ceux qui partagent le pouvoir avec d’autres qu’il s’élance, mais bel et bien pour conquérir toute la terre : ce que n’a jamais pu accomplir aucun homme avant lui. Le cavalier du cheval blanc va obtenir du diable ce qu’il a tenté d’offrir à Jésus au début de Son ministère : Luc 4,5-6.

Le fait que le cavalier jugé sur le cheval blanc précède les autres ne doit pas nous étonner. Toute conquête de grande envergure sur le monde repose d’abord sur la formulation d’une doctrine ou d’une idéologie. Chaque conquérant ou prétendant au pouvoir universel avait son livre qui était comme sa Bible, la parole qui devait être crue et suivie : Hitler – Mein Kampf ; Mao et son petit livre rouge ; Karl Marx et le Capital ; Mahomet et le Coran… La première réussite de ce cavalier sera de gagner le monde à une pensée à laquelle l’humanité adhérera de manière globale. Pas étonnant qu’il apparaisse aux yeux de tous comme le Messie.

L’instrument par lequel le cavalier chevauchant le cheval blanc opère est l’arc. Paul, déjà, avertit les chrétiens de se méfier des traits enflammés du Malin : Ephés 6,16. Arme des combattants, l’arc est souvent identifié comme celle qu’emploie les méchants, tapis dans l’ombre, pour faire chuter les justes ou les faibles : Psaume 37,14. Attention donc au slogans et aux paroles que nous entendons. L’utilisation du nom de Jésus et du mot évangile ne sont pas une garantie que l’Esprit de Dieu est là et que ceux qui se servent de ces mots sont de véritables disciples du Christ-Jésus : 2 Cor 11,3-4. En faux christ, le cavalier montant le cheval blanc sera peut-être, à l’instar de Satan lui-même, un expert dans la citation de versets bibliques : Luc 4,10-11.

3. Le 2ème sceau : le cheval roux (ou rouge) : v 3 et 4

Au jour de l’introduction de Son Fils dans le monde, Dieu tint, par l’intermédiaire des anges à délivrer un message de paix aux habitants de la terre : « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et, sur la terre, paix parmi les humains en qui il prend plaisir : Luc 2,14. » Le cavalier à la monture blanche introduit dans l’histoire, c’est un cavalier faisant équipage avec un cheval roux qui, immédiatement, le suit, avec un but et une mission : ôter la paix de la terre et travailler à ce que les hommes s’entre-tuent (le roux symbolisant la couleur du sang).

Notons que l’ordre d’arrivée des cavaliers de l’apocalypse suit exactement la liste des signes données par Jésus : après la séduction, la guerre : Mat 24,7-8. Un lien de cause à effet évident lie l’irruption du cavalier au cheval blanc sur la scène de l’histoire avec, à sa suite, le cavalier au cheval roux.

Se présentant comme le Messie revenu, il n’est pas impossible que pour asseoir et imposer son autorité sur le monde, le cavalier au cheval blanc se lance, comme cela s’est déjà fait dans l’islam ou au temps des croisades, dans des guerres dites « justes ». Or, ce concept de guerre juste, d’autant plus si elle est entreprise au nom du Christ est totalement étranger et incompatible avec la pensée de Jésus et des Evangiles : Mat 26,51 à 54 ; Jean 19,36. La guerre juste présuppose, pour être justifiable, un axe du mal qui sépare d’une manière catégorique les bons des méchants (rhétorique employée par Georges Busch pour justifier sa guerre menée en Irak). Or, cette vision de l’humanité va à l’encontre de celle que nous présente la Bible comme étant la vision de Dieu : Rom 3,9 à 18.

