vendredi 12 mars 2010

Apocalypse 3,1 à 6 : lettre à l'église de Sardes

1. Introduction :

Après Ephèse (l’Eglise en péril de perdre son premier amour), Smyrne (l’Eglise qui passe au creuset de la souffrance et de la persécution), Pergame (l’Eglise qui s’ouvre au mélange doctrinal), Thyatire (l’Eglise dirigée par une fausse prophétesse) c’est à Sardes que le Seigneur nous emmène ce matin dans ce tour d’horizon qu’il fait des églises qui se trouvent dans la province d’Asie (l’actuelle Turquie).

Ce qui frappe immédiatement, lorsqu’on lit la lettre adressée à cette église, c’est le contraste que l’on peut y voir avec les deux églises citées avant elle. Alors qu’une certaine continuité existe entre Pergame et Thyatire (l’introduction du mélange et la prise de pouvoir par une fausse prophétesse), il y a, avec Sardes, une rupture flagrante avec ce qu’on pourrait appeler l’infiltration du levain de l’erreur et de l’hérésie dans l’Eglise.

Si Sardes reçoit aussi de la part du Seigneur certains reproches, aucun d’entre eux n’est lié au fait que, sur le plan théologique, ce que professe ou ce que pratique l’Eglise de Sardes ne serait faux ou entaché d’erreur. Tout, au contraire, sur le plan de la pratique comme du message annoncé, semble juste. Pourtant, comme nous allons le voir, le diagnostic fait sur l’église de Sardes par le Grand Docteur qu’est Jésus, notre Seigneur, sera l’un des plus alarmants qui soit. Sardes a beau être en apparence en meilleure santé que ses sœurs, ceci n’est vrai que si l’on regarde la surface des choses. En réalité, au plus profond d’elle-même, elle est peut-être plus en danger encore et plus près de la mort que les autres.

Qu’est-ce qui fait qu’une église, en apparente bonne santé, est en fait malade au point d’être prête à mourir ? Que faut-il pour que, au-delà de la surface et des apparences, une église reste vivante et continue à faire preuve, avec le temps qui passe, d’énergie, de vitalité ? C’est ce à quoi on va essayer de réfléchir ce matin

2. Sardes : un peu d’histoire

Si c’est à l’église de Sardes que le Seigneur dit qu’elle passe pour être vivante alors qu’elle est morte, ce n’est pas sans lien avec l’histoire de la ville où elle se situe. En effet, à l’heure où Jean écrit, Sardes, ville autrefois réputée et célèbre, n’est plus qu’une cité sans importance qui, peut-être comme la ville de Guise, dans l’Aisne, n’a de rayonnement dans le monde qu’à cause de son passé.

Construite sur un plateau et bordée par le fleuve Pactole, la ville de Sardes possédait un double privilège dont, je suis sûr, auraient bien voulu jouir d’autres cités :

- le 1er privilège est qu’elle était une ville réputée imprenable. Placée en hauteur, Sardes était protégée de 3 côtés par des gorges profondes, inaccessibles. On ne pouvait y accéder donc que par un côté, et par un chemin très escarpé. Par sa position géographique, Sardes pouvait se vanter d'être pratiquement imprenable ou invulnérable. En Grèce, « prendre l’Acropole de Sardes » était une expression proverbiale signifiant : tenter quelque chose d’impossible

En l’an 546 av J-C, le roi Cyrus de Perse réussit pourtant à s’emparer de Sardes. Ayant promis une récompense spéciale à celui qui, dans son armée, trouverait le moyen de vaincre la forteresse, il se trouva un jour qu’un soldat de la troupe vit une sentinelle de Sardes perdre son casque en se penchant au-dessus du rempart. La sentinelle quitta alors son poste et, le plus discrètement possible, descendit par les rochers, récupéra son casque, et remonta par le même chemin escarpé dans la forteresse. Hyeroeades, le soldat de Cyrus, observant la sentinelle, prit soigneusement note de son parcours. La même nuit, avec quelques amis courageux, il entreprit de monter vers la forteresse par le chemin emprunté par la sentinelle. Arrivé en haut, il découvrit que le côté par lequel il était monté paraissait si sûr pour les habitants de la ville qu’il n’était même par gardé. C’est ainsi que Sardes fut prise par le seul point faible de sa défense

Le caractère réputé imprenable de la ville de Sardes : tel était le premier privilège de sa réputation ! Il n’était pas le seul !

- Mise à part sa position géographique, Sardes devait sa réputation à une autre chose : sa grande richesse. Cette richesse était due à une découverte surprenante. Alors qu’il régnait à Sardes, une légende rapporte que le roi Crésus aurait un jour trouvé, dans le ruisseau nommé Pactole qui baignait Sardes, des paillettes d’or. On aurait aussi trouvé, dans les environs de la ville, une pierre précieuses d’une grande beauté, la sardoine. Crésus, Pactole, la sardoine, tous ces noms qui aujourd’hui, résonnent encore à nos oreilles comme synonymes de richesses, viennent de Sardes.

Forteresse imprenable, à cause de sa position élevée, et grande richesse : tel était le double privilège qui, dans les temps anciens, faisait la réputation de la ville de Sardes. Tel est aussi, d’une manière figurée et spirituelle, ce qui faisait peut-être à l’extérieur, à cause de son attachement aux vérités et à la saine doctrine de la Parole, la réputation de l’église de Sardes : une église parfaite !

Mais suffit-il pour une église d’avoir une doctrine juste ou de croire juste pour être, aux yeux de Dieu et du Christ, une église juste ? Non ! dit ici le Seigneur qui, je le rappelle, en termes de diagnostic, est le mieux placé pour évaluer les forces, les faiblesses et l’état de santé réel d’une communauté. Alors qu’en apparence tout semblait aller, que manquait-il à l’église de Sardes au point, dit le Seigneur, que cette église soit au bord de la mort ? C’est ce que nous allons essayer de voir et de comprendre maintenant !

3. Sardes : Une église sur le point de mourir

Comme il en est dans les autres lettres que le Seigneur a adressé aux églises, nous n’avons pas besoin d’aller loin pour chercher les remèdes qui sont nécessaires à appliquer à Sardes pour que cette église retrouve sa vitalité. Car si Sardes est sur le point de mourir, c’est que, jadis, elle était vivante, et bien vivante. Il lui suffit donc, comme Jésus le dit ici de revenir à ce qu'elle a reçu et entendu au départ, c’est-à-dire de retourner à ce qui, au début de son existence, a été à la source de sa vie pour vivre à nouveau !

1er élément : il se trouve dans le titre sous lequel Jésus se présente à l’église de Sardes : Voici ce que dit Celui qui a les sept esprits de Dieu (ou, comme le traduit Parole Vivante, celui qui a l’Esprit dans sa plénitude)…

Le 1er élément que le Seigneur souligne est que ce qui fait qu’une église est vivante ou non n’est pas d’abord la justesse de sa doctrine, mais le fait que cette église vit et est animée par l’Esprit de Dieu. L’Esprit de Dieu, nous le savons, est le souffle de Dieu. Or, de même qu’un corps sans souffle est mort, une église dans laquelle l’Esprit de Dieu n’agit plus est morte. Un mort, en apparence, peut effectivement ressembler à un vivant ! Mais s’il a tous les aspects du vivant, il y a cependant une chose fondamentale qui lui manque. Et cette seule chose suffit à faire la différence entre lui et le vivant : c’est le souffle.

Qu’est-ce qui fait, avec le temps, qu’une église ayant commencé à vivre par l’Esprit, en vienne ensuite à le perdre ou, en quelque sorte, à en manquer, au point que son existence même soit en danger ? La Bible donne essentiellement à cette question une réponse :

Galates 3,1 à 5 : la perte ou l’extinction de la vie de l’Esprit chez les Galates tenait à une seule chose (et le problème des galates devait être à peu de choses près le même que celui des chrétiens de Sardes) : au retour à une vie marquée par les efforts propres, les efforts de la chair, pour essayer de vivre à la hauteur des exigences de Dieu.

Après avoir commencé leur vie nouvelle par l’Esprit de Dieu, les galates, sous l’influence de faux docteurs, étaient en quelque sorte retournés en arrière : comme les juifs de l’Ancien Testament, tous leurs efforts pour plaire à Dieu étaient de nouveau basés sur l’obéissance à des rites et à des règles, par lesquels ils cherchaient à apaiser leurs consciences.

Qu’est-ce que la vie chrétienne ? S’il faut lui trouver un contraire, nous pourrions dire que ce qui lui est le plus opposé et qui, paradoxalement, lui ressemble le plus (comme un mort peut ressembler à un vivant), est la vie religieuse Car, tandis que l’une, la vie chrétienne, a pour moteur l’amour pour Dieu, celui que communique justement l’Esprit de Dieu, l’autre (la vie religieuse) a pour seule raison la crainte de Dieu (dans le sens le plus négatif qui soit) : cf Rom 8,15

Questions : qu’est-ce qui chaque jour te motive à chercher à plaire à Dieu ? A fuir le péché ? A prendre du temps avec Dieu pour lire ta Bible, prier ? De la réponse à cette question sort la révélation de ce qui est le moteur de ta vie chrétienne : la chair ou l’Esprit ! Si ce que tu fais ici est uniquement dû à la crainte, la crainte de déplaire aux autres, la crainte de ne pas être béni, alors je dois te dire que ce n’est pas par l’Esprit de Dieu, mais par la chair que tu essayes de Lui rendre un culte. Tous tes efforts faits dans cet esprit là sont inutiles. Ils ne peuvent à terme ne t’amener qu’à une seule chose : l’épuisement spirituel, la mort.

Si par contre ce qui te motive est la soif de Dieu, la faim de Sa parole, le désir de Le connaître pour mieux Le servir et être un meilleur témoin de Lui dans ce monde, alors réjouis-toi : tu es sur la bonne voie, ta vie est animée par la bonne motivation, celle que l’Esprit de Dieu seule peut produire dans un cœur d’homme pécheur.

4. Les 4 différences entre le mort et le vivant

Si le souffle est la différence principale entre le mort et le vivant, il y en a d’autres qui sont, eux aussi, manifestes

- la 1ère est le désir : alors que le vivant a faim ou soif, le mort, lui, n’éprouve plus aucun besoin. N’ayant plus la vie en lui, il ne ressent ni le besoin de se nourrir, ni celui de se désaltérer. Si aucune faim, ni aucune soif spirituelle ne vit en moi, je peux peut-être avoir la réputation d’être vivant ; en réalité, je suis mort !

