vendredi 11 juin 2010

Chapitre 4 : vision du trône de Dieu


1. Introduction : l’enlèvement et le passage par la porte ouverte

Alors que Jean se trouvait à Patmos, c’est Jésus Lui-même qui, lors de Sa révélation à Son disciple bien-aimé, lui indiqua l’ordre chronologique dans lequel allaient lui être données les visions dont il serait l’objet : Ecris donc, lui avait ordonné le Seigneur ce que tu as vu, ce qui est et ce qui va arriver après : Apoc 1,19.

Avec le chapitre 4, commence, après ce que Jean a vu (le Seigneur Jésus glorifié), ce qui est (les sept églises d’Asie), le temps qui concerne ce qui vient après : 4,1. Si pour ce qui est, le temps de l’Eglise, les vérités que le Seigneur voulait lui révéler n’exigeaient pas que Jean quitte la terre, il en sera tout autre pour celles qui concernent le temps qui vient après. La réflexion que Jésus a faite à Nicodéme dans les Evangiles s’applique ici à Jean : si, déjà, il nous est difficile de croire et de comprendre les réalités spirituelles qui touchent à la terre, comment Jean pourrait-il saisir celles qui touchent au ciel ? Pour cela, précise Jésus, il faudrait soit monter au ciel, soit que le ciel descende jusqu’à nous : Jean 3,12-13 ; Rom 10,6-7. Alors que Jésus est descendu du ciel pour nous expliquer les réalités qui touchent à notre salut, Il fera monter Jean pour nous révéler celles qui touchent au jugement !

Si Jésus précise l’ordre chronologique dans lequel se déroulera la révélation, il faut noter que cet ordre n’est pas nouveau, mais qu’on le retrouve suivi dans bon nombre d’endroits dans le déroulement de la révélation. Il y a toujours dans l’histoire un maintenant (ce qui est), où la porte du ciel est ouverte, et un après, où la porte se ferme et où commence le jugement de Dieu sur le monde rebelle. Cette chronologie est visible :

- au temps de Noé, où la grâce est offerte jusqu’au moment où la porte de l’arche se referma : Genèse 7,6 à 16

- au temps de Loth que les anges pressèrent de sortir de la porte de la ville : Gen 19,1.15 à 17.

- Au temps de Moïse, le sang versé sur les linteaux de la porte garantissait pour ceux qu’elle abritait, le salut et la sécurité : Exode 12,21 à 23

- Au temps de l’Eglise au cours duquel l’invitation d’entrer par la porte dans la bergerie du bon berger qu’est Jésus est adressée à tout homme : Jean 10,7 à 9.

Cette invitation, comme nous l’avons vu dans la lettre adressée à l’église de Laodicée, durera jusqu’à la fin du temps de l’Eglise. Jésus se tient à la porte du cœur de chacun prêt à y entrer : Apoc 3,20. Quiconque Lui ouvre pourra un jour avec Jean, monter avec lui au ciel et passer par la porte ouverte qui y mène. Pour les autres, vient le temps où, le peuple de Dieu mis à l’abri, la porte se fermera et le temps des jugements commencera : Esaïe 26,20-21.

2. La vision de Jean : le trône de Dieu, le Père

C’est par la dernière promesse faite au vainqueur du temps de l’Eglise, promesse de le faire asseoir avec Christ sur Son trône comme Lui s’est assis, en tant que vainqueur, sur le trône avec Son Père, que s’ouvre le temps nouveau décrit ici dans la Révélation : Apoc 3,21. Cette façon de relier les différentes parties de la Révélation par des éléments charnières, façon que l’on retrouve dans tout le livre, témoigne de l’unité qui existe en elle et du fait qu’il n’y a ni coupure ni discontinuité dans le temps et les œuvres de Dieu. Toutes les choses, d’une manière logique, cohérente, suivie, s’enchaînent les unes aux autres en vue d’un seul but : l’accomplissement final du dessein éternel de Dieu d’habiter avec les hommes : cf Apoc 21,1 à 3.

Monté, enlevé au ciel, la vision immédiate qui s’imposa à Jean fut celle du trône de Dieu. Le trône de Dieu dans le ciel est, pour nous enfants de Dieu, la réalité qui est la cause la plus certaine de la garantie de la victoire de notre foi : 1 Jean 5,4-5. Bien des despotes assis sur des trônes tyrannisent aujourd’hui le monde et les croyants : Marc 10,42. Mais ce qui donne aux croyants de tous les temps la force de résister et de tenir ferme dans la foi, c’est qu’il y a un Dieu au ciel qui a un trône : Dan 3,16 à 18 ; 4,31 à 32 ; 5,22 à 28.

La vision du trône de Dieu par Jean à cette étape de la révélation n’est pas due au hasard. La référence au trône de Dieu est quasiment toujours liée dans l’Ecriture au temps du jugement : Psaume 9,5.8 ; 11,4 ; 29,10 ;45,4 à 7 ; 47,9 ; 89,14 ; 99,1. Avec la vision du trône commence donc l’ère du jugement, c’est-à-dire, l’heure où, après avoir patienté envers les peuples et les nations rebelles, Dieu entre dans Son règne : Ps 110,1 ; Apoc 11,15 à 19.

Plus que le trône lui-même, c’est la Personne qui y siégeait et les êtres qui L’entouraient qui impressionnèrent Jean. Tous, à leur manière et dans la façon avec laquelle ils sont décrits, témoignent du temps nouveau qui s’ouvre ici.

1. Celui qui est assis sur le trône : Dieu le Père, honoré par les créatures comme le Créateur, l’Auteur de tout ce qui est : v 11.

Son apparence. Il avait l’aspect d’une pierre de jaspe. La caractéristique du jaspe est la transparence totale : Apoc 21,11.18. Le jaspe témoigne de la totale pureté et de la totale sainteté qui habitent en Dieu. Dieu, avait dit Jean, est lumière et il n’y a point en Lui de ténèbres : 1 Jean 1,5. L’éclat de la sainteté de Dieu est telle que ni Esaïe, ni les créatures célestes qui entourent le trône de Dieu ne purent la supporter : Esaïe 6,1 à 3. Rien, a dit Jésus, ne peut rester caché, secret ou obscur dans la présence de Dieu : Luc 8,17 ; 12,2. Tout est à découvert et à nu devant Celui à qui nous aurons à rendre compte : Hébr 4,13. Le jaspe qui caractérise Dieu caractérise aussi toute la muraille de la ville dans laquelle nous habiterons avec Lui ainsi que son premier fondement : Apoc 21,18-19.

Il avait aussi l’aspect de la sardoine. Comme nous l’avons vu dans l’étude de la 5ème lettre aux églises, c’est de la ville de Sardes, où elle se trouvait en quantité, que la pierre appelée sardoine tire son nom. Alors que la jaspe était transparente comme le cristal, la sardoine se caractérise par le rouge ardent, la couleur de la justice et du jugement. La sardoine mêlée à la jaspe nous rappelle que, avec la sainteté, ce sont la justice et le droit qui sont à la base de Son trône : Psaume 89,14 ; 97,2. Dressé et établi pour le jugement, le trône de Dieu et l’aspect de Celui qui y siège témoignent que le jugement de Dieu est l’heure où chacun reçoit quelque part le salaire, jusqu’ici impayé de ses œuvres : Apoc 16,4 à 6.

Notons encore que la sardoine et le jaspe, qui caractérisent la nature de Dieu le Père assis sur le trône étaient les deux pierres situées au début et à la fin de la série des 12 joyaux enchâssées sur le pectoral du sacrificateur : Exode 28,17 à 20.28 à 30, le pectoral du jugement

2. L’entourage du trône

a. l’arc-en-ciel

Si celui qui est assis sur le trône incarne la sainteté et la justice absolue, le trône tout entier apparaît dans la vision de Jean entouré d’un arc-en-ciel émeraude. La présence de l’arc-en-ciel, symbole de la grâce de Dieu pour l’humanité entière : Genèse 9,12 à 17, environnant le trône du Juge rappelle le fait que jusqu’à ce que la justice soit entièrement passée sur le monde, la grâce et le pardon de Dieu restent offerts par Dieu à l’humanité : Apoc 14,6-7.

b. les 24 autres trônes

Autour du trône de Dieu se trouvaient 24 autres trônes sur lesquels siégeaient 24 anciens assis, revêtus de vêtements blancs et ceints d’une couronne d’or : v 4. Alors que l’heure du jugement approche sur le monde, Dieu a tenu à y associer dans son exécution tous les fils d’Abraham avec qui Il a fait alliance : les fils de Jacob, représentant les douze tribus d’Israël et les 12 apôtres : Mat 8,11. La vision de Jean est l’accomplissement de la promesse faite par Jésus aux Siens : Mat 19,28. Selon Paul, les saints ne jugeront pas seulement le monde avec Christ, mais même les anges : 1 Cor 6,2-3. Si le jugement est le moment où le monde rebelle doit rendre compte à Dieu de ces crimes, Dieu considère qu’il est juste d’y associer tous ceux et celles qui, parmi le peuple juif et dans l’Eglise ont été victimes de sa méchanceté : Apoc 6,10-11. L’expérience le prouve : la condamnation d’un criminel est un facteur reconnu comme décisif dans le processus de guérison de ses victimes. L’association des saints de Dieu dans le jugement rendu au monde sera l’un des éléments qui contribuera à la guérison totale de leur âme dans le royaume de Dieu : cf Apoc 22,2

c. : éclairs, voix et tonnerre :