Penseur protestant, c’est au Coran que Jacques Ellul fait remonter, dans son livre « la subversion du christianisme », la paternité de la notion de guerre sainte. « Jusqu’à l’arrivée de l’Islam, dit-il, la guerre est mal tolérée par les chrétiens. Elle reste, quoique menée par un empereur chrétien, douteuse et mal jugée. Mais la guerre est inhérente à l’Islam. Elle est inscrite dans sa doctrine, elle est tantôt un fait de civilisation, tantôt un fait religieux, mais ne peux pas en être séparée… Dans l’Islam, la guerre est toujours juste et constitue un devoir sacré. Elle est un devoir de tout musulman. Il faut que l’Islam devienne l’Universel. il faut étendre la vraie foi à tous les peuples en les contraignant par tous les moyens, et forcément la guerre. »

Nous ne pouvons pas dire avec certitude que le cavalier blanc sera musulman. Mais ce qui est sûr est qu’il saura trouver dans la doctrine qui lui servira de support, la justification théologique dont il a besoin pour, au nom de Dieu, utiliser la guerre pour imposer au monde entier son autorité et sa pensée.

4. Le 3ème sceau : le cheval noir : v 5 et 6

Comme l’histoire le montre toujours, la guerre ne vient jamais seul. Elle entraîne inévitablement dans son sillage la famine. Le cavalier au cheval noir tenant sa balance pour peser la minime quantité de céréales que l’ouvrier moyen pourra se procurer, symbolise la situation désespérée du monde après le passage des deux premiers cavaliers. Comme les autres, le cavalier au cheval noir se positionne exactement là où Jésus le situe dans l’ordre des signes précédant Son retour : Mat 24,7. Comme le rouge symbolise le sang, la couleur noire est, dans le langage biblique, celle qui caractérise la famine : Lam 4,8-9.

Au temps de l’apôtre Jean, le denier représentait le salaire d’une journée de travail et permettait l’achat de huit meures de farine ou de 24 mesures d’orge. Lorsqu’après la guerre, la famine universelle surviendra, le rationnement n’accordera à l’individu que le 8ème de la portion habituelle.

Si tous les peuples seront affectés par la famine, la mention de l’épargne de l’huile et du vin, produits de luxe, pourraient signifier que, comme c’est souvent le cas, ce seront les pays les plus pauvres qui seront les plus affectés par le fléau.

5. Le 4ème sceau : le cheval verdâtre : v 7 et 8

En queue d’équipage des trois premiers cavaliers, Jean voit surgir un dernier cheval de couleur verdâtre (grec : chloros), monté par le seul cavalier dont le nom nous soit donné : la Mort.

La mort, dit l’apôtre Paul, est toujours le salaire du péché : Rom 6,23. Suite à la libération des trois premiers cavaliers introduisant, en guise de jugement, le mensonge, la guerre et la famine, le résultat ne peut être pour le monde qu’une mortalité à grande échelle. Il n’est donc pas étonnant de voir le 4ème cavalier équipé des pouvoirs de ceux qui l’ont précédé : épée et famine. Le 4ème cavalier est en quelque sorte le Moissonneur, celui qui, monté sur son cheval, ramasse les âmes et les corps de tous ceux que les précédents cavaliers ont tué pour remplir le séjour des morts : Esaïe 5,14-15.

A l’épée et la famine, Jean ajoute à la Mort le pouvoir de la peste et des bêtes sauvages de la terre. Outre la mortalité directe occasionnée par l’épée et la famine, chaque guerre apporte son lot inévitable de maladies et d’épidémies. Pour mémoire, souvenons-nous que la grippe espagnole, il y a un siècle, a fait plus de victimes que la guerre elle-même : 1 milliard de personnes malades et 50 à 100 millions de morts. L’épée, la famine, la peste et les bêtes féroces de la terre sont, selon Ezéchiel, les 4 châtiments terribles de la colère de Dieu par lesquels Il exerce Sa vengeance contre les hommes rebelles : Ezéchiel 14,21, des châtiments qui, dans la loi déjà, sont l’expression de Sa malédiction : Deut 32,23-25 ; Lév 26,14 à 26. S’ils s’appliquaient aujourd’hui, ils rayeraient, selon la prophétie de Jean, environ 1,7 milliard d’habitants de la carte du monde.