- la seconde est la respiration que l’on peut comparer ici à la prière. Quelle place occupe la prière dans votre vie ? En disant cela je ne demande pas combien de temps vous passez dans la prière : les hommes de toutes religions prient ! Ce que je veux dire est : est-ce que la prière, comme la respiration, est un réflexe dans votre vie, un réflexe conditionné ! « Seigneur, je vais à mon travail ce matin : aide-moi, sois avec moi. Je dois rencontrer telle personne après-midi, résoudre tel problème : accompagne-moi, inspire-moi ! » Telle est la vie de prière inspirée par l’Esprit. Elle n’est pas un devoir à accomplir, mais l’expression de notre sentiment de dépendance permanente de Dieu pour bien vivre et réussir ce que nous entreprenons.

- La 3ème est la parole. S’il y a bien une chose qui sépare le monde des vivants de celui des morts, c’est la communication. Alors que le mort est silencieux pour toujours, le vivant parle et partage ses émotions et ses pensées. Une preuve manifeste que l’Esprit de Dieu vit et agit en nous, disent les apôtres, est que nous ne pouvons pas nous taire. C’est plus fort que nous : il nous faut, quand nous en avons l’occasion ou pas, parler de Jésus, notre Bien-aimé

« J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé, dit Paul en 2 Cor 4,13. « Est-il juste au regard de Dieu de vous obéir plutôt qu’à Dieu ? demandèrent les apôtres aux membres du sanhédrin qui voulait leur interdire de témoigner de Jésus. A vous d’en juger, car nous, nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu : Actes 4,19-20. »

Une autre différence liée à la communication est la pratique du chant. Alors que les mots sont silencieux, c’est par le chant que les vivants expriment leur joie. La vie remplie de l’Esprit est inséparable du chant : Ephés 5,18-19.

- La 4ème différence entre le mort et le vivant est le mouvement. Alors que le mort est inerte, inactif, incapable de servir son prochain, le vivant, lui, est constamment habité par de nouveaux projets.

Notons que si, à Sardes, le Seigneur relève que certaines œuvres étaient pratiquées, il y a une différence fondamentale entre les œuvres que pratique celui qui vit sous une loi et celui qui est animé par l’Esprit de Dieu. Cette différence est que celui qui est conduit par l’Esprit de Dieu ne se contentera pas de faire pour faire, mais il aura le souci réel de servir Dieu et les autres tout en faisant : Actes 6,3. La Bible n’exigeait pas seulement de ceux qui prêchaient qu’ils soient remplis de l’Esprit, mais aussi de ceux qui servaient aux tables !

5. Le syndrome de Sardes :

Si Sardes, de vivante qu’elle était, est devenue morte, il y a là un avertissement pour nous. Ce qui est arrivé à Sardes peut aussi nous arriver. L’histoire montre que, dans le monde protestant particulièrement, monde construit comme Sardes sur une doctrine juste, le syndrome de Sardes a affecté beaucoup d’églises : en témoigne les ruines de centaines de temples autrefois pleins et devenus vides.

Qu’est ce qui ne va pas ou n’est pas allé ? Je laisse la parole à Alain Monclair, un frère dont j’ai lu sur Intenet une prédication sur le sujet :

« En général, nous sommes tous vigilants lors de nos premiers pas avec le Seigneur, mais il arrive un moment où les automatismes peuvent nous donner une fausse assurance. C’est pourquoi le Seigneur nous invite à nous souvenir de nos premiers pas dans la foi, dans la foi qui découle de l’écoute de Sa Parole. Il nous invite à vivre notre vie entière dans cette attitude initiale. Les chrétiens de Thessalonique furent des modèles à cet égard : “ C’est pourquoi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu’en recevant la parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez. ” (1 Thessaloniciens 2:13 NEG).

Entrer dans la vie chrétienne ce n’est pas recommencer sa vie, c’est recevoir une nouvelle vie. Cette vie nouvelle c’est Jésus lui-même, on le reçoit le jour de notre conversion et on demeure en Lui et Lui en nous chaque jour de notre vie nouvelle : “ Ainsi donc, comme vous avez reçu le Seigneur Jésus–Christ, marchez en lui, ” (Colossiens 2:6 NEG).

La lettre aux Hébreux nous met également en garde contre le danger de ne pas continuer à marcher selon les principes de vie que nous avons découvert à la conversion : “ Car nous sommes devenus participants de Christ, pourvu que nous retenions fermement jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au commencement. ” (Hébreux 3:14 NEG)

Nous sommes appelés à vivre continuellement dans le Seigneur, par le Saint-Esprit et à l’écoute de sa Parole. Le temps qui passe ne doit pas émousser ce principe vital. Mais nos critères de vie ne doivent pas être légalistes, ils doivent reposer sur une relation vécue avec Jésus-Christ par l’Esprit.

Un jour Jésus reviendra, c’est une certitude pour le chrétien. La seule chose qui nous est inconnue, c’est le moment auquel Il reviendra. Nous devons donc être prêts à l’accueillir en Roi de gloire comme nous l’avons accueilli en Sauveur à notre conversion. Le Seigneur n’est pas un voleur, mais si nous ne sommes pas vigilants dans notre attente nous risquons de considérer Sa venue comme une intrusion dans notre vie et une mauvaise surprise ! Par contre, si nous l’attendons, Sa venue sera une agréable et merveilleuse surprise. On imagine mal dire au Seigneur de repasser plus tard parce que nous ne serions pas prêts à apprécier sa venue! Veillons donc à l’accueillir avec autant d’empressement que lors de notre conversion. »

6. Conclusion :

Il y aurait encore beaucoup à dire sur le sujet de la mort et de la vie d’une église. Ce que je veux retenir en conclusion, ce sont les enseignements qui découlent de l’avertissement donné par le Seigneur à Sardes :

- 1er enseignement : le Seigneur aime l’église de Sardes. Loin de souhaiter la voir disparaître, Il n’aspire qu’à une seule chose : la faire revivre, lui redonner l’élan, la vitalité, l’enthousiasme qui l’habitait lors de sa naissance. Il nous est toujours possible de revenir à Dieu pour goûter à nouveau la joie qui était celle de nos premiers jours avec Lui

- 2ème enseignement : même si la majorité des membres de l’église de Sardes est dans la mort, Dieu connaît ceux sur qui Il peux encore compter en son sein pour la faire revivre. Ce sont ceux qui n’ont pas souillé leurs vêtements au travers de l’éloignement de Dieu, mais qui ont vécu dans la lumière et se sont laissés purifiés par le sang de Christ : 1 Jean 1,9

- 3ème enseignement : nous pouvons en apparence au sein d’une même église nous ressembler, passer pour être vivant alors que nous sommes morts. Mais le jour vient où nous ne pourrons plus tromper notre monde. Ce jour est celui du retour du Seigneur. Alors seront avec Lui ceux qui, authentiquement, auront été habités et animés par la Vie qui était en Lui !

Que Dieu nous garde de nous satisfaire de faire partie d’une église juste, fondée sur la bonne doctrine, mais qu’Il nous donne et nous accorde chaque jour d’être habité par une vraie motivation à Le suivre et Le servir !Les démons croient, ils ont la juste doctrine, mais ils tremblent : Jacques 2,19

ANNEXE : Sardes dans l'histoire de l'Eglise

Evaluation fait par Luther à la fin de sa vie sur le mouvement né de la Réforme :

"En examinant bien ce que font les gens qui se nomment évangéliques et savent parler de Christ, on s'aperçoit qu'il n'y a rien derrière cette profession. La plupart se trompent eux-mêmes. Le nombre de ceux qui commencèrent avec nous et prirent plaisir à notre enseignement a été dix fois plus grand que maintenant, où pas même le dixième d'entre eux est resté fidèle. Ils apprennent sans doute, comme le perroquet, à répéter des mots, mais ils n'en ont pas fait l'expérience dans leurs coeurs. Ils restent exactement ce qu'ils sont. Ils ne comprennent ni ne sentent combien Dieu est vrai et fidèle. Ils vantent beaucoup l'Evangile et le désirent d'abord avec sérieux, et ensuite il n'en reste rien. Car ils font ce qu'ils aiment, s'adonnent à leurs convoitises, deviennent pires qu'ils n'étaient auparavant et sont beaucoup plus indisciplinés et présomptueux que d'autres gens. Paysans, bourgeois et nobles, tous sont plus cupides et indisciplinés que sous la papauté... Ah ! Seigneur Dieu, si seulement nous pratiquions vraiment cette doctrine, ce ne serait pas, comme maintenant, un millier de personnes qui prendraient le sacrement, mais à peine une centaine. Il y aurait alors moins de ces horribles péchés dont le pape, par sa loi infernale, a inondé le monde ; nous serions enfin une assemblée chrétienne, au lieu que maintenant nous sommes presque de vrais païens portant le nom de chrétiens. Nous pourrions séparer du milieu de nous ceux qui montrent par leurs oeuvres qu'ils n'ont jamais cru et n'ont jamais eu la vie, ce qui nous est maintenant impossible !"

Je viens bientôt !

vendredi 15 janvier 2010

Apocalypse 2,18 à 29 : lettre à l'église de Thyatire


1. Introduction :



Après Ephèse, Smyrne et Pergame, c’est à Thyatire que, en vision, le Seigneur conduit Jean et déroule devant lui la figure de ce que sera l’Eglise dans la 4ème étape de son développement historique.

Après la perte du premier amour à Ephèse, l’épreuve de la persécution à Smyrne, le développement de faux enseignements à Pergame, nous atteignons avec Thyatire un sommet dans les maux qui peuvent gangrener une église. Car à Thyatire, montre Jean, ce n’est pas d’abord dans les membres de l’Eglise que se trouve le mal qui la corrompt, mais dans sa tête, dans les instances qui ont la charge de lui prodiguer l’enseignement qu’elle doit suivre, les organes directeurs qui donnent à toute l’église la ligne qu’elle doit suivre.

La Bible nous dit de quelle manière éviter une telle déviation. Elle nous enseigne la nécessite de la vigilance et de la correction mutuelle : 1 Cor 14,30, comme la nécessité de la vérification dans toute l’Ecriture pour voir si l’enseignement apporté est conforme à la Parole : Actes 17,11


Analyse de la lettre de Jean, dictée par Jésus, le Fils de Dieu, à l’église de Thyatire !

