samedi 16 mai 2009

Apocalypse 1,1 à 11


Introduction :

Comme il en est de la plupart des livres, le premier chapitre du livre de l’Apocalypse est un chapitre introductif. Il présente le but du livre, désigne les destinataires à qui il est adressé, identifie l’auteur, décrit les circonstances dans lesquels il a été écrit et présente le thème majeur qui en sera l’objet. Relevons pour les traiter cette somme d’informations qui nous est donnée !

But du livre :

Il est clairement exprimé dès le 1er verset. L’Apocalypse est une révélation donnée par Jésus-Christ de la part de Dieu pour montrer à Ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt. Très clairement donc, l’Apocalypse se présente comme un Livre qui nous est donné par Dieu pour décrypter le futur. L’Apocalypse est la poursuite de la révélation des œuvres et des hauts faits de Dieu qui, suite à la mort, le résurrection et le retour en gloire de Jésus, le Fils de Dieu, parachèveront le dessein de Dieu pour l’humanité.

En ce qui concerne le temps de l’accomplissement de la révélation, nous avons vu dans l’introduction au livre que le " bientôt " dont il est question s’attache " aux derniers jours " ou " aux temps de la fin ", temps inauguré par l’Ascension et l’intronisation de Jésus-Christ à la droite de Son Père.

Destinataires du livre :

Si le livre concerne tous les serviteurs du Christ : v 1, il s’adresse plus particulièrement aux sept Eglises qui, au temps de Jean, étaient implantées dans la province d’Asie : v 4 : Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée (dans la Turquie actuelle).

Le choix de ces églises comme destinataires particuliers de cette révélation et leur nombre ne reposent pas sur le hasard. D’après ce qu’on en sait et ce que l’on peut lire par la suite, il est possible d’en déduire les raisons suivantes :

Ces églises représentent l’Eglise universelle au milieu de laquelle le Seigneur se tient. Le chiffre 7 utilisé dans l’Apocalypse a toujours valeur d’absolu : cf v 4 : les sept esprits devant le trône. Cette universalité du visage de l’Eglise, incarnée par les sept églises d’Asie, peut se comprendre de plusieurs manières :

1. Par les sept Eglises représentées, il est possible que nous ayons une image du développement historique de l’Eglise. Du haut du ciel, le regard du Seigneur embrasse tous les temps et tous les siècles. Il n’est donc pas inconcevable de penser que l’ordre dans lequel les églises sont citées et les particularités qui les concernent recouvrent les réalités fortes qui marqueront le futur de l’Eglise:

- Ephèse représente l’Eglise du 1er amour et des apôtres : l’Eglise primitive
- Smyrne nous parle de l’Eglise dans la souffrance : l’Eglise des martyrs
- Pergame anticipe le mélange doctrinal qui s’introduira dans l’Eglise : l’Eglise infectée par les fausses doctrines
- Thyatire nous annonce l’introduction dans l’Eglise d’un faux prophète revêtu d’une grande autorité : l’Eglise dominée par la papauté
- Sardes parle de l’Eglise qui a reçu la Parole, mais qui n’est pas restée fidèle au message et qui est morte ou près de mourir : l’Eglise issue de la réforme
- Philadelphie parle de l’Eglise faible mais puissante : l’Eglise née des mouvements missionnaires et de réveil
- Laodiciée nous parle de l’Eglise matériellement riche, mais tiède sur le plan spirituel : l’Eglise des derniers temps.

Certains commentateurs, allant plus loin, ont même établi un parallèle entre le développement de l’Eglise, tel que représenté dans l’Apocalypse, avec celui du peuple juif dans l’Ancien Testament depuis sa sortie d’Egypte :

- Ephèse : le 1er amour correspond à Israël à sa sortie d’Egypte
- Smyrne : l’Eglise dans l’épreuve correspond à Israël dans le désert pendant 40 ans
- Pergame : l’Eglise dans le mélange correspond à l’entrée de l’idolâtrie et la corruption (Moab - Balaam)
- Thyatire : l’Eglise sous influence correspond à la période trouble des juges et des rois (la royauté d’Achab et de Jézabel en est le sommet)
- Sardes : l’Eglise orthodoxe morte correspond à la période de l’exil
- Philadelphie : le reste fidèle correspond à l’époque qui fait suite à l’exil (Esdras, Néhémie, Aggée, Zacharie)
- Laodicée : l’Eglise tiède corresponde à l’état du judaïsme au temps de la venue du Christ.