6. Le 5ème sceau : les martyrs de la foi : v 9 à 11

En accord avec les signes donné par Jésus : Mat 24,9.10.13, le 5ème sceau nous projette, non plus dans l’arène du monde, mais dans ce que vivent les témoins du Christ en cette période troublée de l’histoire. S’il y eut de tout temps des persécutions contre les disciples du Christ, la période finale de l’histoire verra, sous l’impulsion de l’Antichrist, une augmentation incroyable du nombre de martyrs de la foi. L’époque des jugements qui s’abattront sur le monde sera, pour les croyants présents, celle de la grande tribulation pendant laquelle beaucoup verseront leur sang par fidélité déclarée à Christ : Apoc 7,14 ; 12,7 18,24.

Si elle est incluse dans les sceaux du jugement, la persécution des croyants n’en est pas un pour eux, mais pour le monde. Car elle ne fait, comme le mal que l’on fait à son enfant pour un père, qu’attiser la colère ardente de Dieu sur les rebelles : Rom 12,19 à 21 ; 2,5, le sang des martyrs réclamant vengeance. Pour exemple, le massacre de la Saint-Barthélemy en France, s’il a été un malheur pour la Réforme, a été une catastrophe pour le pays, s’enfonçant depuis dans un cycle de guerres sans f in.

Dieu, par la capacité qu’Il a de rester maître de Lui, n’abrégera pas pour autant ce temps difficile pour Ses enfants. La persécution menée par l’Antichrist sera le moyen que Dieu utilisera pour sortir les Siens du monde qui sera alors mûr pour Son jugement final. « Dieu ne fait rien de pire à Ses enfants que de les faire entrer au ciel à coups de fouets : Thomas Watson. »

7. Le 6ème sceau : un terrible tremblement de terre : v 12 à 17

Si les cinq premiers sceaux ouverts nous placent face à des phénomènes déjà connus, l’ouverture du 6ème sceau nous projette dans un bouleversement terrestre et cosmique d’une ampleur inégale. A maintes reprises, Jésus, parlant des derniers temps, a fait mention de signes dans le ciel et sur la terre provoquant la terreur des hommes : Luc 21,11.25-26. Les phénomènes présentés ici ne sont pas nouveaux dans la prophétie : ils font écho à de multiples annonces faites par les prophètes de l’Ancienne comme de la Nouvelle Alliance :

- un ébranlement de toute la terre : Esaë 13,13 ; Joël 2,10 ; Nahum 1,5 ; Aggée 2,6-7 ; Hébr 12,26 à 29

- le soleil obscurci : Exode 10,22 ; Esaïe 13,10 ; 34,9-10 ; Joël 3,14-15 : Mat 24,29-30

- la lune changée en sang : Ezéchiel 32,7 ; Joël 2,30 ; Mat 24,29

- les étoiles tombant du ciel comme des figues vertes : Nahum 3,12 ; Apoc 8,12

- Le ciel roulé comme un livre : Esaïe 34,4 ; 2 Pier 3,10-12

- Les montagnes et les îles remuées : Psaume 97,5 ; Esaïe 54,10

Par l’effet qu’ils produisent sur tous les hommes, des plus grands aux plus petits, le but du message du 6ème sceau est clair. Il démontre de manière indiscutable que le Dieu véritable n’est pas celui qui, sur terre, se désigne comme tel, mais Celui qui vit et règne dans les cieux. Les habitants de la terre qui, à l’instar des magiciens du Pharaon reconnaissant le doigt de Dieu devant les miracles que produit Moïse : Exode 8,15, ne s’y trompent pas : ils identifient avec une parfaite exactitude ceux qui sont la cause de cette plaie terrible qui les atteint : Dieu et l’Agneau : v 16.

Vont-ils prendre toute la mesure de l’avertissement qui leur est adressé ? La suite montre que, malheureusement, au lieu de se repentir, le monde, dans sa majorité, va rester sourd aux appels de Dieu à la repentance !