Du trône lui-même, précise Jean sortaient éclairs, voix et tonnerres : v 5. Alors que, dans l’ère actuelle, s’offre à qui veux l’approche d’un trône de grâce : Hébr 4,16, les éclairs, les voix et les tonnerres témoignent de ce qui, à cette heure, remplit Celui qui y siège. L’heure est venue ou le monde devra faire face à Dieu tel qu’Il est, tel que Moïse l’a connu lorsqu’il reçut de Sa main les tables de la loi : Exode 19,16. La vision était alors si effrayante que le peuple entier, se tenant pourtant à bonne distance, supplia Moïse de servir d’intermédiaire entre Dieu et Lui, la peur que lui inspirait le simple fait d’entendre Sa voix le terrorisant : Exode 20,19 ; Héb 12,18 à 21. C’est au Dieu de la loi, de la perfection que le monde devra maintenant répondre de ses crimes.

d. les sept lampes :

Devant le trône brûlent sept lampes qui sont, dit Jean, les sept esprits de Dieu ou l’Esprit de Dieu dans Sa plénitude : v 5. La présence éclairante de l’Esprit de Dieu au jour du jugement témoigne du fait que tous les jugements qui vont être rendus le seront en tout connaissance de cause. Car, dit Paul, l’Esprit de Dieu est à même de tout sonder, y compris les choses les plus profondes qui se trouvent en Dieu Lui-même : 1 Cor 2,10. Toute la lumière sera faite ici sur les œuvres, les pensées et les motivations de chacun, sans que personne d’une manière ou d’une autre ne puisse réfuter en quoi que ce soit les reproches ou les accusations portés contre lui. Chacun sera alors connu, non tel qu’il pense être ou tel que les autres pensent qu’il est, mais tel que Dieu le connaît : 1 Cor 13,9. Heureux celui qui, en ce jour, aura accepté la lumière que l’Esprit de Dieu a porté sur sa vie et aura été purifié de ses nombreux péchés par le sang de Christ : 1 Jean 1,6 à 9.

e. la mer de verre

Devant le trône se trouve encore comme une mer de verre, semblable à du cristal : v 6. La vision rapportée ici rappelle celle vécue au temps de Moïse par les 70 anciens du peuple d’Israël : Exode 24,10-11. Elle nous raporte le fait que, malgré qu’elle soit confrontée à l’éclat étincelant de la beauté et de la gloire de Dieu, l’élite d’Israël n’a pas péri. Elle a vu Dieu, et elle a même mangé et bu en sa présence. La mer de cristal sur laquelle se tiennent les représentants du peuple de Dieu dans son entier témoigne du privilège incroyable duquel jouiront tous les grâciés. Devenu l’élite de l’humanité, ils se tiendront sans crainte dans sa présence jouissant d’une liberté inconcevable si l’on songe à la perfection de la Personne devant laquelle ils se tiennent.

f. les 4 êtres vivants :

Un dernier élément, difficile à imaginer pour nous, termine la description de la vision du trône transmise par Jean : la vision de 4 êtres vivants, tous différents d’aspect, mais ayant comme point commun des facultés visuelles hors normes : v 6 à 8. La vision de Jean reprend point par point celle donnée des siècles auparavant à Ezéchiel au moment où il reçut sa vocation de prophète : Ezéc 1,10. Au jour du jugement, Dieu trouve bon ici de rassembler tout Son peuple, celui qui est issu de la terre, comme celui qui est dans le ciel. C’est pour cette union-là que, ultimément, le Christ, dira Paul, est mort sur la croix : Ephés 1,9-10. Pour certains commentateurs, les 4 êtres vivants sont les représentants de toute la création de Dieu. Le lion représenterait la force brutale de la nature, le veau, la force domestiquée, l’homme, la force intelligente et l’aigle, la force couronnée. Si cette interprétation est juste, elle s’accorde avec l’activité principale que les 4 êtres pratiquent : rendre gloire à Celui qui, disent-elles, les a créés, c’est-à-dire de qui elles tirent leur force !

3. Le culte rendu à Dieu, le Père : v 8 à 11

De manière frappante, il apparaît que, dans le ciel, une chose absorbe la vision et la contemplation des êtres : la grandeur, la beauté, la gloire de la Personne de Dieu. « Pendant que sur la terre, on dit « Il n’y a pas de Dieu », au ciel on ne voit que Lui ! », dit un commentateur.

Deux aspects du culte et de l’adoration rendus à Dieu le Père ressortent des paroles exprimées par les êtres vivants comme les anciens :

1er aspect : ce que Dieu est : deux caractères de Sa Personnes sont ici célébrés : Sa sainteté absolue (d’où la triple mention : Esaïe 6,3) et Son intemporalité : Il était, Il est et Il vient. Le Dieu Saint est le maître du temps et de l’histoire. c’est Lui qui l’a commencé, Il est aussi Celui qui la conclura !

2ème aspect : Il est digne… En exprimant le désir que ce qui revient à Dieu Lui soit rendu, les anciens, qui ont vu et connu à quel point le nom de Dieu a été bafoué ici-bas, expriment le désir que cet état de choses cesse. Oui ! il est l’heure que la volonté de Dieu, contrariée, refusée, contestée soit faite sur la terre comme au ciel : Mat 6,10. Il est temps que l’honneur de Dieu, Sa gloire, Ses droits soient enfin rétablis ! Car c’est de Lui que tout vient et c’est aussi par Lui que tout subsiste. Que notre prière se joigne aujourd’hui aux leurs !


Je viens bientôt !

samedi 29 mai 2010

Chapitre 3, versets 14 à 22

1. Introduction :

Avec l’Eglise qui se trouve à Laodicée, nous clôturons le tour d’horizon que fait le Seigneur des sept églises d’Asie, tour d’horizon qui, nous l’avons vu, est à la fois une vue générale du développement de l’Eglise dans l’histoire depuis sa naissance, mais aussi un inventaire de tous les maux dont l’Eglise, localement ou dans son ensemble, peut être affligée.

Dans l’inventaire que dresse le Seigneur, nous voulons nous rappeler que les maux qui se suivent ne se ressemblent pas. Si certains maux ont leur source à l’extérieur de l’église (la persécution) la plupart d’entre eux proviennent, tel celui qui frappe ici Laodicée, de l’intérieur : perte du premier amour (Ephèse), fausse doctrine (Pergame), faux prophète (Thyatire), mort spirituelle (Sardes). C’est davantage par ce qui se passe à l’intérieur de l’Eglise que vient pour elle le danger que par ce qui provient de l’extérieur.

L’avertissement de Paul aux anciens d’Ephèse lors de ses adieux va dans le même sens : « Je sais bien, moi, qu’après mon départ s’introduiront parmi vous des loups féroces qui n’épargneront pas le troupeau, et que d’entre vous-mêmes se lèveront des hommes qui diront des choses perverses pour entraîner les disciples à leur suite : Actes 20,29-30. »

Une autre constatation, qui s’applique aussi à Laodicée, que nous avons pu faire au cours de cette étude est que, pratiquement toujours, les maux qui frappent les Eglises dont il est question sont en lien avec l’environnement (les villes) dans lesquelles elles se situent. C’est un constat qui est vrai non seulement ici mais, parfois, pour les églises auxquelles Paul écrit dans le Nouveau Testament : l’exemple de Corinthe.

L’application directe que l’on peut tirer de ce constat qui ressort dans l’étude des lettres adressées par le Seigneur aux églises de l’Apocalypse est que, sans que nous nous en rendions compte, nous sommes beaucoup plus perméables et influencés que nous ne le pensons par l’environnement moral, culturel ou idéologique dans lequel nous baignons.

Exemple : pour un chrétien issu d’une culture fortement religieuse, le fait d’aller au culte ne se posera même pas. De même qu’il allait à la mosquée le vendredi, le chrétien d’origine musulmane rejoindra naturellement son assemblée le dimanche. Pour nous français, héritiers de la laïcité et de la libre pensée, qui a fait de nous une nation surtout marquée par l’individualisme, cette obligation ne nous paraîtra pas aussi contraignante. On peut certes aller au culte, c’est bien ! Mais on peut aussi s’en passer de temps en temps : on n’en tombera pas malade ! Les considérations personnelles comptent autant, si ce n’est plus, que celles qui sont communautaires. Ces différences ne procèdent pas seulement de l’opinion ou de la conscience de chacun. En grande partie, elles reflètent les principes de la culture dans laquelle nous avons grandi.

Le même parallèle peut être fait quant au style qui marque les églises. Ce n’est pas pour rien si nous, français, sommes parfois si rationnels dans notre foi, ou les allemands si carrés, ou les italiens ou les anglo-saxons si exubérants. Le tour d’horizon que fait Jésus des églises doit nous rendre sensible à cette réalité. Toutes les églises locales qui sont dans le monde reflètent, dans une certaine mesure, la mentalité, la culture, les valeurs de l’environnement dans lequel elles se situent. A nous de veiller à ce que ces normes et cette influence ne prévalent pas au point, comme cela a déjà été le cas, de faire perdre à l’Eglise ce qui fait sa particularité et son identité premières : son appartenance à Christ, son Seigneur.

2. Laodicée :

Comme il en est pour les autres églises, il nous est impossible de comprendre la raison des termes et des expressions employés par le Seigneur pour parler aux chrétiens de Laodicée sans connaître l’histoire et les particularités de la ville dans laquelle l’église se situe.