2. Thyatire : la ville

C’est dans le livre des Actes des apôtres que, pour la 1ère fois, nous trouvons la mention de Thyatire. Alors que Paul se trouve en Asie et qu’il est empêché, nous dit Luc, par le Saint-Esprit d’y annoncer la Parole, il reçoit une nuit la vision d’un Macédonien qui l’appelle au secours. Comprenant que Dieu l’appelle à quitter l’Asie pour se rendre en Europe, Paul débarque avec son équipe à Philippes une ville grecque. Le jour du sabbat, il se rend à une rivière où se trouve un groupe de femmes à qui il annonce l’Evangile. Actes 16,14-15 nous dit la suite


Deux détails particuliers, au sujet de ce que nous étudions ce matin, doivent retenir notre attention : le premier est le métier qu’exerçait Lydie, que l’on pense être la 1ère convertie d’Europe : elle était marchande de pourpre. La seconde est la ville d’où elle provenait : Thyatire. Ces deux détails, qu’il nous faut retenir pour la suite, ne nous sont pas donnés par hasard dans la Bible. Ils sont révélateurs de l’activité qui, à l’époque où écrit Luc, faisait la renommée de Thyatire : la fabrique d’une étoffe d’une teinte si particulière, le pourpre, que c’est avec elle que l’on confectionnait dans tout l’empire romain les vêtements qui habillaient les princes, les rois et les plus hauts dignitaires de l’empire.

3. Thyatire : l’Eglise :

a. le Fils de Dieu


C’est en tant que Fils de Dieu, un rappel en quelque sorte que Lui seul est le médiateur qualifié entre Dieu et les hommes que Jésus se présente à l’Eglise de Thyatire. Ce rappel n’est pas anodin. Il met sans doute d’entrée l’accent sur un grave problème que l’on rencontre à Thyatire : l’ombre que projette sur le Christ une femme qui se dit prophétesse, qui prétend sans doute, au nom de Dieu, apporter une parole inspirée à égalité avec celle du Christ à Ses serviteurs ! Nous verrons tout à l’heure, au travers du nom sous lequel Jean l’appelle, Jézabel, qui est cette femme, quelles sont ses caractéristiques et ses traits les plus marquants.

Quels que soient le titre ou les capacités que possède un homme dans l’Eglise de Jésus-Christ, jamais il ne doit posséder une autorité ou une gloire telles qu’elles fassent ombrage au Christ. Les anges : Apoc 22,8-9, comme les apôtres : Actes 14,11 à 14 s’y sont refusés.

b. Je connais :

S’il y a dans l’Eglise de Thyatire un problème énorme au niveau de la tête, le Seigneur qui la regarde de Ses yeux de feu sait faire la part des choses entre ce qui est et reste positif et bon dans cette Eglise et ce qui est totalement condamnable.

Si l’enseignement donné dans cette Eglise par ceux qui la dirigent est un gros problème, le Seigneur note qu’il existe cependant dans cette église de nombreux points forts : ce sont les œuvres nombreuses qui y sont pratiquées : v 19. C’est là sans doute un point que, pour notre part, nous avons parfois trop tendance à négliger. La foi, rappelle en effet Jacques, n’est pas faite que des choses du cœur et de l’esprit. Elle doit, pour être crédible, se traduire par des actes et des engagements concrets : Jac 2,14 à 17. Si nous sommes justifiés devant Dieu par la foi, Thyatire nous rappelle que ce qui justifie notre foi devant les hommes, ce sont nos euvres. Un aspect du christianisme authentique que, malgré les erreurs dont elle est infestée, Thyatire a su conserver !

c. Jézabel :

Cependant, malgré tout le positif pouvant exister dans cette église, se trouve en son sein et à sa tête un gros problème. Ce problème, une personne, nous est présenté sous deux aspects :

- le 1er est celui de l’identité sous laquelle Jean tient à ce qu’elle soit comparée : Jézabel, l’épouse historique du roi Achab, une des reines les plus célébres de l’histoire d’Israël

- le second est celui du rôle que se donne cette personne : prophétesse, porteuse du message et de la Parole de Dieu.

Analyse !

4. Jézabel, la fausse prophétesse de l’Eglise de Thyatire :

Jézabel étant la personne à laquelle Jean compare la fausse prophétesse, qui séduit et trompe les serviteurs et les membres de l’Eglise de Thyatire, c’est vers elle que nous allons maintenant nous tourner pour comprendre qui elle est et quel danger réel elle représente pour le peuple de Dieu.

a. Origine : 1 Rois 16,29 à 31

La 1ère chose que l’on remarque en étudiant ses origines est que, si Jézabel a pu accéder à la royauté en Israël, par nature et par naissance elle n’en fait pas légitimement partie. Jézabel n’est pas israélite d’origine, mais sidonienne. A l’égard de la Parole et de la volonté de Dieu, elle n’a aucun droit légitime de diriger et gouverner le peuple de Dieu !

Jézabel est d’abord le fruit du péché d’Achab : Deut 7,1 à 3. C’est une usrpatrice.

b. Sa véritable religion :

Si Jézabel s’était réellement convertie au Dieu d’Israël, on aurait pu à la rigueur accepter qu’elle puisse, par mariage, accéder à la royauté. Mais il n’en est rien ! Au lieu d’adhérer au Dieu d’Israël ,Jézabel, au contraire, fera tout pour importer dans le pays le culte qu’elle rendait dans le sien. 1 Rois 18,19 nous rapporte ainsi que, chaque jour, 450 prophètes de Baal (le grand dieu cananéen appelé le Seigneur) et 400 prophètes d’Astarté (appelée la reine du ciel) mangeaient chaque jour à sa table)

c) Son caractère

Si Achab, l’époux de Jézabel, apparaît comme un homme mou, immature, facilement manipulable, sa femme, elle, apparaît comme une femme cruelle, impitoyable, sans scrupule à l’égard de quiconque s’oppose à elle. 3 exemples :

- l’affaire de Naboth, de Jizréeel : 1 Rois 21,1 à 10

- le témoignage du prophète Abdias : 1 Rois 18,7 à 13

- sa haine d’Elie, le prophète de Dieu : 1 Rois 19,1-2

Tous les récits bibliques se rapportant à Jézabel sont unanimes : il n’y a rien à attendre de bon, de juste, de droit de la part de Jézabel. « Il n’y a eu personne, dit la Bible, qui se soit vendu en faisant ce qui déplaisait au Seigneur comme Achab ; c’est Jézabel, sa femme qui l’y incitait : 1 Rois 21,25. Jézabel ne sert pas Dieu, mais le diable qui est, dit Jésus, menteur et meurtrier dès le commencement : Jean 8,44. L’époque de Jézabel est l’époque où l’erreur dominait complétement le peuple de Dieu et où les vrais croyants qui subsistaient des persécutions devaient, pour rendre leur culkte à Dieu, vivre dans la clandestinité.

d) Sa fin :

Survivant 12 ans après la mort d’Achab, tué lors d’un combat, Jézabel finira par être jugé par Dieu au travers du roi Jéhu qui la renversera de son trône. Elle connaîtra, selon la prophétie d’Elie, un fin honteuse et ignominieuse : 2 Rois 9,30 à 37.

5. Le message du Fils de Dieu à Jézabel et à l’Eglise de Thyatire

Le portrait de Jézabel dressé, retournons à l’Apocalypse pour entendre maintenant, ce qui est le cœur de la lettre que Jean écrit, le message que le Seigneur adresse à l’Eglise de Thyatire au sujet de Jézabel, la fausse prophétesse qui sévit en son sein :

a. la longue patience stérile de Dieu à son égard :

v 21 : la 1ère chose que Dieu fait remarquer est la longue patience dont il a usé envers elle, espérant que, comme Manassé, l’un des rois les plus impies d’Israël : 2 Chr 33,11 à 20, elle se repente. Il n’en sera rien : la Jézabel de Thyatire ne se repentira pas. Elle ne reviendra ni de ses prétentions, ni de ses erreurs !

b. l’avertissement solennel de Dieu :

v 22 à 23 : Jézabel ne voulant pas s’amender, Dieu l’avertit qu’un jugement particulier et terrible, comme celui qui frappa la première Jézabel, va la frapper, non seulement elle, mais tous ceux qui auront fait alliance avec elle pour s’unir à elle. Ce jugement sera tel, qu’il sera, comme celui d’Ananias et Saphira au début de l’Eglise, un événement qui marquera toutes les autres églises et leur rappellera la nécessité de la crainte de Dieu et du refus de tout compromis.

Appelée déjà ici la prostituée, il se peut fort bien que le jugement de la Jézabel de Thyatire soit auss icelui de la femme prostituée assise sur la bête décrit dans Apoc 17,1 à 6.15 à 18, femme vêtue du pourpre de Thyatire…

c. Message à ceux de Thyatire qui sont restés fidèles à Dieu

V 24 : Jézabel devant être jugée, le Seigneur qui discerne toutes choses, s’adresse au reste qui, en son sein, n’a pas adopté l’enseignement de la fausse prophétesse. « Il ne met pas, leur dit-il, d’autres fardeaux que celui de Lui rester attaché à Lui et sa Parole jusqu’à ce qu’Il vienne. Voyons ici combien grande est la compréhension de Dieu envers ceux qui, enfermés dans un système trompeur, Lui restent cependant attachés !

6. Conclusion : parole au vainqueur

Refaisons le tour de tous les traits caractéristiques de l’Eglise de Thyatire :


- Eglise qui aime le pourpre

- Qui abrite en son sein une concurrence à Christ et à sa parole

- Marquée fortement par les œuvres

- Qui a à sa tête pour l’enseigner une Jézabel

 à la fois reine et prophétesse

 reine illégitime, d’origine païenne

 qui adore un faux Seigneur et la reine du ceil

 qui persécute et tue les vrais serviteurs de Dieu

 qui a été longtemps l’objet de la patience de Dieu

 qui ne veut pas se repentir

 qui cherche à contaminer d’autres églises par ses erreurs au travers d’alliances

 qui sera jugée et détruite à la fin des temps

A qui vous fait spontanément penser cette Eglise : l’Eglise catholique. Sa Jézabel : la papauté !

 la couleur pourpre : celle des dignitaires de l’église catholique

 la concurrence à Christ et sa Parole : le pape et la tradition

 une église qui met l’accent sur les bonnes œuvres : point positif

 la papauté et Jézabel : point communs

Le pape est roi (souverain pontife) et prophète (vicaire du Christ)

L’institution de la papauté a ses sources dans le paganisme

Le culte catholique est marquée par une forte idolâtrie : la reine du ciel, un faux christ

La papauté a été pendant des siècles persécutrice des vrais croyants, attachés à Christ et Sa Parole qui devaient vivre en clandestinité

 La papauté se dit infaillible et refuse donc de revenir de ses erreurs

 La papauté a été l’objet de la longue patience de Dieu

 La papauté cherche à créer des alliances avec toutes les religions

 Elle sera jugée sévèrement et d’un coup avec tous ceux qui ont fait alliance avec elle et se sont prostitués à elle

Nous ne pouvons pas terminer cette étude sans relever la promesse que Dieu fait au vainqueur sortant de cette Eglise : v 26-27. Ce que l’Eglise catholique (ce qui signifie universel) a toujours cherché à avoir par ses alliances et ses compromis, Dieu le donnera, par grâce un jour, à Ses saints : le partage avec Lui de la royauté universelle !