Je viens bientôt !

vendredi 17 septembre 2010

Apocalypse 5

A. Un trône dressé pour le jugement :

De la terre où il se trouvait, le chapitre 4 de l’apocalypse transporta l’apôtre Jean vers le ciel où la 1ère vision qui s’imposa à lui fut celle du trône de Dieu. Le trône établi, l’objectif défini de la vision donnée à Jean est clairement formulé : « Monte ici, dit la voix qui s’adresse à Jean, et je te ferai voir ce qui doit arriver après : 4,1. » C’est la mise en oeuvre de cet après qui nous est présenté ici au chapitre 5.

Mise à part l’insertion en Hébreux 4,16 de la grâce comme attribut attaché au trône, toutes les autres mentions bibliques du trône vont dans le même sens. Le trône de Dieu est le lieu à partir duquel Il rend la justice et exerce Son jugement : Ps 9,4.7 ; 11,4 ; 29,10 ; 45,6 ; 89,14 ; 97,2. Le trône de Dieu dressé, l’heure est venue, après la période de l’Eglise, de passer à celle du jugement du monde. Or, qu’est ce que le jugement, sinon le rétablissement de toutes choses dans le bon ordre, l’ordre voulu par Dieu dès l’origine : Actes 3,21 ? Qu’est ce que le jugement, sinon la fin du désordre introduit par la rébellion initiée au début par le Malin ? Il faut, dit Paul, après que le Christ ait soumis toutes choses à Ses pieds que le Fils Lui-même soumette à nouveau toutes choses à Son Père, pour que, comme cela aurait toujours dû être, le règne parfait de Dieu soit de nouveau établi et qu’Il soit tout en tous : 1 Cor 15,24 à 25.

Le trône dressé pour le jugement, Jean voit celui qui y siège tenir dans sa main droite un livre cacheté de 7 sceaux et portant toutes sortes de mentions tant au-dehors qu’au dedans (au recto et au verso) : v 1. Le prophète Ezéchiel, qui a aussi reçu de Dieu en son temps la vision de ce livre, nous en dit un peu plus sur sa teneur : Ezéchiel 2,9-10. Le livre que Dieu tient à sa main n’est pas annonciateur de joie, mais de grandes tristesses, douleurs et lamentations pour l’humanité. C’est l’heure où le monde doit rendre compte à Dieu et payer pour les crimes commis, l’heure où les peuples vont trembler : Ps 99,1, l’heure où les dirigeants de ce monde, impuissants face à Sa colère, prieront les montagnes de les cacher : Apoc 6,15-17, l’heure où le sang innocent versé, qui crie vengeance depuis Abel : Genèse 4,10, ne sera plus caché : Esaïe 26,21. Après la longue année de la patience et de la grâce de Dieu, sonne l’heure du jour de Sa colère : Esaïe 61,1-2.

B. Les disqualifiés :

Le trône dressé et prêt pour le jugement, une seule question se pose : qui, dans l’univers, parmi tous les êtres qui existent, est digne d’exécuter le jugement de Dieu sur le monde ? L’appel à la dignité, comme qualification et compétence pour exercer de la part de Dieu le jugement sur tous les êtres, présuppose la réunion de plusieurs facteurs non disqualifiants. Adressée à toute la création et tous les êtres, chacun est appelé à s’examiner pour voir s’il possède les attributs qui conviennent. Le constat est à la fois terrible et consternant :

1. le Père : bien qu’ayant la légitimité de le faire, il Lui manque, pourrait-on dire, une qualification qui, même si le reproche n’est pas justifié, pourrait la Lui être adressée : l’expérience de la vie sous forme humaine. Volontairement, à cause de cette lacune à Son expérience, le Père fait le choix de renoncer au jugement des hommes : cf Jean 5,26-27 ; Actes 17,30-31.

2. Les créatures qui sont dans le ciel : elles aussi pour la même raison, et peut-être même pour d’autres : Job 4,18-19, ne sont pas compétentes pour juger l’ensemble de la création.