1ère particularité de Laodicée : sa richesse. Réputée pour son industrie textile, Laodicée était une des villes les plus riches de la province d’Asie. Elle était à la foi un centre commercial pour toute la région et un centre bancaire important. Les historiens rapportent que la richesse de Laodicée était telle, qu’après le tremblement de terre qui la frappa en l’an 60, la ville refusa l’aide que voulait lui donner le gouvernement romain pour sa reconstruction. Grâce à leurs opérations bancaires, les laodicéens estimaient qu’ils avaient assez d’argent dans leurs coffres pour être autonomes et n’avoir besoin de personne.

Parallèle avec le sentiment qui habitait les chrétiens : je suis riche, je n’ai besoin de rien : Apoc 3,17.

2ème particularité : Outre sa richesse, Laodicée était célèbre pour ses sources thermales chaudes qui attiraient de nombreux malades. A Laodicée, on pouvait trouver de l’eau à toutes les températures possibles : chaude, froide où tiède. Le sachant, on comprend mieux l’allusion faite par Jésus aux chrétiens de Laodicée sur la température de leur état spirituel : Apoc 3,15.

3ème particularité enfin : Outre sa richesse et ses eaux thermales, une autre chose faisait le renom de Laodicée : son école de médecine où l’on soignait surtout les malades des yeux, grâce à un collyre fameux que l’on fabriquait sur place à l’aide d’une poudre nommée « baume de Phrygie ». Là aussi, on comprend mieux la raison de la référence de Jésus au collyre pour guérir l’aveuglement des Laodicéens : Apoc 3,18.

3. Les enseignements de la lettre :

A. Le nom sous lequel le Seigneur s’adresse à Laodicée : v 14

Nous l’avons vu : le nom sous lequel le Seigneur se présente aux différentes églises est en lien direct avec les difficultés particulières dont a à faire face la communauté à qui Il s’adresse. L’église de Laodicée n’échappe pas à la règle.

Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et vrai… A la lumière de la Bible, trois significations précises peuvent être données au mot Amen, que nous prononçons si souvent, sans peut-être nous rendre compte de sa portée :

1ère signification : Amen = Vérité. Même s’il n’est pas traduit de la sorte dans la Bible, le mot Amen est l’un des mots les plus souvent employés par Jésus. On le retrouve particulièrement chaque fois que, voulant appuyer une de ses déclarations, Jésus l’introduit par l’expression : En vérité, en vérité… Le mot traduit par en vérité dans nos Bibles est écrit Amen dans les écrits originaux. L’Amen c’est la vérité dite par Dieu.

2ème signification : nous la trouvons en 2 Cor 1,20. Paul, parlant des promesses que Dieu nous fait, nous dit que l’Amen que nous prononçons en guise de souhait pour leur réalisation, se trouve en Jésus. L’idée qui est ici énoncée par Paul en ce qui concerne l’Amen et que, sur le plan des promesses de Dieu, rien ne nous est possible en-dehors de Jésus. Tout passe obligatoirement par Lui !

L’objectif du Seigneur en se présentant à Laodicée sous cette expression est clair. Il veut rappeler à l’église que, quels que soient le confort et la suffisance dans laquelle elle vit, c’est Lui seul qui est le garant du trésor spirituel qu’elle possède vraiment. Jésus avertit ici l’église qu’elle ne doit pas confondre apparence et réalité. La vérité sur la richesse d’une église ne se trouve pas dans les biens qu’elle possède : beaux locaux, matériels sophistiqués, éclairage, sono nec plus ultra… Elle est dans sa capacité de dépendre de Dieu et de Christ pour vivre et être au bénéfice des promesses qu’Il fait dans Sa Parole.

3ème signification : l’Amen est la conclusion, la fin de tout : Apoc 22,20 : pratiquement le dernier mot de la Bible ! Puisque Jésus est l’Amen, qu’Il est à la fois le début et la fin de tout, l’église de Laodicée, comme toute église, ferait bien d’orienter les choix qu’elle fait en fonction, non du moment présent, mais de cette fin dernière à laquelle elle sera inévitablement un jour confrontée.

Si, selon ce que l’on peut penser, le message que le Seigneur adresse à l’église de Laodicée concerne le développement de l’Eglise dans sa phase terminale, celle qui précède le retour du Christ, la riaosn par Lui de l’emploi du nom sous lequel Il se présente devient alors très claire :

Deux styles de vie peuvent exister pour le chrétien des derniers temps :

- le premier est celui qu’a adopté l’église de Laodicée. C’est un style de vie centrée sur l’homme, sa satisfaction, son confort, son bien-être du moment présent. C’est un style de vie qui, contrairement à ce qui peut être confessé dans l’église, démontre qu’il n’a pas pour fin le Seigneur et l’éternité, mais l’homme et son épanouissement dans le présent. C’est le style de vie de ceux qui lient l’Evangile à la prospérité, la santé, le bien-être, la richesse qui sont, pour ceux qui y adhèrent, autant de marques de la bénédiction de Dieu : l’Evangile des droits de l’homme !

- le second est celui auquel le Seigneur appelle les laodicéens. C’est un style de vie où ce ne sont pas les choses présentes, mais Lui, Jésus, qui est la fin dernière, un style de vie centré sur le Christ, où, ce qui est recherché, n’est pas d’abord la réussite ici-bas, mais l’approbation du Seigneur et la récompense finale. C’est un style de vie plus austère qui exige à la fois un détachement (certes, on est dans le monde, mais on ne vit pas comme si le monde était l’essentiel) et une préoccupation, traduite par Paul en Phil 3,13, par ces mots :

« En ce qui me concerne une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière et tendant vers ce qui est en avant, je cours vers le but pour obtenir le prix de l’appel céleste de Dieu en Jésus-Christ. »

Tel est l’appel lancé par Jésus à l’Eglise de Laodicée… et à nous, chrétiens du XXIème siècle qui, peut-être, la représentons !

B. Les symptômes d’une vie chrétienne laodicéenne : ils sont triples :

1er symptôme : la tiédeur : v 15 et 16

Lorsqu’il est parlé ici de la tiédeur, le Seigneur n’évoque pas seulement une question de température. Il fait allusion au goût que lui laisse à la bouche les chrétiens de Laodicée. Je ne sais pas si vous êtes comme moi : mais une eau tiède, même naturelle, n’est pas agréable à boire. En général on apprécie une boisson lorsqu’elle est bien fraîche ou lorsqu’elle est bien chaude. On peut boire un café glacé ou un café chaud avec plaisir, mais le plaisir est gâché lorsque le café est tiède. Pour qui est surpris, le réflexe peut aller jusqu’à le recracher.

La question se pose : sommes nous pour le Seigneur une source de chaleur ou de rafraîchissement ; ou le goût qu’il ressent à notre contact est-il le même que celui que nous ressentons au contact d’une boisson tiède.

« Comme la fraîcheur de la neige au temps de la moisson est un messager fidèle pour celui qui l’envoie. il restaure l’âme de son maître : Prov 25,13.

« Si je dis : je ne ferai plus mention de Lui, je ne parlerai plus en Son nom. Il y a dans mon cœur , dit Jérémie, un feu dévorant qui est renfermé dans mes os. Je m’efforce de le contenir et je ne le puis : Jérémie 20,9.

Dans quel état se trouve notre cœur ce matin pour le Seigneur ? Le seigneur veut à notre contact sentir à la fois fraîcheur et chaleur ! Sachons qu’il nous est impossible d’être agréable au Seigneur si nous n’avons ni entrain, ni zèle, ni fidélité envers Lui !

2ème symptôme : la suffisance : v 17

Tu dis… Les chrétiens de Laodicée, estimaient, comme les autorités de la ville, n’avoir besoin de rien. Ils se suffisaient à eux-mêmes, trompés qu’ils étaient par leur apparente richesse. Il n’y a rien de plus grave pour la vie spirituelle que de n’avoir plus aucune soif, de ne ressentir aucun besoin d’être avec le Seigneur, de se nourrir de Sa Parole, de progresser.

La suffisance dans la vie chrétienne est toujours un signe de tiédeur, de pauvreté spirituelle et d’aveuglement (3ème symptôme) !

C. Le remède préconisé par le Seigneur pour Laodicée :

Les signes ou les symptômes d’une vie chrétienne laodicéenne étant triples, le Seigneur prescrit en vue de la guérison de cet état un triple remède :

1er remède : pour la guérir de sa pauvreté spirituelle, Il lui conseille d’acheter de l’or purifié par le feu : v 18

Qu’est ce que cet or ? Pierre nous en donne dans sa première épître la définition : 1 Pierre 1,6-7. Cet or éprouvé par le feu est une foi de qualité, semblable à celle de l’or lorsque, passé par le feu, il est débarrassé de tous les matériaux impurs qui lui étaient associés. Le désir de Dieu est que notre foi, comme l’or, soit un matériau pur, qu’elle soit débarrassée dans ce qui fait son attente de tout ce qui ne correspond pas à ce que Dieu nous a promis.

Rappelons-nous toujours que si Dieu nous déçoit, cela n’est dû en rien au fait qu’Il n’honorerait pas Ses promesses à notre égard, mais uniquement au fait que nous avions envers Lui des attentes pour lesquelles Il ne s’est jamais engagé. Dieu ne nous a promis ni la réussite dans ce monde, ni une vie facile ou sans épreuve. Ce qu’Il a nous a promis est d’être avec nous dans tout ce que nous vivrons pour nous garder pour le jour du salut !