Que Dieu soit béni pour les lumières de sa Parole !

Citations de Saint Augustin, considéré comme le père de l’Eglise catholique : « Emportons du milieu de nous nos papiers et tous nos livres, et que le Livre de Dieu seul s’avance. Quelqu’un me demandera-t-il : Pourquoi ? Parce que je ne veux pas que l’on prouve quoi que ce soit par des documents humains, mais par des oracles de Dieu. Il ne faut pas penser comme les évêques catholiques s’ils pensent quelque chose qui soit contraire aux Ecritures canoniques de Dieu ! »


Je viens bientôt !

samedi 28 novembre 2009

Apocalypse 2,12 à 17 : lettre à l'église de Pergame

1. Introduction :



Après Ephèse et Smyrne, c’est à Pergame que, en vision, le Seigneur conduit Jean et déroule devant lui l’image de ce que sera l’Eglise dans la 3ème étape de son existence historique.

Alors qu’à Ephèse l’Eglise était exposée au risque de la perte de son premier amour et à Smyrne à celui de la persécution, nous sommes confrontés avec Pergame à un danger beaucoup plus subtil et plus pernicieux : ce danger est celui du mélange, mélange entre le vrai et le faux, entre la vérité et l’erreur, entre des enseignements justes, bibliques et des doctrines dont les sources et les origines n’ont rien à voir avec la Parole de Dieu.

C’est là, effectivement, ce qui, sur le plan historique, a marqué l’évolution de l’Eglise. Citée après Smyrne, Pergame nous rappelle que, pour s’opposer au plan de Dieu et à Son projet pour l’Eglise, Satan a recours à deux modes opératoires : le premier, celui utilisé à Smyrne est la violence, le second, celui utilisé à Pergame, est en quelque sorte la corruption. L’un, la violence, est surtout un mode opératoire extérieur (il est rare qu’une église s’effondre parce que ses membres en viennent à s’entre-tuer) ; l’autre, la corruption, le mélange, est un mode opératoire qui agit de l’intérieur.

3ème dans l’ordre des visites du Seigneur aux églises, Pergame hérite de deux désavantages des deux première églises visitées : de Smyrne la persécution qui continue, d’Ephèse, la doctrine des Nicolaïtes : 2,6. Mais au lieu d’être haïe, comme l’était à Ephèse, la doctrine est ici reçue, admise.

Ce que Satan n’arrive pas à faire avec la violence (détruire l’Eglise), il essaye de le faire par la corruption. L’histoire est là toute entière pour dire et témoigner que, si l’Eglise souffre sous la persécution, il est rare que, pour elle, ces temps soient des temps d’affaiblissement. Au contraire ! Comme nous l’avons vu pour l’Eglise de Smyrne à laquelle le Seigneur n’avait rien à reprocher, la persécution, si elle a pour effet de réduire un temps numériquement l’Eglise, amène celle-ci à se préoccuper et à se concentrer sur l’essentiel.

Toute autre est, et nous allons le voir, ce qui se produit lorsque l’Eglise passe de la persécution à la reconnaissance, voire même l’amitié et l’approbation du monde. Jamais l’Eglise n’est alors autant en danger que de perdre son intégrité et sa fidélité aux enseignements et aux doctrines de la Parole de Dieu. Les dégâts qu’occasionne la persécution commencent et finissent avec elle. Il n’en est pas de même avec la fausse doctrine. Semée dans la farine du bon enseignement, elle agit comme le levain qui finit par pénétrer toute la pâte : cf Mat 13,33. Après Pergame, ce n’est pas Smyrne ou Ephèse que l’on trouve, mais Thyatire, une Eglise qui n’est pas seulement infectée par de fausses doctrines, mais qui a carrément à sa tête une fausse prophétesse.

Telle est aussi la réalité de l’histoire. Les fausses doctrines entrées dans l’Eglise les IIème et IIIème siècle vont se traduire les siècles suivants par un système totalement étranger à la Parole et à la pensée de Dieu, système qui subsiste jusqu’à aujourd’hui : le catholicisme avec à sa tête ce que, d’un point de vue biblique, je ne peux appeler autrement qu’un faux prophète : le pape.

Comment ce système est-il né ? De quelle manière a-t-il pu entrer, puis se développer au point de finir par diriger même l’Eglise de Dieu ? C’est ce que nous allons voir maintenant avec Pergame.


2. La ville de Pergame :

« Je sais bien où tu habites ; c’est là que se trouve le trône de Satan : v 13. Il nous est impossible de comprendre ce à quoi fait référence le Seigneur sans connaissance historique de ce qui, au temps où Jean écrit, se passait dans la ville de Pergame.

Aujourd’hui modeste village sans importance, Pergame était, à l’époque de Jean, la capitale très riche d’une province d’Asie. L’un des monarques qui la gouvernaient constitua en son sein une bibliothèque monumentale, forte de 200 000 ouvrages, bibliothèque destinée à rivaliser avec sa concurrente à Alexandrie. Pour la petite histoire, c’est de Pergame que nous vient le nom Parchemin, qui se dit en grec Pergamene et en allemand Pergament.

A Pergame, dit un historien, tout devait être plus grand qu’ailleurs : bibliothèques, colonnades, temples, amphithéâtre… Si la ville est appelée le trône de Satan, ce n’est cependant pas pour ses richesses, mais d’abord et avant tout pour le nombre impressionnant de cultes à caractère occulte que la ville abritait.

Alors que nous étions à Bruges cette semaine, ma femme et moi avons été fortement impressionnés par le nombre considérable d’églises qui sont disséminées dans la ville, et plus encore, par la quantité innombrables de statues de la « Vierge et de l’enfant » gravées sur les maisons et dans tous les coins de rue. Nul doute que Pergame surpassait encore en idolâtrie ce que nous avons vu à Bruges.

En effet, selon les historiens, on trouvait à Pergame :

- un magnifique temple dédié à Athéna, la déesse de la sagesse

- un temple à Bacchus, le dieu des festivités

- le temple d’Esculape, le dieu-serpent de la santé qui avait fait de Pergame le rendez-vous de milliers de pèlerins venus y chercher la guérison (le dieu Esculape figure sur le logo que l’on retrouve à l’enseigne de toutes nos pharmacies)

- un sanctuaire consacré à Jupiter. Le temple de Jupiter à Pergame a été démonté colonnes par colonnes, puis transporté en Europe et reconstruit avant la 1ère guerre mondiale à Berlin, dans le secteur Est de la ville

- le premier temple dédié à un empereur romain, l’empereur Auguste : c’est peut-être pour ce fait plus que tous les autres encore que Pergame est appelée par Jésus le trône de Satan.

Livrée au culte des démons, la cité de Pergame était devenue en son temps le trône de Satan, c’est-à-dire le quartier général de son emprise sur le monde antique.


3. L’Eglise de Pergame :


Le premier enseignement que l’on retire de ce que Jésus dit au sujet de l’Eglise de Pergame est que, si l’Eglise est une société sainte, mise à part pour Dieu, habitée par l’Esprit de Dieu, elle n’est pas pour autant immunisée contre l’influence de la société qui l’entoure. L’exemple nous en est déjà donnée dans le NT par Corinthe, ville réputée pour ses mœurs légères (vivre à la corinthienne), légèreté que l’on retrouve dans la vie des membres de l’église : 1 Cor 5,1.

Au regard de la mentalité de la société qui nous entoure, l’église locale de Pergame nous interroge : qu’est-ce qui, dans nos comportements, notre mentalité, témoigne de l’influence du monde ambiant dans lequel nous baignons ? Dans quelle mesure ce que nous vivons, pratiquons, témoigne du fait que nous sommes véritablement un peuple mis à part pour Dieu, et dans quelle mesure y a-t-il mélange dans nos vies, nos façons de penser entre ce que le monde ambiant dit et fait et ce que la Parole de Dieu nous demande : impact de la psychologie, du relativisme, du rationalisme, du matérailisme…?

S’il y a de bonnes choses dans l’église de Pergame (des témoins fidèles comme Antipas qui a été prêt à donner sa vie pour la défense de la vérité), le Seigneur ne cache pas qu'il a cependant contre elle certains griefs. Le fait pour l’Eglise de Pergame de vivre dans un milieu difficile sur le plan spirituel n’est pas pour le Seigneur une excuse qui justifie ses égarements. Ayant la Parole et l’Esprit de Dieu, nous avons tout ce dont nous avons besoin pour vivre la vie chrétienne que le Seigneur demande de nous !

Quelle était la faute de l’Eglise de Pergame, le grief que le Seigneur avait contre elle ? Ce qu’Il nous dit au v 14 et 15 à ce sujet demande explication.


4. L’enseignement de Balaam

De même que nous ne pouvions pas comprendre pourquoi Jésus appelait Pergame le trône de Satan sans connaître son histoire, il nous est impossible de saisir ce à quoi le Seigneur fait allusion au sujet de Balaam sans connaître au minimum le récit biblique qui en parle.

Pour le comprendre, nous allons donc ouvrir nos Bibles en Nombres 22,1 à 14.

Contexte : Nous nous trouvons avec Balaam au milieu du désert, dans l’un des nombreux épisodes qui jalonnent l’histoire d’Israël, peuple de Dieu sorti d’Egypte par la puissance de Dieu et sous la conduite de Moïse.

Alors que le peuple de Dieu s’approche des frontières du pays promis, nous le voyons remporter de grandes victoires militaires sur les rois qui habitent les territoires sur lesquels il passe. Nomb 21,21 à 36 qui précède le passage que nous venons de lire, nous rapporte ainsi qu’Israël vient juste de conquérir le territoire de 2 rois puissants : Sihon et Og.

Spectateur de ces victoires éclair, Balaq, le roi de Moab qui est le prochain sur la liste, s’inquiète. Si les armes et l’option militaire ne réussissent pas, comment peut-il arrêter Israël ? C’est là que l’idée lui vint de faire appel au devin Balaam, connu pour ses pouvoirs occultes et spirituels. Balaq envoie donc des émissaires vers Balaam pour lui dire : Viens chez moi et maudis Israël, car, dit-il, je sais que celui que tu bénis est béni, et que celui que tu maudis est maudit : v 6.

Balaam demande, avant de donner sa réponse définitive, un temps de réflexion. La nuit même, Dieu vient vers Balaam pour lui interdire de maudire Israël, car, lui dit-il, Israël est béni. Les émissaires retournent vers le roi Balaq pour lui donner la réponse de Balaam.

L’histoire ne s’arrête pas là. La suite du récit nous apprend que Balaq ne renonce pas à son projet. Il envoie de nouveaux émissaires chargés de riches présents dans le but de gagner Balaam. Bien que refusant d’abord, Balaam, avec l’autorisation de Dieu (Dieu ne change pas d’avis : puisque Balaam veut partir, il le laisse), part. En chemin cependant, il aura à faire à la manifestation de la colère de Dieu qui va tenter de l’arrêter en faisant parler son ânesse.