3. Les créatures qui sont sur la terre. Ils sont nombreux les pouvoirs ou les régimes qui voudraient se placer, au nom de Dieu, en justiciers du monde : l’Islam, l’Amérique et son axe du mal… Tous, aux regards de Dieu et de Sa loi, sont enfermés dans le même culpabilité : Rom 3,9.19. Jamais, nulle part, la colère de l’homme n’est le moyen par lequel s’accomplit la justice de Dieu : Jac 1,20

Soulignons que si les pouvoirs politiques ne peuvent être les instruments de la justice absolue de Dieu, l’Eglise, malgré le fait qu’elle est l’Epouse royale du Christ, ne peut l’être davantage. Certes, Celui-ci l’associera à ce privilège à un moment ou un autre : Mat 19,28 ; 1 Cor 6,2-3, mais ce n’est pas en vertu de sa qualité propre qu’elle le fera, mais à cause de la grâce dont elle-même aura été l’objet : Jean 5,24 ; Rom 8,1.

4. les créatures qui sont sous la terre : l’expression peut signifier tous ceux qui, déjà, sont passés par la mort. Même si, parmi les hommes du passé, certains furent remarquables et exceptionnels dans leur marche avec Dieu : cf Ezéchiel 14,14.20, la justice qui leur aura servi à se sauver eux-mêmes ne leur permet pas pour autant d’être qualifiés pour être les juges des autres ! Il y a et aura toujours, même dans l’homme le meilleur, suffisamment de traces d’impiété et de corruption pour, hormis la grâce de Dieu, suffire à le condamner.

Face au constat désolant de la disqualification de tous les êtres à rendre la justice de Dieu, Jean est atterré. La question se pose pour lui : n’y a-t-il donc personne dans l’univers qui puisse alors mettre un terme définitif au mal ? Le sort des justes est-il donc de se résigner à souffrir sans jamais que réparation ne puisse avoir lieu : cf Apoc 6,10-11 ? Si tel est le cas, alors la réaction de Jean n’est pas trop excessive : seul le désespoir reste !

Heureusement pour lui, Jean ne va pas rester indéfiniment dans son affliction. L’un des anciens vient pour le consoler. Si ! Il existe un être, une Personne qui, dans l’univers, a les qualifications requises pour exercer au nom de Dieu la justice et le jugement de l’humanité !

C. L’unique qualifié : l’Agneau immolé

Cet être qualifié, l’ancien le désigne de deux manières :

- Il est, dit-il en premier, le lion de la tribu de Juda : dès la genèse, par la bouche de Jacob, c’est à Juda qu’est donnée la promesse que ce serait parmi ses descendants que viendrait Celui à qui reviendrait le bâton de commandement : Gen 41,10. Plus tard, Michée confirmera la prophétie en précisant que c’est de Bethléem, petite entre toutes les villes de Juda, que sortirait Celui dont l’origine remonte aux temps anciens : Michée 5,1, ce que tout scribe qui lisait l’Ecriture savait : Mat 2,4 à 6. Jésus, notre Seigneur est bien originaire de Juda : Héb 7,14. Paru comme un agneau, il est, à cause du caractère que revêtiront ici Ses actes appelé le lion : Ps 7,2 ; Prov 19,12 ; 30,30 ; Esaïe 31,4.

- Il est présenté ensuite comme le rejeton de David. Si la tribu de Juda situe le cadre précis de l’origine du Messie, la famille de David, parmi la tribu de Juda, est désignée comme celle de laquelle Il proviendra sur le plan humain : Esaïe 11,1 à 5. La prophétie s’accomplira aussi bien par Marie que Joseph, parents adoptifs de Jésus, issus tous deux à la fois de Juda et de David : Matthieu 1,2 à 16 ; Luc 3,23 à 34.

Désigné par ce qui le rattache à l’humanité, l’Etre qu’il découvre comme étant le seul qualifié pour exercer, à partir du trône, le jugement de Dieu, ne lui apparaît pas comme tel. Cet être se présente à lui comme un agneau à l’apparence singulière :

- Un agneau debout, qui semblait immolé : Il est l’Agneau de Dieu, offert en sacrifice à Golgotha pour les péchés du monde : Jean 1,29 ; Esaïe 53,7. L’immolation de l’Agneau pour les péchés de l’humanité est, plus que tout, la raison majeure qui le qualifie pour être Celui qui, à la fin des temps, est digne de la juger : 1 Pierre 1,18 à 20

- Cet agneau, symbole de docilité et de douceur, est ici équipé de 7 cornes, symbole de force dans sa plénitude : ex : Deut 33,17, et pourvu de sept yeux, symbole de la connaissance des choses dans tous leurs aspects : cf Hébr 4,13.