2ème remède : pour la délivrer de sa nudité, Il lui conseille d’acheter des vêtements blancs.

Il est fort probable qu’étant riches, les membres de l’église de Laodicée se démarquaient des autres par leur habillement soigné et raffiné. Derrière l’apparence, le Seigneur connaissait le véritable état de chacun, en particulier la pauvreté de cœur affligeante dans lequel la majorité se trouvait.

Jésus leur conseille donc d’acheter des vêtements blancs. Les vêtements blancs dans l’Apocalypse, c’est à la fois les œuvres et la marque du caractère chrétien qui parent les saints devant Dieu : Apoc 19,8 ; cf 1 Pierre 3,4-5. Notre véritable beauté devant Dieu n’est pas dans notre physique ou notre apparence, mais dans notre douceur et notre amour pour le Christ.

3ème remède : pour la délivrer de son aveuglement, il lui conseille d’acheter un collyre

L’œil, a dit Jésus, est la lampe du corps. Si tout ton œil est en bon état, tout ton corps sera illuminé : Mat 6,22. Ote premièrement la poutre qui est dans ton œil, a encore dit Jésus, et tu verras comment ôter la paille dans l’œil de ton frère : Mat 7,5.

Une église qui a des yeux malades est une église qui ne voit plus clair, qui ne sait plus discerner l’erreur de la vérité, l’important de l’accessoire, le prioritaire du secondaire. Ce trouble visuel la rend inévitablement vulnérable aux séducteurs qui, certes, peuvent lui en mettre plein la vue, mais la rendent encore plus aveugle que ce qu’elle n’était. Ce dont l’Eglise a besoin est, non de la vue humaine des choses, mais de la vision nette que donne l’Esprit à celui qui se soumet à Christ : cf 1 Jean 2,26-27.

Une foi centrée sur l’essentiel, débarrassée des éléments humains qui lui sont étrangers, les vêtements blancs du caractère et des œuvres chrétiennes, le discernement que donne l’Esprit : tels sont les trois traitement prescrits par le Seigneur pour remédier à l’état de tiédeur de Laodicée.

Avec à la clé deux promesses :

- pour le présent : le retour à une intimité personnelle avec Lui : 3,20

- pour l’éternité : la promesse au vainqueur du monde et de son esprit du partage de la royauté avec Christ : 3,21

Que le Seigneur nous donne d’appliquer chaque jour dans notre vie les traitements prescrits ici pour nous garder de la corruption du monde !

Je viens bientôt !

dimanche 11 avril 2010

Chapitre 3, 7 à 13 : lettre à l'église de Philadelphie



1. Introduction :

Après Ephèse (l’Eglise en péril de perdre son premier amour), Smyrne (l’Eglise exposée à la souffrance et à la persécution), Pergame (l’Eglise pénétrée par le mélange doctrinal), Thyatire (l’Eglise dirigée par une fausse prophétesse), Sardes ( l’Eglise réputée vivante quoique morte), c’est à Philadelphie, dans la même région de la Turquie actuelle que les autres églises que le Seigneur nous conduit ce matin, pour entrer dans l’une des étapes présentées comme l’une des plus encourageantes de l’histoire de l’Eglise : l’étape d’une Eglise, certes faible (c’est là, sur le plan de l’apparence, sa principale déficience), mais une Eglise qui, dans sa faiblesse, fait l’expérience du plein soutien de l’autorité et de la puissance de Dieu pour subjuguer même ses ennemis les plus puissants !

Nous allons, verset par verset, essayé de comprendre, comme nous l’avons fait pour les autres lettres, tout ce que, comme le dit Jean, l’Esprit veut dire et enseigner à l’Eglise d’aujourd’hui au sujet de ce qu’il dit à l’église locale de l’époque, l’église de Philadelphie !

2. Ecris à l’ange de l’Eglise de Philadelphie : v 7

Si l’Eglise locale de Philadelphie ne reçoit que des éloges, cela est peut-être dû au fait qu’elle est l’une des rares églises dans laquelle le Seigneur pouvait voir et constater avec bonheur la pratique de ce qu’il aurait aimé trouver dans toutes les autres. Philadelphie signifiait en effet « Amour fraternel ». Le nom donné à la ville ne vient pas du hasard. Selon certains historiens, la ville serait née de la réconciliation de deux frères, le roi de Pergame et celui de la province de Lydie. Lassés des guerres et des rivalités qui les opposaient, les deux rois conclurent un accord au terme duquel naîtra Philadelphie, la ville de l’amour fraternel !

« Je vous donne un commandement nouveau : que vous vous aimiez les uns les autres ; comme je vous ai aimés, que vous aussi, vous vous aimiez les uns les autres. Si vous avez de l’amour les uns pour les autres, tous sauront que vous êtes Mes disciples : Jean 13,34-35. »

La première chose qui faisait la force de l’Eglise de Philadelphie est ce que Jésus a indiqué comme étant le signe distinctif par lequel la communauté de Ses disciples imposerait la force de son témoignage dans le monde : l’amour fraternel.

3. Les 4 qualités de l’Eglise de Philadelphie :

Comme il en est pour les autres églises, les noms sous lesquels le Seigneur se présente à l’église de Philadelphie sont fortement liés à son état et sa situation.

4 choses, présentées comme des atouts ou des qualités, caractérisent l’Eglise de Philadelphie :

a. la 1ère qualité, qui pourrait être comprise comme un handicap, mais qui, aux yeux du Seigneur, n’en est pas un, est l’état de faiblesse apparente dans lequel se trouve l’Eglise : v 8 : parce que tu as peu de puissance.

Parlant de faiblesse, il ne faudrait cependant pas se méprendre sur ce que le Seigneur entend. Trop souvent, lorsque nous parlons de faiblesse, nous chrétiens la confondons avec la médiocrité. Jamais, dans la Bible et dans les yeux du Seigneur, la médiocrité ne nous est présentée comme une qualité ou une vertu. Ce que Dieu attend de nous Ses enfants est, non la médiocrité, mais l’excellence, une justice et une sainteté qui, dira Jésus, surpassent celle des pharisiens. L’Eglise de Corinthe était une église médiocre sur le plan de son comportement et de son témoignage. A aucun moment, elle ne reçoit, comme l’église de Phildelphie, d’éloges de la part du Seigneur.

Si le Seigneur parle de faiblesse à propos de Philadelphie, c’est plutôt au regard des puissances du monde qu’il le fait. Ce que le Seigneur dit ici est qu’il connaît la situation de minorité dans laquelle se trouvent les chrétiens de Philadelphie. Il sait à quel point, à cause peut-être de leur petit nombre ou de l’absence de personnes d’influence en elle, l’Eglise paraît comme un groupuscule insignifiant aux yeux du monde. Cette faiblesse là, contrairement à celle due à la tiédeur et au compromis, n’est pas un obstacle pour le Seigneur. L’Eglise peut être dans un lieu donné très petite et minoritaire. Elle se trouve, dit le Seigneur, dans les meilleures conditions pour qu’à travers elle, comme il en était pour l’apôtre Paul quand il se sentait le plus faible : 2 Cor 12,8 à 10. Dieu manifeste Sa force !

b. la seconde qualité mentionnée comme étant une force de l’église de Philadelphie était sa fidélité à la Parole de Dieu : v 8 : parce que tu as gardé ma Parole.

Le fait de garder la Parole de Dieu peut s’entendre de deux manières qui, sans doute, devaient être présentes dans l’église de Philadelphie. La première fait référence, comme Jésus l’a souligné, à l’obéissance des chrétiens à cette Parole :

« La semence qui est tombée dans la bonne terre, ce sont ceux qui entendent la parole avec un cœur noble et bon, la retiennent et portent du fruit avec persévérance : Luc 8,15… Tandis que Jésus parlait, une femme lui dit : heureux le ventre qui t’a porté et les seins qui t’ont allaité ! Mais Jésus lui répondit : heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu et qui la gardent ! »

Garder la Parole a cependant, dans le contexte de l’Apocalypse, un autre sens. Garder la Parole, c’est contrairement à ce qui s’est passé à Pergame et à Thyatire, conserver le bon dépôt, veiller à ce qui est enseigné sur le plan doctrinal corresponde réellement à ce que le Seigneur a voulu transmettre :

« O Timothée, garde le dépôt, en évitant les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse science ! 1 Tim 6,12. Garde le bon dépôt par le Saint–Esprit qui habite en nous : 2 Tim 1,14. Je vous encourage, dit par ailleurs Jude aux chrétiens à qui il écrit, à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes : Jude v 3.

c. la 3ème qualité mentionnée après la faiblesse et la fidélité à la Parole est la loyauté envers Christ : parce que tu n’as pas renié mon nom.

Nous sommes toujours, souvenons-nous en, au temps où Jean écrit cette lettre, dans un contexte de persécution intense. Si l’Eglise était attaquée sur le plan doctrinal, elle l’était aussi, souvent, de manière violente sur le plan physique, les adeptes d’un autre culte ne voyant pas d’un bon œil la naissance d’une communauté qui ne reconnaissait comme Seigneur que le Christ.

Si le Seigneur relève la loyauté de l’église de Philadelphie envers Son nom, c’est d’abord parce que, peut-être contrairement à d’autres, les chrétiens de Philadelphie n’ont jamais accepté de céder à la pression environnante et aux exigences de ceux qui, comme cela se passe encore dans certains pays aujourd’hui, voulaient qu’ils renient leur Seigneur ou, du moins, qu’ils acceptent de partager l’hommage qu’ils lui rendaient avec d’autres divinités.