Si de tels rapprochements sont possibles, il faut cependant se garder d’un classement trop catégorique à ce sujet. Frédéric Godet, un commentateur, voit dans le tableau des églises dépeintes, non une totalité successive, mais simultanée, ce qui signifie que c’est à toute époque et dans tous les milieux que le tableau présenté ici peut se trouver d’actualité.

Par le fait que nous avons dans le portrait dressé des sept églises, la représentation de toutes les maladies dont l’Eglise peut être affligée :

- Ephèse : perte du premier amour
- Smyrne : l’épreuve de la persécution
- Pergame : le mélange, les fausses doctrines
- Thyatire : l’usurpation du pouvoir par des autorités étrangères au Seigneur
- Sardes : le formalisme religieux
- Philadelphie : la faiblesse dans la fidélité alliée à la puissance
- Laodicée : le matérialisme qui engendre la tiédeur

" Le tableau des sept églises renferme ainsi la représentation de toutes les nuances et en quelque sorte la statistique des états variés, en bien et en mal, qui peuvent caractériser la chrétienté terrestre : Frédéric Godet ".

Ces églises représentent des églises locales existantes au temps de Jean. Si elles ont été sélectionnées entre toutes pour être les destinataires de l’Apocalypse, c’est d’abord, dit un commentateur, parce que peut-être plus que les autres, elles étaient concernées par le problème majeur qui se posait à l’époque, problème que l’on retrouve traité sous différents aspects dans le Livre : le risque de la disparition de l’Eglise sous l’effet du pouvoir satanique.

Nous sommes à l’époque de la rédaction de l’Apocalypse dans les années 95 à 100 après Jésus, au temps de l’empereur Domitien. Dans sa Vie de Domitien, Suétone, un historien latin de l’époque, relate plusieurs traits en lesquels se manifesta la prétention de cet empereur à la divinité… Ainsi avait-il fait graver son image à côté de celles de Jupiter, de Junon et de Minerve, sur les couronnes d’or qu’ils portaient en certaines cérémonies. La même prétention le poussa à se faire acclamer, dans l’amphithéâtre, du titre proprement divin de Seigneur. Il exigera même que, désormais, soit par écrit dans les textes officiels, soit même dans les entretiens qu’on aurait avec lui, on ne l’appelle plus que sous le nom " notre Seigneur et Dieu ".

Il est indubitable que dans l’histoire Domitien apparaît comme le promoteur de la seconde et très violente persécution contre les chrétiens. Si la première persécution sous Néron toucha surtout Rome, celle de Domitien eut une autre portée. Car elle posait la question de principe de la liberté des cultes. Or il apparaît que 5 au moins des localités citées parmi les églises d’Asie possédait un sanctuaire du culte impérial : Ephèse, Smyrne, Pergame, Sardes, Philadelphie et il est fort vraisemblable que Laodicée et Thyatire n’y soient pas étrangers. C’est toute la question de l’avenir de l’Eglise qui est ici engagée par les décrets de Domitien. C’est pour répondre à cette inquiétude que le Seigneur donnera l’Apocalypse à Jean destiné à ces sept églises, afin de les assurer, malgré l’apparence de la victoire finale de Dieu et de Son Oint ! Si l’Apocalypse était une révélation nécessaire aux chrétiens de l’empire de Rome, elle l’est d’autant plus pour nous qui voyons se lever le spectre d’un Nouvel Ordre Mondial.

Auteurs du livre

Si Jean est l’écrivain du Livre de l’Apocalypse, son véritable auteur nous est présenté au v 4. Il est :

1. Celui qui est, qui était et qui vient. Il ne nous est pas nécessaire de nous interroger sur l’identité de Celui qui se présente sous une telle appellation : il se présente lui-même quelques versets plus loin : v 7. Il s’agit du Tout-Puissant.