Le seul Etre digne, qualifié pour exercer le jugement de Dieu sur l’humanité rebelle à Dieu possède donc les caractéristiques suivantes :

- avant d’être Juge, Il donna sa vie pour être Sauveur. Sa première intention en venant vers nous n’était pas de nous juger, mais de nous sauver : Jean 3,17. C’est d’abord parce qu’Il a été l’expression extrême de l’amour de Dieu pour nous que le Fils est qualifié pour nous juger : Jean 3,16 ; Rom 5,8

- Il est celui qui a reçu tout pouvoir. Alors qu’Il s’apprêtait à entrer à Jérusalem, Jésus pressenti que les disciples nourrissaient une fausse attente en ce qui concerne ce qui allait arriver. A l’aide d’une parabole, Il leur fit comprendre que l’heure n’était pas venue pour Lui de régner, mais de mourir : Luc 18,31 à 34, puis de partir pour recevoir l’investiture royale, avant de revenir : Luc 19,11 à 13.15. En effet, bien qu’ayant acquis par Sa mort la libération de l’humanité de la domination du malin, la procédure divine exige que ce ne soit pas de Lui-même qu’Il exerce la royauté, mais par un acte significatif de la volonté du Père. C’est pourquoi, après Sa mort, Dieu ressuscitera le Fils et L’élèvera dans les cieux pour Le faire asseoir à Sa droite jusqu’à ce que tous Ses ennemis soient devenus Son marchepied : Actes 2,32 à 36. Dieu seul pouvait faire Christ et Seigneur l’homme Jésus qui fut crucifié.

- Il est enfin Celui qui a tout connaissance, connaissance non seulement des actes accomplis par chacun, mais des pensées et des intentions qui étaient à l’origine de ces actes : Rom 2,16 ; Hébr 4,12 ; 1 Cor 4,5.

Notons pour finir que si le jugement est nécessaire pour abroger le mal et détruire définitivement sa puissance, il l’est aussi pour donner aux rachetés d’entrer en possession de leur héritage : Apoc 5,10. Si Jésus ne juge pas les rebelles, la situation, telle que nous la connaissons aujourd’hui, perdurera sans fin. La question se pose : à quoi servirait alors notre salut, s’il reste pour toujours inachevé ? Seul l’achèvement du salut, qui ne peut se faire que par la condamnation irrémédiable des adeptes de la rébellion, peut permettre aux saints d’entrer dans la jouissance des biens qui leur sont préparés. D’où la nécessité à double titre, l’un négatif mais l’autre positif, de l’exercice du jugement de Dieu sur le monde !

D. L’adoration rendue à l’Agneau :

Seul être qualifié à exercer le jugement de Dieu, l’Agneau reçoit de la part de toutes les créatures réunies devant le trône la même adoration qui fut rendue au Père : v 11 à 14. Il n’y a et n’aura jamais entre le Père et le Fils une seule ombre de rivalité ou de concurrence en ce qui concerne la gloire dont ils sont l’objet. Le Père et le Fils, bien qu’ayant des rôles différents, ne sont et n’ont toujours été qu’un en toutes choses : Jean 10,30. Jamais dans le ciel, il n’y a risque qu’un jour le Fils détrône le Père ou que le Père jalouse la gloire rendue par les créatures au Fils.

Ensemble dans la prise de décision de l’engagement que nécessitait notre salut : Héb 10,5 à 7, ils L’ont été aussi dans sa réalisation : Actes 20,28, et le seront dans son plein accomplissement ! Que louanges, gloire et honneur leur soient rendus à tout jamais !

Je viens bientôt !