Etre loyal à Christ, ce n’est pas seulement Le confesser de sa bouche, c’est refuser que toute autre idole, entité, culte partage la place royale qu’il revient à Lui seul d’occuper dans nos cœurs.

4. la 4ème qualité que le Seigneur reconnaît à l’église de Philadelphie est la persévérance : v 10 : parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi.

Il y aurait eu sur le chemin de l’Eglise de Philadelphie, comme il y en a aussi sur notre chemin, mille raisons dans la course de la foi de baisser les bras ou de s’arrêter : comme le dira Paul, luttes au-dehors et craintes au-dedans. Mais l’Eglise de Philadelphie, malgré l’opposition et les vents contraires, avait persévéré et tenu bon. Elle avait gardé le cap et n’avait jamais perdu de vue les promesses merveilleuses liées à l’attachement à la Personne de Christ.

Nous pourrions penser, en voyant la faiblesse, le peu de puissance qui caractérisait l’Eglise de Philadelphie, que celle-ci ne se trouvait pas dans les meilleures conditions pour persévérer. Or, c’est justement l’inverse qui s’est produit. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le fait d’être peu nombreux, une minorité, ou de ne pas avoir d’influence n’est pas un désavantage, mais un atout pour la persévérance. C’est non dans la facilité, mais dans le creuset de la difficulté que, souvent, s’épanouit le mieux la fleur de la persévérance.

5. Les promesses faites à l’Eglise de Philadelphie :

Elles sont d’abord liées au nom que le Seigneur utilise pour s’adresser à elle. Ces noms, comme je l’ai dit, sont quant à eux étroitement liés à la situation dans laquelle se trouve l’Eglise.

1ère promesse : parce que l’Eglise de Philadelphie a peu de puissance, le Seigneur, à qui appartient la clef de David (référence à un texte du livre d’Esaïe : Esaïe 22,22)., lui promet d’ouvrir devant elle une porte que nul ne pourra fermer. Sa prédication, son témoignage seront tels que, même ses ennemis devront un jour reconnaître qu’elle n’a pas été simplement une petite communauté minoritaire, mais l’Eglise aimée du Seigneur.

C’est un encouragement pour nous qui nous sentons parfois si insignifiants dans ce monde.

2ème promesse : parce qu’elle a été fidèle au Seigneur et qu’elle a gardé Sa parole, le Seigneur, qui est le saint et le Véritable, s’engage à la garder hors de l’épreuve qui viendra sur le monde pour éprouver les habitants de la terre.

Ya-t-il ici une allusion à l’enlèvement de l’Eglise qui, comme Loth et Noé en leur temps ont été sauvés, épargnés du jugement qui venait ? C’est possible ! Croyons en tout cas que le Seigneur sait, en temps voulu, faire la différence entre les justes et les injustes et rendre à chacun selon ce que méritent leur foi et leurs œuvres !

3ème promesse : c’est celle que l’on trouve dans l’énumération des récompenses célestes qui attendent tous ceux qui font partie de Philadelphie. C’est la promesse de se trouver dans une place privilégiée dans le monde nouveau qui fera suite à celui-ci.

La récompense promise à ceux de Philadelphie nous rappelle que la gloire promise aux uns et aux autres n’est pas la même. Elle varie selon le degré de fidélité que le Seigneur aura trouvé chez les Siens, compte tenu des circonstances dans lesquelles ils auront vécu.

6. Conclusion :

Sur le plan historique, il est possible que Philadelphie représente l’étape de l’histoire de l’Eglise qui a suivi la Réforme. Il y eut, à cette époque, d’innombrables communautés clandestines qui, par la suite, donneront naissance à de grands mouvement missionnaires qui ont apporté la Parole de Dieu jusqu’au bout du monde. C’est de ces communautés et de ces mouvements que sont aussi issues les églises évangéliques qui, longtemps, on fait partie, de ce qu’un historien a appelé l’Eglise ignorée.

Parmi les figures de l’Eglise de Philadelphie, on pourrait citer de grands noms aujourd’hui respectés, mais qui, en leur temps, furent méconnus : Hudson Taylor, le conte de Zinzendorf, l’écossais Robert Haldane, Félix Neff, l’apôtre des Hautes-Alpes, William Booth (Armée du salut), Charles et John Wesley, Georges Müller (les orphelinats), Jacob Spener (les piétistes), Charles Spurgeon…

A l’Eglise de Philadelphie, faible, peu influente, soumise à de fortes pressions, le Seigneur ne donna qu’un seul mot d’ordre : reste attaché à ce que tu as pour que personne ne prenne ta couronne : v 11. Que ce mot d’ordre soit aussi le nôtre pour cette année qui débute !



Je viens bientôt !

vendredi 12 mars 2010

Apocalypse 3,1 à 6 : lettre à l'église de Sardes

1. Introduction :

Après Ephèse (l’Eglise en péril de perdre son premier amour), Smyrne (l’Eglise qui passe au creuset de la souffrance et de la persécution), Pergame (l’Eglise qui s’ouvre au mélange doctrinal), Thyatire (l’Eglise dirigée par une fausse prophétesse) c’est à Sardes que le Seigneur nous emmène ce matin dans ce tour d’horizon qu’il fait des églises qui se trouvent dans la province d’Asie (l’actuelle Turquie).

Ce qui frappe immédiatement, lorsqu’on lit la lettre adressée à cette église, c’est le contraste que l’on peut y voir avec les deux églises citées avant elle. Alors qu’une certaine continuité existe entre Pergame et Thyatire (l’introduction du mélange et la prise de pouvoir par une fausse prophétesse), il y a, avec Sardes, une rupture flagrante avec ce qu’on pourrait appeler l’infiltration du levain de l’erreur et de l’hérésie dans l’Eglise.

Si Sardes reçoit aussi de la part du Seigneur certains reproches, aucun d’entre eux n’est lié au fait que, sur le plan théologique, ce que professe ou ce que pratique l’Eglise de Sardes ne serait faux ou entaché d’erreur. Tout, au contraire, sur le plan de la pratique comme du message annoncé, semble juste. Pourtant, comme nous allons le voir, le diagnostic fait sur l’église de Sardes par le Grand Docteur qu’est Jésus, notre Seigneur, sera l’un des plus alarmants qui soit. Sardes a beau être en apparence en meilleure santé que ses sœurs, ceci n’est vrai que si l’on regarde la surface des choses. En réalité, au plus profond d’elle-même, elle est peut-être plus en danger encore et plus près de la mort que les autres.

Qu’est-ce qui fait qu’une église, en apparente bonne santé, est en fait malade au point d’être prête à mourir ? Que faut-il pour que, au-delà de la surface et des apparences, une église reste vivante et continue à faire preuve, avec le temps qui passe, d’énergie, de vitalité ? C’est ce à quoi on va essayer de réfléchir ce matin

2. Sardes : un peu d’histoire

Si c’est à l’église de Sardes que le Seigneur dit qu’elle passe pour être vivante alors qu’elle est morte, ce n’est pas sans lien avec l’histoire de la ville où elle se situe. En effet, à l’heure où Jean écrit, Sardes, ville autrefois réputée et célèbre, n’est plus qu’une cité sans importance qui, peut-être comme la ville de Guise, dans l’Aisne, n’a de rayonnement dans le monde qu’à cause de son passé.

Construite sur un plateau et bordée par le fleuve Pactole, la ville de Sardes possédait un double privilège dont, je suis sûr, auraient bien voulu jouir d’autres cités :

- le 1er privilège est qu’elle était une ville réputée imprenable. Placée en hauteur, Sardes était protégée de 3 côtés par des gorges profondes, inaccessibles. On ne pouvait y accéder donc que par un côté, et par un chemin très escarpé. Par sa position géographique, Sardes pouvait se vanter d'être pratiquement imprenable ou invulnérable. En Grèce, « prendre l’Acropole de Sardes » était une expression proverbiale signifiant : tenter quelque chose d’impossible

En l’an 546 av J-C, le roi Cyrus de Perse réussit pourtant à s’emparer de Sardes. Ayant promis une récompense spéciale à celui qui, dans son armée, trouverait le moyen de vaincre la forteresse, il se trouva un jour qu’un soldat de la troupe vit une sentinelle de Sardes perdre son casque en se penchant au-dessus du rempart. La sentinelle quitta alors son poste et, le plus discrètement possible, descendit par les rochers, récupéra son casque, et remonta par le même chemin escarpé dans la forteresse. Hyeroeades, le soldat de Cyrus, observant la sentinelle, prit soigneusement note de son parcours. La même nuit, avec quelques amis courageux, il entreprit de monter vers la forteresse par le chemin emprunté par la sentinelle. Arrivé en haut, il découvrit que le côté par lequel il était monté paraissait si sûr pour les habitants de la ville qu’il n’était même par gardé. C’est ainsi que Sardes fut prise par le seul point faible de sa défense

Le caractère réputé imprenable de la ville de Sardes : tel était le premier privilège de sa réputation ! Il n’était pas le seul !