En se présentant sous ce nom, Dieu a cependant un objectif. Il rappelle qu’Il est l’Eternel, le Souverain, Celui qui reste le Maître quels que soient les temps que traverse le peuple de Dieu. Il est d’abord :
- Celui qui est : celui qui ne change pas, l’Immuable, nom sous lequel Il se présenta à Moïse : Exode 3,13-14
- Puis celui qui était : ce passé, inscrit dans le temps, fait référence pour le peuple de Dieu à tout le témoignage qu’il a pu en avoir de tous ses hauts faits. Le rappel à la mémoire du peuple de Dieu, pour se rappeler qui Il est, est une constante de l’Ecriture dans les moments où le peuple passe par l’épreuve : Exode 13,3 ; 1 Chr 16,8 à 21
- Enfin Celui qui vient : toujours inscrit dans le temps, l’expression fait référence au futur qui doit être envisagé pour le peuple de Dieu à la double lumière de l’éternité de Dieu et de Ses hauts faits du passé

2. Les sept esprits qui sont devant Son trône :

Si ces sept esprits ne sont pas ici identifiés, ils le seront plus tard dans le Livre. Les sept esprits sont en fait les sept esprits de Dieu : Apoc 3,1 ; 4,5 ; 5,6. Cette appellation unique dans l’Ecriture peut signifier et se rapporter à deux choses :

- à la plénitude de l’Esprit de Dieu
- mais aussi, pourquoi pas, à la plénitude de Ses composantes : Esaïe 11,2

L’Esprit de Dieu, envoyé par toute la terre, n’a pas qu’une arme de persuasion pour éclairer le monde et le convaincre de ce que Dieu est. Il sait quand et de quelle manière Il doit parler dans chaque situation.

3. Jésus-Christ : Il nous est présenté sous 3 titres tous en rapport avec Son œuvre passée :

- Jésus est le Témoin Fidèle, ce qu’Il a été tout le long de son parcours terrestre à l’égard du Père : Jean 5,19.30 ; 10,30 ; 14,9 ; 17,4, et de la vérité : Jean 1,17 ; 8,31-32 ; 14,6 ; 18,37
- le premier-né d’entre les morts : titre qui fait référence à Sa résurrection : Actes 2,24 ; Colos 1,18
- le chef des rois de la terre : titre qui fait référence à Son ascension suivie de Son intronisation à la droite du Père : Psaume 110,1 ; Actes 2,34 ; Hébr 1,13

C’est à la Divinité dans son entier que l’on doit la rédaction du Livre de l’Apocalypse : cf Mat 28,19.

Circonstances de rédaction : v 9 à 10

C’est alors qu’il est exilé à Patmos, à cause de la Parole de Dieu et du témoignage rendu à Jésus que Jean reçoit la révélation de l’apocalypse. En présentant la condition dans laquelle il se trouve, on ne peut qu’être admiratif de la vision et de la perspective au travers desquelles Jean identifie ce qu’il vit.

Etre disciple de Jésus dans ce monde n’est pas pour lui synonyme de confort, de tranquillité, mais, en regardant tout le film de sa vie, un film qu’il connaît d’avance, Jean nous dit que suivre Jésus dans ce monde, c’est avoir part à 3 choses :

- la détresse
- la persévérance
- et finalement la royauté avec Lui

Il se peut qu’en lisant cette définition de la vie chrétienne que nous donne Jean, nous ne saisissions pas tout à fait ce qu’il veut nous dire. Dans le livre de vie d’un chrétien qui veut être fidèle à Jésus dans ce monde, Jean nous dit qu’il se trouve les mêmes divisions que celles que l’on trouve dans le livre de vie de Jésus.

Or, parcourant le livre de vie de Jésus, Jean discerne trois divisions, trois volets très clairs résumant le vécu de Jésus :

- le 1er volet est le volet détresse. Si ce volet fait partie du livre qui résume le parcours de Jésus dans ce monde, nous devons le savoir, nous dit Jean : il est impossible qu’il ne figure pas, d’une manière ou d’une autre, un jour ou l’autre, dans le nôtre. " Si monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous, a dit Jésus. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. Ils vous feront toutes ces choses à cause de Moi " : Jean 15,19.21.
- le second volet du livre de vie de Jésus est le volet persévérance. " Considérez en effet, dit l’auteur de l’épître aux hébreux, celui qui a enduré une telle opposition de la part des pécheurs pour que vous ne vous lassiez pas l’âme découragée : Hébreux 12,3. " Si la persévérance a été la vertu qui a caractérisé la vie de Jésus, Fils de Dieu ici-bas, il est impossible, pour nous qui sommes Ses disciples, que ce mot ne figure pas comme l’une des têtes de chapitre du livre de notre vie.
- Le 3ème volet du livre de vie de Jésus est, dit Jean, le volet royauté. C’est le volet qui clôture le livre, le volet qui nous raconte et nous décrit la fin, l’issue finale qu’a connu Jésus. C’est le volet que nous célébrons à Pâques, le volet de la résurrection, du triomphe final du Christ sur le péché, le monde, la mort et le diable.