Balaam écoute et s’engage alors devant Dieu à ne prononcer devant Balaq au sujet d’Israël que les paroles qu’Il lui inspirera. C’est ce qui se produit et que nous rapporte Nomb 23 et 24.

On pourrait croire en lisant le livre des nombres sans lire le passage de l’Apocalypse que l’histoire de Balaam s’arrête là. En fait, il n’en est rien. Car Jésus nous apprend qu’après avoir béni Israël, Balaam, voyant Balaq déçu, a prodigué de nouveaux conseils.

Puisque les sorts et les enchantements n’ont aucun pouvoir sur Israël, Balaam a suggéré à Balaq une autre voie pour provoquer la chute du peuple de Dieu : c’est la voie de la séduction, du compromis du mélange.

C’est en quelque sorte comme si Balaam avait dit à Balaq : « Puisque tu ne peux pas vaincre Israël de l’extérieur, soit par les armes, soit par l’occultisme, je te propose une autre voie : essaie de le corrompre de l’intérieur. Tu as un allié puissant avec toi au sein d’Israël : son propre cœur mauvais. Fais vibrer les cordes de son cœur naturel et je suis sûr qu’il y répondra. Ainsi, ce n’est pas toi qui détruira ce peuple, mais lui-même en s’exposant au jugement de Dieu ! »

La ruse et l’enseignement de Balaam fiont mouche. Immédiatement après Nomb 24, on trouve Nomb 25,1 à 5 qui nous montre l’efficacité et le succès de la doctrine de Balaam toute entière fondée sur le mélange et le compromis. Séduit par les filles de Moab, les fils d’Israël adoptent leurs coutumes et commencent à offrir des sacrifices à leurs dieux.

5. Application pour l’Eglise

Alors que, sortie de la persécution, l’Eglise de Jésus-Christ apparaît comme une force irrésistible et victorieuse dans le monde, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Séduite par le pouvoir romain qui ordonne que le christianisme devienne religion d’Etat, l’Eglise s’empêtre dans le mélange, et adopte de multiples articles de foi étrangers à l’Evangile. Elle sombre du coup dans l’erreur et l’adultère spirituel et perd ce qui, jusqu’alors, faisait sa force : son attachement à Dieu et à Sa Parole !

C’est l’époque de la naissance des grandes hérésies dite chrétiennes qui subsistent jusqu’aujourd’hui :

- la naissance du culte marial, du purgatoire

- la primauté de l’évêque de Rome sur les autres

- l’invention du clergé seul habilité à comprendre et expliquer la parole et donner les sacrements

- la célébration de la messe

- la naissance de la Tradition mise au même niveau que la Bible, etc…

Voir le livre : les deux Babylones


6. Remède contre le mal qui ronge l’Eglise de Pergame


Le mélange étant entré à Pergame, quel remède le Seigneur préconise-t-il pour guérir cette église infectée par la fausse doctrine. Comme il en est pour Smyrne et pour Ephèse, c’est dans le nom sous lequel le Seigneur se présente à cette église que se trouve le secret du remède qui peut la guérir : v 12 à 18

C’est de l’épée à double tranchant qui sort de la bouche du Seigneur : Apoc 1,16, que seule peut venir la délivrance pour une église infestée par le mélange doctrinal. Cette épée qui, seule, a le pouvoir d’aiguiser notre discernement, est, précise l’épître aux hébreux, l’épée de la Parole de Dieu : Hébr 4,12.

Face aux tentatives de corruption dont le Seigneur a lui aussi été l’objet dans le désert, nous nous souvenons que Sa défense n’a été faite que d’une seule chose : Il est écrit. C’est ce mode défense qu’Il nous demande aussi d’adopter face à toutes les doctrines par lesquelles Satan essaye d’infiltrer l’église pour la détruire de l’intérieur.

Alors que l’idolâtrie se répandait à grande vitesse dans le peuple d’Israël, la Bible rapporte que Phinéas, l’un des neveux de Moîse, qui était prêtre, prit sa lance et transperça d’un seul coup un Israélite et une moabite qui couchaient ensemble : Nomb 25,6 à 9 Par son zèle, il mit fin au jugement de Dieu qui avait déjà décime 24 000 personnes dans le camp, ce qui lui valut d’être l’objet d’une alliance perpétuelle de paix de la part du Seigneur : Nomb 25,10 à 13.

Dans un temps où la vérité se mélange avec l’erreur, le Seigneur est toujours à la recherche de Phinéas, d’hommes saints sans compromis avec la Parole, capables de brandir avec lui l’épée de l’Esprit pour séparer dans le peuple de Dieu ce qui est pur, de ce qui ne l’est pas, ce qui est profane de ce qui est sacré. C’est là le défi particulier qui revient à tous les hommes de Dieu dans tous les siècles.

7. Récompenses promises au vainqueur

Même si l’Eglise de Pergame est infectée par l’erreur, il est tout de même possible en son sein d’être vainqueur. A celui qui, là où se trouve le trône de Satan, Lui reste fidèle, le Seigneur promet deux récompenses :

- la 1ère est de le nourrir de la manne cachée. Cette manne, nous le savons, était la nourriture céleste que Dieu, chaque jour, fit descendre du ciel pour nourrir miraculeusement Son peuple dans le désert. Dieu, de même, promet aux membres de Son peuple qui Lui reste fidèle au milieu de l’erreur de les soutenir et de les nourrir chaque jour miraculeusement par le pain de Sa Parole

- la seconde est un caillou blanc sur lequel est écrit un nom nouveau que seul celui à qui il est destiné connaît.

Il y avait, semble-t-il, dans l’Antiquité, 3 usages particuliers pour le caillou blanc :

- lors d’un jugement, les cailloux noirs symbolisaient la condamnation, et les cailloux blancs l’acquittement.

- Les cailloux blancs étaient aussi utilisés lors d’un vote pour exprimer son suffrage lors d’un débat

- Le caillou blanc servait enfin au maître de cérémonie lors d’un repas pour inscrire le nom des invités.

L’idée présente derrière le caillou blanc sur lequel se trouve le nom des vainqueurs, est la promesse que Dieu fait qu’il fera asseoir à Sa table et près de Lui tous ceux qui, au cours des siècles, seront fermement attachés à la Vérité. Il les appellera Lui-même par leur nom, le nom qui caractérisera ce qu’ils ont été (Fidèle, Vaillant…) pour les faire siéger avec Lui à sa droite, dans les cieux !

Que Dieu nous donne en notre temps d’être trouvé parmi ces vainqueurs !


Je viens bientôt !

samedi 24 octobre 2009

Apocalypse 2,8 à 11 : lettre à l'église de Smyrne

1. Introduction :



Nous sommes, avec cette visite de Jésus à l’église de Smyrne (aujourd’hui Izmir, 3ème ville de Turquie) toujours dans le contexte de la vision que Jean a reçu du Seigneur sur l’île de Patmos. Dans ce contexte, rappelons-nous le, Jean, un dimanche, avait entendu une voix forte s’adresser à lui. Puis, se retournant pour voir qui était derrière cette voix, il avait vu le Seigneur au milieu de sept porte-lampes ou chandeliers d’or, représentant les 7 églises d’Asie.

Commençant par Ephèse, le Seigneur entreprit ensuite de faire avec Jean le tour de chacune des églises. L’ordre de cette tournée des églises par le Seigneur, avons-nous vu, ne procède pas du hasard. D’après les historiens et comme nous le verrons encore plus tard, elle correspond assez exactement à la description des différentes phases par lesquelles l’Eglise passera au cours du temps. Si l’Eglise d’Ephèse correspond au temps de l’Eglise primitive, à ses débuts (il y est parlé des apôtres), l’Eglise de Smyrne incarne quant à elle assez nettement la seconde phase de l’histoire de l’Eglise, l’Eglise dans la souffrance de la persécution, l’Eglise des catacombes et des arènes, l’Eglise des martyrs.

Que dit Jésus ? Quel jugement porte-t-il sur cette partie de l’histoire de l’Eglise ? Que pouvons-nous en retirer pour nous aujourd’hui ? C’est ce que nous allons essayer de voir ce matin !


2. Identité de l’Eglise de Smyrne :


A. Je connais :

Tout comme le Seigneur l’avait dit à Ephése, Il dit aussi à Smyrne qu’Il connaît, qu’Il sait, qu’Il est parfaitement conscient et au courant de tout ce que l’Eglise de Smyrne vit et de tout ce par quoi elle passe.

Si le fait de savoir que le Seigneur sait ce qui se passe dans l’Eglise, lorsqu’il y a en son sein des choses qui ne sont pas à Sa gloire, peut nous inspirer un sentiment de crainte, il en est tout autrement lorsque l’Eglise passe par la persécution. Le « Je connais » du Seigneur ne se montre pas ici effrayant, mais consolant.

C’est sans doute là, avec d’autres que nous verrons plus tard, la 1ère consolation que tout chrétien rejeté, mis de côté, devant souffrir pour sa foi, reçoit de la part du Seigneur. Chacune de nos détresses, comme Il le dit aussi en Esaïe 63,9, est aussi Ses détresses. Paul, dans l’épître aux romains, pose la question : Qui peut nous séparer de l’amour de Christ ? Sera ce la détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le péril ou l’épée ? Je suis persuadé pour ma part, poursuit-il, que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune créature n’a le pouvoir de nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ : Rom 8,35.39.

Sans doute aucun de nous n’a connu la souffrance et la persécution pour Christ au point où l’ont connu l’Eglise des martyrs du 1er au 3ème siècle. Pourtant les paroles de Jésus dans les souffrances que nous pouvons vivre pour Lui dans ce monde à cause de notre foi sont aussi pour nous. Il connaît aussi ce que nous vivons : que cette certitude puisse être la source première de notre consolation !

Il connaît : mais que connaît-Il ? Que voit-Il de la situation de Smyrne ? 3 choses :


B. Je connais ta détresse, ta pauvreté, les calomnies (ou blasphèmes)…

En disant ce qu’Il connaît de l’Eglise de Smyrne, Jésus fait vraiment le tour de tout ce qui la touche et la concerne :

a. Il connaît sa détresse : il sait exactement ce par quoi elle passe. Il sait de quoi sa douleur et sa souffrance est faite. Il la mesure parfaitement, étant d’ailleurs Lui-même passé par là avant elle.