- Mise à part sa position géographique, Sardes devait sa réputation à une autre chose : sa grande richesse. Cette richesse était due à une découverte surprenante. Alors qu’il régnait à Sardes, une légende rapporte que le roi Crésus aurait un jour trouvé, dans le ruisseau nommé Pactole qui baignait Sardes, des paillettes d’or. On aurait aussi trouvé, dans les environs de la ville, une pierre précieuses d’une grande beauté, la sardoine. Crésus, Pactole, la sardoine, tous ces noms qui aujourd’hui, résonnent encore à nos oreilles comme synonymes de richesses, viennent de Sardes.

Forteresse imprenable, à cause de sa position élevée, et grande richesse : tel était le double privilège qui, dans les temps anciens, faisait la réputation de la ville de Sardes. Tel est aussi, d’une manière figurée et spirituelle, ce qui faisait peut-être à l’extérieur, à cause de son attachement aux vérités et à la saine doctrine de la Parole, la réputation de l’église de Sardes : une église parfaite !

Mais suffit-il pour une église d’avoir une doctrine juste ou de croire juste pour être, aux yeux de Dieu et du Christ, une église juste ? Non ! dit ici le Seigneur qui, je le rappelle, en termes de diagnostic, est le mieux placé pour évaluer les forces, les faiblesses et l’état de santé réel d’une communauté. Alors qu’en apparence tout semblait aller, que manquait-il à l’église de Sardes au point, dit le Seigneur, que cette église soit au bord de la mort ? C’est ce que nous allons essayer de voir et de comprendre maintenant !

3. Sardes : Une église sur le point de mourir

Comme il en est dans les autres lettres que le Seigneur a adressé aux églises, nous n’avons pas besoin d’aller loin pour chercher les remèdes qui sont nécessaires à appliquer à Sardes pour que cette église retrouve sa vitalité. Car si Sardes est sur le point de mourir, c’est que, jadis, elle était vivante, et bien vivante. Il lui suffit donc, comme Jésus le dit ici de revenir à ce qu'elle a reçu et entendu au départ, c’est-à-dire de retourner à ce qui, au début de son existence, a été à la source de sa vie pour vivre à nouveau !

1er élément : il se trouve dans le titre sous lequel Jésus se présente à l’église de Sardes : Voici ce que dit Celui qui a les sept esprits de Dieu (ou, comme le traduit Parole Vivante, celui qui a l’Esprit dans sa plénitude)…

Le 1er élément que le Seigneur souligne est que ce qui fait qu’une église est vivante ou non n’est pas d’abord la justesse de sa doctrine, mais le fait que cette église vit et est animée par l’Esprit de Dieu. L’Esprit de Dieu, nous le savons, est le souffle de Dieu. Or, de même qu’un corps sans souffle est mort, une église dans laquelle l’Esprit de Dieu n’agit plus est morte. Un mort, en apparence, peut effectivement ressembler à un vivant ! Mais s’il a tous les aspects du vivant, il y a cependant une chose fondamentale qui lui manque. Et cette seule chose suffit à faire la différence entre lui et le vivant : c’est le souffle.

Qu’est-ce qui fait, avec le temps, qu’une église ayant commencé à vivre par l’Esprit, en vienne ensuite à le perdre ou, en quelque sorte, à en manquer, au point que son existence même soit en danger ? La Bible donne essentiellement à cette question une réponse :

Galates 3,1 à 5 : la perte ou l’extinction de la vie de l’Esprit chez les Galates tenait à une seule chose (et le problème des galates devait être à peu de choses près le même que celui des chrétiens de Sardes) : au retour à une vie marquée par les efforts propres, les efforts de la chair, pour essayer de vivre à la hauteur des exigences de Dieu.

Après avoir commencé leur vie nouvelle par l’Esprit de Dieu, les galates, sous l’influence de faux docteurs, étaient en quelque sorte retournés en arrière : comme les juifs de l’Ancien Testament, tous leurs efforts pour plaire à Dieu étaient de nouveau basés sur l’obéissance à des rites et à des règles, par lesquels ils cherchaient à apaiser leurs consciences.

Qu’est-ce que la vie chrétienne ? S’il faut lui trouver un contraire, nous pourrions dire que ce qui lui est le plus opposé et qui, paradoxalement, lui ressemble le plus (comme un mort peut ressembler à un vivant), est la vie religieuse Car, tandis que l’une, la vie chrétienne, a pour moteur l’amour pour Dieu, celui que communique justement l’Esprit de Dieu, l’autre (la vie religieuse) a pour seule raison la crainte de Dieu (dans le sens le plus négatif qui soit) : cf Rom 8,15

Questions : qu’est-ce qui chaque jour te motive à chercher à plaire à Dieu ? A fuir le péché ? A prendre du temps avec Dieu pour lire ta Bible, prier ? De la réponse à cette question sort la révélation de ce qui est le moteur de ta vie chrétienne : la chair ou l’Esprit ! Si ce que tu fais ici est uniquement dû à la crainte, la crainte de déplaire aux autres, la crainte de ne pas être béni, alors je dois te dire que ce n’est pas par l’Esprit de Dieu, mais par la chair que tu essayes de Lui rendre un culte. Tous tes efforts faits dans cet esprit là sont inutiles. Ils ne peuvent à terme ne t’amener qu’à une seule chose : l’épuisement spirituel, la mort.

Si par contre ce qui te motive est la soif de Dieu, la faim de Sa parole, le désir de Le connaître pour mieux Le servir et être un meilleur témoin de Lui dans ce monde, alors réjouis-toi : tu es sur la bonne voie, ta vie est animée par la bonne motivation, celle que l’Esprit de Dieu seule peut produire dans un cœur d’homme pécheur.

4. Les 4 différences entre le mort et le vivant

Si le souffle est la différence principale entre le mort et le vivant, il y en a d’autres qui sont, eux aussi, manifestes

- la 1ère est le désir : alors que le vivant a faim ou soif, le mort, lui, n’éprouve plus aucun besoin. N’ayant plus la vie en lui, il ne ressent ni le besoin de se nourrir, ni celui de se désaltérer. Si aucune faim, ni aucune soif spirituelle ne vit en moi, je peux peut-être avoir la réputation d’être vivant ; en réalité, je suis mort !

- la seconde est la respiration que l’on peut comparer ici à la prière. Quelle place occupe la prière dans votre vie ? En disant cela je ne demande pas combien de temps vous passez dans la prière : les hommes de toutes religions prient ! Ce que je veux dire est : est-ce que la prière, comme la respiration, est un réflexe dans votre vie, un réflexe conditionné ! « Seigneur, je vais à mon travail ce matin : aide-moi, sois avec moi. Je dois rencontrer telle personne après-midi, résoudre tel problème : accompagne-moi, inspire-moi ! » Telle est la vie de prière inspirée par l’Esprit. Elle n’est pas un devoir à accomplir, mais l’expression de notre sentiment de dépendance permanente de Dieu pour bien vivre et réussir ce que nous entreprenons.

- La 3ème est la parole. S’il y a bien une chose qui sépare le monde des vivants de celui des morts, c’est la communication. Alors que le mort est silencieux pour toujours, le vivant parle et partage ses émotions et ses pensées. Une preuve manifeste que l’Esprit de Dieu vit et agit en nous, disent les apôtres, est que nous ne pouvons pas nous taire. C’est plus fort que nous : il nous faut, quand nous en avons l’occasion ou pas, parler de Jésus, notre Bien-aimé

« J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé, dit Paul en 2 Cor 4,13. « Est-il juste au regard de Dieu de vous obéir plutôt qu’à Dieu ? demandèrent les apôtres aux membres du sanhédrin qui voulait leur interdire de témoigner de Jésus. A vous d’en juger, car nous, nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu : Actes 4,19-20. »

Une autre différence liée à la communication est la pratique du chant. Alors que les mots sont silencieux, c’est par le chant que les vivants expriment leur joie. La vie remplie de l’Esprit est inséparable du chant : Ephés 5,18-19.

- La 4ème différence entre le mort et le vivant est le mouvement. Alors que le mort est inerte, inactif, incapable de servir son prochain, le vivant, lui, est constamment habité par de nouveaux projets.

Notons que si, à Sardes, le Seigneur relève que certaines œuvres étaient pratiquées, il y a une différence fondamentale entre les œuvres que pratique celui qui vit sous une loi et celui qui est animé par l’Esprit de Dieu. Cette différence est que celui qui est conduit par l’Esprit de Dieu ne se contentera pas de faire pour faire, mais il aura le souci réel de servir Dieu et les autres tout en faisant : Actes 6,3. La Bible n’exigeait pas seulement de ceux qui prêchaient qu’ils soient remplis de l’Esprit, mais aussi de ceux qui servaient aux tables !

5. Le syndrome de Sardes :

Si Sardes, de vivante qu’elle était, est devenue morte, il y a là un avertissement pour nous. Ce qui est arrivé à Sardes peut aussi nous arriver. L’histoire montre que, dans le monde protestant particulièrement, monde construit comme Sardes sur une doctrine juste, le syndrome de Sardes a affecté beaucoup d’églises : en témoigne les ruines de centaines de temples autrefois pleins et devenus vides.

Qu’est ce qui ne va pas ou n’est pas allé ? Je laisse la parole à Alain Monclair, un frère dont j’ai lu sur Intenet une prédication sur le sujet :

« En général, nous sommes tous vigilants lors de nos premiers pas avec le Seigneur, mais il arrive un moment où les automatismes peuvent nous donner une fausse assurance. C’est pourquoi le Seigneur nous invite à nous souvenir de nos premiers pas dans la foi, dans la foi qui découle de l’écoute de Sa Parole. Il nous invite à vivre notre vie entière dans cette attitude initiale. Les chrétiens de Thessalonique furent des modèles à cet égard : “ C’est pourquoi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu’en recevant la parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez. ” (1 Thessaloniciens 2:13 NEG).