But du Livre : v 7

Le but du livre de l’Apocalypse est tout entier contenu dans le 1ère message, présenté sous la forme d’une affirmation sur laquelle il n’y a pas de doute et qui doit être au coeur de l’attente et de la foi des saints, que l’on rencontre à la lecture du Livre. Cette affirmation est l’annonce certaine de la venue en gloire du Seigneur, dont la dernière image que la terre conserve est celle du Crucifié, événement qui, comme le fut Sa crucifixion, sera à la fois de notoriété publique et de portée universelle.

Que Dieu nous donne à nous, peuple de Dieu de la dernière heure, d’en serrer fortement la promesse dans nos cœurs !



Je viens bientôt !

samedi 4 avril 2009

Fiche technique


L'apôtre Jean

C’est à l’apôtre Jean, dernier apôtre encore en vie que fut donnée l’Apocalypse. Ce choix ne relève pas du hasard :

- Jean est présenté dans l’Evangile comme le disciples bien-aimé du Seigneur : Jean 13,23 ; 20,2 ; 21,7.20.

- Il est présenté comme celui qui est couché près de son sein, peut-être celui qui est le plus proche de son cœur : Jean 13,23 ; 21,20

- Il est l’objet de la part de Jésus d’une promesse particulière : Jean 21,20 à 23. La parole étrange de Jésus à Jean n’est elle pas une indication prophétique du fait qu’il serait, lui Jean, le dépositaire des révélations qui concernent la fin ? la 1ère phase de l’histoire serait ainsi liée à Pierre, qui a reçu " le pouvoir des clés " ; la seconde à Paul qui a établi la doctrine ; la 3ème qui concerne les choses qui doivent arriver pour la fin à Jean.

Les particularismes du livre :

Livre écrit sous la persécution, de portée essentiellement prophétique, l’Apocalypse possède un langage qui lui est propre et qui est caractérisé par :

- une profusion de visions : 32 fois se trouve l’expression " Je vis (du verbe voir) "
- une profusion et descriptions et d’images symboliques : les chandeliers, le dragon, la femme, la bête…
- une utilisation permanente de chiffres ou nombre d’une valeur significative :

le 7 : Il est le chiffre dominant, celui qui symbolise l’accomplissement : Il est parlé de 7 églises, 7 Esprits de Dieu, 7 chandeliers, 7 étoiles, 7 lampes, 7 sceaux, 7 trompettes, 7 cornes, 7 yeux, 7 têtes, 7 diadèmes, 7 fléaux, 7 coupes, 7 montagnes, 7 rois.
Il nous est parlé, à la fin du livre, de 7 choses nouvelles que Dieu va faire, qui ne sont pas de cette création et de 7choses de cette création qui vont disparaître.

Puis on trouve aussi le 2 (les deux témoins), le 12 ou ses multiples ( 12 tribus, 12 anges, 12 portes, 12 apôtres – 24 vieillards – 12 000 : la largeur de la nouvelle Jérusalem - 144000 oints), le 10 : les 10 cornes de la bête, le 666 : le nombre secret de la bête.
On y trouve des éléments précis de durée : ½ heure de silence, un jour : temps de la destruction de Babylone, 3 jours et demi : le temps de l’exposition du cadavre des deux témoins, 42 mois (3ans ½) : temps où le sanctuaire de Dieu sera donnée aux nations, etc…

Le livre se caractérise aussi par une abondance de versets repris dans les écrits de l’Ancien Testament. Etant la clôture de la Révélation, l’Apocalypse rassemble et synthétise tout ce qu’elle a annoncé auparavant. Sur un total de 405 versets, 285 sont des citations textuelles de l’Ancien Testament. Il est impossible de décrypter l’Apocalypse si l’on ne connaît pas tous les fondements bibliques sur lesquels le livre s’appuie.