Quoi que nous connaissions et ce par quoi nous devons passer à cause de Jésus, nous devons nous rappeler qu’il est impossible que Jésus y soit étranger. Si nous connaissons, la prison, les coups, l’humiliation, les calomnies à notre encontre, sachons que Jésus les a connu avant nous. Soyons-en certain : parce que Jésus l’a vécu avant nous, Il sait, connaît ce que cela signifie que de passer par la détresse. Aussi, avoir communion à ses souffrances, y participer pour l’avancement du royaume de Dieu fait partie du contrait qui nous lie à Lui en tant que disciple : 2 Cor 1,5 ; Philip 3,10 ; Col 1,24


b. Il connaît ensuite sa pauvreté –quoique, ajoute-t-il, elle est riche :

Nul doute qu’en disant ce qu’Il dit ici, Jésus ne répond pas seulement à la situation extérieure par laquelle passe l’Eglise : Hébr 10,32 à 34, mais aussi au sentiment intérieur qui l’habite. S’il y a bien en effet un sentiment qui peut habiter le chrétien qui souffre, c’est sans nul doute le sentiment de son impuissance, voire de son inutilité. Qui suis-je moi chrétien enfermé en prison, livré à la mort, pauvre au point d’avoir tout perdu jusqu’à mes droits les plus élémentaires : liberté de culte, d’expression, de réunion, etc…

Tu te penses pauvre, répond Jésus ! Eh bien, moi je te dis que tu es riche ! Car, si pour Moi, tu montres que tu es capable de tout perdre, y compris peut-être un jour ta vie, alors tu témoignes au monde que tu possèdes en toi un trésor qui vaut plus que toutes les richesses du monde. Rappelle-toi, Eglise de Smyrne, ce que J’ai dit en mon temps à Mes disciples : A quoi sert-il à un homme de gagner le monde entier si c’est pour faire la perte de son âme : Marc 8,36 ? Souviens-toi en : la richesse véritable ne se trouve pas du côté de ceux qui te font la guerre et te prenne tout, mais de ton côté.


c. Il connaît les calomnies dont l’Eglise est l’objet :

Si la souffrance physique est sans nul doute l’un des aspects les plus insupportables de la persécution, elle n’est pas le seul. Il arrive parfois même qu’intérieurement le fait d’être calomnié, faussement accusé dépasse en souffrances ce que des coups pourraient produire.

Sachons-le pourtant : la calomnie, le mensonge sont et continuent à être aujourd’hui, dans les pays où règne la persécution, l’une des armes les plus utilisées contre l’Eglise de Jésus-Christ.

Tel pasteur est ainsi accusé en Iran ou en Chine d’être un ennemi de l’Etat ou, parce qu’il a reçu un chrétien occidental chez lui, un relais de puissances étrangères. Tel autre peut être arrêté sous prétexte qu’il a commis des délits ou des faits, soi-disant répréhensibles par la loi.

Sachons que, si un jour notre liberté est menacée, le mensonge et la calomnie feront partie de l’arsenal des armes utilisées contre nous. Jésus en a été l’objet : « Nous avons trouvé cet individu en train d’inciter notre nation à la révolte ; il empêche de payer l’impôt à César, et il se dit lui-même Christ, roi : Luc 23,2. Nous le serons aussi.

Consolons-nous cependant car, comme Il connaît la détresse par la quelle nous passons, Jésus connaît aussi la validité des accusations dont nous pouvons être l’objet. Si nous n’avons rien à nous reprocher devant Dieu, nous n’avons pas à tenir compte des accusations dont nous pouvons être l’objet de la part des hommes. Bien plus, Jésus nous a dit que le jour où une telle chose nous arriverait serait un beau jour : Mat 5,11-12. Ces calomnies sont la preuve que nous sommes du bon côté, du côté de la vérité et du Royaume de Dieu !


3. Le pouvoir du diable

Si ce sont bien des hommes qui calomnient et persécutent l’Eglise de Smyrne, Jésus tient à ce que, dans l’esprit des chrétiens, il n’y ait aucune ambiguïté au sujet du véritable auteur de leur souffrance. Leur véritable adversaire, ce ne sont pas les êtres de chair et de sang qui les arrêtent, les persécutent, les calomnient, les font souffrir : c’est le diable.

Si, à la lecture, cette distinction peut nous apparaître comme une simple tournure de langage, en réalité, dans la persécution, elle est essentielle. Car, comment, en effet, pourrions-nous rester des témoins du Christ dans ce monde si nous ne faisons pas la distinction entre ceux qui nous persécutent et celui qui est le véritable auteur de la haine dont nous sommes l’objet ?

Jamais une seule fois il n’apparaît, dans les discours et le comportement de Jésus, que celui-ci ait considéré les hommes comme ses véritables adversaires :

- Jésus a recommandé d’aimer ceux qui nous persécutent, de prier pour eux, de les bénir (leur souhaiter et leur faire du bien) : Luc 6,27-28. Or cette exigence n’est seulement possible que si nous les considérons, non comme des coupables, mais eux-mêmes comme des victimes du Malin.

- Même alors qu’il est arrêté, Jésus continue à appeler Judas « Ami ! » Jésus veut rendre Judas conscient que, bien qu’il soit séduit, son vrai ennemi n’est pas lui, mais celui qui, à cette heure, le manipule. Jésus chercherait-il par cette distinction à sauver encore Judas : je ne le sais. Mais notons qu’Il l’a fait clairement !

Satan, le diable, étant le véritable ennemi du chrétien, la question se pose, quelle est l’étendue de son pouvoir envers eux ? Lisant l’Apocalypse, on peut en déduire au moins deux choses :

1. Bien que la cause de Satan soit perdue, jusqu’à ce qu’il soit définitivement jeté dans l’étang de feu et de souffre, il jouit encore d’une grande liberté et d’un grand pouvoir. Ainsi, rien que dans ce livre nouvs le voyons :


- jeter des chrétiens en prison : 2,10

- les accuser jour et nuit devant le trône de Dieu : 12,10 (quelle patience de Dieu ! ! !)

- s’acharner sur Israël : 12,13

- faire la guerre aux saints et les vaincre : 13,7a

Tout ce que Satan peut faire contre le peuple de Dieu, il ne se prive pas de le faire


2. Bien que Satan jouisse encore d’une grande liberté et qu’il possède un grand pouvoir, tout ce qu’il fait au peuple de Dieu est parfaitement mesuré et contrôlé par Dieu :


- il jette les chrétiens en prison, mais la durée est limitée (10 jours : il y aurait eu, paraît-il, 10 empereurs qui auraient persécuté les chrétiens)

- il accuse Dieu jour et nuit, mais le Christ intercède jour et nuit aussi pour les Siens

- il poursuit Israël pour le détruire, mais miraculeusement Israël survit

- il fait la guerre aux saints, mais son règne sur terre, qui lui est donné par Dieu, sera en réalité hyper-bref : une heure : Apoc 17,12.


4. Résistez :

Si quelqu’un sait ce que cela signifie d’être jeté en prison par le diable, c’est bien Marie Durand. Née au XVIIIème siècle, cette jeune protestante n’est encore qu’une jeune fille, lorsqu’à 18 ans, elle est arrêtée et emprisonnée dans la tour de Constance à Aigues-Mortes. Marie Durand n’en sortira que 39 ans plus tard pour ne vivre finalement que 8 ans de liberté. Comment Marie Durand a-t-elle fait pour supporter un si long temps de captivité. Quel était son secret pour tenir ainsi seule, isolée, et ne pas renier sa foi ou finir même par perdre la raison ?

Sur le mur de la cellule dans lequel elle se trouvait, Marie Durand a gravé un mot, un seul qui, malgré le temps qui passe, est resté inscrit dans la pierre de la tour. Ce mot est « Résistez ! ». Comment en tant que chrétien est-il possible de résister, de tenir face à la souffrance et la persécution desquelles nous sommes l’objet de la part de Satan ? Il est impossible en 5 minutes de répondre à cette question. Quelques indices cependant de la lettre adressée par Jésus à l’église de Smyrne peuvent cependant nous aider à y répondre.

1er indice : Il est contenu dans le titre ou l’expression même sous laquelle Jésus se présente à l’église de Smyrne. Si Jésus avait tenu à souligner à l’église d’Ephèse, qui était l’église qui occupait la place principale dans l’ordre des églises d’Asie, que c’était Lui le Chef de l’Eglise, c’est ici en tant que Ressuscité et vainqueur définitif de la mort que Jésus se révèle à l’église de Smyrne.

Par cette présentation, Jésus nous rappelle que, dans la souffrance et la persécution, il n'y a au fond qu’une seule chose permettant aux chrétiens de tenir : c’est leur espérance. Quand bien même les souffrances du moment seraient éprouvantes, le chrétien sait que, malgré le caractère difficile qu’elles revêtent, elles sont et restent passagères, momentanées. Notre ennemi peut certes nous ôter la vie, mais, Jésus l’atteste, il y a une chose qu’il ne peut pas nous prendre : c’est notre relation avec Dieu et notre salut : rappel : Rom 8,35 à 39. Aussi, ce n’est pas ceux qui peuvent détruire notre corps que nous devons craindre dans la persécution, mais Celui qui seul a le pouvoir de faire périr à la fois l’âme et le corps dans la géhenne : Mat 10,28

2ème indice : Si Jésus se présente comme le Ressuscité à l’église de Smyrne, ce n’est pas seulement pour dire et attester aux chrétiens qui souffrent que le diable et la mort n’auront pas le dernier mot sur eux. C’est aussi pour leur dire que, malgré leur incarcération et leur isolement, ils peuvent compter sur Lui, sur sa présence à chaque instant avec eux et auprès d’eux. Comme le dit Paul dans sa lettre aux corinthiens, les chrétiens sont persécutés, mais non abandonnés : 2 Cor 4,9. Ils sont légion les témoignages de chrétiens qui attestent qu’en prison à cause de leur foi, ils ont connu sans Bible une proximité avec le Seigneur comme jamais ils ne l’ont eu du temps de leur liberté.

3ème indice : il est dans la récompense que Jésus promet à ceux qui Lui resteront fidèles jusqu’à la mort : Apoc 2,10. De façon très claire, la Bible lie fortement la souffrance que nous pouvons vivre dans le présent à la gloire à venir qui sera la nôtre : Rom 8,17-18 ; 2 Cor 4,17-18. « Si l’Apocalypse, dit John Alexander, annonce des lendemains qui pleurent, elle prédit aussi des surlendemains qui chantent !


5. Conclusion

Si chaque chrétien n’est pas appelé à passer par le martyr, tous doivent être prêts à le devenir. C’est ce dont témoigne l’apôtre Paul lui-même en Actes 21,13. Si Paul n’était pas ici un martyr, il en avait en quelque sorte l’esprit.