Entrer dans la vie chrétienne ce n’est pas recommencer sa vie, c’est recevoir une nouvelle vie. Cette vie nouvelle c’est Jésus lui-même, on le reçoit le jour de notre conversion et on demeure en Lui et Lui en nous chaque jour de notre vie nouvelle : “ Ainsi donc, comme vous avez reçu le Seigneur Jésus–Christ, marchez en lui, ” (Colossiens 2:6 NEG).

La lettre aux Hébreux nous met également en garde contre le danger de ne pas continuer à marcher selon les principes de vie que nous avons découvert à la conversion : “ Car nous sommes devenus participants de Christ, pourvu que nous retenions fermement jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au commencement. ” (Hébreux 3:14 NEG)

Nous sommes appelés à vivre continuellement dans le Seigneur, par le Saint-Esprit et à l’écoute de sa Parole. Le temps qui passe ne doit pas émousser ce principe vital. Mais nos critères de vie ne doivent pas être légalistes, ils doivent reposer sur une relation vécue avec Jésus-Christ par l’Esprit.

Un jour Jésus reviendra, c’est une certitude pour le chrétien. La seule chose qui nous est inconnue, c’est le moment auquel Il reviendra. Nous devons donc être prêts à l’accueillir en Roi de gloire comme nous l’avons accueilli en Sauveur à notre conversion. Le Seigneur n’est pas un voleur, mais si nous ne sommes pas vigilants dans notre attente nous risquons de considérer Sa venue comme une intrusion dans notre vie et une mauvaise surprise ! Par contre, si nous l’attendons, Sa venue sera une agréable et merveilleuse surprise. On imagine mal dire au Seigneur de repasser plus tard parce que nous ne serions pas prêts à apprécier sa venue! Veillons donc à l’accueillir avec autant d’empressement que lors de notre conversion. »

6. Conclusion :

Il y aurait encore beaucoup à dire sur le sujet de la mort et de la vie d’une église. Ce que je veux retenir en conclusion, ce sont les enseignements qui découlent de l’avertissement donné par le Seigneur à Sardes :

- 1er enseignement : le Seigneur aime l’église de Sardes. Loin de souhaiter la voir disparaître, Il n’aspire qu’à une seule chose : la faire revivre, lui redonner l’élan, la vitalité, l’enthousiasme qui l’habitait lors de sa naissance. Il nous est toujours possible de revenir à Dieu pour goûter à nouveau la joie qui était celle de nos premiers jours avec Lui

- 2ème enseignement : même si la majorité des membres de l’église de Sardes est dans la mort, Dieu connaît ceux sur qui Il peux encore compter en son sein pour la faire revivre. Ce sont ceux qui n’ont pas souillé leurs vêtements au travers de l’éloignement de Dieu, mais qui ont vécu dans la lumière et se sont laissés purifiés par le sang de Christ : 1 Jean 1,9

- 3ème enseignement : nous pouvons en apparence au sein d’une même église nous ressembler, passer pour être vivant alors que nous sommes morts. Mais le jour vient où nous ne pourrons plus tromper notre monde. Ce jour est celui du retour du Seigneur. Alors seront avec Lui ceux qui, authentiquement, auront été habités et animés par la Vie qui était en Lui !

Que Dieu nous garde de nous satisfaire de faire partie d’une église juste, fondée sur la bonne doctrine, mais qu’Il nous donne et nous accorde chaque jour d’être habité par une vraie motivation à Le suivre et Le servir !Les démons croient, ils ont la juste doctrine, mais ils tremblent : Jacques 2,19

ANNEXE : Sardes dans l'histoire de l'Eglise

Evaluation fait par Luther à la fin de sa vie sur le mouvement né de la Réforme :

"En examinant bien ce que font les gens qui se nomment évangéliques et savent parler de Christ, on s'aperçoit qu'il n'y a rien derrière cette profession. La plupart se trompent eux-mêmes. Le nombre de ceux qui commencèrent avec nous et prirent plaisir à notre enseignement a été dix fois plus grand que maintenant, où pas même le dixième d'entre eux est resté fidèle. Ils apprennent sans doute, comme le perroquet, à répéter des mots, mais ils n'en ont pas fait l'expérience dans leurs coeurs. Ils restent exactement ce qu'ils sont. Ils ne comprennent ni ne sentent combien Dieu est vrai et fidèle. Ils vantent beaucoup l'Evangile et le désirent d'abord avec sérieux, et ensuite il n'en reste rien. Car ils font ce qu'ils aiment, s'adonnent à leurs convoitises, deviennent pires qu'ils n'étaient auparavant et sont beaucoup plus indisciplinés et présomptueux que d'autres gens. Paysans, bourgeois et nobles, tous sont plus cupides et indisciplinés que sous la papauté... Ah ! Seigneur Dieu, si seulement nous pratiquions vraiment cette doctrine, ce ne serait pas, comme maintenant, un millier de personnes qui prendraient le sacrement, mais à peine une centaine. Il y aurait alors moins de ces horribles péchés dont le pape, par sa loi infernale, a inondé le monde ; nous serions enfin une assemblée chrétienne, au lieu que maintenant nous sommes presque de vrais païens portant le nom de chrétiens. Nous pourrions séparer du milieu de nous ceux qui montrent par leurs oeuvres qu'ils n'ont jamais cru et n'ont jamais eu la vie, ce qui nous est maintenant impossible !"

Je viens bientôt !

vendredi 15 janvier 2010

Apocalypse 2,18 à 29 : lettre à l'église de Thyatire


1. Introduction :



Après Ephèse, Smyrne et Pergame, c’est à Thyatire que, en vision, le Seigneur conduit Jean et déroule devant lui la figure de ce que sera l’Eglise dans la 4ème étape de son développement historique.

Après la perte du premier amour à Ephèse, l’épreuve de la persécution à Smyrne, le développement de faux enseignements à Pergame, nous atteignons avec Thyatire un sommet dans les maux qui peuvent gangrener une église. Car à Thyatire, montre Jean, ce n’est pas d’abord dans les membres de l’Eglise que se trouve le mal qui la corrompt, mais dans sa tête, dans les instances qui ont la charge de lui prodiguer l’enseignement qu’elle doit suivre, les organes directeurs qui donnent à toute l’église la ligne qu’elle doit suivre.

La Bible nous dit de quelle manière éviter une telle déviation. Elle nous enseigne la nécessite de la vigilance et de la correction mutuelle : 1 Cor 14,30, comme la nécessité de la vérification dans toute l’Ecriture pour voir si l’enseignement apporté est conforme à la Parole : Actes 17,11


Analyse de la lettre de Jean, dictée par Jésus, le Fils de Dieu, à l’église de Thyatire !

2. Thyatire : la ville

C’est dans le livre des Actes des apôtres que, pour la 1ère fois, nous trouvons la mention de Thyatire. Alors que Paul se trouve en Asie et qu’il est empêché, nous dit Luc, par le Saint-Esprit d’y annoncer la Parole, il reçoit une nuit la vision d’un Macédonien qui l’appelle au secours. Comprenant que Dieu l’appelle à quitter l’Asie pour se rendre en Europe, Paul débarque avec son équipe à Philippes une ville grecque. Le jour du sabbat, il se rend à une rivière où se trouve un groupe de femmes à qui il annonce l’Evangile. Actes 16,14-15 nous dit la suite


Deux détails particuliers, au sujet de ce que nous étudions ce matin, doivent retenir notre attention : le premier est le métier qu’exerçait Lydie, que l’on pense être la 1ère convertie d’Europe : elle était marchande de pourpre. La seconde est la ville d’où elle provenait : Thyatire. Ces deux détails, qu’il nous faut retenir pour la suite, ne nous sont pas donnés par hasard dans la Bible. Ils sont révélateurs de l’activité qui, à l’époque où écrit Luc, faisait la renommée de Thyatire : la fabrique d’une étoffe d’une teinte si particulière, le pourpre, que c’est avec elle que l’on confectionnait dans tout l’empire romain les vêtements qui habillaient les princes, les rois et les plus hauts dignitaires de l’empire.

3. Thyatire : l’Eglise :

a. le Fils de Dieu


C’est en tant que Fils de Dieu, un rappel en quelque sorte que Lui seul est le médiateur qualifié entre Dieu et les hommes que Jésus se présente à l’Eglise de Thyatire. Ce rappel n’est pas anodin. Il met sans doute d’entrée l’accent sur un grave problème que l’on rencontre à Thyatire : l’ombre que projette sur le Christ une femme qui se dit prophétesse, qui prétend sans doute, au nom de Dieu, apporter une parole inspirée à égalité avec celle du Christ à Ses serviteurs ! Nous verrons tout à l’heure, au travers du nom sous lequel Jean l’appelle, Jézabel, qui est cette femme, quelles sont ses caractéristiques et ses traits les plus marquants.

Quels que soient le titre ou les capacités que possède un homme dans l’Eglise de Jésus-Christ, jamais il ne doit posséder une autorité ou une gloire telles qu’elles fassent ombrage au Christ. Les anges : Apoc 22,8-9, comme les apôtres : Actes 14,11 à 14 s’y sont refusés.

b. Je connais :

S’il y a dans l’Eglise de Thyatire un problème énorme au niveau de la tête, le Seigneur qui la regarde de Ses yeux de feu sait faire la part des choses entre ce qui est et reste positif et bon dans cette Eglise et ce qui est totalement condamnable.