Fermant définitivement la parenthèse de l’histoire, le Livre de l’Apocalypse (surtout dans ses derniers chapitres) a un lien étroit avec la genèse (surtout les premiers chapitres) qui ouvre la parenthèse de l’histoire :

GENESE

Création des cieux et de la terre : 1,1

Premier homme, Adam, placé avec son épouse dans le paradis terrestre : 1,27-28

Au milieu du jardin, l’arbre de vie et le fleuve qui l’arrose : 2,9-10

Irruption de Satan, le tentateur : 3,1

Début du péché et chute de l’homme qui, chassé du paradis, est voué à la mort éternelle : 3,1.19-24

Premier jugement universel par le déluge : Ch 6 à 9

A Babel, Dieu brise l’unité de la race humaine en confondant les langues : Ch 11

Dieu prépare la rédemption du monde en suscitant Israël : Ch 12

APOCALYPSE

Création des nouveaux cieux et de la nouvelle terre : 21,1

Christ, le dernier Adam, est avec Son Epouse l’Eglise dans le paradis de Dieu : 21,2.9-10

Dans le paradis nouveau, se trouve l’arbre de vie et le fleuve d’eau de la vie : 2,7 ; 22,1-2

Jugement définitif de Satan : 12,9 ; 20,10

Restauration de l’homme et fin du péché. Noces de l’Agneau et vie éternelle dans le paradis : 19,7 ; 22,1 à 5

Dernier jugement par le feu : 20,11

Devant le trône céleste, l’unité scellée rassemble des hommes de toute tribu, toute langue, peuple et nation : 5,9

Les élus de l’Ancienne et de la Nouvelle Alliance sont rassemblés en un seul peuple dans la Jérusalem céleste : 21,12 à 14

mercredi 4 mars 2009

Généralités


Généralités

Le livre de l’Apocalypse nous invite lui-même, pour plusieurs raisons, à lui accorder, parmi tous les autres livres qui composent la Parole de Dieu écrite, une attention particulière :

1. Alors que le livre du prophète Daniel, considérée comme l’Apocalypse de l’Ancien Testament se termine par la recommandation de tenir scellées les révélations qu’il apporte jusqu’au temps de la fin, temps où la connaissance augmentera : Daniel 12,4.9, ordre est donné, au contraire, à Jean, de ne pas tenir secrètes les paroles qu’il a reçues, mais de les porter à la connaissance du plus grand nombre : Apoc 22,10. La raison essentielle de ce changement de discours tient à une réalité liée au temps : alors que Daniel avait la révélation de choses qui étaient éloignées, dont l’accomplissement n’était pas prévu dans l’immédiat, Jean parle pour un temps qui est proche. Nous pouvons donc nous attendre au fait, que plus les temps de l’accomplissement des prophéties faites dans ce livre se rapprocheront, plus aisée nous en sera, par le Saint-Esprit, la compréhension.

L’Apocalypse porte donc bien son nom. Il est une Révélation : 1er mot du livre, un " dévoilement " de choses qui n’étaient connues que par Dieu et qui sont maintenant mises à la connaissance des saints. L’Apocalypse clôture en cela la révélation de tous les mystères, tenus cachés dans la Personne de Dieu, et dévoilés progressivement au cours de l’histoire : Marc 4,11 ; Ephés 1,9 ; 3,3 à 9 ; Rom 11,25 ; 16,25 ; 1 Cor 15,51-52 ; Col 1,26-27 ; 2 Thes 2,7 ; Apoc 1,20 ; 10,7 ; 17,5 à 7.