Si cette disposition existe dans le cœur de Paul, croyons bien qu’elle n’est pas due à son caractère. Ni lui, ni Etienne, ni aucun autre chrétien qui dut mourir pour sa foi n’était des hommes au-dessus des autres. Une seule chose au fond les rendait prêt à payer le prix maximal pour la cause de leur Maître : c’était celle qui allait en s’affaiblissant de plus en plus dans l’église d’Ephèse : leur amour pour Christ : 2 Cor 5,14-15

Au IVème siècle, Basile, un évêque, parle d’une vierge condamnée à être brûlée vive, à laquelle on offrit sa vie et ses biens si elle acceptait de se prosterner devant une idole. Elle répliqua : « Que la vie et l’argent s’en aillent, bienvenue à Christ. »

Bienvenue à Christ ! Que Dieu nous donne dans Sa grâce aujourd’hui d’être prêt, s’il le faut, à payer le prix maximal pour Lui, sachant qu’à ce moment, comme à tout autre où nous devons être des témoins pour Lui, Il ne nous fera pas défaut !


ANNEXE : Compilation de témoignages de martyrs de l’époque romaine :


Polycarpe : évêque de Smyrne

Le tumulte fut grand quand le public apprit que Polycarpe était arrêté. Le proconsul se le fit amener et lui demanda si c’était lui Polycarpe. Il répondit que oui, et le proconsul cherchait à le faire renier en disant : « Respecte ton grand âge » et tout le reste qu’on a coutume de dire en pareil cas. « Jure par la fortune de César, change d’avis, dis : A bas les athées (les chrétiens étaient considérés comme tels). » Mais Polycarpe regarda d’un œil sévère toute cette foule de païens impies dans le stade, et il fit un geste de la main contre elle, puis soupirant et levant les yeux, il dit : « A bas les athées ». Le proconsul insistait et disait : Jure, et je te laisse aller, maudis le Christ » ; Polycarpe répondit : « Il y a quatre-vingt-six ans que je le sers, et il ne m’a fait aucun mal ; comment pourrais-je blasphémer mon Roi qui m’as sauvé ? »


Ignace : évêque d’Antioche de Syrie


C’est de bon cœur que je vais mourir pour Dieu, si du moins vous, vous ne m’en empêchez pas. je vous supplie, n’ayez pas pour moi une bienveillance inopportune. Laissez-moi être la pâture des bêtes, par lesquelles il me sera possible de trouver Dieu. Je suis le froment de Dieu, et je sui moulu par la dent des bêtes, pour être trouvé un pur pain du Christ… Depuis la Syrie jusqu’à Rome, je combats contre les bêtes, sur terre et sur mer, nuit et jour, enchaîné à dix léopards, c’est-à-dire un détachement de soldats… C’est maintenant que je commence à être un disciple du Christ. Que rien, des êtres visibles et invisibles, ne m’empêche par jalousie, de trouver le Christ. Feu et croix, troupeaux de bêtes, lacérations, écartèlements, dislocations des os, mutilation des membres, mouture de tout le corps, que les pires fléaux du diable tombent sur moi, pourvu que seulement je trouve Jésus-Christ.


Tertullien : Apologète

Pour vous, dignes magistrats, assurés comme vous l’êtes des applaudissements du peuple, tant que vous lui immolerez des chrétiens, condamnez-nous, tourmentez-nous, écrasez-nous : votre injustice est la preuve de notre innocence ; c’est pourquoi Dieu permet que nous soyons persécutés. Dernièrement, condamnant une chrétienne à être exposée dans un lieu infâme plutôt qu’au lion, vous avez reconnu que la perte de la chasteté est pour nous le plus grand des supplices, et plus terrible que la mort même. Mais vos cruautés les plus raffinées ne servent à rien : c’est un attrait de plus pour notre religion. Nous multiplions à mesure que vous nous moissonnez : notre sang est une semence de chrétiens.


Je viens bientôt !

vendredi 25 septembre 2009

Apocalypse 2,1 à 7 : lettre à l'église d'Ephèse

1. Introduction :




La dernière fois que nous avons ouvert ensemble ce livre si précieux et si important de l'Apocalypse, nous avions trouvé et laissé Jésus debout, présent au milieu des sept Eglises d’Asie. Alors que Jean écrit à la première d’entre elle, c’est de nouveau ici que nous le retrouvons : 2,1.



Le fait que Jésus soit présent et qu’Il marche personnellement au milieu des églises a pour nous, comme pour les églises dont il s’agit ici, à la fois quelque chose de rassurant et de redoutable :



- rassurant car, comme le montre Jean, c’est Lui, Jésus, qui tient les sept étoiles dans sa main droite. Si les églises, telles les étoiles brillant dans l’obscurité du ciel, sont appelées à être des lumières qui brillent dans ce monde de ténèbres dans lequel nous nous trouvons, nous voulons nous souvenir que ce n’est pas d’abord d’elles-mêmes mais de leur Seigneur que dépend leur sécurité.



Qui tient l’Eglise dans sa main, son témoignage, son rayonnement, son impact dans ce monde ? De qui dépend sa sécurité ? Est-ce de ses responsables, des missionnaires, de la vie de ses membres ? Non ! C’est d’abord, nous montre Jean, du Seigneur.



Il est celui qui nous entoure par derrière et par devant et qui met Sa main sur nous. Rien de ce qui nous touche et nous atteint en tant que communauté n’arrive sans passer par Lui.



- si le fait que Jésus tient dans sa main droite les sept étoiles a tout pour nous rassurer, la vision de Jean nous montre que ce fait ne suffit pas à lui seul pour résumer la position de Jésus dans l’Eglise. Non seulement Jésus tient le témoignage de l’église dans sa main, mais encore il marche au milieu d’elle. Or, cet aspect, s’il a d’une certaine façon un côté rassurant, a aussi un côté redoutable.



Ce côté est que rien dans la vie de l’église au milieu de laquelle Jésus marche, ne saurait être caché à Ses yeux et passer inaperçu. Je connais, dit Jésus à l’église d’Ephèse… Je sais exactement où tu en es avec Moi, dans quel état tu te trouves, ce qui va bien, mais aussi ce qui ne va pas ou plus aussi bien que dans le passé. Si tu peux te tromper toi-même sur ton compte et ton propre état, sache que tu ne peux pas Me tromper. Il serait sage donc que tu M’écoutes pour réformer ce qui doit l’être. Car, si je te confronte à ton état, si je pose sur toi un diagnostic, ce n’est pas d’abord pour t’affliger, mais pour te guérir.



Tel est l’état d’esprit dans lequel Jésus ici, comme plus tard, fait le tour des églises. Son objectif n’est pas de juger et de détruire, mais bien de traiter. Car il sait que, comme le corps humain, le corps de Christ peut être affligé de toutes sortes de maladies plus ou moins graves.



Pour l’heure, le Seigneur commence à relever les élements de bonne santé de l’église d’Ephèse. ils sont au nombre de 3 :



- les œuvres, le travail qui se fait dans l’église. Si les œuvres n’entrent pas en ligne de compte dans notre justification, elles ne sont pas pour autant sans importance aux yeux du Seigneur. Jacques l’affirme clairement : les œuvres sont la justification de la réalité de notre foi : Jac 2,14 à 17. Une foi qui ne produit ni labeur, ni engagement à l’égard de Dieu et du prochain est sans valeur.

- le discernement spirituel. Le constat que fait le seigneur prouve que l’avertissement de Paul aux anciens d’Ephèse au moment de ses adieux était juste et a porté ses fruits : Actes 20,29 à 31

- la fidélité à Dieu dans la souffrance. Notons que si, dans l’histoire de l’Eglise la persécution ira crescendo, c’est dès l’origine qu’elle a été présente.





Si Ephèse se trouve à la tête des églises mentionnées, croyons bien qu’il n’y a là rien qui soit dû au hasard. Car si, comme nous le lisons dans les autres lettres, l’état de l’église va aller en s’empirant, le mal qui atteint l’église, qui la ronge et la dégrade, a commencé quelque part.



Ce quelque part, Jésus le révèle ici : c’est, dit-il, la perte du premier amour, la perte qui, pourrait-on dire, est à l’origine de toutes les autres pertes spirituelles, morales, mais aussi plus tard doctrinales.



Ana lyse du danger de cette perte et de la façon avec laquelle, avec l’aide de Dieu, elle peut-être annulée.



2. L’amour : son importance :



S’il y a bien, dit l’apôtre Paul, une chose, une vertu qui surpasse toutes les autres dans la vie de l’Eglise, c’est l’amour : 1 Cor 13,1 à 3. Le constat de Jésus pour l’église d’Ephèse dans l’Apocalypse de Jean rejoint celui de Paul.

L’église d’Ephèse a beau être un modèle de belles œuvres, de persévérance, de justesse doctrinale, ayant perdu le 1er amour qu’elle avait pour son Seigneur, elle a perdu, montre Jésus l’élément essentiel, ce qui était le moteur même de l’énergie et de la motivation qui la fait vivre.



Sans doute l’église d’Ephèse fonctionne-t-elle encore bien. A la regarder de l’extérieur, il semblerait que rien n’ait vraiment changé. La Parole continue à être prêchée ; les messages sont justes et de qualité ; les activités et les réunions habituelles de l’église se poursuivent. Mais, malgré tout, quelque chose a disparu. Et ce quelque chose, qui est la chose la plus précieuse et la plus chère à Jésus, ne saurait à ses yeux passer inaperçu.



Si la norme selon laquelle en tout temps l’église devrait vivre est le premier amour, que signifie-t-il ? Comment, au travers de quelles preuves peut-on voir et juger de la qualité de notre amour pour Dieu. regard sur l’Ecriture pour essayer de le comprendre.



3. Les preuves de l’amour :



a. la 1ère preuve de l’amour tient au prix que celui qui aime est prêt à payer pour manifester l’attachement qu’il a pour l’être qu’il aime. De nombreux exemples bibliques témoignent de l’importance première de ce critère comme preuve de l’amour :



- Jean 3,16 : Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné Son Fils unique

- Je me souviens, dit Dieu à Israël, de ta fidélité de jeune fille, de ton amour de jeune mariée, quand tu me suivais au désert, sur une terre où rien ne pousse : Jérémie 2,2

- Marie, aimant Jésus, prit une livre d’un parfum de nard pur de grand prix, en répandit sur les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses cheveux : Jean 12,3

- Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde au Père, Jésus qui avait aimé les sines qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Pendant le dîner, il se leva de table, se défit de ses vêtements et prit un linge qu’il attacha comme un tablier. Puis il versa de l’eau dans une cuvette et se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer : Jean 13, 1 à 5



Bien que différent dans la forme, les 3 exemples que je viens de citer témoignent tous de la même réalité. L’amour passionné ne peut faire autre chose que donner et se donner… jusqu’à la mort.