Si l’enseignement donné dans cette Eglise par ceux qui la dirigent est un gros problème, le Seigneur note qu’il existe cependant dans cette église de nombreux points forts : ce sont les œuvres nombreuses qui y sont pratiquées : v 19. C’est là sans doute un point que, pour notre part, nous avons parfois trop tendance à négliger. La foi, rappelle en effet Jacques, n’est pas faite que des choses du cœur et de l’esprit. Elle doit, pour être crédible, se traduire par des actes et des engagements concrets : Jac 2,14 à 17. Si nous sommes justifiés devant Dieu par la foi, Thyatire nous rappelle que ce qui justifie notre foi devant les hommes, ce sont nos euvres. Un aspect du christianisme authentique que, malgré les erreurs dont elle est infestée, Thyatire a su conserver !

c. Jézabel :

Cependant, malgré tout le positif pouvant exister dans cette église, se trouve en son sein et à sa tête un gros problème. Ce problème, une personne, nous est présenté sous deux aspects :

- le 1er est celui de l’identité sous laquelle Jean tient à ce qu’elle soit comparée : Jézabel, l’épouse historique du roi Achab, une des reines les plus célébres de l’histoire d’Israël

- le second est celui du rôle que se donne cette personne : prophétesse, porteuse du message et de la Parole de Dieu.

Analyse !

4. Jézabel, la fausse prophétesse de l’Eglise de Thyatire :

Jézabel étant la personne à laquelle Jean compare la fausse prophétesse, qui séduit et trompe les serviteurs et les membres de l’Eglise de Thyatire, c’est vers elle que nous allons maintenant nous tourner pour comprendre qui elle est et quel danger réel elle représente pour le peuple de Dieu.

a. Origine : 1 Rois 16,29 à 31

La 1ère chose que l’on remarque en étudiant ses origines est que, si Jézabel a pu accéder à la royauté en Israël, par nature et par naissance elle n’en fait pas légitimement partie. Jézabel n’est pas israélite d’origine, mais sidonienne. A l’égard de la Parole et de la volonté de Dieu, elle n’a aucun droit légitime de diriger et gouverner le peuple de Dieu !

Jézabel est d’abord le fruit du péché d’Achab : Deut 7,1 à 3. C’est une usrpatrice.

b. Sa véritable religion :

Si Jézabel s’était réellement convertie au Dieu d’Israël, on aurait pu à la rigueur accepter qu’elle puisse, par mariage, accéder à la royauté. Mais il n’en est rien ! Au lieu d’adhérer au Dieu d’Israël ,Jézabel, au contraire, fera tout pour importer dans le pays le culte qu’elle rendait dans le sien. 1 Rois 18,19 nous rapporte ainsi que, chaque jour, 450 prophètes de Baal (le grand dieu cananéen appelé le Seigneur) et 400 prophètes d’Astarté (appelée la reine du ciel) mangeaient chaque jour à sa table)

c) Son caractère

Si Achab, l’époux de Jézabel, apparaît comme un homme mou, immature, facilement manipulable, sa femme, elle, apparaît comme une femme cruelle, impitoyable, sans scrupule à l’égard de quiconque s’oppose à elle. 3 exemples :

- l’affaire de Naboth, de Jizréeel : 1 Rois 21,1 à 10

- le témoignage du prophète Abdias : 1 Rois 18,7 à 13

- sa haine d’Elie, le prophète de Dieu : 1 Rois 19,1-2

Tous les récits bibliques se rapportant à Jézabel sont unanimes : il n’y a rien à attendre de bon, de juste, de droit de la part de Jézabel. « Il n’y a eu personne, dit la Bible, qui se soit vendu en faisant ce qui déplaisait au Seigneur comme Achab ; c’est Jézabel, sa femme qui l’y incitait : 1 Rois 21,25. Jézabel ne sert pas Dieu, mais le diable qui est, dit Jésus, menteur et meurtrier dès le commencement : Jean 8,44. L’époque de Jézabel est l’époque où l’erreur dominait complétement le peuple de Dieu et où les vrais croyants qui subsistaient des persécutions devaient, pour rendre leur culkte à Dieu, vivre dans la clandestinité.

d) Sa fin :

Survivant 12 ans après la mort d’Achab, tué lors d’un combat, Jézabel finira par être jugé par Dieu au travers du roi Jéhu qui la renversera de son trône. Elle connaîtra, selon la prophétie d’Elie, un fin honteuse et ignominieuse : 2 Rois 9,30 à 37.

5. Le message du Fils de Dieu à Jézabel et à l’Eglise de Thyatire

Le portrait de Jézabel dressé, retournons à l’Apocalypse pour entendre maintenant, ce qui est le cœur de la lettre que Jean écrit, le message que le Seigneur adresse à l’Eglise de Thyatire au sujet de Jézabel, la fausse prophétesse qui sévit en son sein :

a. la longue patience stérile de Dieu à son égard :

v 21 : la 1ère chose que Dieu fait remarquer est la longue patience dont il a usé envers elle, espérant que, comme Manassé, l’un des rois les plus impies d’Israël : 2 Chr 33,11 à 20, elle se repente. Il n’en sera rien : la Jézabel de Thyatire ne se repentira pas. Elle ne reviendra ni de ses prétentions, ni de ses erreurs !

b. l’avertissement solennel de Dieu :

v 22 à 23 : Jézabel ne voulant pas s’amender, Dieu l’avertit qu’un jugement particulier et terrible, comme celui qui frappa la première Jézabel, va la frapper, non seulement elle, mais tous ceux qui auront fait alliance avec elle pour s’unir à elle. Ce jugement sera tel, qu’il sera, comme celui d’Ananias et Saphira au début de l’Eglise, un événement qui marquera toutes les autres églises et leur rappellera la nécessité de la crainte de Dieu et du refus de tout compromis.

Appelée déjà ici la prostituée, il se peut fort bien que le jugement de la Jézabel de Thyatire soit auss icelui de la femme prostituée assise sur la bête décrit dans Apoc 17,1 à 6.15 à 18, femme vêtue du pourpre de Thyatire…

c. Message à ceux de Thyatire qui sont restés fidèles à Dieu

V 24 : Jézabel devant être jugée, le Seigneur qui discerne toutes choses, s’adresse au reste qui, en son sein, n’a pas adopté l’enseignement de la fausse prophétesse. « Il ne met pas, leur dit-il, d’autres fardeaux que celui de Lui rester attaché à Lui et sa Parole jusqu’à ce qu’Il vienne. Voyons ici combien grande est la compréhension de Dieu envers ceux qui, enfermés dans un système trompeur, Lui restent cependant attachés !

6. Conclusion : parole au vainqueur

Refaisons le tour de tous les traits caractéristiques de l’Eglise de Thyatire :


- Eglise qui aime le pourpre

- Qui abrite en son sein une concurrence à Christ et à sa parole

- Marquée fortement par les œuvres

- Qui a à sa tête pour l’enseigner une Jézabel

 à la fois reine et prophétesse

 reine illégitime, d’origine païenne

 qui adore un faux Seigneur et la reine du ceil

 qui persécute et tue les vrais serviteurs de Dieu

 qui a été longtemps l’objet de la patience de Dieu

 qui ne veut pas se repentir

 qui cherche à contaminer d’autres églises par ses erreurs au travers d’alliances

 qui sera jugée et détruite à la fin des temps

A qui vous fait spontanément penser cette Eglise : l’Eglise catholique. Sa Jézabel : la papauté !

 la couleur pourpre : celle des dignitaires de l’église catholique

 la concurrence à Christ et sa Parole : le pape et la tradition

 une église qui met l’accent sur les bonnes œuvres : point positif

 la papauté et Jézabel : point communs

Le pape est roi (souverain pontife) et prophète (vicaire du Christ)

L’institution de la papauté a ses sources dans le paganisme

Le culte catholique est marquée par une forte idolâtrie : la reine du ciel, un faux christ

La papauté a été pendant des siècles persécutrice des vrais croyants, attachés à Christ et Sa Parole qui devaient vivre en clandestinité

 La papauté se dit infaillible et refuse donc de revenir de ses erreurs

 La papauté a été l’objet de la longue patience de Dieu

 La papauté cherche à créer des alliances avec toutes les religions

 Elle sera jugée sévèrement et d’un coup avec tous ceux qui ont fait alliance avec elle et se sont prostitués à elle

Nous ne pouvons pas terminer cette étude sans relever la promesse que Dieu fait au vainqueur sortant de cette Eglise : v 26-27. Ce que l’Eglise catholique (ce qui signifie universel) a toujours cherché à avoir par ses alliances et ses compromis, Dieu le donnera, par grâce un jour, à Ses saints : le partage avec Lui de la royauté universelle !

Que Dieu soit béni pour les lumières de sa Parole !

Citations de Saint Augustin, considéré comme le père de l’Eglise catholique : « Emportons du milieu de nous nos papiers et tous nos livres, et que le Livre de Dieu seul s’avance. Quelqu’un me demandera-t-il : Pourquoi ? Parce que je ne veux pas que l’on prouve quoi que ce soit par des documents humains, mais par des oracles de Dieu. Il ne faut pas penser comme les évêques catholiques s’ils pensent quelque chose qui soit contraire aux Ecritures canoniques de Dieu ! »


Je viens bientôt !