Pour nous qui vivons près de 2 000 ans après que Jean ait écrit, cette expression pourrait nous sembler déplacée. Il faut, pour la justifier, nous souvenir cependant d’au moins trois choses :

a. La 1ère est que la période que la Bible désigne comme étant " les derniers jours " commence avec la venue même de Jésus : Hébreux 1,2. Venu la première fois pour porter les péchés de plusieurs, le Christ, selon sa promesse, était attendu une seconde fois pour accomplir définitivement l’œuvre du salut : Hébreux 9,28. Cette attente du retour du Christ, non précisée dans le temps, était, nous le lisons dans les lettres des apôtres, une réalité très vivante de la foi des premiers chrétiens : Romains 13,11 à 13 ; 1 Pierre 4,7 ; 1 Jean 2,18. Il n’était pas illogique, dans l’esprit des disciples, de croire que Jésus pouvait aussi revenir de leur temps.

b; Si Daniel a écrit des choses qui concernaient des temps éloignés, non de son époque, l’Apocalypse de Jean est d’abord destiné aux chrétiens de son temps. En témoignent les sept lettres que Jean adresse de la part de Jésus, en introduction, à sept églises bien identifiées : Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, Laodicée : Apoc 2 et 3. Nous ne devons jamais perdre de vue, en lisant l’Apocalypse, que si le livre a une portée historique éloignée, il s’adressait d’abord et aussi aux croyants qui étaient contemporains de l’époque où Jean a écrit.

Cette réalité nous ouvre une première clé d’interprétation du livre : ce que Jean voyait, aussi bien dans l’Eglise que dans le monde de son temps, contenait en germe les principes de ce qui allait se développer dans la suite de l’histoire et conduire aussi bien au jugement du monde qu’à l’établissement définitif du Royaume de Dieu ! L’interprétation contemporaine du livre de l’apocalypse ne s’oppose pas à une lecture prophétique pour notre temps, vu que, comme eux, nous faisons aussi partie de la même époque, celle des derniers jours, qui commença avec la première venue du Christ-Jésus !

c. C’est dans un contexte fort de persécutions que l’Apocalypse a été écrit : Apoc 1,9. Alors que, Jésus les quittant, les disciples avaient reçu l’assurance que, désormais, tout pouvoir Lui avait été donné sur la terre et dans les cieux : Matthieu 28,18, les disciples, mis à mort par Néron, le tyran romain et ses successeurs, pouvaient avoir des doutes sur la véracité de cette affirmation. L’objectif de l’Apocalypse est d’assurer les disciples du Christ la réalité du triomphe final de Dieu sur toutes les formes de la puissance du mal. Certes le caractère de cette puissance du mal apparaît ici dans toute sa force, mais l’apocalypse la montre aussi brisée et mise de côté pour faire place " à la puissance et au royaume de Dieu et à l’autorité de Son Christ : Apoc 11,15 ; 12,10 ; 19,1 à 6.

" On a observé, dit C.A Coates, dans l’histoire de l’Eglise que dans les périodes de persécutions particulières, comme aux temps des martyrs, ce livre fut d’un intérêt tout spécial pour les saints qui y puisèrent un réconfort et un appui évidents. "

2. L’Apocalypse est le seul Livre présenté comme une révélation directe de Dieu, donnée à Jésus-Christ, Son Fils, pour qu’Il la transmette à Ses disciples : Apoc 1,1. Cet ordre hiérarchique peut nous surprendre. Il n’a cependant rien d’étonnant et correspond exactement à l’ordre spirituel des positions que Jésus a toujours affirmé : Jean 5,17.19-20 ; Mat 24,36. Il nous rappelle, de façon induite, la place le rôle particulier et précis qu’occupe le Fils par rapport au Père dans la Divinité :

- le Père est l’Auteur, l’Initiateur, la Source de tout : la Pensée originelle
- le Fils est Celui qui révèle le Père, réalise sa volonté : la Parole.

3. L’Apocalypse est le seul livre de la Bible qui contienne à la fois :

- une double promesse de bénédiction à l’adresse de ceux qui le lisent, l’entendent et gardent les paroles qui y sont écrites : Apoc 1,3 ; 22,7
- un avertissement solennel à l’encontre de ceux qui s’aviseront à en altérer le contenu : Apoc 22,18-19.

Considérant la particularité de l’Apocalypse, il n’est pas étonnant qu’il ait été en tout temps, comme le premier livre de la Bible, la genèse, l’objet d’attaques particulièrement fortes contre soit, son authenticité (il n’a été inclus officiellement dans le canon des Ecritures qu’en 397), soit, son contenu (interprétations tendancieuses). C'’st le Livre qui, plus que tout autre, dévoile la défaite définitive de Satan, le Rebelle à Dieu, sa fin misérable et la glorieuse félicité des rachetés du Christ dans l’éternité !