Il n’y a pas d’amour véritable sans sacrifice, sans renoncement à sa personne, sans le fait de placer au-dessus de soi, de sa vie, de ses intérêts, l’être aimé ; c’est là l’amour que Dieu a montré pour nous et qu’Il attend aussi que nous montrions pour Lui.



D’autres exemples bibliques plus simples montrent cela et témoignent de la manière dont le premier amour s’est manifesté dans la vie des premiers chrétiens :

- Actes 2,44-45 ; 4,32 : sens extrême de la communauté

- Galates 4,13 à 15 : manifestation élevée de l’estime que l’on a pour l’autre

- Hébreux 10,32 à 34 : l’amour des premiers jours.



Quelle place occupe Jésus dans mes affections ? Suis-je plutôt comme Marie qui estime que rien n’est trop beau, trop cher, trop coûteux pour Lui ? Ou plutôt comme Judas qui estimait qu’il ne faut pas exagérer, qu’il y a des limites à l’expression de l’amour que l’on a pour Jésus, qu’il faut certes L’aimer, mais de là à sacrifier l’essentiel, il y a là de l’abus, du gaspillage, de l’extrémisme…



Quelle place occupe Jésus dans mon emploi du temps de tous les jours, dans la gestion de mes biens, de mon budget ?



Alors que l’Eternel fait le procès de Son peuple, Il lui reproche en Esaïe une chose qui est l’une des marques évidentes de la perte du premier amour qu’il avait pour lui : c’est le mépris dont il faisait preuve à l’égard du respect du sabbat : Esaïe 58,13-14. Et nous comment considérons-nous le jour du Seigneur ? Est-ce d’abord un jour pour nous ou pour Dieu ? Est-ce juste que nous sacrifiions ce jour pour d’autres intérêts ?



S’il peut y avoir exception, il nous faut absolument être au clair à ce sujet : toute absence en ce jour réservé au peuple de Dieu pour rendre à son Dieu le culte qui Lui est dû ne saurait être justifiée. Comment pensons-nous que prendrait une fiancée qui, attendant son fiancé pour son rendez-vous, s’entendrait dire que celui-ci a finalement préféré faire du vélo ou rencontrer d’autres amis qu’elle ? Ne se sentirait-elle pas profondément blesser par le choix du fiancé, et ne s’interrogerait-elle pas à juste titre sur la profondeur de l’amour qu’il a à son égard ?



Rappelons-nous qu’au-delà de nos paroles, ce sont les choix que nous faisons et les décisions que nous prenons qui témoignent en premier lieu du degré d’amour que nous portons à Jésus !





b. C’est dans le livre de l’amour de la Bible, le Cantique des cantiques, que nous trouvons la seconde preuve de l’amour : Cantique 2,5 : c’est la maladie qu’occasionne l’amour.



Quelle est cette maladie de l’amour ? Tous ceux qui, un jour, ont été follement amoureux de quelqu’un l’ont connu. C’est le fait que, tellement absorbé par la pensée de l’autre, celui qui aime en perd l’appétit ainsi que tout intérêt pour autre chose.



Les psychologues s’accordent d’ailleurs pour dire que, si l’état amoureux est normal, il ne faudrait pas, que dans ses premiers effets, il dure trop sans Quoi il risque de mettre sérieusement en danger la vie et l’équilibre psychique de la personne.



Il y a cependant dans l’état amoureux un parallèle fort avec le premier amour qui doit habiter notre cœur pour le Seigneur. C’est l’idée selon laquelle il nous est impossible, insupportable d’être éloigné, séparé de Lui, de ne pas ou plus le côtoyer.



Ressentons-nous au fond de nous-mêmes chaque jour la faim et la soif de Dieu. le fait de ne pas Le côtoyer, en ne lisant pas sa Parole ou en ne priant pas, se traduit-il par un sérieux manque dans notre vie.



Si oui, c’est que notre amour l’appelle, et nous pouvons nous en réjouir. Sinon, il faut nous interroger sur sérieusement sur la qualité, voire même la réalité de notre relation avec Dieu. Si nous pouvons nous passer de contact avec dieu aussi facilement que du contact avec notre voisin, il faut sérieusement nous interroger sur la nature du lien qui nous lie à Lui.



4. Causes de l’abandon du premier amour



Si l’amour est essentiellement le sentiment du besoin de l’autre, de Sa présence, d’où vient que, aimé par Dieu, le chrétien en vienne à perdre ou abandonner son amour ? Parmi toutes les causes possibles qui sont à l’origine de cet abandon, j’aimerais ce matin en citer 4 :



a. la 1ère est celle qui guette toute personne engagée dans une relation d’amour : le temps qui passe, la routine, l’habitude qui s’installe. Cette 1ère est la cause non avouée de multiples divorces. « Nous n’avions rien l’un contre l’autre, mais il n’y avait plus de surprises, plus de nouveautés, plus d’enchantement dans notre relation. Nous nous sommes séparés. »



Si le premier amour est le fruit d’une découverte et d’une révélation, celle de l’autre, il ne peut durer que si cette découverte et cette révélation se poursuit. Il n’est pas dans l’idée de Dieu que notre amour pour lui, comme entre nous, s’arrête parce que nous connaissons l’autre. Si nous Le connaissons, sachons que nous le connaissons encre peu et que toute notre vie peut être une découverte émerveillé de ce qu’Il est.



« Tu ne m’as pas invoqué Jacob, car tu t’es lassé de moi dit Dieu à Israël : Esaïe 43,12



Avons-nous encore soif de Dieu ? Sommes-nous encore passionnés par Lui, dévorés par le désir de Le connaître toujours plus ? Alors c’est que nous sommes toujours animés de notre premier amour ? Si, par contre cette passion n’est plus au cœur de notre vie, sachons que nous n’irons pas très loin dans notre vie chrétienne !



b. la seconde, si elle peut être tout à fait possible dans une vie de couple, ne devrait, quoi que présente, jamais être possible dans notre relation avec Dieu : c’est la déception.



Alors qu’ils entrent dans le mariage, il se peut que les jeunes mariés se trompent et s’illusionnent fortement sur ce qu’ils vont vivre : « Notre vie va être un conte de fées ! » Deux semaines plus tard, le conte de fées a déjà pu virer au cauchemar !



Se peut-il qu’il en soit ainsi dans notre relation avec Dieu ? Dieu peut-Il nous décevoir ? Si ou, cela ne peut venir que d’une seule chose : non de Dieu, mais des fausses attentes que nous nous étions faits dans notre relation avec Lui !



C’est tel jeune homme qui espérais épouser telle jeune fille. Ila longtemps prié à ce sujet, il a attendu et la chose ne se fera pas. C’est tel chrétien qui aspirais à occuper telle position dans l’église, dans son entreprise ou ailleurs, et la chose ne se fera pas. C’est tel pasteur ou missionnaire qui voit l’église de son collègue grandir tandis que la sienne stagne… Dieu ne lui ayant pas donné ce qu’il désirait, le chrétien tombe dans l’amertume, la frustration, la colère et perd son premier amour. (Témoignage Grace Burnham)



Nous ferions bien de relire le contrat sur la base duquel Dieu a établi Sa relation avec Nous ! Nous a-t-il promis une vie facile, prospère, la réussite à tout coup ? Non, Il nous a promis deux chose : sa présence avec nous et la vie éternelle. Bien qu’Il nous donne en réalité beaucoup plus, tout le reste est du surplus. C’est pour Lui-même et non pour ce qu’Il nous donne ici-bas que Dieu veut être aimé.



c. La 3ème cause d’abandon du premier amour est, à la fois la plus courante et la plus souvent dénoncée dans la Bible : c’est tout simplement le retour à la pratique du péché, aux anciennes habitudes que nous avions abandonné.



J’aimerais dire ici que le retour au péché n’est pas que le fait de chrétiens tièdes ou charnels. Il peut tout aussi bien momentanément être le vécu d’hommes de Dieu et de chrétiens consacrés. Preuve en est par la chute dramatique du roi David, appelé l’homme selon le cœur de Dieu, qui en un instant d’égarement, a commis un adultère, puis un meurtre et a plongé ensuite sa dynastie dans la discorde et la guerre.



Les pertes spirituelles que nous pouvons connaître à cause du péché sont incalculables. Mais la perte la plus grande est sans doute celle de notre relation avec Dieu : Esaïe 59,1-2. C’est pourquoi, veillons et prions car c’est tous les jours que nous sommes en danger de tomber.



d. La 4ème cause est sans aucun doute l’une plus douloureuse de toutes pour Dieu, celle pour laquelle Son cœur est le plus attristé : c’est l’idolâtrie, le fait d’accorder à quelqu’un ou à quelque chose d’autre, plus de passion, d’amour, d’intérêt, d’attachement que pour Lui. Rappelons-nous de l’épiusode du veau d’or et de la rapidité avec laquelle, après avoir été délivré de l’Egypte, Israël s’est plongé dans l’idolâtrie !



Ce n’est pas en vain que la 1ère épître de Jean consacrée en grande partie à l’amour se termine par ces mots : petits enfants, gardez-vous des idoles : 1 Jean 5,21



5. Conclusion :



Où se trouve le remède à la perte du premier amour ? jésus nous en donne la clé dans la lettre qu’Il adresse à l’église d’Ephèse :



a. Souviens-toi : v 5



Souviens-toi de ce qui animait et remplissait ton cœur dans les premiers jours de ta vie avec Lui.. En ce temps-là, suivre Jésus ne te semblait ni exigeant, ni pénible, ni coûteux. Jésus, rappelons-le ici ne parle pas à des individus en particulier, mais à toute l’église.



Si l’amour pour Jésus a fait que tu aies pu faire en ce temps des choix radicaux, rein n’empêche que aujourd’hui ce soit encore le cas !



b. Repens-toi et pratique tes premières œuvres :



Le culte n’est plus devenu pour toi important ? La réunion de prières est devenue lassante, la lecture de la parole ennuyeuse ? Donner de l’argent pour l’œuvre de Dieu n’est plus une priorité ? Servir les autres passe après toi ? Repens-toi, change d’attitude et recommence à te fixer des objectifs clairs, précis et chiffrables devant Dieu



Sans quoi, Dieu le dit ici à l’église d’Ephèse, tu risques non seulement de perdre ta place, ton rayonnement dans ce monde, mais pire encore, tu risques d’être privé de ta récompense dans les cieux : v 5 et 7

Au vainqueur, dit en conclusion Jésus, Je donnerai de manger de l’arbre de la vie qui est dans le paradis de Dieu. C’est comme si Jésus nous disait : si ici-bas tu fais de Moi Ta vie, Je te promets pour l’éternité de te donner accès à ce qui est la Source même de la vie !



Que Dieu nous donne dès maintenant de nous préparer, par notre amour pour Jésus, à l’éternité qu’Il nous a réservé !


Je viens bientôt !